Don au Diocese de Grenoble Vienne

Se former à la liturgie

Répertoire : une invitation à réfléchir avant de choisir !

Le Père Louis Groslambert nous propose dans le numéro 96 de la revue Voix Nouvelles un texte riche d'enseignements, une réflexion sur la mémoire et le chant ecclésial : à découvrir !

 


Document PDFChant et mémoire ecclésiale

Le psaume dans la liturgie eucharistique

De la Constitution sur la Liturgie de Vatican II :

N° 7 … « Le Christ est là présent dans le sacrifice de la messe, dans la personne du prêtre, et au plus haut point sous les espèces eucharistiques… Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes Ecritures. Enfin il est là présent lorsque l'Eglise prie et chante les psaumes, lui qui a promis : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d'eux ».

David était un musicien : lire 1er livre de Samuel 16, 14-23. Après que Samuel a donné l’onction à David, personne ne s’est occupé d’aller présenter David à Saül ! C’est par un autre biais que s’est faite la rencontre entre Saül et David, à cause d’une « musico-thérapie » qu’il fallait à Saül, on a trouvé David, et on l’a amené à Saül !

 

            Outre son don pour la musique et la poésie, il aime Dieu et son peuple plus que tout .

 

Tout événement de sa vie ou de la vie d’Israël, il le chante : (prendre dans la bible les psaumes 54 – 56 – 57) – et ce chant est une prière

  • Il chante quand il est fait prisonnier par ses ennemis (ps. 56) ou au contraire quand il est délivré de ses ennemis.
  • Il chante quand il est en proie aux angoisses et accablé d’épreuves et de critiques. (ps 55)
  • Il chante et il danse quand il accompagne l’Arche d’Alliance à Jérusalem.
  • Il chante et prie pour demander pardon de ses péchés (ps. 50)
  • Il chante et pleure à la mort de Saül et de son ami Jonathan. (2 Samuel 1, 17 sq)
  • Il prie trois fois par jour (cf psaume 55, 17-18) : « Pour moi, vers Dieu j’appelle, et le Seigneur me sauve : le soir, le matin et à midi, je me plains et frémis : il entendra mon cri ».

 

En même temps, c’est lui qui a le désir d’établir à Jérusalem une demeure pour l’Arche d’Alliance, une demeure pour Dieu. (2 Samuel 7). C’est son fils Salomon qui fera construire le Temple de Jérusalem.

Cf Arche d’Alliance  = la présence de Dieu au milieu de son peuple (depuis l’Exode)

Après David, ou peut-être même de son vivant, d’autres ont composé des psaumes, ou des cantiques inspirés. (Asaph – Les fils de Coré, qui devaient être des chantres du temple) – et dès la construction du temple, ces poèmes seront utilisés dans une prière liturgique, dans les occasions particulières, en particulier pour le matin, le soir, à midi, pour les sacrifices, pour le sabbat, pour les fêtes, etc…

Tout un ensemble de psaumes sont des chants de pèlerinage, appelés les psaumes des montées : lorsque le peuple d’Israël montait à Jérusalem, pour prier le Dieu d’Israël : ô ma joie quand je suis parti vers la maison du Seigneur… (ps. 121 ; ps. 120 à 134)

D’autres sont des chants liturgiques : pour la fête des Tentes (ps.117), pour faire l’éloge de la loi (ps. 118) – Pour faire mémoire des grands événements de l’histoire d’Israël, et en rendre grâce : « Rendez grâce au Seigneur car il est bon … car éternel est son amour ! »

Tout cela fait un bel ensemble de 150 psaumes, qui se termine par une louange universelle, qui invite tous les instruments de musique à célébrer Dieu, le Dieu de la vie, et de tout souffle : Ps.150

Historique : il y a donc eu, depuis David et peut-être même depuis plus longtemps, un ensemble de poèmes qui – petit à petit, dès que le temple a servi pour le culte - a constitué un « fond commun » de prière chantée liturgique. Certains ont même été composés pendant l’exil, et d’autres pour fêter le retour (ps.126)

Après le retour de l’exil de Babylonne, les « Sages d’Israël » les ont fixés dans ces 150 poèmes, qui sont devenus la prière constitutive d’Israël, pour la liturgie et pour la prière personnelle.

Les psaumes : prière de Jésus

Jésus a prié les psaumes, à la synagogue, au temple de Jérusalem, et dans les diverses occasions de sa vie. Cf Mc 14, 26 – Mais aussi, et surtout, on le voit, dans la  souffrance la plus extrême, prier, crier, avec les paroles des psaumes, sur la croix : deux psaumes vont venir à ses lèvres : Ps. 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15, 34) et Ps. 31, 6 : « Père, je remets mon esprit entre tes mains ».(Lc 23, 46) – D’autres passages des psaumes sont évoqués par les évangélistes, lors de la Passion, par exemple le partage des vêtements (ps. 22, 19)

Les apôtres comme Jésus, comme les premiers chrétiens, sont formés, imbibés par les psaumes, c’est leur prière, à la fois liturgique et personnelle. Ils voient dans la vie de Jésus la réalisation de tout ce qui est dit dans les psaumes. (Ex de Marc qui parle de faire asseoir les foules dans l’herbe verte)

Lorsque nous prions les psaumes, nous prions avec les mots mêmes de Jésus.

 

Nous et les psaumes ?

  • Nous nous trouvons devant un héritage extraordinairement ancien et précieux : penser que ces psaumes sont priés – sans arrêt, tous les jours – depuis presque 300 ans !
  • Si leur expression n’est pas directement celle que nous pourrions avoir, elle est profondément humaine, et contient toutes les interrogations, toutes les situations, toute la louange, la joie, la peine, la révolte, toutes les attitudes du cœur de l’homme devant Dieu.[1] Jésus lui-même les a priés et a ainsi partagé avec l’humanité toutes ces attitudes de l’homme devant Dieu. Il a même dit le ps. 50, qui dit le péché de l’homme, et demande pardon. Nous avons tous la possibilité d’enrichir notre prière des psaumes.
  • Dans la liturgie : prière des heures – psaume responsorial pendant la messe– et possibilité d’utiliser les psaumes à d’autres moments de l’Eucharistie.
  • Lors de célébrations liturgiques, funérailles, temps de prière...

 

 

[1] Exemple de la prière des moines et moniales : « le psaume nous fait rejoindre toute l’humanité, et me fait sortir de mes propres sentiments ».