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      --- La Vigile Pascale ---

 

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La Vigile pascale, la nuit où la lumière a jailli !

 

          image        Chers amis,

 

     La Vigile pascale est la plus haute et la plus noble des célébrations liturgiques, nous dit le missel romain. Elle célèbre la résurrection du Christ, qui fait suite à sa passion et à sa mort. 

C’est la nuit des nuits illuminée par la victoire du Ressuscité !

La nuit de la Création où la lumière jaillit dans les ténèbres. 

     Le cierge pascal, symbole du Christ, allumé au feu nouveau, est encore marqué de ses stigmates. Dans la nuit, le Christ s’avance et entre dans l’église. À Lui s’allument les cierges des fidèles qui transforment l’assemblée en un vaste buisson ardent. L’Exultet retentit : « Bienheureuse faute qui nous valut un tel Sauveur. »

     La longue liturgie de la parole du samedi saint nous place au cœur de la foi pascale. Pâques n’est pas simplement la célébration de la mort et de la résurrection du Christ. C’est le lieu ultime du passage, de la présence de Dieu dans notre histoire. 

     Dieu, comme père et créateur, prend la main de sa créature blessée et humiliée pour lui rappeler son projet du Salut. Il crée et choisit de faire de l’homme l’héritier de la Création, manifestant à son égard une patience et une sollicitude incommensurable. Ainsi en fêtant Pâques, nous célébrons la solidarité de Dieu trois fois saint, avec notre histoire humaine. 

     Chacun des textes de la Vigile pascale est un témoin. Du récit de la Création jusqu’à celui de la Résurrection, nous redécouvrons l’action de Dieu dans l’histoire humaine.

     C’est pour cette raison qu’il est important de réentendre les textes fondamentaux de la Vigile pascale. 

(Oui, je sais ! Il y a 17 textes en tout, mais quelle richesse !)

     Prenons le temps de les relire, de les méditer, de vivre un partage en famille ou avec d’autres. 

Oui, Dieu crée, il accompagne et il sauve. C’est cela le mystère pascal ! C’est un mystère de Vie !

     Parce que nous avons du prix à ses yeux, il est à l’œuvre dans chaque âge sous des formes diverses et multiples. Il est à l’œuvre dans le nôtre aussi, dans notre monde, qui parfois nous effraie, nous interroge, particulièrement en ce temps de Pandémie.

     Saurons-nous discerner les signes discrets de sa présence ?

     Saurons-nous rejoindre les chemins de sollicitude et de solidarité qu’il nous trace ? Saurons-nous avancer vers les lieux de combats où il nous attend : combats de la vie contre les forces de mort, de la lumière contre les ténèbres, du bien contre le mal, de l’amour, de la paix et de la justice ?

     Oui, saurons-nous repartir avec le Christ ressuscité ?

      Que la joie de Pâques inonde nos vies et fasse jaillir dans nos maisons, nos communautés et nos familles, d’abondantes grâces et bénédictions.

     Sainte fête de Pâques

+ Patrick Gaso

Exultet

EXULTET
Paroles et musique : Communauté de l'Emmanuel 
D'après la Liturgie Latine 

R. Exultez de joie, voici la lumière !
Exultez de joie : Christ est ressuscité !


Pendant les versets ci-dessous, 
La chorale chante en ostinato le refrain n° 1


Soliste :
1. Qu'exulte de joie la multitude des anges,
Célébrez dans la joie, serviteurs de Dieu.
Que sonne la trompette triomphale
Pour la vicotre d'un si grand Roi.

2. Réjouis-toi, ô notre terre,
Resplendissante d'une telle lumière.
Car il t'a prise dans sa clarté,
Et son Royaume a dissipé la nuit !

3. Réjouis-toi, Église notre Mère,
Toute parée de sa splendeur.
Que retentisse dans ce lieu saint
L'accamation unanime du peuple des Fils de Dieu !

4. Et vous mes frères bien-aimés,
A la lumière de cette flamme,
Unissez votre voix à la mienne
Pour invoquer la bonté du Tout-Puissant.

5. Que sa clarté me pénètre et m'illumine,
Il m'a choisi, indigne serviteur,
Afin que je chante en votre nom
La merveilleuse lumière du Christ ressuscité !

Célébrant :

Le Seigneur soit avec vous !

Assemblée :

Et avec votre esprit !

Célébrant :

Élevons notre cœur.

Assemblée :

Nous le tournons vers le Seigneur.

Célébrant :

Rendons grâce au Seigneur, notre Dieu !

Assemblée :

Cela est juste et bon !

R. La mort est vaincue et l'enfer dévasté,
Jésus, le Seigneur, est ressuscité !

Versets soliste en alternance avec le refrain n° 2

Soliste :
6. Vraiment il est juste et bon de te louer à pleine voix,
Dieu invisible, Père tout-puissant, 
Et de chanter ton Fils unique,
Jésus-Christ, notre Seigneur.

7. C'est lui qui a remis pour nous au Père éternel
Le prix de la dette encourue par le premier Adam,
Et qui a écarté par son sang
La condamnation de l'ancien péché.

8. Car voici maintenant la fête de la Pâque
Où l'Agneau véritable est immolé pour nous,
Lui, dont le sang consacre les portes des croyants,
Pour les protéger de la mort et leur donner sa vie.

9. Voici la nuit où tu tiras d'Égypte nos pères, les enfants d'Israël,
Nuit où tu leur as fait traverser la Mer Rouge à pied sec.
Voici la nuit où le feu de la Nuée lumineuse
A repoussé les ténèbres du péché.

10. Voici la nuit, qui aujourd'hui et dans tout l'univers,
Arrache au monde aveuglé par le péché
Ceux qui ont mis leur fois dans le Christ,
Nuit, qui nous rend la grâce et nous ouvre la communion des saints.

11. Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort,
S'est relevé victorieux des enfers.
Car il ne nous servirait à rien de naître
Si nous n'avions pas le bonheur d'être sauvés !

12. Ô merveilleuse bonté déployée envers nous, Dieu, notre Père,
Inestimable choix de ton amour !
Car pour racheter l'esclave de la mort,
Tu n'as pas hésité à livrer pour nous ton Fils, le Bien-Aimé.

13. Car il fallait mystérieusement le péché d'Adam
Que le Christ devait abolir en sa mort,
Heureuse faute d'Adam
Qui nous a valu un tel et si grand Rédempteur !

14. Ô Nuit bienheureuse, qui seule a pu connaître
Le temps et l'heure où le Christ victorieux a surgi des enfers,
C'est de toi qu'il est écrit : "La nuit illuminera comme le jour,
La nuit est ma lumière et ma joie !"

15. Car le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse les crimes, lave les fautes,
Rend l'innocence aux coupables et la joie aux affligés,
Dissipe la haine, unit les cœurs,
Et brise tout orgueil.

16. Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint 
Le sacrifice du soir de cette flamme que l'Église t'offre par nos mains,
Elle qui brille en l'honneur de notre Dieu,
Flamme qui se transmet sans jamais perdre sa clarté.

17. Ô Nuit bienheureuse
Où se rencontrent le ciel et la terre
Et où s'unissent l'homme et Dieu !

18. Aussi nous t'en prions, Dieu, notre Père,
Permets que ce Cierge Pascal consacré à ton nom
Brûle sans déclin pour dissiper les ténèbres
De cette nuit où nous veillons dans la joie !

19. Que sa flamme monte jusqu'à toi et te soit agréable, qu'il joigne sa clarté à celle des étoiles,
Qu'il brûle encore quand se lèvera l'Astre du matin,
Celui qui ne connaît pas de couchant : le Christ ressuscité, revenu des enfers
Qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix.

20. Nous t'en supplions maintenant, Seigneur, garde ton Église dans la joie de ces fêtes pascales,
Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur,
Ressuscité d'entre les morts dans la puissance de l'Esprit,
Qui règne avec toi pour les siècles des siècles.

Assemblée : Amen !
 

L'HISTOIRE DU SALUT

 

PREMIÈRE LECTURE

« Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon » (Gn 1, 1 – 2, 2)

Lecture du livre de la Genèse

Au commencement,
Dieu créa le ciel et la terre.
    La terre était informe et vide,
les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme
et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.

    Dieu dit :
« Que la lumière soit. »
Et la lumière fut.
    Dieu vit que la lumière était bonne,
et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
    Dieu appela la lumière « jour »,
il appela les ténèbres « nuit ».
Il y eut un soir, il y eut un matin :
premier jour.

    Et Dieu dit :
« Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux,
et qu’il sépare les eaux. »
    Dieu fit le firmament,
il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament
et les eaux qui sont au-dessus.
Et ce fut ainsi.
    Dieu appela le firmament « ciel ».
Il y eut un soir, il y eut un matin :
deuxième jour.

    Et Dieu dit :
« Les eaux qui sont au-dessous du ciel,
qu’elles se rassemblent en un seul lieu,
et que paraisse la terre ferme. »
Et ce fut ainsi.
    Dieu appela la terre ferme « terre »,
et il appela la masse des eaux « mer ».
Et Dieu vit que cela était bon.

    Dieu dit :
« Que la terre produise l’herbe,
la plante qui porte sa semence,
et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne,
selon son espèce,
le fruit qui porte sa semence. »
Et ce fut ainsi.
    La terre produisit l’herbe,
la plante qui porte sa semence, selon son espèce,
et l’arbre qui donne, selon son espèce,
le fruit qui porte sa semence.
Et Dieu vit que cela était bon.
    Il y eut un soir, il y eut un matin :
troisième jour.

    Et Dieu dit :
« Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel,
pour séparer le jour de la nuit ;
qu’ils servent de signes
pour marquer les fêtes, les jours et les années ;
    et qu’ils soient, au firmament du ciel,
des luminaires pour éclairer la terre. »
Et ce fut ainsi.
    Dieu fit les deux grands luminaires :
le plus grand pour commander au jour,
le plus petit pour commander à la nuit ;
il fit aussi les étoiles.
    Dieu les plaça au firmament du ciel
pour éclairer la terre,
    pour commander au jour et à la nuit,
pour séparer la lumière des ténèbres.
Et Dieu vit que cela était bon.
    Il y eut un soir, il y eut un matin :
quatrième jour.

    Et Dieu dit :
« Que les eaux foisonnent
d’une profusion d’êtres vivants,
et que les oiseaux volent au-dessus de la terre,
sous le firmament du ciel. »
    Dieu créa, selon leur espèce,
les grands monstres marins,
tous les êtres vivants qui vont et viennent
et foisonnent dans les eaux,
et aussi, selon leur espèce,
tous les oiseaux qui volent.
Et Dieu vit que cela était bon.
    Dieu les bénit par ces paroles :
« Soyez féconds et multipliez-vous,
remplissez les mers,
que les oiseaux se multiplient sur la terre. »
    Il y eut un soir, il y eut un matin :
cinquième jour.

    Et Dieu dit :
« Que la terre produise des êtres vivants
selon leur espèce,
bestiaux, bestioles et bêtes sauvages
selon leur espèce. »
Et ce fut ainsi.
    Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce,
les bestiaux selon leur espèce,
et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce.
Et Dieu vit que cela était bon.

    Dieu dit :
« Faisons l’homme à notre image,
selon notre ressemblance.
Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel,
des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages,
et de toutes les bestioles
qui vont et viennent sur la terre. »
    Dieu créa l’homme à son image,
à l’image de Dieu il le créa,
il les créa homme et femme.
    Dieu les bénit et leur dit :
« Soyez féconds et multipliez-vous,
remplissez la terre et soumettez-la.
Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel,
et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
    Dieu dit encore :
« Je vous donne toute plante qui porte sa semence
sur toute la surface de la terre,
et tout arbre dont le fruit porte sa semence :
telle sera votre nourriture.
    À tous les animaux de la terre,
à tous les oiseaux du ciel,
à tout ce qui va et vient sur la terre
et qui a souffle de vie,
je donne comme nourriture toute herbe verte. »
Et ce fut ainsi.
    Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ;
et voici : cela était très bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin :
sixième jour.

     Ainsi furent achevés le ciel et la terre,
et tout leur déploiement.
    Le septième jour,
Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite.
Il se reposa, le septième jour,
de toute l’œuvre qu’il avait faite.

    – Parole du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 103 (104), 1-2a, 5-6, 10.12, 13-14ab, 24.35c)

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit
qui renouvelle la face de la terre !
 (cf. Ps 103, 30)

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Tu as donné son assise à la terre :
qu’elle reste inébranlable au cours des temps.
Tu l’as vêtue de l’abîme des mers :
les eaux couvraient même les montagnes.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l’eau chemine aux creux des montagnes ;
les oiseaux séjournent près d’elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.

De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres ;
tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l’homme qui travaille.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Bénis le Seigneur, ô mon âme !

DEUXIÈME LECTURE

Sacrifice et délivrance d’Isaac, le fils bien-aimé (Gn 22, 1-18)

Lecture du livre de la Genèse

    En ces jours-là,
            Dieu mit Abraham à l’épreuve.
Il lui dit :
« Abraham ! »
Celui-ci répondit :
« Me voici ! »
    Dieu dit :
« Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac,
va au pays de Moriah,
et là tu l’offriras en holocauste
sur la montagne que je t’indiquerai. »

    Abraham se leva de bon matin,
sella son âne,
et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac.
Il fendit le bois pour l’holocauste,
et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué.
    Le troisième jour, Abraham, levant les yeux,
vit l’endroit de loin.
    Abraham dit à ses serviteurs :
« Restez ici avec l’âne.
Moi et le garçon, nous irons jusque là-bas pour adorer,
puis nous reviendrons vers vous. »

    Abraham prit le bois pour l’holocauste
et le chargea sur son fils Isaac ;
il prit le feu et le couteau,
et tous deux s’en allèrent ensemble.
    Isaac dit à son père Abraham :
« Mon père !
– Eh bien, mon fils ? »
Isaac reprit :
« Voilà le feu et le bois,
mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »
    Abraham répondit :
« Dieu saura bien trouver
l’agneau pour l’holocauste, mon fils. »
Et ils s’en allaient tous les deux ensemble.

    Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué.
Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois,
puis il lia son fils Isaac
et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
    Abraham étendit la main
et saisit le couteau pour immoler son fils.
    Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit :
« Abraham ! Abraham ! »
Il répondit :
« Me voici ! »
    L’ange lui dit :
« Ne porte pas la main sur le garçon !
Ne lui fais aucun mal !
Je sais maintenant que tu crains Dieu :
tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »
    Abraham leva les yeux et vit un bélier
retenu par les cornes dans un buisson.
Il alla prendre le bélier
et l’offrit en holocauste à la place de son fils.
    Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ».
On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu. »

    Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham.
    Il déclara :
« Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur :
parce que tu as fait cela,
parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique,
    je te comblerai de bénédictions,
je rendrai ta descendance aussi nombreuse
que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer,
et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis.
    Puisque tu as écouté ma voix,
toutes les nations de la terre
s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction
par le nom de ta descendance. »

    – Parole du Seigneur.

 

PSAUME

(Ps 15 (16), 5.8, 9-10, 11)

R/ Garde-moi, mon Dieu :
j’ai fait de toi mon refuge.
 (Ps 15, 1)

Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

TROISIÈME LECTURE

« Les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer » (Ex 14, 15 – 15, 1a)

Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là,
    le Seigneur dit à Moïse :
« Pourquoi crier vers moi ?
Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route !
    Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer,
fends-la en deux,
et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.
    Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent :
ils y entreront derrière eux ;
je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée,
de ses chars et de ses guerriers.
    Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur,
quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon,
de ses chars et de ses guerriers. »
    L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël,
se déplaça et marcha à l’arrière.
La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde
et vint se tenir à l’arrière,
    entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël.
Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit,
si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras sur la mer.
Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ;
il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent.
    Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec,
les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
    Les Égyptiens les poursuivirent ;
tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers
entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer.

    Aux dernières heures de la nuit,
le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée,
l’armée des Égyptiens,
et il la frappa de panique.
    Il faussa les roues de leurs chars,
et ils eurent beaucoup de peine à les conduire.
Les Égyptiens s’écrièrent :
« Fuyons devant Israël,
car c’est le Seigneur
qui combat pour eux contre nous ! »
    Le Seigneur dit à Moïse :
« Étends le bras sur la mer :
que les eaux reviennent sur les Égyptiens,
leurs chars et leurs guerriers ! »
    Moïse étendit le bras sur la mer.
Au point du jour, la mer reprit sa place ;
dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent,
et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
    Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers,
toute l’armée de Pharaon
qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël.
Il n’en resta pas un seul.
    Mais les fils d’Israël
avaient marché à pied sec au milieu de la mer,
les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.

    Ce jour-là,
le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte,
et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer.
    Israël vit avec quelle main puissante
le Seigneur avait agi contre l’Égypte.
Le peuple craignit le Seigneur,
il mit sa foi dans le Seigneur
et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d’Israël
chantèrent ce cantique au Seigneur :

CANTIQUE

(Ex 15, 1b, 2, 3-4, 5-6, 17-18)

R/ Chantons pour le Seigneur !
Éclatante est sa gloire !
 (cf. Ex 15, 1b)

Je chanterai pour le Seigneur !
Éclatante est sa gloire :
il a jeté dans la mer
cheval et cavalier.

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre ;
j’exalte le Dieu de mon père.

Le Seigneur est le guerrier des combats ;
son nom est « Le Seigneur ».
Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer.
L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge.

L’abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux.
Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur, écrase l’ennemi.

Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne, ton héritage,
le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter,
le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains.
Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles.

QUATRIÈME LECTURE

Dans sa miséricorde éternelle, le Seigneur, ton rédempteur a pitié de toi (Is 54, 5-14)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Parole du Seigneur adressée à Jérusalem :
    Ton époux, c’est Celui qui t’a faite,
son nom est « Le Seigneur de l’univers ».
Ton rédempteur, c’est le Saint d’Israël,
il s’appelle « Dieu de toute la terre ».
    Oui, comme une femme abandonnée, accablée,
le Seigneur te rappelle.
Est-ce que l’on rejette la femme de sa jeunesse ?
– dit ton Dieu.
    Un court instant, je t’avais abandonnée,
mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai.
    Quand ma colère a débordé,
un instant, je t’avais caché ma face.
Mais dans mon éternelle fidélité,
je te montre ma tendresse,
– dit le Seigneur, ton rédempteur.
    Je ferai comme au temps de Noé,
quand j’ai juré que les eaux
ne submergeraient plus la terre :
de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi,
et de ne plus te menacer.
    Même si les montagnes s’écartaient,
si les collines s’ébranlaient,
ma fidélité ne s’écarterait pas de toi,
mon alliance de paix ne serait pas ébranlée,
– dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.
    Jérusalem, malheureuse,
battue par la tempête, inconsolée,
voici que  je vais sertir tes pierres
et poser tes fondations sur des saphirs.
    Je ferai tes créneaux avec des rubis,
tes portes en cristal de roche,
et toute ton enceinte avec des pierres précieuses.
    Tes fils seront tous disciples du Seigneur,
et grande sera leur paix.
    Tu seras établie sur la justice :
loin de toi l’oppression,
tu n’auras plus à craindre ;
loin de toi la terreur,
elle ne t’approchera plus.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 29 (30), 3-4, 5-6ab, 6cd.12, 13)

R/ Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé. (Ps 29, 2a)

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.

Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie !
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie !

Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi ;
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

CINQUIÈME LECTURE

« Venez à moi, et vous vivrez ; je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle » (Is 55, 1-11)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.
    Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples,
pour les peuples, un guide et un chef.
    Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ;
une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi,
à cause du Seigneur ton Dieu,
à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

    Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
    Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
    Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
    Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

    La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
    ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission.

    – Parole du Seigneur.

CANTIQUE

(Is 12, 2, 4bcd, 5-6)

R/ Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut !
 (Is 12, 3)

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

SIXIÈME LECTURE

Marche vers la splendeur du Seigneur (Ba 3, 9-15.32 – 4, 4)

Lecture du livre du prophète Baruc

Écoute, Israël, les commandements de vie,
prête l’oreille pour acquérir la connaissance.
    Pourquoi donc, Israël,
pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis,
vieillissant sur une terre étrangère,
    souillé par le contact des cadavres,
inscrit parmi les habitants du séjour des morts ?
    – Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse !
    Si tu avais suivi les chemins de Dieu,
tu vivrais dans la paix pour toujours.
    Apprends où se trouvent
et la connaissance, et la force, et l’intelligence ;
pour savoir en même temps où se trouvent
de longues années de vie,
la lumière des yeux et la paix.

    Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse,
qui a pénétré jusqu’à ses trésors ?
    Celui qui sait tout en connaît le chemin,
il l’a découvert par son intelligence.
Il a pour toujours aménagé la terre,
et l’a peuplée de troupeaux.
    Il lance la lumière, et elle prend sa course ;
il la rappelle, et elle obéit en tremblant.
    Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ;
    il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! »
Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites.
    C’est lui qui est notre Dieu :
aucun autre ne lui est comparable.
    Il a découvert les chemins du savoir,
et il les a confiés à Jacob, son serviteur,
à Israël, son bien-aimé.

    Ainsi, la Sagesse est apparue sur la terre,
elle a vécu parmi les hommes.
    Elle est le livre des préceptes de Dieu,
la Loi qui demeure éternellement :
tous ceux qui l’observent vivront,
ceux qui l’abandonnent mourront.
    Reviens, Jacob, saisis-la de nouveau ;
à sa lumière, marche vers la splendeur :
    ne laisse pas ta gloire à un autre,
tes privilèges à un peuple étranger.
    Heureux sommes-nous, Israël !
Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 18 (19), 8, 9, 10, 11)

R/ Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

SEPTIÈME LECTURE

« Je répandrai sur vous une eau pure et je vous donnerai un cœur nouveau » (Ez 36, 16-17a.18-28)

Lecture du livre du prophète Ézékiel

La parole du Seigneur me fut adressée :
« Fils d’homme,
lorsque les gens d’Israël habitaient leur pays,
ils le rendaient impur par leur conduite et leurs actes.
    Alors j’ai déversé sur eux ma fureur,
à cause du sang qu’ils avaient versé dans le pays,
à cause des idoles immondes qui l’avaient rendu impur.
    Je les ai dispersés parmi les nations,
ils ont été disséminés dans les pays étrangers.
Selon leur conduite et leurs actes, je les ai jugés.
    Dans les nations où ils sont allés,
ils ont profané mon saint nom,
car on disait :
‘C’est le peuple du Seigneur,
et ils sont sortis de son pays !’
    Mais j’ai voulu épargner mon saint nom,
que les gens d’Israël avaient profané
dans les nations où ils sont allés.
    Eh bien ! tu diras à la maison d’Israël :
Ainsi parle le Seigneur Dieu :
Ce n’est pas pour vous que je vais agir,
maison d’Israël,
mais c’est pour mon saint nom que vous avez profané
dans les nations où vous êtes allés.
    Je sanctifierai mon grand nom,
profané parmi les nations,
mon nom que vous avez profané au milieu d’elles.
Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur
– oracle du Seigneur Dieu –
quand par vous je manifesterai ma sainteté à leurs yeux.
    Je vous prendrai du milieu des nations,
je vous rassemblerai de tous les pays,
je vous conduirai dans votre terre.
    Je répandrai sur vous une eau pure,
et vous serez purifiés ;
de toutes vos souillures, de toutes vos idoles,
je vous purifierai.
    Je vous donnerai un cœur nouveau,
je mettrai en vous un esprit nouveau.
J’ôterai de votre chair le cœur de pierre,
je vous donnerai un cœur de chair.
    Je mettrai en vous mon esprit,
je ferai que vous marchiez selon mes lois,
que vous gardiez mes préceptes
et leur soyez fidèles.
    Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères :
vous, vous serez mon peuple,
et moi, je serai votre Dieu.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 41 (42), 3, 5efgh ; 42 (43), 3, 4)

R/ Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,
ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.
 (Ps 41, 2)

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?

Je conduisais vers la maison de mon Dieu
la multitude en fête,
parmi les cris de joie
et les actions de grâce.

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu.

 

ÉPÎTRE

« Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus » (Rm 6, 3b-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
    Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
nous avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
est ressuscité d’entre les morts.
    Car, si nous avons été unis à lui
par une mort qui ressemble à la sienne,
nous le serons aussi
par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
    Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous
a été fixé à la croix avec lui
pour que le corps du péché soit réduit à rien,
et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
    Car celui qui est mort est affranchi du péché.

    Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
    Nous le savons en effet :
ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ;
la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
    Car lui qui est mort,
c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ;
lui qui est vivant,
c'est pour Dieu qu'il est vivant.
    De même, vous aussi,
pensez que vous êtes morts au péché,
mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23)

R/ Alléluia, alléluia, alléluia !

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai,
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

ÉVANGILE

« Il est ressuscité et il vous précède en Galilée » (Mt 28, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Après le sabbat,
à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine et l’autre Marie
vinrent pour regarder le sépulcre.
    Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ;
l’ange du Seigneur descendit du ciel,
vint rouler la pierre et s’assit dessus.
    Il avait l’aspect de l’éclair,
et son vêtement était blanc comme neige.
    Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent,
se mirent à trembler et devinrent comme morts.
    L’ange prit la parole et dit aux femmes :
« Vous, soyez sans crainte !
Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
    Il n’est pas ici,
car il est ressuscité, comme il l’avait dit.
Venez voir l’endroit où il reposait.
    Puis, vite, allez dire à ses disciples :
‘Il est ressuscité d’entre les morts,
et voici qu’il vous précède en Galilée ;
là, vous le verrez.’
Voilà ce que j’avais à vous dire. »
    Vite, elles quittèrent le tombeau,
remplies à la fois de crainte et d’une grande joie,
et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
    Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit :
« Je vous salue. »
Elles s’approchèrent,
lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
    Alors Jésus leur dit :
« Soyez sans crainte,
allez annoncer à mes frères
qu’ils doivent se rendre en Galilée :
c’est là qu’ils me verront. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

(par le père Sante Pometto)

     Catéchisme | Diocèse de Digne Catia, une fillette de 9 ans, allait au caté. Un jour, l’animatrice lui a parlé de la Résurrection de Jésus. Si vous aviez vu ses yeux brillaient ! C’était la première fois qu’elle entendait cela. De retour à la maison Catia s’est placée devant sa maman : “Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort, pourquoi ne me l’as-tu  jamais dit ?” Peut-être qu’elle ne  lui avait jamais dit, parce que pour elle c’était une évidence…

      Dans l’évangile d’aujourd’hui, nous sommes le premier jour de la semaine, les femmes ayant suivi Jésus, sont allées  terminer la sépulture de Jésus. Elles ont donc rendez-vous avec la mort. Il y a des jours comme ça où l’on a l’impression d’avoir rendez-vous avec la mort :

- on a rencontré des difficultés à l’école ou au travail, pourtant il faut bien y retourner.

- On est au chômage et chaque matin, on voudrait repartir, mais pour aller où ?

- un des enfants ne va pas bien, c’est l’inquiétude.

      Dans l’évangile de ce soir, les femmes pensent avoir rendez-vous avec la mort tandis que la vie ne va cesser de les surprendre:

- elles se demandent : “Qui nous roulera la pierre” ? Et la pierre est déjà roulée…

- elles vont au rendez-vous d’un corps mort mais il n’y est plus, c’est un jeune homme vêtu de blanc qui leur donne un rendez-vous de vie.

      Nous les chrétiens, nous devons savoir que grâce à la résurrection de Jésus, la mort n’a pas le dernier mot sur la vie.

      Quand je célèbre des obsèques, à chaque fois je proclame la parole de Jésus : “Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra !” Alors, les gens soulèvent les yeux, me regardent, mais souvent ces mots tombent dans un silence résigné. Aucun visage ne s’éclaire.

     Nous ne sommes pas chrétiens parce que nous croyons à la mort, mais parce que nous croyons à la vie.

      Nous ne sommes pas chrétiens parce que nous croyons au mal, à la souffrance, mais parce que nous croyons au pardon, à la joie, à la libération.

      Chaque jour nous avons des décisions à prendre.

      Il y a les petites décisions du quotidien et les grandes décisions qui orientent toute une vie.

      Or toute décision comporte un aspect de mort et un aspect de vie. Il nous faut alors choisir entre la vie et la mort. Autrement dit, il nous faut dire « non » pour dire « oui ».

      Et ce soir le Christ nous envoie, comme les femmes qui sont allées au tombeau en Galilée, il nous envoie à notre Galilée,  c’est-à-dire à notre quotidien, avec des yeux capables de reconnaître  le Christ sur les visages les plus divers.

    Vous, fidèles paroissiens et lecteurs de la lettre-info, connaissez-vous sans doute la petite parabole du vieux sage qui interroge ses disciples :

“A quoi pouvons-nous reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour se lève ?

- C’est quand on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton ?

– Non !

- C’est quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ?

– Non !

      Perdu !!!!

      La réponse est : “Lorsqu’en regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnais ton frère. Sinon, il fait encore nuit dans ton cœur.”

      La Résurrection du Christ que nous célébrons cette nuit n'est pas seulement une promesse pour demain, elle est d'abord une clé pour vivre l'aujourd'hui : pour notre joie et pour l'avenir de l'humanité.

                                + Père Sante

Dans la célébration du baptême, juste avant le rite de l’eau et après la renonciation au mal, prend place la profession de foi que l’on nomme baptismale.

 

Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, rejetez-vous le péché ?

℟. Oui, je le rejette.

Pour échapper au pouvoir du péché, rejetez-vous ce qui conduit au mal ?

℟. Oui, je le rejette.

Pour suivre Jésus Christ, rejetez-vous Satan qui est l’auteur du péché ?

℟. Oui, je le rejette.

Croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre ?

℟. Oui, je crois.

Croyez-vous en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui est né de la Vierge Marie, a souffert la Passion, a été enseveli, est ressuscité d’entre les morts, et qui est assis à la droite du Père ?

℟. Oui, je crois.

Croyez-vous en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, au pardon des péchés, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle ?

℟. Oui, je crois

Que Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a fait renaître par l’eau et l’Esprit Saint, et qui nous a accordé le pardon de tout péché, nous garde encore par sa grâce dans le Christ Jésus, notre Seigneur, pour la vie éternelle. ℟. Amen

 

Nous avons reçu une bonne nouvelle : prenons dans notre prière tous ceux et celles qui attendent encore une parole d’espérance.

Fais briller, Seigneur, ton amour.

— Sur notre monde et sur toute l'Église, qui lutte actuellement contre une pandémie sans précédent, que le Seigneur tourne son regard bienveillant et nous redonne espérance.

— Sur les peuples qui s’ouvrent à l’Évangile que le Seigneur répande la lumière de la foi.

— Sur les personnes, au milieu de nous, qui se sentent seules, malades, abandonnées que le Seigneur répande la joie du Ressuscité.

— Sur nos familles parfois éprouvées par le confinement, que le Seigneur répande son amour inconditionnel.

— Sur tous les soignants, les chercheurs, les artisans, les commerçants, les employés… toutes les personnes qui se donnent sans compter, que le Seigneur les soutienne dans toutes leurs tâches malgré la fatigue

— Sur notre communauté qui en cette attente d’être assemblée à nouveau, que le Seigneur répande la confiance qui dissipe la peur et nous renforce dans cette joie de Pâques

Dieu notre Père, c’est en toute confiance que nous t’adressons notre prière. Libère-nous de tout ce qui nous maintient dans la peur et rends-nous capables d’annoncer au monde la Bonne Nouvelle de ton salut. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils ressuscité. Amen.

 

(par le père Xavier Brac de la Perrière)

Un jeune homme vêtu de blanc (…) leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. » (Mc 16, 5-6).

À l’aube du premier jour après le sabbat, comme le raconte l’Évangile, quelques femmes vont au sépulcre honorer le corps de Jésus qui, crucifié le vendredi, avait été enveloppé en hâte dans un linceul et déposé dans le sépulcre.

Elles le cherchent, mais elles ne le trouvent pas : il n’est plus dans le lieu où il avait été déposé. De lui, demeurent seulement les signes de sa sépulture : le tombeau vide, les bandelettes, le linceul.

Cependant, les femmes sont troublées à la vue de ce « jeune homme vêtu de blanc » qui leur annonce : « Il est ressuscité : il n’est pas ici »

Cette nouvelle bouleversante, qui a changé, et qui change encore aujourd’hui, le cours de l’histoire, continue, depuis lors, à retentir de génération en génération.

Chaque année, elle résonne durant la Veillée pascale, mère de toutes les veillées, et elle se répand sur toute la terre. 

« Voici maintenant la victoire,
Voici la liberté pour tous les peuples,
Le Christ ressuscité triomphe de la mort !
Ô nuit qui nous rend la lumière,
Ô nuit qui vit dans sa gloire le Christ Seigneur ! »

Ô nuit qui nous rend la lumière ! Nuit durant laquelle nous revivons l’événement extraordinaire de la Résurrection !

Le Christ n’est pas demeuré prisonnier du tombeau, il est vraiment Ressuscité !

Ainsi, les textes de la liturgie de la Parole qui retracent toutes les étapes du projet salvifique de Dieu, trouvent leur accomplissement.

En cette nuit pascale, nuit de la Résurrection, tout recommence ; c’est comme un nouveau départ de l’histoire et du cosmos, parce que le Christ est ressuscité, « pour être parmi les morts le premier ressuscité » (1 Co 15, 20).

Même le péché de nos premiers parents est chanté, lors de l’Exultet pascal, comme « bienheureuse faute de l’homme, qui valut au monde le seul Rédempteur ! ».

Là où le péché a abondé, maintenant la grâce surabonde !

En cette sainte Nuit, est né un peuple nouveau, avec lequel Dieu lui-même a scellé une alliance éternelle dans le sang de son Fils bien-aimé incarné, crucifié et ressuscité. 

Par le Baptême nous sommes devenus membres du peuple des rachetés : « Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. » (Rm 6, 4).

Soutenus par la puissance de l’Esprit Saint, puissions-nous persévérer dans notre fidélité au Christ et proclamer avec courage son Évangile !

Cette année, que nous suivions la célébration d’une Veillée pascale à la télévision, par internet sur l’écran d’un ordinateur, ou sur notre Missel, nous pourrons tous renouveler les promesses de notre Baptême. De nouveau, nous renoncerons à Satan et à ses œuvres, pour adhérer fermement à Dieu et à son projet de salut. Ainsi, nous exprimerons notre ferme volonté de vivre selon l’Évangile en communion avec Notre Seigneur Jésus.

Vierge Marie, témoin joyeux de l’événement de la Résurrection, aide-nous tous à mener cette « vie nouvelle » ; donne à chacun la conscience que, le vieil homme en nous ayant été crucifié avec le Christ, nous devons nous considérer et nous comporter en hommes nouveaux, « vivants pour Dieu, dans le Christ Jésus » (Rm 6, 4. 11).

Amen. Alléluia !

Père Xavier BRAC de la PERRIERE +

Allez, dans la paix du Christ, alléluia, alléluia.
  • Nous répondons :
Nous rendons grâce à Dieu, alléluia, alléluia.
 

 

Chant d'envoi : Alleluia

ALLÉLUIA, PROCLAMEZ QUE LE SEIGNEUR EST BON
Paroles d'après Ps 118 (117) et musique : Communauté de l'Emmanuel 

R. Alléluia, alléluia, alléluia.

1. Proclamez que le Seigneur est bon,
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d'lsraël,
Éternel est son amour !

2. Dans l'angoisse j'ai crié vers lui,
Le Seigneur m'a exaucé.
Le Seigneur est là pour me défendre,
J'ai bravé mes ennemis.


          

      --- Le Samedi Saint ---

 

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(par le père Patrick Gaso)

      « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le Roi sommeille. La terre a tremblé et elle s’est apaisée, parce que Dieu s’est endormi dans la chair. » Ainsi commence une homélie très ancienne que la liturgie des Heures nous donne à méditer chaque année le Samedi saint. C’est dans cette perspective qu’il nous faut aborder la spécificité liturgique de ce jour.

      Entre mort et Résurrection

      Le Samedi saint est ce jour intermédiaire dont on ne sait pas très bien ce qu’il faut en dire. « Que se passe-t-il ? » dit l’homélie ancienne. Que se passe-t-il pour les disciples contraints de constater ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, ce prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple (Lc 24, 19-20) : condamné, crucifié, il est mort.

      Bien des sentiments traversent la tête et le cœur de ses hommes et de ses femmes qui ont mis leur espérance en Jésus. Dans un silence sidéré, ils s’interrogent, doutent, se révoltent, mais plus que tout, ils font mémoire des actes et des paroles de Jésus.

      Fondamentalement, le Samedi saint est un jour de relecture où remonte la question posée par Jésus lui-même : « Pour vous qui suis-je ? »

      Question posée aux disciples quelques jours avant la scène grandiose de la Transfiguration, mais aussi question indirecte ou inversée posée aux foules, aux scribes et aux pharisiens –dans saint Jean chapitre 8 entendu durant la 5e semaine de Carême – car lorsque Jésus dit « Je suis », il oblige l’auditeur à se positionner : cet homme est un imposteur, un fou, un homme à part, le fils de Dieu ?

     Et ces questions, dans le cœur des disciples, butent sur la croix, sur la mort brutale de Jésus, sur cet anéantissement apparent de tout espoir. Même si certains se souviennent d’étranges paroles de Jésus : Il faut que le Fils de l’homme soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite (Lc 9, 22).

                       Bonne méditation

 

Remarque : Le samedi saint est souvent le jour « oublié » dans la liturgie et la plupart du temps on s’attèle plutôt à préparer la veillée pascale. Aucune messe n’est célébrée. Ce n’est pas un jour de lamentations et de deuil, mais le jour d’un silence aimant.

image
(Par le père Francis Verstraete)

      Un jour vide ? Seul jour sans célébration eucharistique, les cloches gardent le silence, dans les églises dépouillées il n'y a ni flamme allumée ni chant ... Même la prière des chrétiens se fait silencieuse et chargée avant tout d'attente : attente de ce qui transformera profondément toute chose, toute histoire.

      Et pourtant, nous sommes appelés à vivre ce jour en en saisissant le message propre : nous le vivons dans la foi que le Seigneur crucifié est vivant parmi nous mais, discernant le deuxième jour du triduum pascal comme un jour de silence, d'attente, ... nous assumons une dimension qui nous habite toujours et qui parfois prend une envergure durable, non momentanée, ni passagère.

      Samedi saint, le lendemain de la mort, temps rempli pour les disciples par la fin de l'espérance, un vide sur le lequel pèse l'insupportable douleur, le déchirement d'une séparation définitive, une blessure mortelle : où est Dieu ? Voilà, la sourde question du Samedi saint. Où est ce Dieu qui est intervenu au baptême de Jésus, ouvrant les cieux pour dire :" Tu es mon Fils, en toi, j’ai mis ma joie"

      Où est ce Dieu qui est intervenu sur la montagne, à l'heure de la Transfiguration, et s'était exclamé:" Celui-ci est mon Fils bien-aimé"? Au moment de la croix, Dieu n'est pas intervenu, Jésus s'est senti abandonné et le lui a crié :" Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ". Tout un jour s'écoule, et Dieu n'intervient pas... Pourtant Dieu n'a pas abandonné Jésus : si l'abandon semble l’amère vérité pour les disciples, en réalité Dieu a déjà appelé Jésus à soi ; ou mieux : il l'a déjà ressuscité dans son Saint-Esprit, et Jésus vivant est aux enfers pour annoncer là aussi la libération. " Il est descendu aux enfers ", confessons-nous dans le credo. Voilà ce qui se produit, de façon cachée, le Samedi saint : ce jour vide, silencieux pour les disciples et pour les hommes, est le jour où le Père  - qui " est toujours à l'œuvre ", comme l'a dit Jésus -  à travers lui, porte le salut aux enfers. Ainsi Jésus a été déposé de la croix dans la tombe et, de là, est descendu encore, aux enfers, au séjour des morts.

      Le chrétien, aujourd'hui, ne devrait pas oublier ce mystère du grand et saint Samedi, vrai prélude à la  Pâque, mais rappel aussi de la descente du Christ dans les régions infernales qui habitent tout chrétien, malgré son désir de suivre Jésus. Qui ne reconnaît en soi la présence des enfers? Ces régions non évangélisées, ces territoires d'incrédulité, ces lieux  où Dieu n'est pas et où chacun ne peut qu'invoquer la descente du Christ pour qu'il les illumine, qu'il transforme ces régions de mort assujetties à la puissance du démon, en humus capable de faire germer la vie par la force de la grâce... Le Samedi saint est ainsi comme le temps de la germination vers la vie nouvelle : son silence n'est pas mutisme, mais temps chargé d'énergies et de vie.

      Samedi saint, Dieu paraît absent, le mal semble prévaloir, la douleur se présente dépourvue de sens : où est Dieu ? Samedi saint, parfois aussi pour qui trouve la ténèbre dans son chemin de foi, qui voit  vaciller sa foi, ne parvient pas à nourrir l'espérance : jour d'insensibilité, où toute confiance semble  inaccessible, trop grande pour qu'on puisse la concevoir. Samedi saint de nombreux malades, surtout atteints du Covid 19, liés à Christ dans sa honte... Mais Samedi saint aussi comme temps où le sang des martyrs et des victimes tombe en terre pour la féconder en vue d'un fruit abondant, temps où la désagrégation de notre être extérieur fait place à la croissance de notre homme intérieur... Chacun, chacune alors pourra dire de son Samedi saint :" Vraiment, le Seigneur est ici à côté de moi et je ne savais pas !" (Gn 28,16).

      Il n'y a pas de Pâques sans Samedi saint; 

                              + Père Francis Verstraete

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(par le père Xavier Brac de la Perrière)

      La journée du Samedi saint, dans le Triduum* Pascal, ne comporte pas d’office particulier : on y célèbre simplement la liturgie des Heures. Pourtant, ce jour ne doit pas être seulement une journée consacrée aux préparatifs de la fête de Pâques, mais un jour privilégié de silence et de recueillement.

      Le soir venu (Vendredi saint), comme c’était la veille du sabbat solennel de Pâques, Joseph d’Arimathie, un riche et influent membre du Sanhédrin, demanda courageusement à Ponce Pilate de pouvoir enterrer Jésus dans son tombeau neuf, qu’il avait fait creuser dans le roc à peu de distance du Golgotha.

     Ayant obtenu l’autorisation, il acheta un linceul et, ayant descendu le corps de Jésus de la croix, l’enveloppa dans ce linceul et le déposa dans le tombeau (cf. Mc 15, 42-46).

      C’est ce que rapporte l’Évangile  de saint Marc, et les autres évangélistes concordent avec lui.

      À partir de ce moment, Jésus demeura dans le sépulcre jusqu’à l’aube du jour après le sabbat.

      Le Samedi Saint est le jour où Dieu est caché, comme on le lit dans une ancienne homélie : « Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, un grand silence enveloppe la terre. Un grand silence et un grand calme. Un grand silence parce que le Roi dort… Dieu s’est endormi dans la chair, et il réveille ceux qui étaient dans les enfers ».

      Dans le Credo, nous professons que Jésus Christ « a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort et a été enseveli,est descendu aux enfers. Le troisième jour est ressuscité des morts ».

      Que signifie l’expression « est descendu aux enfers » ? Que fait Jésus pendant ce « temps » ?

      Dieu, s’étant fait homme, est arrivé au point d’entrer dans la solitude extrême et absolue de l’homme, où n’arrive aucun rayon d’amour, où règne l’abandon total sans aucune parole de réconfort : « les enfers ».

      Voilà, c’est précisément ce qui est arrivé le jour du Samedi Saint : dans le royaume de la mort a retenti la voix de Dieu, l’Amour a pénétré « dans les enfers ».

             Tel estle mystère du Samedi Saint !

      L’Église passe ce grand sabbat tout près de Marie, méditant sur les souffrances du Christ, sa mort et son ensevelissement, dans une espérance certaine.

      Rendons gloire à Dieu pour son amour fidèle et miséricordieux !

      Et ne manquons pas ce rendez-vous de silence extérieur et intérieur pour, dans quelques heures, partager pleinement la joie des premiers témoins de la Résurrection du Christ !

                                   Père Xavier BRAC de la PERRIERE +

 

* Mot latin signifiant « un espace de trois jours ». Le Triduum pascal s'étend de la Messe du soir le jeudi Saint au dimanche de Pâques inclus.

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(par le père Jean Bellon)

      D’habitude, ce jour passe un peu inaperçu dans les fêtes de Pâques : on y prépare la longue Vigile Pascale. Et pourtant c’est le plus long – une journée et les deux nuits qui l’encadrent – pour arriver au « troisième jour ».

      Mais cette année c’est le seul que nous pourrons vraiment célébrer, en nous unissant dans notre confinement au Christ enfermé dans son tombeau et au deuil silencieux de l’Église.

      Nous y célébrons ces deux mystères que proclame le Credo :

                « - Il a été enseveli, est descendu aux Enfers. »

      Oui, Jésus a vécu le repos et le sommeil de la mort des hommes. Après les durs combats et les souffrances de sa croix, voici la paix et le deuil. « Tout est accompli » ; la volonté du Père et non la sienne, Jésus l’a réalisée. Et comme Dieu au septième jour de la Création, il se repose en ce « Saint Sabbat » de la Nouvelle Création.

      Et nous le pleurons et le veillons, en prenant conscience que c’est pour nous et par notre faute qu’il est mort.

      C’est le jour de prendre conscience des péchés de notre Monde, l’incrédulité et le ressentiment contre Dieu, la nature saccagée, les millions de réfugiés chassés par les guerres,  et de migrants, victimes des inégalités monétaires et économiques croissantes.

      Jour propice à l’examen de notre conscience, à un changement de nos cœurs, à une humble demande de pardon à ce Sauveur bien- aimé.

      En même temps, Jésus par son âme, est allé rejoindre celles de tous les morts pour leur annoncer la Bonne Nouvelle de leur libération et de leur salut, par la solidarité fraternelle qu’il a créée avec eux. C’est cette Descente glorieuse aux Enfers qu’aiment représenter les Orientaux dans leurs icônes de Pâques.

      Nous aussi rejoignons par la pensée tous nos morts Pâques est leur fête ! Visitons en esprit les cimetières où « dans l’espérance de la Résurrection reposent tous nos frères. » Et nous verrons à l’aube que le Tombeau est vide.

                                    + Père Jean Bellon

             Le pape François invite à bien réfléchir à la façon dont la Vierge Marie a vécu le Samedi saint :

 

image         En ce jour, l’amour – cet amour silencieux – devient attente de la vie dans la résurrection. Réfléchissons, le Samedi saint : cela nous fera du bien de penser au silence de la Vierge Marie, « celle qui a cru » et qui, dans le silence, était dans l’attente de la Résurrection. La Vierge Marie devra être l’image, pour nous, de ce Samedi saint. Bien réfléchir à la façon dont la Vierge Marie a vécu ce Samedi saint : dans l’attente. C’est l’amour qui ne doute pas, mais qui espère dans la parole du Seigneur, pour qu’elle devienne manifeste et resplendissante le jour de Pâques.

Un chant à Marie : "Regarde l'étoile"

REGARDE L'ÉTOILE

REGARDE L’ÉTOILE
Paroles et Musique : Communauté de l'Emmanuel (C. Blanchard / I.Seguin)
D'après l'hymne de Saint Bernard
N° 19-17

1. Si le vent des tentations s'élève,
Si tu heurtes le rocher des épreuves.
Si les flots de l'ambition t'entraînent,
Si l'orage des passions se déchaîne :

R. Regarde l’étoile, invoque Marie,
Si tu la suis, tu ne crains rien !
Regarde l’étoile, invoque Marie,
Elle te conduit sur le chemin !


2. Dans l'angoisse et les périls, le doute,
Quand la nuit du désespoir te recouvre.
Si devant la gravité de tes fautes
La pensée du jugement te tourmente :

3. Si ton âme est envahie de colère,
Jalousie et trahison te submergent.
Si ton coeur est englouti dans le gouffre,
Emporté par les courants de tristesse :

4. Elle se lève sur la mer, elle éclaire,
Son éclat et ses rayons illuminent.
Sa lumière resplendit sur la terre,
Dans les cieux et jusqu'au fond des abîmes.

Coda :
Si tu la suis, tu ne dévies pas,
Si tu la pries, tu ne faiblis pas.
Tu ne crains rien, elle est avec toi,
Et jusqu’au port, elle te guidera.

 

 

Nous vous donnons rendez-vous vers 17h, ici-même,

pour entrer ensemble dans la Vigile pascale.

Belle prière en ce Samedi saint

 

 


          

      --- Le Vendredi Saint ---

 

CÉLÉBRER LE VENDREDI SAINT

image      Dans la tradition vivante de l’Église, les chrétiens commémorent aujourd’hui, l’arrestation, le procès et la mort de Jésus sur la Croix.

      Cet Office du Vendredi Saint nous plonge dans le Mystère de notre salut par la Pâque du Christ. Dans une grande sobriété, il nous invite à (re)découvrir une seule réalité : celle de Jésus s'avançant librement vers sa mort et acceptant, dans la totale remise de Soi-même entre les mains du Père, d'être livré aux mains des pécheurs pour lesquels Il donne sa vie !

      Tout le rythme de cet office est celui d'une immobilité contemplative et contenue dans laquelle se déploie toute la puissance de l'Amour trinitaire au cœur d'un monde aveuglé par la haine, le péché et la bêtise humaine.

      Notre communauté, même dispersée, est invitée à vivre un chemin de Croix pour suivre le Christ, dans son épreuve. Réentendre la Passion selon Saint-Jean, prendre le temps de vénérer la Croix.

      Nous pouvons, comme les premières communautés chrétiennes, vivre aussi cela à la maison ! bref, prendre simplement le temps de la prière et du cœur à cœur avec Jésus ! Être simplement là avec Lui !

      Bien en communion

+ Patrick Gaso                   

Pour les enfants, un Chemin de Croix à colorier ci-dessous

(présenté par le père Xavier Brac de la Perrière)

Prière préparatoire

Ô Seigneur, nous implorons votre miséricorde pour nous-mêmes, pour les mourants, pour les âmes du Purgatoire ainsi que pour ceux et celles qui vous bafouent, vous calomnient et vous offensent.

Ô Seigneur daignez nous accorder les mérites de votre sainte Passion, que nous allons méditer.

Ô Notre-Dame des Douleurs, Mère des pauvres que nous sommes, aidez-nous à prendre part aux souffrances et à la Croix du Christ, afin qu’unis à sa Passion, nous entrions dans la vie.  Amen. 

1ère station

Jésus est condamné à mort.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô doux Jésus, vous avez accepté d’être jugé par des hommes et condamné, vous l’Agneau sans tâche, le Fils du Père, et votre bouche n’a proféré aucun jugement, aucun reproche. Vous n’aviez pour vos bourreaux que pitié et miséricorde. Donnez-nous, Seigneur, de pleurer nos péchés, de demander pardon et de pardonner.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

2ème station

Jésus est chargé de la Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô Jésus, vous avez porté sur vos épaules tous nos péchés. Ce poids est tel qu’aucune parole ne peut l’exprimer. Donnez-nous, Seigneur, de porter cette croix avec vous, de ne jamais la rejeter, mais d’en faire notre bien le plus précieux.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

3ème station

Jésus tombe sous le poids de sa Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô Seigneur, comment ne pas pleurer en vous voyant passer, vous le plus humble, le plus petit des petits, sur le chemin du Calvaire et tomber sous le poids de nos fautes ? Que nos chutes, Seigneur, ne nous conduisent pas au désespoir, mais que, confiants en votre amour, nous nous relevions et continuions à avancer sur le chemin de la sainteté !

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

4ème station

Jésus rencontre sa très Sainte Mère.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Cette rencontre de deux coeurs douloureux, unit dans l’offrande totale pour la rédemption du monde, nous invite à tous donner, à aimer le Christ comme sa Mère l’a aimé et à aimer Marie comme le Christ l’a aimée. Purifiez, ô Marie, nos relations affectives, afin que nous puissions aimer en toute liberté notre Seigneur Jésus-Christ et notre prochain comme nous-mêmes.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

5ème station

Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô Seigneur, que sans hésiter nous acceptions de prendre part à votre Passion, que nous portions, dans la joie, notre croix et celles des autres, pour la gloire de Dieu !

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

6ème station

Véronique essuie la sainte Face de Jésus.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Seigneur, imprimez en nos âmes votre Visage, afin qu’en nous voyant, le monde vous voie et que les coeurs durs se brisent.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

7ème station

Jésus tombe une seconde fois.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô Seigneur, écrasé par le poids de nos péchés, vous tombez une deuxième fois. Pardon, Seigneur, pour nos fautes, pour les offenses qui vous sont faites et les blessures que nous nous infligeons les uns les autres. Que par votre grâce, nous nous convertissions tous les jours et guérissions de tout mal !

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

8ème station

Jésus console les filles d’Israël.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Jésus, qui avez dit aux femmes de Jérusalem: « Ne pleurez pas sur Moi, mais sur vous et sur vos enfants », donnez-nous la grâce de la vraie contrition qui transforme le coeur et l’esprit et de contribuer ainsi à la transformation du monde.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

9ème station

Jésus tombe pour la troisième fois.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Une dernière fois, Seigneur, tu tombes. Comment demeurer insensible devant tant de douleurs ? Comment ne pas vouloir tout donner pour soulager, ne serait-ce qu’un instant, le Coeur souffrant du Christ ? Seigneur, que nous consolions ton pauvre Coeur, en faisant de votre vie un chant d’amour et de louange et qu’en toi nous trouvions le repos !

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

10ème station

Jésus est dépouillé de ses vêtements.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Jésus, pardon pour l’impureté qui habite nos coeurs, pour les offenses contre la pudeur. Apprends-nous le respect de la dignité humaine et aide-nous à grandir dans l’amour authentique du prochain.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

11ème station

Jésus est cloué sur la Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Seigneur, tu n’étais ni beau, ni brillant, tu n’avais rien pour attirer les regards, mais c’est toi et toi seul qui nous sauves. Tu es l’unique Médiateur, le seul Sauveur, le Chemin et la Vie. Que jamais nous n’oubliions que sans la Croix, sans le don entier de notre vie, il n’y a pas de bonheur possible !

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

12ème station

Jésus meurt sur la Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Seigneur, vous avez vaincu le mal, à jamais nous sommes réconciliés avec le Père. Vous avez accompli la volonté du Père jusqu’au bout. Accordez-nous, Seigneur, une vie telle qu’au moment de la mort, consumés d’amour, nous puissions contempler votre Visage. Merci de nous avoir donné, avant de mourir, une Mère, votre Mère, pour nous guider vers vous.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

13ème station

Jésus est remis à sa Mère.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Ô Notre-Dame, c’est par notre faute que votre Fils a été crucifié; mais dans votre Coeur, aucune haine, aucun ressentiment, seulement l’infinie douleur d’une Mère pour son Fils et la soumission d’une fille à la volonté du Père. Merci, Marie, de nous aimer, au pied de la Croix, d’un amour que nous ne pouvons comprendre.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

14ème station

Jésus est mis au tombeau.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix.

Les apôtres, effrayés, se sont cachés, croyant que tout est perdu. Pardon, Seigneur, pour le doute, le manque de confiance en ta Parole. Donne-nous de demeurer toujours dans l’espérance et rends-nous la joie d’être sauvés aux jours de désert.

Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père…

V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen. Prière Finale.

Père éternel, nous vous offrons le Corps et le Sang de votre Fils, pour l’expiation de nos péchés, les âmes du Purgatoire et les besoins de la Sainte Église.

La Célébration de la Passion

Notre confinement actuel ne nous permet pas de vivre ces célébrations dans nos églises, mais il peut être intéressant de noter quelques particularités du Vendredi Saint !

  • Le Vendredi Saint est, pour les chrétiens du monde entier, un jour de jeûne : c’est le jeûne pascal, qui commémore la passion du Seigneur, et que l’Eglise nous conseille de poursuivre jusqu’à la Nuit sainte, où nous le romprons dans la joie :
  • La célébration de la Passion n’est pas une messe  (il n'y a pas de consécration)
  • La célébration de la Passion commence par la liturgie de la Parole, se poursuit par la vénération de la Croix et s’achève avec la communion que l'on va chercher au Reposoir (hosties consacrées le jeudi Saint)
  • On ne célèbre pas de sacrements (baptême, mariage...) le Vendredi Saint, hormis le sacrement de pénitence et celui des malades.
  • La couleur liturgique de ce jour est le rouge, qui est à la fois le signe de la royauté de Jésus et de sa Passion.
  • La liturgie de ce jour s'accomplit dans une église dénuée de toute ornementation et de tout embellissement. Après la messe du Jeudi Saintla veille, les autels ont été dépouillés de leurs nappes, les tapis ont été roulés, et tout ce qui est beau ou superflu a été retiré de l'église ou caché. La croix et les chandeliers ont été enlevés de l'autel.
  • Il n'y a pas de fleurs.
  • L'orgue, les instruments de musique et les cloches restent silencieux.
  • Les bénitiers sont vides.

Évangile : Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

(par le père Patrick Gaso)

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    Chers frères et sœurs,

    La passion dont nous venons d’entendre le récit, c’est celle du Fils de Dieu dans notre chair.

    Mais attention ! Il ne faut pas nous y tromper. Ce qui fait le prix de la mort du Christ, ce n’est pas la somme de souffrances qu’il a endurées, car la souffrance n’est jamais désirable. Elle n’a en soi aucun sens, en dehors du sens que nous voulons lui donner. Mais, elle n’est jamais un but !

    Non, ce qui fait la fécondité universelle de cette mort, c’est que le Fils de Dieu lui-même, soit entré librement et par amour pour nous dans notre mort d’hommes.
 Son but n’a pas d’autre désir que nous « donner la VIE » !

    Au moment même où on va lui arracher sa vie, Jésus dit, avec la liberté souveraine du Fils : « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. » (St Jean 10, 17-18)

    Pesons bien ces mots que nous connaissons : « donner sa vie » !  « Donner sa vie, pour donner la VIE ! »  Sur la Croix, Jésus continue d’aimer et donner la Vie ! è De son sein coulent l’eau et le sang : l’eau de la vie, le sang de l’Eucharistie !

⇒  Il importe peu que ce don soit sanglant ou non, spectaculaire ou quotidien. Ce qui est certain c’est que, si nous voulons vivre de l’esprit de Jésus, il nous faut entrer dans ce mouvement du don de soi qui, certes, ne nous est pas forcément spontané, mais dans lequel la force même du Christ nous entraîne. Il nous l’a promis « Je suis venue pour que vous ayez la vie en vous ! »

    Vouloir retenir sa vie, la garder jalousement pour soi seul, c’est comme vouloir retenir de l’eau dans ses mains : elle s’écoule entre nos doigts.

    Tel est, frères et sœurs, le Royaume auquel nous appartenons :

  • un royaume dont le roi est serviteur,
  • un royaume dont le roi triomphe par la croix,
  • un royaume où tout ce qui n’est pas donné est perdu !

    Ce soir, tout est accompli ! Tout est accompli par celui qui s’est dépouillé de tout !

    Rendons grâce à Dieu pour son Fils, Verbe de Vie, et sa détermination à nous offrir le Salut !

                      Ainsi soit-il

+ Patrick GASO                   

    Quelques petites explications :

    C’est dans l’office du Vendredi saint que la liturgie latine fait une place très spécifique à la croix. Durant l’office de la passion qui se célèbre dans l’après-midi, le Missel Romain comporte un rite solennel de la vénération de la croix, qu’il propose sous deux formes au choix :

  • la première, avec une croix voilée que l’on dévoile progressivement,
  • la seconde avec une croix non voilée que l’on apporte au sanctuaire de l’église en faisant trois stations.

    C’est cette deuxième forme qui est la plus courante. Le prêtre accompagné des ministres se rend près de la porte de l’église où l’on a déposé la croix entre des chandeliers. Il prend la croix, et la ramène en procession à travers l’église jusqu’au sanctuaire.

    On fait trois stations : au départ de la procession, au milieu de l’église, et enfin devant l’entrée du sanctuaire. Les rubriques précisent : Celui qui porte la croix l’élève en chantant : « Voici le bois de la Croix qui a porté le salut du monde ». Le peuple répond : « Venez, adorons ! ».

    Après chacune de ces réponses, tous s’agenouillent et adorent en silence durant quelques instants. Le rite se poursuit de la manière suivante : Pour la vénération de la Croix, le prêtre, les ministres et les fidèles s’avancent les uns après les autres : ils passent devant la Croix et lui rendent hommage, soit en faisant la génuflexion devant elle, soit par tel autre signe, par exemple en l’embrassant (..). Pendant ce temps, on chante l’antienne de la Croix, les Reproches (Impropères), ou d’autres chants qui conviennent.

    Cette cérémonie ne peut être isolée de l’ensemble de l’office qui commence en silence par une grande prosternation et une oraison, et se poursuit par la liturgie de la parole (Is 52, He 4 et 5 Passion selon saint Jean) et par la grande prière universelle.

    Après la vénération de la croix, une simple communion, distribuée à partir de la réserve conservée depuis la veille au soir — il n’y a pas de célébration eucharistique — est précédée de la récitation du Notre Père. La vénération de la croix apparaît donc comme le sommet d’un processus rituel qui conduit à faire mémoire de la Passion, prier pour l’Église et le monde, avant de s’achever par la communion eucharistique.

  • La liturgie de la Parole se termine par la grande Prière Universelle qui, généralement (lors de la célébration) est chantée solennellement. Nous gardons la forme liturgique pour mieux comprendre la force de cette prière. 

 

Célébrant ou une autre personne de la famille: A travers la Passion et la mort de son Fils, Dieu nous a longuement parlé. Il nous a dit son immense amour, son pardon total, sa tendresse fidèle. A nous maintenant de prendre la parole. Prenons le temps de lui dire nos pauvretés et notre confiance filiale. Faisons place à l’humanité entière dans notre prière.

Pour la sainte Église :

Prions, frères bien aimés, pour la sainte Eglise de Dieu : que le Père tout puissant lui donne la paix et l’unité, qu’il la protège dans tout l’univers ; et qu’il nous accorde une vie calme et paisible pour que nous rendions grâce à notre Dieu …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, dans le Christ, tu as révélé ta gloire à tous les peuples ; protège l’œuvre de ton amour : afin que ton Eglise répandue par tout l’univers demeure inébranlable dans la foi pour proclamer ton nom. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

Pour le pape :

Prions pour notre saint Père, le pape François, élevé par Dieu notre Seigneur à l’ordre épiscopal : qu’il le garde sain et sauf à son Eglise pour gouverner le peuple de Dieu …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant dont la sagesse organise toutes choses, daigne écouter notre prière : protège avec amour le pape que tu as choisi, afin que sous la conduite de ce pasteur, le peuple chrétien que tu gouvernes progresse toujours dans la foi. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour le clergé et le peuple fidèle :

Prions pour notre évêque Guy de Kerimel, pour tous les évêques, les prêtres, les diacres, pour tous ceux qui remplissent des ministères dans l’Eglise et pour l’ensemble du peuple des croyants …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant dont l’Esprit sanctifie et gouverne le corps entier de l’Eglise, exauce les prières que nous t’adressons pour tous les ordres de fidèles qui la composent : que chacun d’eux, par le don de ta grâce, te serve avec fidélité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour les catéchumènes :

Prions pour les catéchumènes : que Dieu notre Seigneur ouvre leur intelligence et leur cœur, et les accueille dans sa miséricorde ; après avoir reçu le pardon de tous leurs péchés par le bain de la naissance nouvelle, qu’ils soient incorporés à notre Seigneur Jésus Christ …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, toi qui assures toujours la fécondité de ton Eglise, augmente en nos catéchumènes l’intelligence de la foi : qu’ils renaissent à la source du baptême et prennent place parmi tes enfants d’adoption. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour l’unité des chrétiens :

Prions pour tous nos frères qui croient en Jésus Christ et s’efforcent de conformer leur vie à la vérité : demandons au Seigneur notre Dieu de les rassembler et de les garder dans l’unité de son Eglise …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, qui rassembles ce qui est dispersé, et qui fais l’unité de ceux que tu rassembles, regarde avec amour l’Eglise de ton Fils : nous te prions d’unir dans la totalité de la foi et par le lien de la charité tous les hommes qu’un seul baptême a consacrés. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

Pour les Juifs :

Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier : qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son Alliance

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l’Alliance, comme ton Eglise t’en supplie. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour ceux qui ne croient pas en Jésus Christ :

Prions pour ceux qui ne croient pas en Jésus Christ. Demandons qu’à la lumière de l’Esprit Saint, ils soient capables eux aussi de s’engager pleinement sur le chemin du salut …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, donne à ceux qui ne croient pas au Christ d’aller sous ton regard avec un cœur sincère, afin de parvenir à la connaissance de la vérité. Donne-nous de mieux nous aimer les uns les autres et d’ouvrir davantage notre vie à la tienne, pour être dans le monde de meilleurs témoins de ton amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour ceux qui ne croient pas en Dieu :

Prions pour ceux qui ne connaissent pas Dieu : demandons qu’en obéissant à leur conscience ils parviennent à le reconnaître …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, toi qui as créé les hommes pour qu’ils te cherchent de tout leur cœur et que leur cœur s’apaise en te trouvant, fais qu’au milieu des difficultés de ce monde tous puissent discerner les signes de ta bonté et rencontrer des témoins de ton amour : qu’ils aient le bonheur de te reconnaître, toi le seul vrai Dieu et le Père de tous les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Pour les pouvoirs publics :

Prions pour les chefs d’Etat et accorde le salut à tous les responsables des affaires publiques : que le Seigneur notre Dieu dirige leur esprit et leur cœur selon sa volonté pour la paix et la liberté de tous …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, toi qui tiens en ta main le cœur des hommes, et garantis les droits des peuples, viens en aide à ceux qui exercent le pouvoir ; que partout sur la terre s’affermissent avec ta grâce la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

Pour tous les hommes dans l’épreuve :

Frères bien aimés, prions Dieu le Père tout puissant d’avoir pitié des hommes dans l’épreuve : qu’il débarrasse le monde de toute erreur, qu’il chasse les épidémies et repousse la famine, qu’il vide les prisons et délivre les captifs, qu’il protège ceux qui voyagent, qu’il ramène chez eux les exilés, qu’il donne la force aux malades, et accorde le salut aux mourants …

Refrain : « Ô SEIGNEUR, ECOUTE ET PRENDS PITIE ! »

Célébrant : Dieu éternel et tout puissant, consolation des affligés, force de ceux qui peinent, entends les prières des hommes qui t’appellent, quelles que soient leurs souffrances : qu’ils aient la joie de trouver dans leurs détresses le secours de ta miséricorde. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. AMEN.

 

Chant : Impropères (Ô mon peuple, que t'ai-je fait)

Le « chant des reproches » de Dieu à son peuple)

Paroles : Liturgie latine - Musique : tradition orientale
Adaptation : Communauté de l'Emmanuel (E. Baranger)
N° 12-15

R. Ô Dieu Saint,
Ô Dieu Fort,
Ô Dieu Immortel,
Aie pitié de nous.


1. Moi, j’ai pour toi frappé l’Égypte,
J’ai fait mourir ses premiers-nés :
Toi, tu m’as livré, flagellé !
Ô mon peuple,
Que t’ai-je fait, réponds-moi !

2. Moi, je t’ai fait sortir d’Égypte,
J’ai englouti le Pharaon :
Toi, tu m’as livré aux grands prêtres !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

3. Moi, devant toi,
J’ouvris la mer :
Toi, tu m’as ouvert de ta lance !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

4. Moi, devant toi, je m’avançai
Dans la colonne de nuée ;
Toi, tu m’as conduit à Pilate !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

5. Moi, j’ai veillé dans le désert
Et de la manne je t’ai nourri ;
Toi, tu m’as frappé, flagellé !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

6. Moi, aux eaux vives du rocher,
Je t’ai fait boire le salut ;
Toi, tu me fis boire le fiel, m’abreuvas de vinaigre !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

7. Moi, j’ai pour toi frappé les rois,
Les puissants rois de Canaan :
Toi, tu m’as frappé d’un roseau !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

8. Moi, dans ta main, j’ai mis un sceptre,
Je t’ai promu peuple royal :
Toi, tu as placé sur ma tête la couronne d’épines !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

9. Moi, je t’ai par ma toute
Puissance exalté :
Toi, tu m’as pendu au gibet de la croix !
Ô mon peuple,
Que t'ai-je fait, réponds-moi !

© 1995, Éditions de l’Emmanuel, 89 boulevard Blanqui, 75013 Paris
Audio : de https://www.dailymotion.com/video/x5eh2n2

    En ce Vendredi Saint, jour de la Passion et de la mort de Jésus, notre regard se porte vers la Croix du Christ. Cette croix, qui symbolise la souffrance de l’homme… notre souffrance.

    Mais d’où vient cette souffrance ?

    Souvent la source de notre souffrance intérieure réside dans le passé et/ou le futur.

    En effet, le passé peut être source de grande souffrance lorsque nous pensons : « si j’avais fait ceci, si j’avais pris ce chemin…, si j’avais pris cette décision plutôt que celle là… ».

    En revenant sur notre passé nous continuons de souffrir. Le risque que nous prenons est d’emporter ce passé avec nous comme si nous emmenions un grand sac plein de cailloux lors d’une randonnée en montagne.

    Le passé est comme un mur inamovible. Il nous est impossible de changer, de revenir sur notre passé. Alors nous continuons à frapper sur ce mur en espérant qu’il se déplace. En réalité, en faisant ceci, nous continuons à nous faire du mal.

    Rien ne peut changer le passé si nous sommes mis hors de cause. Cependant, dans d’autres circonstances, il peut changer si et seulement si nous acceptons de reconnaître nos péchés en nous mettant à genoux devant Dieu pour lui demander de nous pardonner. C’est le sens du vendredi Saint : Jésus a souffert et il est mort sur une croix pour la rémission de nos péchés.

    Le futur aussi peut être également une grande source de souffrance quand nous pensons à ce qui pourrait nous arriver.
En ce qui concerne l’avenir, occupons-nous seulement de ce que nous pouvons changer, sinon il peut vite devenir synonyme de souffrance ou d’angoisse. Actuellement, nous en faisons l’expérience : en regardant les informations avec toutes ces mauvaises nouvelles, des courbes, des nombres, des images sur les malades et les décès… tout ceci risque d’occulter  notre présent  en nous projetant sur ce qui pourrait nous arriver.  

    Individuellement nous ne pouvons faire grand-chose mais, tous ensemble, mettons en pratique ce que nos gouvernants nous demandent : rester chez soi pour éradiquer ce virus !

    Nous sommes trop souvent conditionnés par le passé et le futur, par ces deux dimensions, une qui n’existe plus et l’autre pas encore.

    Nous ne devons pas vivre le passé, ni le futur, mais, comme Jésus nous le demande nous devons vivre le présent, le savourer et en profiter maintenant, à l’instant présent.

    Comme le disait Jésus à ses Apôtres : « Ne vous préoccupez pas de ce que vous mangerez… regardez les oiseaux du ciel, ils ne se préoccupent de rien et pourtant ils sont nourris par Votre Père qui est aux cieux … ». Faites-en de même nous dit Jésus.

    La vie est un don. Le présent est un don inestimable. Remercions le Seigneur d’être vivants aujourd’hui.

    Le présent est un don qui lui-même est un présent… A méditer !

                                               + Père Sante

NOTRE PÈRE

BÉNÉDICTION FINALE

                Que ta bénédiction, Seigneur,
                        descende en abondance sur ton peuple 
                        qui a célébré la mort de ton Fils, 
                        dans l'espérance de sa propre résurrection : 
                accorde-lui pardon et réconfort, 
                augmente sa foi, assure son salut éternel. 
                        Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

On se retire en silence.

Nous nous retrouvons demain dans le grand silence du Samedi Saint


          

      --- Le Jeudi Saint ---

 

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Vivons en Paroisse cette Semaine Sainte

       Cette semaine est ordinairement chargée de célébrations dans nos églises…Jeudi Saint…Vendredi Saint… Veillée Pascale… Messe du dimanche…et cette année, fait inédit, nous vivrons cette Semaine Sainte dans nos maisons… Nous avons le droit de trouver cela triste, oui. Triste à plus d’un titre ! Car nous n’aurons pas la joie de prier et d’être ensemble (je pense particulièrement aux personnes qui devaient faire leur 1re communion, aux enfants qui devaient recevoir le baptême…) ; Triste car nous savons que tant de gens souffrent ; triste parce que nous avons un immense besoin de nous retrouver.

       Cependant, ne nous laissons pas « voler » cette joie de vivre intensément ces trois jours saints et ce dimanche de la Résurrection de Jésus !

       Restons en lien par la prière, unis fraternellement, les uns les autres.

       Avec l’Équipe paroissiale, nous vous proposons pour ces jours Saints de vivre ces temps de prière en famille, en lien avec la communauté paroissiale.

       Aujourd’hui, jusqu’à dimanche, vous recevrez quotidiennement une LettreInfo, contenant cette invitation à redécouvrir les différentes liturgies d’une manière nouvelle.

       Entrons, ensemble, dans cette Semaine Sainte. Certes nous sommes confinés, mais pas isolés ! Gardons cette unité par la prière, mais aussi par des petits actes que nous pourrons poser. Mais surtout, demeurons dans la confiance, car le Seigneur chemine avec nous... et nous avec Lui !

       Entrons dans l’Espérance du Ressuscité !

                         Patrick Gaso, pour l’équipe Paroissiale

par le père Sante Pometto

 

Quand je pense à la Semaine Sainte, je me vois tout petit suivre, en famille, la procession du jeudi Saint dans les rues poussiéreuses de mon village de la Vénétie, une bougie à la main, chantant des hymnes en l’honneur du Saint Sacrement.

La religieuse nous faisant le catéchisme nous a appris que le Jeudi Saint  est le jour où le Christ fit sa première messe et y a institué le Sacrement de l’Ordre et de l’Eucharistie.

Quelques années plus tard, lorsque j’ai été ordonné prêtre, dans ce même village, la communauté paroissiale m’a offert, tout naturellement, un calice, une aube et une jolie chasuble dorée.

Il y a quelques années, officiant dans le Grésivaudan, un Jeudi Saint, au moment de l’Offertoire, l’Equipe Paroissiale m’a fait un cadeau.

Avant même de l’avoir ouvert, ma première pensée a été… une chasuble ! Et pendant que j’ouvrais le paquet je me disais : « Est-elle blanche, violette, verte » même si j’espérais qu’elle soit rouge.

Mais du paquet sortit…. un tablier !

Qui oserait offrir un tablier  à un prêtre? …

Le tablier rappelle la cuisine,  il est souvent tâché. Ce n’est pas vraiment la coutume de faire un tel  cadeau  à un prêtre. !

Mais quand on regarde l’évangile du jour, c’est bien en tablier que Jésus finit sa vie.

C’est lors de son dernier repas, la Cène, que le Christ  institue ses apôtres comme prêtres de la Nouvelle Alliance. Le premier pouvoir qu’Il leur donne est de verser de l’eau sur les pieds des gens, de laver les pieds de ceux qui sont fatigués par la route.

Ce premier  pouvoir se résume à verser un peu d'eau fraîche sur des pieds abîmés sur les chemins de l'existence.

Parfois, des enfants à qui l’on demande le métier de leur maman, répondent qu’elle ne travaille pas.

Et pourtant c’est elle qui fait tout à la maison.

Elle est au service de tous. Trop souvent, cet humble service quotidien n'est pas reconnu à sa juste valeur.
Ce service passe par des choses toutes simples : répondre au téléphone, préparer les repas, rendre la maison plus accueillante, prendre le temps d'écouter celui qui a besoin de parler.

Jésus lui-même nous recommande de rester "en tenue de service". Peu importe que ce soit le tablier de la ménagère, de l'infirmière ou de tel ou tel autre travail. L'important est de servir, de donner le meilleur de soi-même pour que les autres soient plus heureux.

Si l'évangile insiste si fort sur ce service des autres, c'est qu'il est en lien très étroit avec l'Eucharistie. Pour saint Jean, raconter le Pain et le Vin ou laver les pieds des disciples, ne font qu’un. Il s'agit toujours de donner sa vie. Cet évangile nous apprend à nous donner comme Jésus. Quand il nous dit : "Faites ceci en mémoire de moi" cela signifie : "Faites-en autant. Je vous ai lavé les pieds pour que vous fassiez de même entre vous."

Sœur Emmanuelle, l'abbé Pierre, Mère Teresa et bien d'autres avaient bien compris ce message de Jésus en se mettant aux services de plus pauvres.

Jésus, vêtu de son tablier, nous enseigne que dans la vie, le plus important, ce sont les actes et non les paroles. Celui qui aime n'est pas celui qui parle de son frère, mais celui qui se met à son service.

Aujourd’hui, à cause des événements… nous ne pourrons pas participer physiquement à la messe, mais nous pouvons tous sortir notre tablier et nous mettre au service les uns des autres.

                    Père Sante

Voici 2 cartes postales de mon village représentant l'église dans les années 70 et une autre plus récente. Agna est un village situé à une trentaine de kms au sud de Venise.

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      La Cène et le Seder

      En ce temps de confinement, prenons le temps de préparer le Jeudi Saint en découvrant la tradition juive du Seder pascal.

      Le Seder pascal, une liturgie juive au cours de laquelle nous pourrons retrouver les circonstances dans lesquelles Jésus institua l’Eucharistie.

      (Rq : Qu’est-ce qu’un Séder pascal ? Le Séder est un repas cérémonial qui comprend la lecture de récits bibliques, la consommation de vin, des commentaires, la consommation d’aliments spéciaux dont des pains sans levain, des chants et des Psaumes. Selon le commandement biblique, il est tenu après la tombée de la nuit le premier soir de Pessa’h (et le second soir selon les cas), marquant l’anniversaire de l’exode des Hébreux libérés de l’esclavage égyptien, il y a plus de 3000 ans.)

      Relisons certains passages de l’Évangile ainsi que certains passages de notre Eucharistie à la lumière de cette liturgie : « Le Seder Pascal », tel qu’il est pratiqué aujourd’hui dans le judaïsme.

      "Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour célébrer la Pâque ?" (Lc 22,10)

En quoi consistent les préparatifs du Seder ?

      Tout d’abord, il faut veiller à brûler (faire disparaître) tout ce qui peut rester de pâte levée (pain, gâteaux…) dans la maison. Cette pâte levée que l’on appelle Hametz, est ici symbole du péché. Il est temps pour la personne de confession juive de s’intérioriser et de faire repentance de tout le mal qui peut habiter son cœur et le cœur de tous les hommes.

      (Rq : Encore utilisé en boulangerie, le levain est un mélange de farine fraîche et de vieille pâte qu’on laisse fermenter dans un endroit chaud et humide. Manger des pains sans levain symbolise le rejet du levain, le rejet de la vieille pâte, le rejet du péché. Dans le Nouveau Testament, la référence au levain est souvent utilisée de manière symbolique. Elle exprime tantôt une réalité positive et souvent une réalité négative.)

      Désirer rejeter le péché ! Ne commençons-nous pas notre Messe par la partie pénitentielle ?

      Pendant toute la célébration de la fête de Pâque, il est demandé de ne consommer que du pain azyme (c’est-à-dire le pain sans levain).

      Le Christ a institué son Eucharistie avec le pur pain azyme. Ensuite, il faut préparer la célébration contenant tous les éléments symboliques pour la fête en souvenir de la sortie d’Égypte.

Le temps de la parole.

      La partie la plus longue du Seder pascal est certainement celle de la parole, avec lectures et commentaires. Cette partie s’appelle « Le Maggid », c’est-à-dire « Le récit ».

Lors du dernier repas, après le lavement des pieds

      Symbole de ce temps de purification qui précède toute grande fête – Saint Jean présente ce long discours de Jésus : à l’image du récit de la tradition juive autour de la Pâque d’Israël, le discours de Jésus raconte à ses disciples sa propre Pâque non pas passée, mais encore à venir. (Jn 13-17)

La bénédiction du pain et du vin.

      Une fois que ses disciples eurent préparé le lieu du repas, « Jésus se rendit à la salle pour célébrer la Pâque avec ses disciples.
Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : "Prenez ceci et partagez entre vous car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu." Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : "Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi."
Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous". (Lc 22:17-20)

      Au cours du Seder, quatre coupes seront bénies. Seul saint Luc parle d’une deuxième coupe, celle qui sera bénie au début de la célébration. Nous retrouverons ces moments à l’offertoire et à la consécration, avec les mêmes paroles.

      Béni sois-tu Seigneur, roi de l’univers qui a créé le fruit de la vigne

Le chant des psaumes.

      Saint Marc (14,26) nous dit : « Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. »
Quels sont les psaumes que l’on peut chanter dans ce contexte pascal ?

      Après le repas, le Seder se continue par une série de prières, la bénédiction d’autres coupes et la récitation des psaumes du Hallel (c’est-à-dire les psaumes 113 à 118).

      Chaque Jeudi Saint nous fait souvenir que toutes les Eucharisties célébrées sont le rappel de l'institution de l'Eucharistie (du grec ancien εὐχαριστία / eukharistía, « action de grâce »), de ce Repas à la veille de sa Passion (L'Eucharistie est la "source et le sommet de toute la vie chrétienne" nous précise le Concile Vatican II - Constitution sur l’Eglise n° 11).

+ Patrick Gaso

Pour information : En 2020 (ou 5780 dans le calendrier hébraïque), la Pâque juive est célébrée à partir du 8 avril.

01 Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

02 Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,

03 Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,

04 se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;

05 puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

06 Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »

07 Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »

08 Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »

09 Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

10 Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »

11 Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12 Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?

13 Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.

14 Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.

15 C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

          – Acclamons la Parole de Dieu.

(par le père Daniel Ramanatsitohaina)
1ère lecture : Exode12,1-8.11-14
2ème lecture : Corinthiens11,23-26
Évangile : Jean 13,1-15

Le soir du Jeudi Saint, avant sa passion et sa mort, au cours du repas pascal juif, entouré de ses disciples, Jésus a institué l’Eucharistie, « la Sainte Cène ».  C’est la source, le centre et le sommet de toute vie chrétienne. C’était un événement fondateur marquant la naissance de l’Église. Par cet événement, nous découvrons le mystère de Dieu à travers la vie de Jésus Christ et son amour gratuit.

L’évangéliste saint Jean raconte le lavement des pieds. Au cours du repas, Jésus a lavé les pieds de ses disciples. Ce geste nous montre un exemple de service mutuel dans l'humilité.  Il se met au rang du serviteur, et il nous invite à faire de même.  « C'est un exemple que je vous ai donné, ce que j'ai fait, faites-le vous aussi ».

À notre tour, nous devons tous être serviteurs les uns des autres dans notre vie de tous les jours. Parfois, ce n’est pas facile de rendre service aux autres, mais le Christ lui-même est notre modèle pour ce service.

Saint Paul dans sa première lettre aux Corinthiens raconte l’Institution de l'Eucharistie comme les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc). C'est pendant le repas pascal juif que Jésus a institué l'Eucharistie. Il a pris du pain, puis ayant rendu grâce, il l’a rompu et il a dit « Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi » et après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi » Ce sont les paroles que le prêtre prononce à chaque célébration eucharistique. Par les paroles consécratoires (paroles de bénédiction) du prêtre en invoquant l’Esprit, le pain devient corps de Jésus, le vin devient son sang. Donc, le Christ est réellement présent dans l’Eucharistie.

La célébration eucharistique n’est pas un simple acte commémoratif de l’avènement du Salut. Elle est caractérisée par la permanence et l’identité de la valeur de ce qu’a fait le Christ. Le prêtre fait exactement le même acte que le Christ, c’est une réactualisation mais non pas une répétition.

L’Église, nouveau peuple de Dieu, en célébrant l’Eucharistie, rend présent son événement fondateur  (Mort et résurrection du Christ) : Elle actualise le passé, vécu dans le présent pour annoncer le futur.  

À chaque fois que nous participons à l’Eucharistie, nous faisons mémoire de cette Institution de l’Eucharistie. C’est un sacrement d’amour. Nous réactualisons que Jésus s’est offert pour nous. Il nous invite à participer à son repas qui est le gage de la vie éternelle.

L’Eucharistie est un sacrement d’unité qui nous invite au partage, au service, à la fraternité, à l’accueil des autres.  Pensons aux personnes seules surtout en ce moment difficile que nous traversons.

Mes frères et sœurs, renouvelons notre contrat d’amour avec Jésus qui s’est offert. Mettons-nous à son école en vivant sa Parole qui suppose écoute, réponse et engagement au sein de notre société. C’est Lui qui nous montre le service à rendre en lavant les pieds de ses disciples. Nous sommes invités à servir Dieu et notre prochain dans la vie quotidienne.

Que la fête du Jeudi Saint soit un nouvel élan pour notre vie, surtout notre vie de foi, et nous fasse réfléchir sur la manière dont nous rendons service aux autres. Le Christ est notre modèle aujourd’hui pour le service. Chacun de nous est envoyé pour témoigner de Jésus en nous et autour de nous.

À toutes et à tous ! Bonne Fête du Jeudi Saint !

                                       + Daniel Ramanatsitohaina

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Refrain : Accueille au creux de tes mains, la prière de tes enfants

  • Seigneur, nous te prions pour notre monde, pour tous les pays qui luttent activement contre le virus.
  • Seigneur, nous te prions pour les hommes et les femmes qui dirigent notre monde et assument les grandes décisions économiques et politiques.
  • Seigneur, nous te prions pour tous les malades, en particulier ceux de notre communauté qui traversent en famille ou seuls, cette épreuve de santé. Nous te rendons grâces pour tous les soignants.
  • Seigneur, nous te prions pour tous les parents, les enfants, toutes les personnes seules qui vivent courageusement ce temps d’isolement et de confinement.
  • Seigneur, nous te prions pour notre communauté qui n’a pas pu se rassembler et vivre dans les chants et la prière ces jours saints. Qu’une plus grande communion fraternelle soit un des fruits visibles de ces jours difficiles que nous traversons.
  • Seigneur, nous te prions pour que nous gardions force et persévérance au service de tous, particulierement auprès des plus fragiles.

Un chant sur Jésus : "Voici le Serviteur"

 

 

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... que nous sommes invités à vivre en participant à l'Heure Sainte.

"Demeurez ici et veillez avec moi."

Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier.

Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur », puis le Saint Sacrement est déposé au « reposoir », l’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée. Tout ce dépouillement : le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration, les fidèles s’unissent à la prière du Christ ce soir-là, en veillant auprès du Saint-Sacrement (le pain et le vin consacrés au cours de la messe) jusque tard dans la nuit.

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Qu’est ce que l’Heure Sainte ?
 
L’Heure Sainte consiste à passer, dans la nuit du jeudi au premier vendredi de chaque mois, une heure de prière uni au Christ dans le début de Sa passion, c’est-à-dire au Jardin des Oliviers.

Sainte Marguerite-Marie ( Soeur visitandine à Paray-le-Monial) rapporte qu’après lui avoir demandé de communier tous les premiers vendredis de chaque mois (à une époque où l’on ne communiait pour ainsi dire presque plus) Jésus lui dit :

"Toutes les nuits du jeudi au vendredi, Je te ferai participer à cette tristesse mortelle que J’ai bien voulu souffrir au Jardin des Oliviers (…). Pour m’accompagner dans cette humble prière, que Je présenterai alors à mon Père, parmi toutes mes angoisses, tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi (…) pour adoucir en quelque façon l’amertume que Je sentais de l’abandon de mes apôtres qui m’obligea à leur reprocher qu’ils n’avaient pu veiller une heure avec moi, et pendant cette heure, tu feras ce que Je t’enseignerai."

Il s'agit donc en quelque façon de consoler le Cœur de Jésus en partageant l'angoisse de la solitude traversée à cette occasion, alors que se profile le drame de sa Passion et de sa Crucifixion. 

Il ne s'agit pas simplement d'un temps de prière personnelle. Il s'agit d'une prière structurée autour de la méditation du mystère de l'agonie du Christ, de sorte que nous soyons présents de cœur là même où les apôtres, accablés de fatigue, n'ont pu trouver la force de " veiller une heure " avec lui.

Le Mont des Oliviers

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