LES ECHANGES BIBLiQUES
Tôt ce matin, à peine réveillés, des dizaines de groupes prennent place au milieu de la halle près de leur rond en tissu permettant de les identifier. L’heure est déjà à la réflexion et à l’échange en vue de vivre l’eucharistie.
Le thème du jour : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » ; un passage de l’évangile de Saint-Luc relatant l’histoire d’un pharisien sûr d’obtenir grâce aux yeux de Dieu puisque différent des autres hommes « voleurs, injustes, adultère » mais méprisant son voisin publicain, pêcheur.
Un thème qui délie rapidement les langues. « Ce qui m’a interpellé c’est la prière du pharisien. Il est sûr de sa supériorité, il est persuadé d’incarner la perfection alors qu’on fait tous des erreurs sans exception » relève Estelle. « Le publicain c’est quelqu’un qui assume ses pêchés » précise Aïza. « Moi je retiens la différence entre l’arrogance du premier et l’humilité du second » résume Antoine. « Je remarque qu’à l’époque il y avait déjà des préjugés et du racisme » rajoute-t-il.
La discussion se poursuit alimenté par les réflexions des animateurs. Davy enchaîne « Vous avez peut-être remarqué le côté statique du pharisien qui prend Dieu comme son miroir. Il ne rend pas grâce à Dieu mais à sa superbe » affirme le jeune homme. « Je ne sais pas si dans ce cas là, il est réellement en relation avec Dieu ».
Marion l’animatrice les invite alors à préciser leur pensée, formuler ce qu’ils auraient envie de dire à l’un ou à l’autre. « Si j’avais rencontré le pharisien, je lui aurais dit ‘Calme ta joie’ » lance spontanément Aïza. « J’aurais plutôt encouragé le publicain à garder confiance en lui et ne pas tenir compte de l’avis des autres » rajoute Benoit. « Moi je ne lui dirais rien, je lui mettrais simplement la main sur l’épaule pour lui signifier qu’il n’est pas seul » conclut Davy.
LES ATELIERS
La musique adoucit les mœurs…Cet adage s’est rapidement vérifié hier après-midi. 14H00, direction l’atelier musique. Claire David tout sourire, guitare en bandoulière commence à gratter quelques notes. « Je suis là pour vous expliquer comment on peut vibrer pour Dieu en chantant » dévoile la jeune femme. Claire baptisée à 7 ans, a découvert la religion quatre ans plus tard. En farfouillant dans l’armoire de ses parents, elle met la main sur un disque « les chansons de l’Évangile ». Un coup de cœur…mieux une révélation ; un appel. « Depuis ce jour, je me suis passionnée pour le chant, la musique et …Dieu »
« Je vais vous apprendre aujourd’hui à rentrer dans une chanson avec le cœur. Chanter ce n’est pas seulement ânonner des paroles, c’est y mettre ses tripes ». Premier exercice : un chant gospel à deux voix. Les garçons d’un côté, les filles de l’autre. Le groupe s’exécute en chœur, tapant énergiquement dans leurs mains. « Je me suis senti en communion avec mes camarades » confesse Aymeric. « Je suis désormais apaisé et rempli d’amour ».
Quelques rues plus loin, place des Tilleuls, un petit groupe entre dans la ronde. Danielle passionnée des danses israéliennes enchaine les petits pas sous le regard enjoué des lycéens. Répartis en deux cercles, la danse commence dans un éclat de rire général. Chaque lycéen accélère le rythme, se déplace en avant puis recule. Les bras se lèvent. Les rires fusent de partout. « C’est génial » s’esclaffe Lucie. « Ici on n’a pas peur du regard des autres, car personne ne connait cette danse ».
« Je veux leur transmettre la joie » répond Danielle. « Avec notre corps on peut parfaitement exprimer notre foi en Jésus » poursuit-elle. « Ça passe par la gestuel. Le fait de lever les mains vers le ciel par exemple peut exprimer la louange. Se tenir par la main en cercle symbolise l’unité ».
A la maison diocésaine, changement d’ambiance. Pinceaux dans la main, par groupe de trois les lycéens doivent désormais exprimer leurs sentiments sur feuille blanche. Une mission difficile qui demande à chacun de se montre créatif. « La peinture et ma fille handicapée m’ont permis d’accéder au bonheur » leur raconte Agnès. « En peignant je ressens beaucoup d’amour envers l’être humain et la vie en général. Si je n’avais pas eu d’enfant handicapé, je n’aurais jamais rencontré ceux qui s’occupent d’elle ; des gens extraordinaires ».
Un témoignage qui devrait permettre aux participants de voire…la vie en rose.
Reportage réalisé par Caroline G, Danièlle B, Régis M, Gilles V, Vincent G