Eglise catholique en Isère
Oecuménisme et relations avec le judaïsme
Don au Diocese de Grenoble Vienne

Les fêtes juives

Calendrier des fêtes juives

Roch hashana, nouvel an,
Yom Kippour, jour du grand pardon,
Souccot, fête des cabanes,
Sim’hat Torah, joie de la Torah,
Hanoukkah, fête de la Dédicace ou fête des lumières,
Pessah, Pâque juive,
Yom haShoa, commémoration de la Shoa, fête laïque,
Shavouot, Pentecôte, don de la Thora,
                    (Toutes les fêtes commencent la veille au soir)

Calendrier pour l'année en cours : voir en page d'accueil

Au sujet du calendrier juif (*)

« Le calendrier qui règle aujourd'hui la vie juive est d'origine babylonienne et son usage remonte au retour de l'Exil... Ce calendrier est à la fois lunaire et solaire. Il est composé de mois lunaires de 29 ou 30 jours. Pour éviter qu'il ne soit complètement indépendant du rythme des saisons (ce qui est le cas dans l'Islam), on ajoute périodiquement un mois supplémentaire, de sorte que la fête de pâque (pesah) est toujours célébrée au printemps. Ce mois intercalaire est un redoublement du mois de adar qui précède celui de nisan, au cours duquel sera célébrée la pâque.....Aujourd'hui, la périodicité de cette insertion d'un mois supplémentaire est fixée une fois pour toutes : on intercale un deuxième mois de adar 7 fois dans un cycle de 19 ans (les troisième, sixième, huitième, onzième, quatorzième, dix-septième et dix-neuvième années). Les années de treize mois sont dites « embolismiques »....
Les noms des mois sont également d'origine babylonienne : tishri, heshvan, kislev, tevet, shevat, adar, nisan, iyyar, sivan, tamuz, av, elul. ...
Dans la Bible, les mois sont désignés généralement par leur numéro d'ordre : le « premier mois » correspondant aujourd'hui à nisan, etc. On trouve dans certains livres postérieurs à l'Exil plusieurs des noms de mois babyloniens, qui coexistent avec la désignation des mois par leur numéro d'ordre. ...
Depuis le Moyen Age, les années sont comptées à partir de la création du monde selon le comput biblique. Le 1er Tishri (Rosh ha-shana, le 13 septembre 2007) a marqué le début de l'an 5768. On calcule la date à partir du calendrier grégorien en ajoutant 3760. »

(*) - Extrait d'un article de Michel Remaud  paru dans « Un Echo d'Israël ». Novembre 2007

ROCH HACHANA - KIPPOUR - SOUCCOT, les fêtes juives d'automne

Trois fêtes vont jalonner la période de l'automne : d'abord,  Roch Hachana et Kippour appelés aussi  "les jours redoutables" ; ensuite Souccot qui, avec Pessa’h et Chavouot, est l’une des "fêtes de pèlerinage".
- Rosh Hashana (le Nouvel An juif) : c'est le premier jour des dix jours redoutables qui s'achèvent par Kippour. Ce temps, en fait de deux jours, est un moment austère et grave. La sonnerie du Shofar retentira (Nb 29,1) pour convoquer le peuple,  pour l'inviter à cesser ses
activités, pour lui annoncer le jugement devant le trône céleste de Dieu et l'appeler à la repentance à Dieu et à ses proches que l'on a pu blesser ou meurtrir durant l'année.
- Kippour (ou plutôt "Yom  Hakippourim"), le Jour des pardons : c'est une période de
pénitence. L'homme juif quitte ce jour-là le monde et sa condition d'homme, il ne mangera, ni ne boira ; il est invité à se purifier. On lui demande  humilité dans la prière ; on l'invite au recueillement. Durant  24 heures (de la veille au soir jusqu'au crépuscule), tout un peuple médite dans l'espérance. C'est le jour de Dieu. Devant Dieu, ce peuple cherche à  s'améliorer et à se parfaire.
- Souccot (ou la fête des cabanes ou "des tentes") : selon la Torah, pendant sept jours, tout le monde réside dans une cabane de branches (la "Soucca") qui est construite chez soi, dans son jardin. Au dernier jour, on célèbre la fête de la Joie de la Torah (Sim’hat Torah) ; le peuple de Dieu est alors invité à lire de dernier chapitre du Deutéronome et le premier chapitre de la Genèse. Toute la Torah sera lue et étudiée au cours de l’année.
Pour nos frères juifs, Souccot est une fête majeure. Jésus lui-même fut assidu à cette fête, LA fête (Jn 7,14 et suivants).

HANOUKA, fête de la Dédicace

Hanouka, fête des lumières, commémore deux évènements ; l’un historique, en l’an 164 av.J.C., la victoire des Judéens, conduits par Juda Maccabée, sur les Grecs séleucides qui occupaient la Judée, - l’autre évènement est la purification du Temple, après que des sacrifices païens eussent été pratiqués dans le Sanctuaire. Ces événements sont racontés dans le 1er livre des Maccabées ou Livre des Martyres d’ Israël (chapitres 1 à 4). Le Talmud (SAB 21 B) ajoute que cette restauration fut marquée par un miracle : la cérémonie de purification devait durer huit jours. On ne trouva alors dans le Temple qu’une petite fiole d’huile non profanée, à peine suffisante pour durer quelques heures. Mais il se fit que cette minuscule fiole permit d’illuminer tout le Temple pendant huit jours ! Ceci explique qu’aujourd’hui encore la fête de Hanouka dure huit jours à l’instar de la fête de Soucot. Pendant 8 jours les familles juives allument chaque soir une lumière sur le chandelier à huit branches, la hanoukiah, en signe de joie et d’action de grâces.

Tout au long des siècles et jusqu’à aujourd’hui, les lampes de Hanouka rappellent la promesse faite par Dieu aux patriarches selon laquelle « le peuple d’Israël ne cesserait jamais d’exister, et, en toutes circonstances et dans toutes les époques, cette promesse ne s’est jamais démentie »  (Méir Meizelès, cité par L. Cohn) malgré les innombrables persécutions dont il fut victime au cours des siècles, pour culminer dans la Shoah.
La fête de Hanouka est expressément évoquée dans l’Evangile de St Jean (Jn 10, 22).

PESSA'H - De Pessa'h à Pâque …Des chemins de libérations…

Pessa’h : le passage de l’esclavage à la liberté Ce jour sera pour vous une époque en souvenir et vous le fêterez comme fête de l’Eternel pour vos générations (Ex 12, 14). Afin que tu te souviennes du jour où tu sortis d’Egypte, chaque jour de ta vie (Dt 16, 3). Et lorsque vos enfants vous diront : « Que signifie pour vous ce rite ? » vous direz : « C’est le sacrifice de la Pâque en l’honneur de l’Eternel, qui a passé par-dessus les demeures des enfants d’Israël » (Dt 12, 26-27).

La fête de Pessa’h commémore l’avènement fondateur du peuple juif, ce qu’on a pu appeler « l’invention de la liberté. » (R. Draï).  Libération politique et sociale inaugurée par ce départ précipité hors de l’Egypte, terre d’exil et d’esclavage, mais aussi libération morale et spirituelle à travers l’épreuve du désert, vers le don de la Torah, parole du Seigneur qui se révèle, seul garant d’une liberté authentique.
Mais l’expérience de la libération n’est pas qu’un fait historique perdu dans les lointains du temps, elle doit se vivre quotidiennement, se construire jour après jour dans les vicissitudes de l’existence humaine, se fortifier pour permettre au peuple juif de mener à bien sa mission. Et pour ce faire elle doit s’enraciner dans la mémoire et se transmettre.
C’est pourquoi au soir du 14 Nissan, à la veillée du Seder, la table est mise dans les familles juives. Au centre de la table, on place devant les convives un plateau contenant des mets variés. Les uns comme les herbes amères, rappellent l’esclavage ; l’os de l’épaule d’un agneau évoque l’agneau pascal, le pain azyme qui a donné à la fête son nom le plus usité dans la Torah : ’hag hamatsot, « la fête des pains azymes », pain primitif que le Zohar appelle « pain de la foi »… alors va se dérouler le récit de la libération, la haggadah de Pessa’h. En effet ce ne sont pas seulement les symboles qui sont importants, ce sont aussi les paroles qui ouvrent l’intelligence, la mémoire et le cœur.
Le récit commence par une invitation « Le pain que nous allons manger représente le pain de misère que nous avons mangé quand nous étions esclaves en Egypte ; que celui qui a faim vienne et mange, que celui qui a soif vienne et boive. », car il n’est pas de liberté sans ouverture à l’autre, pas de libération sans projet de libérer l’autre. Le récit s’adresse d’abord aux enfants : c’est à eux avant tout qu’il faut transmettre la mémoire de l’événement, et c’est à eux que revient de poser la question qui ouvre la haggadah : « En quoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? ».
A ce questionnement initial, succède celui des quatre fils : le sage, le méchant, le simple et celui que ne sait pas questionner. Le sage veut connaître les règles qui concernent la sortie d’Egypte et régissent la célébration de la fête : c’est à partir de ses questions que la réponse complexe et approfondie s’élabore. Le méchant se place en dehors de la communauté en demandant : « Qu’est-ce que ceci pour vous ? » (et la haggadah de préciser : pour vous, et non pour moi.) ; la réponse qui lui est faite entérine son auto exclusion : s’il avait été présent au moment de la sortie d’Egypte, il ne serait pas sorti. Ex 13, 8 « c’est en vue de ceci que l’Eternel a agi pour moi quand je sortis d’Egypte ». Le simple demande simplement « Qu’est-ce que c’est ? » Ex 13, 14 et la réponse énonce tout simplement la suite du verset « D’une main puissante, l’Eternel nous a fait sortir d’Egypte, de la maison d’esclavage ». Enfin puisque le quatrième ne sait même pas poser les questions, il faut l’aider à les formuler correctement.  
Points de vue différents, réponses adaptées, on voit combien la parole circule, comme on dirait aujourd’hui. La nuit de l’esclavage a fait place à la nuit porteuse de lumière. A la force brutale de l’état totalitaire, où le monologue du dominant impose l’obéissance aveugle au dominé à qui il est interdit de poser des questions, se substitue le dialogue indispensable pour que les protagonistes de l’événement extraordinaire qui s’est déroulé, la création d’une condition humaine où il n’y a plus ni dominant ni dominé, en comprennent le sens et puissent le transmettre de génération en génération.
« La brèche de Pessa’h est absolue et définitive : c’est une liberté à bâtir. Pour que l’avenir annoncé puisse se réaliser, une voie est offerte, celle de la nécessité de transmettre. Les ‘banim’, les fils, doivent devenir des ‘bonim’, des bâtisseurs. » (C. Kessler.)         Maryvonne Juhel

Pâque,  pour nous chrétiens …

Il reste, bien sûr, que pour nous chrétiens, Pâque n’atteint sa plénitude qu’en Jésus Christ. C’est Lui qui « accomplit » la Pâque éternelle, c'est-à-dire le « passage » définitif au Père (Jn 13,1).
C’est pourquoi Paul dit que Christ est notre Pâque (1 Co 5,7). En effet, Jésus ne vient supprimer aucune des pâques qui L’ont précédé, mais au contraire les assumer toutes en sa personne et les offrir au Père.     P. G. Maurice

CHAVOUOT – PENTECÔTE

Dans le judaïsme, le fête de Pentecôte porte plusieurs noms : fête des Prémices, fête de la Moisson, fête des Semaines, ce dernier nom étant aujourd’hui le plus courant sous sa forme hébraïque : Chavouot. Le mot de Pentecôte - en grec « Cinquantaine » - est le nom donné à l’époque de Jésus par les Juifs de langue grecque. Cette fête est évoquée plusieurs fois dans l’Ancien Testament : Ex 23,16 ;  34,22 ;  Dt 16,9 ; Lev 23,15. Elle se situait à la fin du cycle pascal et marquait le début de la moisson du blé. Son rite principal était l’offrande au Temple de la première gerbe, ou prémices, de la récolte de blé.
Dans le judaïsme tardif, la fête de Chavouot deviendra le mémorial du don de la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï, le troisième mois (Ex.19), c'est-à-dire sept semaines après la sortie d’Egypte. D’où le nom de « fête des Semaines » qu’elle portera désormais dans la tradition juive. Ceci explique qu’elle soit marquée aujourd’hui chez les juifs fervents par une nuit complète d’étude de la Torah.

Pour les chrétiens, cette fête marque la fin du cycle pascal révélant la résurrection de Jésus. Elle manifeste aussi la naissance de l’Eglise comme étant les prémices de la moisson des nations, - nations dont la liste est longuement énumérée dans le récit du livre des Actes.
Et le don de l’Esprit Saint est comme l’accomplissement du don de la Torah, Esprit qui vient inscrire profondément la Loi de Dieu dans le cœur des croyants.               P. G. Maurice