La croix, signe qui annonce la victoire



Pendant le temps de la Semaine sainte
les disciples de Jésus que sont les chrétiens
font un chemin de prière qui évoque d'étapes en étapes
celui-même que fit Jésus lorsqu'il monta pour la dernière fois
à Jérusalem pour y vivre la Passion.
Un chemin très rude, une Croix très lourde à porter, un cœur
Des représentations parfois exaltées, souvent morbides et tristement commerciales ou touristiques, risquent de banaliser la réalité du tragique Vendredi de la Passion
de Jésus.

En même temps, dans les églises, des célébrations pleines de ferveur et de dignité rappellent que le drame de la Croix continue à travers la souffrance de tant d'hommes, de femmes et d'enfants dans notre monde, aujourd'hui.
Qui n'a pas connu en effet, au choc de la vie et de ses misères, qui ne connaît pas,
à l'occasion d'une déception ou d'une blessure du cœur, des moments de doute
et de révolte où la foi est éprouvée dans ses harmoniques de confiance et de fidélité ?
C'est alors la nuit... la désolation... la solitude... le silence...
Avec chacun, ces jours-là, Jésus crie " pourquoi ? " comme il le fit dans le jardin de la détresse, à Gethsémani et il invite ses amis à veiller et à prier pour ne pas être anéantis par l'épreuve.
S'ouvre alors le Samedi du silence et de l'attente où la tentation est forte de tout abandonner...
Compagnon de cette aventure pathétique, Jésus alors, pose son regard sur chacun, un regard d'amour qui appelle et qui parle : II dit : " n'aie pas peur ", " Portons ensemble, si tu le veux ", " Lève-toi et marche ! "

Cette écoute attentive, ce regard de Jésus, " re-suscitent " en chacun la petite flamme profondément enfouie au fond du cœur : dans les ténèbres de la nuit se lève la lumière, d'une folle espérance : par delà toute mort, l'à-venir est ouvert !
Le " troisième jour "... Pâques, au souffle de l'Esprit, des hommes, des femmes ébahis
et joyeux vont reconnaître dans le geste du partage la présence vivante de celui
qu'on croyait mort. Joyeusement, à leur tour, ils vont pétrir le Pain de l'amour
et de la tendresse, construire ensemble la maison de la justice et de la paix et proclamer
la victoire de la Vie. Ils s'en réjouissent en communauté et célèbrent dans la nuit
de Pâques, autour du Feu Nouveau, la victoire de la lumière sur les ténèbres,
de l'amour sur la violence, de la Vie sur la mort : la victoire du Ressuscité.

Roger Blanc