Le signe et la preuve



« Christ est ressuscité ! »

Ce cri de la mort de Pâques, nous aimerions tant être sûrs de son exactitude historique, afin de fonder sur lui notre espérance !
Trois sortes de preuves peuvent ici être invoquées. Et d’abord la preuve matérielle qu’exigeait déjà l’apôtre saint Thomas, et qu’il a d’une certaine manière reçue en notre nom à tous. Elle n’est plus accessible de façon universelle et indiscutable, nous le voyons par exemple à travers les débats concernant le linceul de Turin. Cette impossibilité de contraindre la raison à croire vaut, nous le savons, pour tous les miracles opérés par le Seigneur. Elle n’épargne pars le plus grand de tous parce qu’il lui importe que nous restions libres dans l’engagement de notre foi.
On peut aussi parler de preuve scripturaire, au sens où les Evangiles nous ont familiarisés avec la formule : « il fallait que cela s’accomplit ». Le signe messianique, c’est la réalisation des promesses de l’Ancien Testament, celle du serviteur qui se relèvera, celle du psaume 22 que Jésus a récité sur la croix : « à vous toujours la vie et la joie ». Cet argument montre la cohérence de notre Bible chrétienne.
Il y a enfin le témoignage des apôtres eux-mêmes : « ce que nous avons vu et touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons ». Ils affirment qu’après sa Pâque, Jésus était à Emmaüs comme dans la maison où ils se tenaient, qu’il était devant Marie-Madeleine comme au bord du lac de Tibériade. Mais l’on ne croit que ceux en qui l’on a d’abord mis notre confiance.
Alors, cette quête des preuves de la Résurrection du Christ, quelle est son sens ? Elle est le signe positif que nous savons notre sort lié au sein, mais qui avons choisi de le suivre dans la foi. Elle peut être aussi, pour cette même foi, une trace de fragilité et un lieu de progrès. Ce progrès qui consisterait à inverser la question en lisant la Résurrection du Seigneur comme le signe lui-même, ce signe préfiguré par Jonas et le temple rebâti en trois jours, le signe que l’espérance ne trompe pas. Laissons donc, en ce temps pascal, le Seigneur nous le redire : « n’ayez pas peur ».

P. Michel Ferradou


L'annonciation (détail) - Zurbaran - Musée de Grenoble