Eglise catholique en Isère
Oecuménisme et relations avec le judaïsme
Don au Diocese de Grenoble Vienne

Des nouvelles ... 2016-2017

Soirée intereligieuse à la Synagogue

L'hospitalité dans les trois traditions monothéistes

Mercredi 19 octobre à 19 heures, une cinquantaine de personnes sont reçues par Nissim Sultan du consistoire de Grenoble, rabbin de la synagogue Bar Yohaï. Le lieu est magnifique, totalement rénové : il abrite le religieux et le laïc, la synagogue et l'Espace des cultures juives.
Organisée à l'initiative du Conseil Interreligieux de Grenoble, cette soirée commence par quatre commentaires sur le texte de l'hospitalité d'Abraham (Genèse 18), texte commun aux trois religions monothéistes. On écoute successivement le père Loïc Lagadec, l'imam Abdenacer Zitouni, le pasteur Joël Geiser, le rabbin Nissim Sultan.
Les expressions sont variées, un juif ne parle pas comme un musulman, un catholique comme un protestant. Mais chacun enrichit la parole de l'autre. Voici quelques perles récoltées.
En Genèse 18,1-2 Abraham accueille Dieu devant sa tente sous le chêne de Mambré ; mais soudain, trois hommes apparaissent. Que fait Abraham ? Il laisse Dieu et court à la rencontre des hommes ! Commentaire : l'hospitalité est plus importante que rester en présence de Dieu.
Qui sont les "trois hommes" qui se présentent devant Abraham ? des humains ? des anges ? Dieu lui-même ? On ne peut pas trancher, mais dans toute rencontre humaine, n'est-ce pas Dieu que l'on accueille ? En écho, dans Matthieu 25,35-40, on lit : "dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait".
L'accueil porte du fruit : Abraham offre le repas à trois hommes ... et reçoit la promesse d'un enfant. N'est-ce pas l'expérience de la Visitation (Luc 1,39s) : à travers la rencontre humaine de Marie et Elizabeth, chacune reçoit une révélation de la présence de Dieu : "la mère de mon Seigneur" dit Elisabeth, "mon âme exalte le Seigneur" répond Marie.
Le meilleur d'entre vous, c'est celui qui est le plus utile aux autres.
Le sommet de l'hospitalité, c'est d'aller jusqu'à faire dormir chez soi celui qui n'a pas où dormir.
Dans nos fragilités personnelles, sociétales, nous avons deux voies possibles : nous barricader, élever des murailles, ou ouvrir nos portes, accueillir.
L'expérience de l'accueil est toujours un enrichissement pour celui qui accueille.
La salle réagit, pose des questions, interpelle. Une jeune femme engagée en politique : vous n'avez pas parlé d'amour, serait-il absent de l'hospitalité ? Un musulman répond : il en est la source, mais l'affection pour les personnes reçues ne pourra se manifester qu'une fois l'accueil réalisé.  Un jeune gabonais : il n'y a pas beaucoup de jeunes dans la salle. Un homme aux cheveux gris : c'est peut-être d'abord aux plus âgés d'accueillir des réfugiés parce qu'ils ont de la place chez eux. Une femme insiste sur l'engagement de nombreux jeunes.  Une jeune femme musulmane demande qu'on n'oublie pas de passer des paroles aux actes. L'échange est riche, avec un même message : levons-nous et accueillons !
 
Mais l'accueil, ce soir, c'est également un repas sous la soucca, la "cabane" construite dans la cour de la synagogue, en fait une belle structure en bois coiffée de végétaux qui laissent voir le ciel, très heureusement sans pluie. A une table, le rabbin, un prêtre, un imam dînent ensemble. Le repas cacher rappelle la cuisine méditerranéenne. L'animation des conversations, la joie de l'échange feraient presque oublier l'heure tardive : on se quitte à 23 heures.

Eté 2016 à Paray-le-Monial, "Découvrir le judaïsme"

Du 12 au 17 juillet, 5 jours d'exception ont été vécus à Paray-le-Monial : ce fut une rencontre profonde et festive entre chrétiens et juifs.

A voir sur le site de l'AJCF les interviews des conférenciers et des participants, les principales interventions. Voici quelques phrases relevées dans les interviews :

"Je suis étonné de ce petit bout de France que je découvre au cœur de la Bourgogne, une vraie terre chrétienne, une vie organisée autour de la vie chrétienne dans toute sa richesse [...]. C'est merveilleux de voir cet accueil qui nous est fait à nous autres juifs, à nous autres rabbins, ça nous remplit d’espérance."

"On assiste à un tournant des relations judéo-chrétiennes [...] qui se place aussi sous la signe de l’érudition [...] Aujourd’hui, c’est une double curiosité qui se croise : pour un chrétien, discerner, situer les racines juives du christianisme, c’est évidemment passionnant, mais pour un juif aussi, découvrir les continuités du judaïsme dans le christianisme et c’est aussi tout à fait passionnant. [...] On a intérêt à pousser au plus loin et pour le plus grand nombre, pas seulement pour un cercle d’initiés, les études judéo-chrétiennes" (Rabbin Nissim Sultan)

"Touché par la force de l’ouverture à la parole chez mes frères juifs, des hommes et des femmes qui étaient tout le temps dans la joie de la rencontre et dans une rencontre qui ne part pas seulement de la subjectivité individuelle mais qui part de la Thora, de l’Ecriture sainte, pas simplement lue de manière émotionnelle mais comme référence vitale. [...] Il y aura toujours cette différence irréductible, qui permet une rencontre non pas d’autosatisfaction ou de renvoi de miroir. Avec le peuple juif nous sommes devant une irréductibilité de différence et en même temps, les mêmes prophètes nous ont parlé, le même Dieu nous parle aujourd’hui et au fond, la même passion de demeurer fidèles nous est commune" (Mgr Benoît Rivière)

Par ma confrontation "à d’autres personnes qui vont me poser des questions sur mes textes, ma perception sera différente […] j’aurai des réponses à des questions que peut-être je ne m’étais pas posées" (Rabbin Moché Lewin)

"Nous dialoguons et nous avons une responsabilité à l’égard de l’humanité" (Raphy Marciano)

 

Documents récents

... à l'occasion du 50ème anniversaire de Nostra Aetate

Trois documents sont à signaler que vous trouverez sur la page Les relations entre juifs et chrétiens : histoire et documents:

  • La Commission pontificale pour les relations religieuses avec le judaïsme a publié une réflexion théologique sur les rapports entre catholiques et juifs intitulée « LES DONS ET L’APPEL DE DIEU SONT IRRÉVOCABLES » (Rm 11, 29),
  • « Faire la volonté de Notre Père du Ciel : Vers un partenariat entre Juifs et chrétiens », texte publié le 3 décembre 2015 par plus de 25 rabbins orthodoxes éminents d’Israël, des États-Unis et d’Europe,
  • "Déclaration pour le jubilé de fraternité à venir", texte remis par le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, au Cal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris et au Pasteur François Clavairoly, Président de la Fédération Protestante de France lors d'une soirée au Collège des Bernardins, à Paris, le 23 novembre 2015.

Une note de synthèse présente les remarques faites par un groupe de travail de l'association ISAIE sue les deux premiers documents. Elle se trouve sur la même page.

Session d'hébreu biblique

La prochaine Session d’étude d’hébreu biblique prévue en novembre 2016 est reportée au début 2017. Elle portera sur le prophète Jérémie, sa vocation, ses épreuves, son message. La participation à cette session nécessite d'étudier des textes dont la liste peut être demandée à Marie-Jo Balme (mail).

A lire : dernières recensions

Le père Georges Maurice a lu pour nous :

Jean STERN - "Jean-Paul II et le mystère d’Israël" - Ed. Parole et Silence. Février 2015

Jacqueline  MARTIN-BAGNAUDEZ - "Pour les Juifs, qui est Jésus ?" - Edition Salvator – Août 2014

Etienne NODET - "L’ODYSSEE DE LA BIBLE" - Edition du Cerf – septembre 2014

Ces nouvelles recensions et d'autres plus anciennes sont à lire en page "Pour en savoir plus", rubrique Présentation de livres.

Cours d'hébreu et de grec bibliques

Lire la Bible dans ses langues originales ! C'est l'objectif des cours d'hébreu et de grec bibliques proposés par l'Association Isaïe. L'obstacle n'est pas insurmontable, beaucoup ont débuté et participent maintenant à des groupes de lecture biblique. Débutants, avancés, un contact : association Isaïe (04 38 38 00 55 ou mail ) ou encore, 04 76 86 42 21

Bibliothèque sur le JUDAISME

A la Maison Diocésaine, dans le bureau ISAIE, vous trouverez tous les livres et autres documents traitant du judaïsme et des relations entre Chrétiens et Juifs. A consulter largement !

Judaïsme et Église diocésaine

l'église Saint Vincent de Paul abrite la communauté juive libérale de Grenoble

Notre Église diocésaine a eu plusieurs fois l'occasion d'apporter son aide à des communautés chrétiennes qui avaient des difficultés à trouver des lieux de culte. Récemment, c'est la communauté juive libérale (CJL) de Grenoble qui est venue frapper à la porte du diocèse pour trouver un lieu de prière. En réponse à cette demande, le diocèse et la paroisse Notre Dame de l'Espérance ont mis à disposition pendant 3 ans des locaux situés sous l'église Saint Vincent de Paul, pour célébrer les offices de shabbat ou de fêtes religieuses. Le symbole fort d’une communauté juive installée dans les « fondations » d’une église chrétienne a été largement évoqué lors de la cérémonie d’inauguration au cours de laquelle a été lu la convention signée par le Père de Kerimel. Plus de détails en page "en Isère".

A écouter, à lire

Le 4 février 2014, sur RCF, dans l'émission Chrétiens en Isère, "Les amitiés judéo-chrétiennes" : interview de Patrick Peltié et René Schaerer. A écouter ici

Le 26 janvier 2014, sur France-Culture, dans l'émission Talmudiques, "une nouvelle lecture juive de Paul", par le rabbin Ryvon KRYGER. A écouter ici.

Des témoignages sur l'état d'esprit actuel de la communauté juive de France, sur le site de l'AJCF

Gérard Israël, philosophe, parle de la réédition de son livre "La question chrétienne, une pensée juive du Christianisme", chez Payot dans l'émission de France Culture du dimanche "Maison d'étude" dont voici le lien

Un article sur la SHOAH par balles, "le compte à rebours pour recueillir les témoignages" dans le Dauphiné Libéré du 9-11-2013, à lire ici.

Formations

Des informations plus détaillées sont données sur la page Formation

Le pape François reçoit la communanuté juive de Rome

Le 16 octobre 2013, le pape François rencontre la communanuté juive de Rome et son rabbin à l'occasion du 70e anniversaire de la déportation des juifs de Rome le 16 octobre 1943.  A lire ici

Témoignage - Des lieux de mémoire autour de Grenoble

A lire en page "témoignages" le compte-rendu d'une visite de lieux de mémoire autour de Grenoble : ces lieux rappellent la traque et la déportation de juifs en Isère. Visite organisée par les groupes d'Amitiés Judéo-Chrétienne de Meylan-Grenoble, Annecy et Lyon.

Conférence de Gilles Bernheim à Grenoble le 18 juin 2013

« Israël, l'Europe : Être juif en France. »

Le 18 juin 2013, à la demande de l’ACJG Rachi et de Radio Kol Hashalom, le Grand Rabbin Gilles Bernheim a donné une conférence sous le titre : « Israël, l’Europe : Être juif en France. ». Parmi les sujets abordés - toujours avec une certaine passion dans la voix et le souci d’être bien compris - on retiendra ceci :

- Vivre en France, pour un juif, c’est y vivre une « orthopraxie » fidèle qui n’est pas un intégrisme. C’est notamment vivre le Shabbat, malgré la difficulté que cela représente. C’est aussi vivre non pas seulement une « solidarité » avec ses concitoyens mais une « fraternité », c'est-à-dire des relations qui découlent du fait que, descendants d’Adam (Genès 5 : 1) tous sont frères. De même que le jour de Shabbat Dieu ne s’est pas littéralement « reposé » (car Dieu ne se fatigue jamais !) mais s’est « effacé » devant l’homme, sa créature, de même avons-nous à nous effacer pour accueillir nos frères.

- Israël est l’un des pays du monde les plus mal aimés. Ceci est vrai notamment en Europe. G. Bernheim dénonce l’assertion selon laquelle la création de l’Etat d’Israël serait la conséquence d’Auschwitz : elle est l’aboutissement d’une espérance millénaire et du combat sioniste. En revanche, dit-il, en s’installant en Israël, les juifs ont cessé d’être ce peuple sans terre qui, en Europe, avant la guerre, le désignait à l’hostilité des nationalismes. Au même moment, pour
La Lettre d’Isaïe - Juin 2013 Page 3
tourner définitivement le dos à la guerre et au paroxysme que constitue Auschwitz (« plus jamais « Çà »), les nations européennes abolissaient les frontières et devenaient moins fixées sur leurs terres. Elles ont dès lors de la difficulté à admettre qu’Israël aille en sens contraire et s’abrite derrière des frontières, adoptant un comportement dans lequel l’Europe croit reconnaître un nationalisme comme ceux auxquels elle a renoncé. Dans la discussion, le Rabbin Bernheim complète ce propos neuf et original en reconnaissant aussi que l’Etat d’Israël est jugé à l’aune de critères d’inspiration chrétienne comme si l’Europe attendait des juifs qu’ils se comportent eux-mêmes à l’image du Christ.

- G. Bernheim a également fait allusion, chemin faisant, au dialogue judéo-chrétien et au livre qu’il a cosigné avec le Cardinal Barbarin. Il a fortement insisté pour dire que le dialogue judéo-chrétien aide chacun des deux partenaires à découvrir des questions qu’il ne s’était jamais posées et à approfondir sa propre foi.
Bien entendu, ce court résumé ne rend pas compte de l’ensemble de la conférence qui a duré plus d’une heure trente !

Une belle histoire

Extrait du journal La Croix du 9 juin 2012, "Les lecteurs racontent 1942"

À Besançon, mon camarade de lycée Jean Uebersfeld avait l'étoile jaune. Il me disait : « C'est ma décoration. » Et, récemment, il nous a expliqué qu'il était passé devant le grand séminaire à une heure de sortie des cours, et qu'il avait vu quelques dizaines de séminaristes, dans la tenue de l'époque, saluer son étoile en retirant leur chapeau. C'est plus tard que j'ai appris l'épisode de la messe de minuit 1942 à Montbéliard. Messe de minuit avancée à 18 heures en raison du couvre-feu ; des soldats allemands en uniforme étaient dans l'assistance. Au fond de l'église, la crèche, Marie et Joseph portant l'étoile jaune. Après le chant de l'Évangile, procession vers la crèche : les enfants de chœur portent l'Enfant Jésus, sur les vêtements duquel est cousue l'étoile jaune des juifs.   Lucien Baillaud (Puy-de-Dôme)

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