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Il est venu porter la paix

Nous l’attendions tout puissant, capable de renverser les montagnes et aplanir les sentiers. 
Lui seul pourrait chasser les occupants romains. 
Lui seul pourrait rétablir la justice. 
Nous avons même appris qu’un jour, le lion et l’agneau reposeraient ensemble.
Et voilà que ce Messie tant imaginé est venu dans ce monde.
Il est venu, mais à une adresse inconnue !
Il n’a pas choisi la puissance que nous pensions.
Il est venu vulnérable, au creux des collines de Palestine. 
Il n’est pas venu comme maître de l’univers du quotidien des hommes.
Il se tient, patient, à l’affût d’une brèche dans leurs plannings.
     
Un jour, il rencontre un publicain, un autre jour, c’est une samaritaine.
Il va même manger chez un collecteur d’impôt. 
On dit qu’il ne craint pas de parler avec des lépreux. 
Mais que cherche–t-il ?
Ses plus proches sont déconcertés. 
Ils veulent le ramener à un peu plus de réalisme.
« Ce n’est pas comme cela que tu pourras faire ta place ! »
Quelle est cette place ?
Il vient là où il est accueilli. 
Sa place est celle de l’espace intérieur de celui qui l’accueille. 
Pas plus, pas moins. 
Et dans ses rencontres, seuls comptent l’homme qu’il entend, qu’il voit, qu’il touche. 
Bien souvent cet homme est enfoui sous de multiples masques laborieusement élaborés au fil des temps. 
Cet homme est pris dans une gangue de « il faut », « je dois », qui sont sans liens avec son désir. 
Quelque chose de l’automate s’est saisi de l’homme.

Jésus écoute ce qui est dit, et entend ce qui n’est pas dit.
Jésus regarde ce qui est donné à voir, et vois ce qui est invisible.
Jésus touche.
L’homme est touché en sa profondeur et sa vie tellement éclatée se recentre sous ce regard aimant.
Alors l’homme trouve en lui une unité si longtemps ignorée. 
C’est une bouffée de surcroît de vie qui l’entraîne et l’ouvre à l’autre. 
La joie jaillit au creuset de la confiance et l’emporte dans le vent de l’autre.
La paix est en lui. 
Donnée. 
Révélée. 
Offerte.

Noël est fête de naissance. 
Dieu naît à nous.
Chaque instant d’éternité est fête de naissance. 
Dieu nous fait naître à nous-mêmes.
« La paix soit pour vous ! » dit Dieu au creux de l’homme.
« Que je sois digne de ta parole » dit l’homme à Dieu au jour de Noël.

Jeanne Macherel