Eglise catholique en Isère
Oecuménisme et relations avec le judaïsme
Don au Diocese de Grenoble Vienne

... en Isère

La communauté juive de Grenoble

Synagogues et oratoires

  • A.C.J.G RACHI
  • BAR-YO’HAÏ
  • ZEKHOUT ABOT
  • BETH HALIMOUD
  • BETH’HABAD

Quelques associations

  • C.C.J. Centre Culturel Juif de Grenoble
  • C.B.L. Cercle Bernard Lazare www.cbl-grenoble.org
  • C.R.I.F Conseil Représentatif des Institutions juives de France www.crif.org/
  • C.J.L.D.Communauté Juive Libérale Dauphiné (Tel: 06 71 66 66 82)

Evocations de la communauté juive

1- sur le site du Consistoire (http://www.consistoiredefrance.fr/r/13.rhone_alpes_centre.html)

Le Dauphiné a peut être été la première région d'installation des Juifs en France. En effet, en l'an IV de notre ère, le Roi de Judée, Archélaus, descendant d'Hérode, en disgrâce, fut exilé à VIENNE avec sa cour. Avec les diverses expulsions de Juifs au Moyen Age, le Dauphiné, qui ne faisait pas partie du Royaume de France, devint, comme le Comtat Venaissin, une région de refuge pour les Communautés. Le Dauphin Humbert les utilisa comme percepteurs des impôts avant de les pressurer puis de les livrer à la vindicte populaire qui se manifesta par des massacres, des bûchers ou des conversions de force, en passant par les accusations classiques d'empoisonneurs de puits, de sorcellerie et de crimes rituels. Ils furent chassés du Dauphiné avant la Révolution. Quelques Juifs d'Alsace y émigrent avec l'annexion de l'Alsace Lorraine en 1870. En 1928 fut créée la première Association cultuelle pour une Communauté de moins de 40 familles. Avec la guerre, Grenoble, en zone libre, devint le refuge d'innombrables Juifs (environ 30 000), dont nombreux furent des résistants du Vercors (Marc HAGUENAU). Ce fut aussi une plaque tournante d'évasion vers la Suisse et une zone de transit pour les réfugiés d'Europe centrale. Le Centre de Documentation Juive Contemporaine y fut créé en pleine guerre. Au lendemain de la guerre, la Communauté comptait environ 250 familles, essentiellement des Juifs réfugiés d'Europe centrale. Dans les années 60, environ un millier de familles d'Afrique du Nord sont venues s'y installer et synagogue comme institutions diverses se sont multipliées.

2- d’après une conférence du Docteur René Schaerer, le 8 mars 2008

On estime à 6000 à 7000 le nombre de juifs de l’agglomération grenobloise, la proportion d’ashkénazes n’est que de 5 à 10 % alors que la majorité est sépharade du fait de l’affluence des juifs d’Afrique du Nord. La communauté est diverse par ses origines mais aussi par ses aspects sociaux, culturels et religieux. Malgré cette diversité, la communauté juive possède une unité de fond qui se manifeste notamment dans les moment d'épreuve.

La communauté comporte cinq lieux de culte régulier. Elle possède un Centre Culturel Juif, le CCJ. Celui-ci organise des conférences, des représentations, des soirées de détente ou de fête. La communauté possède aussi sa radio, Radio Kol Hashalom, qui émet sur 100,00 FM.

La communauté juive de Grenoble est très vivante. Elle a le souci de la transmission comme en témoignent ses deux écoles juives, l’Ecole Maïmonide et l’Ecole Ohr Menahem .

On peut rencontrer la Communauté Juive de plusieurs manières et on y est toujours bien accueilli, à condition de se présenter. On peut très bien assister aux offices de shabbat, le vendredi soir ou le samedi. L’office du samedi matin dure environ trois heures et c’est à cette occasion qu’est lue la section de la semaine de la Torah. On peut encore participer aux réunions organisées au CCJ. Enfin, la communauté juive est très sensible à la présence de chrétiens aux cérémonies commémoratives qui ont lieu au monument des déportés, à la synagogue ou encore en d’autres lieux.

Judaïsme et Eglise diocésaine

l'église Saint Vincent de Paul abrite la communauté juive libérale de Grenoble

Dans l'Isère comme en bien d'autres endroits, des communautés chrétiennes ont des difficultés à trouver des lieux de culte. Alertée, notre Église diocésaine a eu plusieurs fois l'occasion d'apporter son aide à ces communautés. On peut citer ainsi, sur l'agglomération grenobloise, la cession de l’église saint Augustin à l’Eglise apostolique arménienne, la location de l’église Saint Bernard à l’Eglise orthodoxe roumaine ou celle du Centre œcuménique de Poisat à l’Eglise luthérienne malgache, le prêt de la chapelle de la rue Voltaire tous les 15 jours à une communauté orthodoxe russe (Patriarcat de Moscou ).

Mais récemment, c'est la communauté juive libérale (CJL) de Grenoble qui est venue frapper à la porte du diocèse pour trouver un lieu de prière. Cette communauté relève d'un courant du judaïsme distinct du courant orthodoxe ou "consistorial" ; celui-ci est présent à Grenoble avec deux synagogues (Rachi et Bar Yohaï) avec lesquelles un dialogue nourri s'est institué depuis de nombreuses années. Courant minoritaire en France, mais majoritaire aux USA sous le nom de Judaïsme Réformé, le judaïsme libéral est né de la tension entre le judaïsme traditionnel et le modernisme en particulier en Allemagne au XIXème siècle ; il se caractérise par un assouplissement vis-à-vis des prescriptions rabbiniques. Par exemple, l'office est en partie en hébreu, en partie en français.

En réponse à la demande de la communauté juive libérale de Grenoble, le diocèse et la paroisse Notre Dame de l'Espérance ont signé le 28 novembre 2013 une convention de mise à disposition pendant 3 ans de locaux situés dans le sous-bassement de l'église Saint Vincent de Paul pour célébrer les offices lors des shabbats et des fêtes religieuses ou pour quelques réunions.

Le symbole est fort ! Celui d’une communauté juive installée dans les « fondations » d’une église chrétienne ! Ceci a été largement évoqué lors de la cérémonie d’inauguration au cours de laquelle a été lu le préambule de la convention signée par le Père de Kerimel : "l'utilisation en commun de l'ensemble immobilier de Saint Vincent de Paul, moyen pour chacune des communautés de porter la Parole de Dieu, constitue pour le monde d'aujourd'hui le témoignage du désir des deux communautés de "marcher" ensemble dans le respect profond de l'identité de chacune. […] Il est souhaité que ce partenariat permette de construire des liens tels que puissent se partager concrètement des principes d'ouverture commune au monde, de réciprocité, d'hospitalité et d'autres encore à rechercher et à mettre en œuvre".

Voici donc dans notre diocèse un nouvel exemple concret de ce "dialogue fraternel" souhaité par le Concile (Déclaration Nostra Aetae) avec ceux que le pape Jean-Paul II nommait "nos frères aînés dans la foi". Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Patrick Peltié, délégué diocésain pour les relations avec le judaïsme.

L'association Isaïe

« La grande, l’inévitable question qui est posée à l’Eglise est celle de la vocation permanente du peuple juif, de sa signification pour les chrétiens eux-mêmes. Peu à peu l’Eglise, sans rien perdre de son originalité, prend conscience qu’elle est d’autant plus verdoyante qu’elle vit de sa racine juive. » Cardinal Etchegaray

La mission d'Isaïe

L’association regroupe des chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, en vue de développer la connaissance du judaïsme et l’estime du peuple juif.

 Texte fondateur de l’association Isaïe : « Qu’en nous rencontrant, nous apprenions à nous connaître, à nous respecter et à nous aimer. Qu’ainsi nous puissions découvrir notre Dieu, le Dieu Unique, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, chacun selon notre vocation et notre tradition propres, de sorte que mon frère juif, en me rencontrant, devienne davantage fidèle à sa vie juive, et que moi-même, en rencontrant mon frère juif, je devienne davantage fidèle à ma foi chrétienne. »

 Un bref historique

L’association Isaïe est l’héritière d’une histoire d’amitié.

Au tournant des années 1970, quelques chrétiens de Grenoble, que leur démarche personnelle avait déjà sensibilisés à l’existence juive et aux questions qu’elle pose à la conscience chrétienne, s’engagèrent dans une action commune avec un petit groupe de juifs lors des tristement célèbres procès de Leningrad. Cette démarche devait être le point de départ d’une amitié forte et fidèle qui se concrétisa dans l’existence d’un groupe de rencontre informel, ouvert à des Juifs et à des Chrétiens de toute confession désireux de s’ouvrir à une connaissance réciproque.

Au début des années 1990, les chrétiens de ce groupe, fortifiés par les expériences engrangées avec leurs amis juifs, décidèrent de s’engager plus fortement dans l’Eglise pour contribuer à la connaissance, à l’estime et l’amour du peuple juif, conformément à l’exhortation du décret conciliaire « Nostra aetate » de Vatican II.

Pour travailler à cette mission dans leurs églises respectives, ils créèrent une association loi 1901, avec l’appui de l’évêque de Grenoble qui facilita son installation.

Aujourd’hui l’association est située à la Maison Diocésaine et compte une centaine d’adhérents. Dans son engagement, elle s’efforce de rester fidèle aux valeurs d’amitié entre juifs et chrétiens qui ont présidé à sa naissance.

 Une publication :

la « Lettre d'Isaïe » donne régulièrement des informations sur les activités de l'association (cours de langues, conférences, sessions de formation) et sur des manifestations organisées par la communauté juive de Grenoble. On y trouve également des recensions de livres ou de films, de brèves explications sur un sujet en relation avec le judaïsme. Pour la recevoir par mail ou par courrier, il suffit d'adhérer à l'association : 12 place Lavalette – 38000 Grenoble – 04 38 38 00 55 -

Le groupe amitiés juifs-chrétiens de Meylan

La mission du groupe de Meylan, créé il y a quinze ans est de permettre à des chrétiens et des juifs de se rencontrer régulièrement pour favoriser une connaissance mutuelle et une meilleure compréhension des traditions respectives de chacun.

Le groupe est formé de juifs, de chrétiens catholiques et protestants. Il est ouvert à toute personne désirant entrer dans cette démarche d'écoute et d'échange.

Dates et lieu des rencontres : les second et troisième mercredi de chaque mois, de 16h à 17h30, salle paroissiale de l'église ND de Plaine-Fleurie à Meylan, avenue des peupliers.

Contact : 04 76 88 01 45