Décès de Mgr Michel Mondésert



Les obsèques ont été célébrées mardi 21 avril à 10h30 en la Primatiale Saint Maurice de Vienne.

La bénédiction du cercueil à l'entrée de la Primatiale

L'aube et l'étole sont déposées sur le cerceuil


Document PDF Télécharger le texte de l'homélie de Mgr de Kerimel (59Ko)

Retour sur la vie de Mgr Mondésert

Jeudi 16 avril 2009, Mgr Michel Mondésert est décédé.
Mgr Montdésert a été évêque auxiliaire du diocèse de Grenoble entre 1971 et 1992.

Biographie de Mgr Mondésert

Né le 5 décembre 1916 à Villefranche-sur-Saône (Rhône)
Ordonné diacre le 18 octobre 1942, puis prêtre pour le diocèse de Belley-Ars, le 11 juillet 1943 au Sacré Cœur de Bourg-en-Bresse (Ain)       

  • 1943    petit séminaire de Meximieux
  • 1944-1956    grand séminaire de Belley
  • 1956-1960    bureau diocésain Belley et aumônier fédéral MFR
  • 1960-1966    aumônier général MFR et CMR à Paris
  • 1966-1971    vicaire général du diocèse de Belley
  • 4 juin 1971    évêque titulaire d’Apollonide

 

25 septembre 1971    ordination épiscopale à Ars par le cardinal Renard, archevêque de Lyon, assisté de Mgr   Fourrey, évêque de Belley et de Mgr Matagrin, évêque de Grenoble
30 septembre 1971    nommé évêque auxiliaire de Grenoble, Archidiacre de la cathédrale Saint Maurice de Vienne et de Saint Jean-Baptiste, Responsable de la zone interdiocésaine de la vallée du Rhône
En 1992 se retire au presbytère de Morestel

Durant son ministère Mgr Mondésert a assuré les fonctions suivantes:

  • professeur au séminaire de Belley
  • aumônier diocésain d’Action catholique rurale
  • aumônier général du mouvement Chrétiens en monde rural (CMR)
  • aumônier national adjoint du Centre de préparation au mariage (CPM)

Il partage pleinement avec Mgr Matagrin la responsabilité du diocèse de Grenoble entre 1971 et 1989 puis avec Mgr Dufaux de 1989 à 1992, l'année où prend sa retraite.
Sa mission épiscopale s'exercera essentiellement pour la zone Nord et la zone pastorale de la vallée du Rhône.
Mgr Mondésert était en outre chargé de la pastorale du monde rural et de la pastorale sacramentelle du diocèse.


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Un témoignage au moment où Mgr Mondésert quitte ses fonctions d'évêque auxiliaire.

Jean SÈVE, dans « Église de Grenoble », 23 janvier 1992.

Le départ à la retraite du Père Mondésert qui fut leur pasteur durant vingt années laisse un peu désemparés les chrétiens de la Zone Pastorale de Vienne. D'autant que ces vingt années se confondent ou presque avec l'histoire de cette zone de sa naissance à l'âge adulte.
Pour les gens du Viennois, le Père Mondésert était bien leur évêque. Et lui, de son côté, avait un faible pour Vienne, pour cette zone qu'il avait reçue en cadeau avec mission de l'accompagner dans sa croissance. Et nous savons d'expérience que si le Père Mondésert n'était qu'un evêque auxiliaire, il n'en était pas moins un evêque plus qu'ordinaire — à travers l'image concrète qu'il nous a donnée de son ministère et dont je veux évoquer simplement quelques traits.
Le Père Mondésert, c'est d'abord un evêque tout donné à son peuple, toujours prêt à accueillir, en toute simplicité et amitié, chez lui comme au bout du fil. Il a le charisme du contact, le sens de l'écoute. Il est curieux de l'autre. Et beaucoup, laïcs, prêtres, religieuses et religieux pourraient dire ce qu'ils ont reçu de lui dans des rencontres personnelles pour lesquelles il était toujours disponible.
Un evêque tout donné à son peuple, avec une préférence marquée pour les jeunes qui s'est manifestée particulièrement dans le cadre renouvelé de la préparation et de la célébration des Confirmations. Quel bonheur pour lui de vivre une journée avec ces jeunes, de se faire témoin au milieu d'eux, de répondre à leurs questions, de dépouiller les lettres envoyées par chacun et dont la spontanéité, mais aussi le sérieux et la profondeur, suscitaient chez lui une constante admiration. Et c'est bien sa fermeté pastorale qui a permis de donner à la Confirmation son visage actuel toujours plein de promesses.
Un évêque tout donné à son peuple dans l'élan de Vatican II. Le Père Mondésert appartient à la génération des évêques Conciliaires. Il puise dans le Concile des convictions fortes qui donnent vie à son action pastorale. Le Peuple de Dieu, la Collégialité, la coresponsabilité, l'ouverture missionnaire au monde, la formation des laïcs orientent son ministère quotidien.
On pourrait évoquer les premières journées rassemblant "les communautés sans prêtres" devenues par la suite "Journées intercommunautés" et bien sûr, le long travail pour la mise en place progressive des Conseils Pastoraux de secteur — effort tenace et persévérant qui débouchera sur les "Forums des Conseils Pastoraux" de 1986 et 1988 et finalement sur le Synode.
La continuité marque l'action du Père Mondésert, qu'il s'agisse de la Catéchèse, du Catéchuménat, de la Pastorale Scolaire avec le pèlerinage des 5es qu'il n'aurait manqué pour rien au monde — ou de la perspective missionnaire sans cesse réaffirmée dans la crainte que les communautés ne se marginalisent ou ne s'étiolent — trait dans lequel on reconnaît l'ancien aumônier national du M.F.R... de l'équipe des grands engagés agricoles, ou du C.F.P.C...
Le Père Mondésert ne pense pas qu'il faille cesser d'être un homme pour commencer à être chrétien. Il est le témoin de l'Incarnation. Etre passionné de l'Evangile, c'est inséparablement pour lui être passionné de l'humain et refuser une spiritualité des nuages. Et l'humain, chez lui, ne va pas sans ce profond humour qui marque sa personnalité.
Oui, avec le Père Mondésert, nous avons fait l'expérience de ce que peut être l'alliance d'un Evêque avec la portion du Peuple de Dieu à laquelle il est envoyé.
Alors, pour tout ce qui nous a été donné, nous pouvons dire ensemble.
MERCI SEIGNEUR,
MERCI PÈRE MONDÉSERT.
Jean SÈVE

Récit d'une vocation

Témoignage donné par Mgr Mondésert au cours du pèlerinage diocésain au sanctuaire Notre-Dame de La Salette, le 27 septembre 1977.

Le témoignage d'un évêque

Quand on m'a demandé d'ajouter mon témoignage d'évêque à ceux que vous venez d'entendre, je me suis interrogé sur ce que je pouvais bien vous dire... Devenir évêque n'est pas affaire de désir personnel : un jour il vous arrive d'être mis devant le choix, difficile entre tous, d'accepter ou de refuser ce service d'Eglise. Une fois de plus il faut risquer totalement sa vie.
Et trente-cinq années de vie sacerdotale, comment les résumer en quelques minutes ?
Aussi, tout simplement, je voudrais vous dire ce qui a marqué en profondeur l'histoire de ma vocation et de ma vie de prêtre. Peut-être mes frères prêtres s'y retrouveront-ils un peu.
Le premier appel dans ma vie — une vocation, c'est la réponse à un appel — se perd quelque part dans ma petite enfance. Je n'en ai pas gardé le souvenir. C'est un peu paradoxal, car ce que je sais bien et n'ai jamais oublié, c'est que toute ma foi, dans toute son histoire, depuis le début, a toujours été profondément liée à cette certitude d'un appel dont je n'ai jamais pu douter : « Viens, suis-moi ! » Comment douter de l'existence de Quelqu'un qui entre dans notre vie, qui est là et qui vous appelle ?
Ma foi au Christ a toujours été enracinée dans cette certitude. A travers les doutes, les remises en cause, les refus... toujours est restée présente la certitude de cette rencontre mystérieuse avec le Seigneur qui me faisait signe pour le service de son Eglise et de l'Evangile. Service que j'aurais à réaliser même si, d'une manière ou d'une autre, je n'étais pas appelé un jour au sacerdoce par mon évêque.
La deuxième chose qui a marqué ma vocation et ma vie de prêtre, c'est la conviction que l'appel du Christ s'adressait à ma liberté d'homme et la respectait entièrement. « Si tu veux »... Jamais ma réponse au Christ et à l'Eglise ne m'est apparue comme un devoir, une obligation, une affaire de conscience, liée à une culpabilité possible. Ni, bien sûr, à un mérite quelconque de ma part. Entièrement gratuit, l'appel du Christ, bienveillance de Dieu à mon égard, me laissait entièrement libre de ma réponse. « Veux-tu ?... ». « Si tu veux... » L'amour ne s'impose pas.
Le sentiment de l'absolu respect de ma liberté de la part de. Dieu m'a beaucoup marqué. Je l'ai toujours éprouvé, jusqu'à en être gêné parfois : cela peut faciliter les choses de s'entendre dire : c'est ton devoir, tu dois. Le devoir qui s'impose est relativement simple, il permet le refus ou même la révolte. Ici, rien de tel. Devant les choix que j'ai eus à faire dans ma vie de jeune, comme tout le monde, face à des professions qui s'offraient et qui m'auraient passionné, face à l'aventure merveilleuse d'un amour possible qui, tout à coup, prend visage humain, face à l'autre aventure d'un départ pour aller — coupant les ponts derrière soi — se consacrer à quelque grande tâche dans le monde, face à la maladie qui semble ruiner à jamais les rêves d'avenir, il y avait là, tout simplement, cette voix discrète, silencieuse comme une amitié timide qui s'offre et presque s'excuse : « Si tu veux... ».
Mais l'amour, l'appel de cette amitié si discrète à force de respect qu'il aurait été facile de ne pas sembler l'entendre, comment y résister?
La troisième chose c'est le sentiment que, devant un tel appel, la réponse ne pouvait être que tout ou rien. Comme si la merveilleuse gratuité de l'appel à une liberté non moins merveilleusement respectée demandait une réponse totale et sans conditions.
« Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il vende tout, qu'il quitte tout, père, mère, épouse, frères et sœurs... qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ». Ce « Oui », si je le prononçais, m'embarquait dans une entière disponibilité, pour ce que le Seigneur voudrait, où il le voudrait, comme il le voudrait au service de la Bonne Nouvelle de l'Evangile et quel que soit le ministère qui me serait confié par l'Eglise. « Un autre te ceindra un jour ou peut-être t'emmènera où tu ne veux pas»... « L'Esprit souffle où il veut. Tu ne sais ni d'où il vient ni où il va ». Telles sont, tout au long de ma vie de prêtre, les paroles du Christ qui l'ont accompagnée comme un murmure permanent.
Quant à ma fidélité, aujourd'hui et demain, je sais qu'à travers mes infidélités je puis compter sur l'inlassable fidélité de Jésus à mon égard. C'est elle qui est et qui sera la source toujours nouvelle de ma pauvre fidélité « pourvu que je reste accroché au Christ ».
L'appel à consacrer toute sa vie dans le sacerdoce au service de l'Eglise et des hommes pour qu'ils deviennent des fils de Dieu en « Jésus le frère universel », c'est finalement une merveilleuse histoire d'amour entre un homme et Jésus. Une confiance gratuite à laquelle on ne peut répondre que librement, mais dans une « confiance absolue et sans conditions ».
L'histoire de nos vocations, c'est toujours un peu l'histoire de la vocation de saint Pierre : au début l'appel initial de l'apôtre : « Viens, suis-moi, je ferai de toi un pêcheur d'homme », puis la vocation définitivement confirmée, scellée dans un pacte d'amour après la Résurrection ; « Pierre, m'aimes-tu plus que ceux-là ? Alors pais mes brebis ». Dans l'intervalle, la longue et parfois douloureuse histoire d'une vie sacerdotale avec ses joies, avec aussi ses pauvretés, ses défaillances, ses lâchetés à « l'heure où le coq chante »...
Mais finalement histoire merveilleuse de la tendresse forte et fidèle du Christ envers son disciple : « Pierre, m'aimes-tu ? — « Oui, Seigneur, toi qui sais tout, tu sais bien que je t'aime ».
Je souhaite que beaucoup, répondant à l'appel du Seigneur, à travers les joies et les souffrances du ministère, fassent l'expérience de cette paix invincible qui n'est pas celle du monde que donne la consécration totale, joyeuse, de sa vie au service de Jésus-Christ et de son Eglise. De cette paix, de cette joie, je rends grâce chaque jour à mon Dieu.
L'amour de Jésus-Christ ne déçoit pas.

Michel MONDESERT


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