La Pâque du Christ, sommet de ce temps liturgique, n’est pas un aller-retour au pays des morts, dont il serait revenu le même qu’auparavant.
Elle n’est pas davantage le « happy end » qu’aurait mérité son dévouement pour ses contemporains, en vertu de la justice divine.
Non, elle est son passage définitif, une fois pour toutes et pour tous, de la mort à la vie, et ceci est beaucoup plus sérieux et enthousiasmant.
Car en Jésus, c’est Dieu qui a éprouvé ce que nous redoutons le plus, qui a ressenti charnellement le tréfonds de nos peurs : la souffrance et le rejet, les outrages, l’injustice et la mort, pour en faire le chemin de sa gloire et de la nôtre.
Il a fait ainsi de sa croix l’arbre de Vie où tout péché reconnu trouve sa miséricorde, parce qu’il a connu la pauvreté de notre condition d’hommes, et l’a aimée assez pour la transfigurer en Lui.
Si ce mystère nous étonne, alors souvenons-nous que nous avons anticipé ce passage au jour de notre baptême : d’une plongée symbolique dans les eaux de la mort, nous sommes remontés appelés à vivre pour Dieu et pour toujours.
Avant nous, les Hébreux avaient traversé la mer et ensuite découvert le puissant goût de la liberté.
Et avec Jésus le Christ, c’est notre mort qu’un jour nous traverserons pour le rejoindre : cela, c’est déjà en nous le goût du matin de Pâques.
P. Michel Ferradou