Homélies

Paroisse Saint Pierre - Saint Paul

Homélie du 8 février 2026

Ne pas nous affadir

Le Seigneur nous a confié une mission : être le sel et la lumière. Il compte sur nous. Il nous demande de ne pas nous affadir.

 

Pour ne pas s’affadir, numéro 1 : croire que nous sommes ce sel et cette lumière. C’est déjà fait. Par notre baptême, Dieu nous a purifié gratuitement. Notre première tâche est d’y croire ! Il ne faut pas nous tromper : il est inutile de chercher à obtenir des choses que nous avons déjà !

Je crois que Dieu a fait de moi une lumière. Je ne le vois pas, car je me trouve bien misérable. D’accord ! Mais nous avançons par la foi non par la vue. Si Dieu l’a dit, je le crois ! Je suis une lumière, alors je vais sortir la lumière du trou pour qu’elle brille pour les autres. Et les autres m’en remercierons.

Au début de mon burnout, j’étais dans une association vers Limoges. Je ne pouvais pas faire moins que ce que je faisais. Pourtant j’étais très surpris, car régulièrement, des personnes de passage me remerciaient pour tout ce que je leur avais apporté. J’ai compris que Dieu passait par moi en étant simplement là : même si j’en doutais, j’étais une lumière.

 

Pour ne pas s’affadir, numéro 2 : il est bon de garder un cœur ouvert sur le monde et sur les personnes qui ont besoin d’aide.

J’ai fait cette belle expérience au collège Notre Dame de Sion. Avec l’animatrice en pastorale nous avons montré le film d’une association qui s’occupe d’enfants affamés dans le monde entier. Ils ont entendu que 8000 enfants meurent chaque jour des conséquences de la faim, ils ont vu une jeune fille de 12 ans s’occuper seule de son frère, car il n’y a personne pour eux. A la fin, lorsque nous demandions qui serait intéressé de participer pour aider ces enfants, nous avions beaucoup de doigts levés, ils étaient véritablement motivés.

Si nous ne voyions plus les autres, alors notre cœur s’endurcit, c’est aussi simple que ça.

Mais devant la conscience des situations dramatiques des autres, il y a un désir naturel dans l’homme de se faire proche, d’être un soutien.

En France, concrètement, une personne sur cinq est menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale. La moitié des habitants ont du mal à boucler leur budget. (Rapport du Secours Catholique cette année).

Dans les EHPAD de notre paroisse, il y a bien des personnes seules. Et c’est vrai également dans nos quartiers, des personnes malades, isolées, d’autres qui attendent que nous leur portions la communion.

Il nous faut pouvoir voir, sans culpabilité, sans devoir. Juste voir, et sentir où nous aurions de la joie à aider.

 

Pour ne pas s’affadir numéro 3 : il nous faut agir « avec cœur ».

Lorsque je vais célébrer la messe dans les EHPAD, je suis frappé par la vie que j’y trouve. Nous sommes très loin du monde de la performance. Ce sont des relations simples, pauvres, avec des personnes vulnérables. Mais il y a un calme, une paix qui repose et qui recentre sur l’essentiel. Nous retrouvons les relations qui nous font vivre, nous les premiers. Cette semaine, une femme fragile me disait son désir d’être bien informée des prochaines messes car celle que nous venions de vivre avait été un grand réconfort pour elle. Je ne l’aurais pas deviné si elle ne me l’avait pas dit. En l’entendant, j’étais rappelé à la beauté de l’eucharistie que je leur porte. Le cadeau que nous leur faisons par notre présence, par la communion que nous leur portons est un cadeau précieux. Nous faisons une différence !

Enfin, une dernière piste. Je lisais la vie d’une sainte française pendant la révolution. Cette femme jeûnait parfois afin de pouvoir donner à manger aux pauvres. Ce témoignage m’a interrogé sur mes propres repères de confort. Je peux considérer normal de manger comme ci, comme ça, d’avoir telle détente, telles vacances, et de donner telle part aux pauvres. En sachant la misère dans laquelle sont tant de personnes, mes repères sont-ils les bons ? Ma conviction est que si nous nous respectons nous serons heureux de donner de plus en plus.

 

1 Nous sommes la lumière du monde, croyons-le. 2 Regardons le monde. 3 Agissons.

Et nous serons heureux !

« Partage ton pain (…) Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite.» Is58,7

Marc Burtschell

Homélie du 25 janvier 2026, Mt4,12-23

Vous vous souvenez que les mages cherchaient le « roi des juifs ». Et bien ce roi est prudent, alors que son cousin vient d’être arrêté et afin de commencer à annoncer un nouveau royaume, Jésus s’éloigne de Jérusalem pour ne pas être dérangé par le roi en place.

Jésus est un roi étonnant. Il n’a pas peur d’être vulnérable : je pense que c’est ce qui me frappe le plus. Il naît dans une crèche. Il s’éloigne vers la Galilée, mais il n’a la protection d’aucune garde. Il ne compte pas sur des moyens humains, financiers, militaire. Il part seul sur les routes, tellement vulnérable ! Si on regarde de près, on voit qu’il ne tient qu’à une chose : l’Esprit Saint. Sa mission commence avec son baptême : il attend d’avoir reçu l’Esprit Saint pour partir. Il est même « envoyé ». Voilà ce qui est véritablement important.

En regardant Jésus vous voyez ce dont est capable un homme seul accompagné par l’Esprit Saint : eh bien, ça déménage !

 

Alors Jésus fait deux choses.

La première est qu’il s’entoure. Jésus ne part pas seul vers les foules.

Mais vous voyez, il n’est pas allé cherché l’élite de Jérusalem. Encore une fois, son choix nous surprend. Des pêcheurs ! Un fils de charpentier appelle quatre pécheurs à le rejoindre pour une révolution : on dirait le début d’une blague, non ? Pourtant non. Ces hommes ont une chose plus précieuse que des diplômes : ils aiment Dieu. La preuve, ils quittent tout pour le suivre. Et le texte est très impressionnant : on a l’impression que le temps s’arrête « Aussitôt, laissant leur filet, ils le suivirent », « Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent ». Tout est littéralement laissé en plan car avec cet homme la vie prend enfin le sens qu’elle aurait toujours dû avoir !

En rassemblant des apôtres et des disciples, des hommes, des femmes aussi bientôt, Jésus nous montre la puissance de rayonnement d’une communauté qui aime Dieu et le met en premier. Quel encouragement pour nous !

Trouvons des personnes qui aiment Dieu et le mettent en premier, peu importe les diplômes et les richesses. Avec eux réinventons un nouvel art de vivre où Dieu a toute sa place (c’est l’invitation de notre évêque dans le chapitre de la lettre pastorale qu’il vient de nous livrer). La charité qui régnait entre eux et qui a transformé le monde il y a deux mille ans est capable des mêmes merveilles aujourd’hui, avec nous.

 

Et avec ces apôtres, Jésus fait une deuxième chose il commence à prendre soin des foules par la prédication, par la guérison des malades et en chassant les démons.

Jésus fait une différence : les gens voient ça. C’est simple. Tout le monde voit la différence entre la lumière et les ténèbres : entre un malade et quelqu’un en bonne santé.

J’aimerai finir par une histoire pour nous encourager. Je crois que nous avons besoin de voir ces guérisons qui accompagnaient Jésus puis les disciples après la mort de Jésus. Nous avons besoin de voir que Dieu agit ! C’est normal ! C’est cela qui donne de la joie.

Or nous avons la grande chance de vivre à une époque où l’Église redécouvre ces guérisons. Pour moi le premier, tout cela est nouveau.

Lorsque j’étais en retraite au début du mois, j’ai rencontré un couple d’amis d’il y a 10 ans en arrière. Et nous nous mettons à parler de prière pour les malades et nous prions pour la femme atteinte d’une grave maladie (je ne sais pas si elle va mieux). Ayant appris que le mari avait une jambe plus courte que l’autre, je me tourne alors vers lui en lui disant : « Eh bien alors cette jambe ! ». Il s’assied sur une chaise, et en mettant les deux jambes à l’horizontal, il était évident que la gauche était plus courte d’environ 1 cm. Je dis alors à voix haute : « Au nom de Jésus, jambe gauche avance et rejoins la droite ! ». Quelques secondes plus tard, il n’y avait plus d’écart entre les deux jambes, sa femme et moi en étant les témoins. Je lui demande s’il a senti quelque chose : et il m’explique alors qu’il sentait que ça tirait dans sa cuisse, comme si moi-même je tirais sur toute sa jambe (ce qui n’était pas le cas). Incroyable ! Je sentais bien qu’il avait du mal à réaliser ce qui venait de lui arriver. Mais pour sa femme et moi c’était très clair. Alors sur le champ, sa femme dit : « Il faut remercier Dieu ! ». Et nous avons pris un chant !

Quand Dieu agit, la vie reprend ses droits. Et la joie renaît tout naturellement.

(La conclusion n’est pas « regardez-moi », mais « nous pouvons tous prier pour les malades » après une formation. Ce n’est pas réservé aux prêtres.)

 

Pour conclure, vous voyez ce que l’Esprit Saint fait dans la vie de Jésus, avec les disciples, et pour la foule. Une puissance de vie envahit le monde. N’ayons pas peur : nous n’avons besoin que de lui, et de nos frères et sœurs !

Sa puissance est encore agissante avec nous pour que la vie et la joie renaissent pour tout le monde !

Marc Burtschell

 

Homélie du 18 janvier 2026, Jn1,29-34

Nous avons en Jean-Baptiste un grand modèle d’une vie passée à annoncer Dieu, avec une grande force et une grande humilité. Comment lui ressembler ?

 

1ère question : comment a-t-il fait pour entendre Dieu si précisément ?

Comment sait-il qu’il est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché ? Que Jésus existe avant lui, même s’il est né après lui (car il est Dieu) ? Que l’Esprit Saint descendrait sur le messie ?

Tout cela est très précis !

Je pense que c’est parce que sa vie lui était consacrée. Encore dans le ventre de sa mère, il désigne déjà le Christ, ensuite nous ne le connaîtrons qu’à travers sa vie au désert et sa prédication aux foules. Il ne s’occupe de rien d’autre : il est tendu tout entier à l’écoute de Dieu, à la vie en sa présence et à son service. Logique avec ça qu’il ait été capable d’entendre la voix de Dieu. Jérémie 29:13 : "Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur."

Pour nous aujourd’hui, cela se joue sur l’accueil inconditionnel de l’Esprit Saint que Jésus est venu nous donner. C’est dire à l’Esprit Saint : sois le maître de ma vie, je ferai tout ce que tu me diras de faire. Et là : attachez vos ceintures !

 

Une question simple que nous pouvons nous poser pour chacun d’entre nous : à quoi ma vie est-elle consacrée ? Nous le savons, ceux qui vous entourent le savent. C’est ce qu’on attend, ce qu’on n’arrive pas à lâcher, ce dont on parle tout le temps.

Consacré : c’est la même racine que sacré. Vous avez là votre vrai dieu.

 

Autre exemple : quelqu’un ne peut pas toujours venir à la messe à cause de sa vie « très remplie » ? Très bien. Question : à l’heure de la messe, il y avait quelque chose à la place, un autre dieu. Je ne fais pas la morale, détrompez-vous. Je dis simplement que celui qui a le courage de mettre Dieu en premier verra la différence et que ça se joue ici, entre autre chose, car tout cela est extrêmement concret. Dieu veut être numéro Un : quelque chose restera bloqué tant que nous refuserons de lui donner la place qui lui revient. C’est un chemin : il faut être bon avec soi-même pour reconnaître le rythme de la progression à adopter.

 

2e aspect : en Jean-Baptiste, cette consécration était incarnée dans un style de vie.

Jean-Baptiste vivait dans le désert, avec les bêtes sauvages, à manger du miel et des sauterelles. Il avait un style de vie différent ! Rien qu’à le voir, les gens devaient déjà s’interroger sur leur propre relation à Dieu.

Notre relation à Dieu a nécessairement un impact sur notre style de vie, même si nous ne vivons pas dans un désert.

Un style de vie marqué par le silence et la solitude : des moments dans nos journées où il n’y a pas d’écrans, pas de télé, pas de musique, mais le silence et la solitude pour que notre âme se retrouve avec elle-même, et avec Dieu. C’est fondamental. Avant Noël, j’ai testé d’arrêter de regarder des vidéos Youtube, pour voir. Très concret, très efficace : Dieu a pris plus de place, ce fut une belle expérience.

Un style de vie marqué par la nature : comment sommes-nous ancrés dans la Création ? Comment adoptons-nous une sobriété joyeuse, respectueuse de la nature ?

Enfin, même si ce n’était pas le cas de Jean-Baptiste, nous sommes appelés à un style de vie communautaire. Notre évêque invite chacun à rejoindre ou à créer une fraternité locale : c’est-à-dire, à se retrouver par groupe de 6-10 pour prier ensemble, partager un bout de vie ensemble comme chrétiens.

Je pense par exemple à quelques familles qui ont décidé d’aller vivre dans un village à la campagne. Elles ont fait le choix de moins d’activités extérieures et ont ainsi du temps ensemble pour jouer de la musique, danser, chanter, manger ensemble.

Cela est possible pour nous aussi, nous habitons assez proches les uns des autres. Nous avons même un grand espace vert sur notre paroisse qui peut être le lieu de bonnes idées pour nous retrouver.

 

Que l’Esprit Saint nous aide à l’accueillir et à lui consacrer nos vies. Qu’il nous aide à inventer un nouveau style de vie pour notre temps.

Marc Burtschell

Homélie du 11 janvier, Mt3,13-17

Lors du déluge que s’est-il passé ? Les eaux sont venues engloutir les méchants et permettre l’avènement d’un monde nouveau.

Noé et sa famille, ainsi qu’un couple de chaque espèce étaient dans ce bateau : et autour d’eux c’était la mort, il n’y avait rien, sinon de l’eau. Alors ils envoient une colombe pour voir où la vie reprend. A la deuxième fois : la colombe revient avec un rameau d’olivier.

 

Aujourd’hui, la colombe a trouvé un rameau de la souche de Jessé, Jésus, qui nous annonce un nouveau monde qui commence. Le « rameau de la souche de Jessé » (Is11,2) : c’est une prophétie d’Isaïe dans l’Ancien Testament qui annonce que le Messie sera un descendant de Jessé, le père du roi David.

 

Jésus s’est uni aux hommes pour porter tous les hommes. En Jésus, lors du baptême, l’Homme et le mal meurent au fond de l’eau, comme au déluge.

Puis, en Jésus, une vie nouvelle commence, c’est une nouvelle naissance (première respiration d’une vie nouvelle) et l’Esprit Saint vient sur lui, afin d’attester que c’est bien lui le Messie, à partir de qui se fera une nouvelle Création.

Jésus se fait baptiser afin que l’Homme reçoive l’Esprit Saint : lui d’abord le premier, afin que tous les hommes puissent le recevoir un jour.

C’est l’annonce de la croix, vous le comprenez. Il portera les péchés du monde entier sur lui, mais il ressuscitera car le Père trouvera encore toute sa joie en lui. Puis Jésus enverra sur ses disciples l’Esprit Saint.

 

Je trouve inspirant que ce baptême ait lieu en pleine nature, dans le fleuve du Jourdain. Ce baptême concerne toute la création, il concerne la Terre entière, car c’est le monde entier qui est renouvelé. La Bible nous dit que « La Création toute entière aspire à la révélation des fils de Dieu ». Oui, car la Création toute entière souffre que les maîtres du jardin soient devenus mauvais.

En se plongeant dans les eaux du Jourdain, Jésus purifie toutes les eaux pour qu’elles puissent servir au baptême. Le Christ apparaît au milieu de la Création comme l’homme glorieux tant attendu, qui fait la joie du Père, la joie de la Création et la joie des hommes.

Il est bon, comme chrétien, de mesurer combien nous sommes situés au cœur de la Création combien nous avons besoin d’elle. C’est une « amie » : sans « sœur eau », pas de baptême. Et en sens inverse, ce baptême nous envoie au cœur de ce monde, comme des hommes et des femmes nouveaux, dont le rayonnement atteint la Création.

Le milieu naturel de l’homme n’est pas le monde des objets technologiques mais la nature. Dans notre société c’est un effort que de retrouver ce goût de la contemplation. De voir la nature comme une amie à respecter.

 

Enfin, et je terminerai par cela : la vie de Jésus change avec son baptême. C’est l’Esprit Saint qui devient le maître. Voici le verset suivant le passage de ce jour : « Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit ».

Notre baptême change notre vie grâce à l’Esprit Saint qui montre la direction.

Nous avions une petite vie, tranquille, un peu triste, nous étions perdus sans comprendre le sens de ce que nous vivons. Et voilà que par le baptême nous est rappelé notre grandeur. Nous sommes les fils et les filles du Royaume des Cieux, au plein cœur d’une Création magnifique dans laquelle nous avons notre rôle à jouer. L’Esprit Saint nous montre la voie à suivre, si nous voulons bien. Savez-vous où l’Esprit Saint vous conduit ?

Sans Dieu, nous risquons de nous faire une petite vie confortable, ou alors de rêver une vie en grand mais avec beaucoup de prétention. Et ces grandes choses prétentieuses sont souvent assez petites en réalité. Mais quand Dieu, il répond à nos désirs, et il nous emmène dans quelque chose de beaucoup plus grand.

Deux histoires vraies de rencontre de Dieu et de réalisation d’un rêve pour nous encourager :

C’est l’histoire vraie du fondateur des camps pour les hommes entre autre, aux USA, dont j’ai pu vous parler et que nous organisons maintenant sur le Vercors. Cet homme qui s’appelle John rêvait de jouer dans un théâtre. Mais Dieu l’a appelé ailleurs. Et de nombreuses années plus tard, il revient dans ce théâtre, et intérieurement, il pense : Merci Seigneur de m’avoir épargné ça ! En fait, il ne le savait pas, mais son rêve était de parler aux gens. Mais Dieu l’a conduit, et il a compris qu’il voulait parler de choses qui concerne le cœur, mais pas au théâtre. Et sa vie aujourd’hui change la vie de beaucoup de personnes.

Ou encore :

C’est l’histoire d’un jeune homme qui rêvait d’être garde suisse, pour porter le pape, car à l’époque c’est ce que faisaient les gardes. Mais il échoue à l’examen d’entrée que l’on ne peut faire qu’une seule fois. En rentrant chez lui déçu, sa mère lui dit : « Va demander la bénédiction au prêtre ». Le prêtre le bénit, et en le voyant repartir il le rattrape et lui dit : as-tu pensé à être prêtre, mieux vaut porter le maître que son serviteur ! Cet homme deviendra prêtre, puis pape ! (J’ai oublié lequel…)

Marc Burtschell

Homélie du 3 janvier 2026, Mt2,1-12

Soif de Dieu et d'aventure, ou le contraire

L’homme est fait pour rencontrer Dieu et être uni à Dieu.

C’est ce que qu’exprime cette première lecture avec cette image très puissante de toutes les nations qui vont vers Jérusalem car elles ont appris que Dieu habite dans cette ville.

C’est ce qui se passe aujourd’hui avec toutes les personnes, des jeunes aussi, en nombre étonnant qui viennent dans nos églises : car ils ont appris que Dieu habitait là.

Je me demande si nous mesurons bien le trésor présent dans ces murs, le trésor que l’Église tient dans ses mains !

La lumière, c’est le Christ : dehors c’est les ténèbres (je ne dis pas que les non chrétiens sont des gens mauvais, attention), mais une vie sans Dieu, c’est une vie comme les mages, c’est une vie dans la nuit, on se contente des étoiles.

 

En lisant ce passage d’évangile, il me passait cette question par la tête : ne risquons-nous pas un peu d’être comme les gens de Jérusalem ? C’est la première fois que je me pose la question, mais franchement je pense qu’en fait il y a un vrai risque ! Aux catéchumènes qui arrivent avec le feu, car ils ont soif, et Dieu est venu toucher leur cœur, nous pourrions nous aussi sortir toute la théorie : Oui, oui, bien sûr, ben il faut aller à la messe, prier, confier sa vie à Dieu. Nous connaissons tout, mais le faisons-nous ? Et comment le faisons-nous ? Avec quel cœur ?

Et les catéchumènes, je pense parfois, doivent être étonnés de tomber sur nous qui sommes un peu tièdes parfois, qui faisons les choses par habitude !

Heureusement qu’ils sont là ! Dieu leur a parlé, alors nous pouvons les suivre, pour qu’ils nous montrent le chemin. Et leur émerveillement peut nous inspirer également !

 

Dieu n’a pas envoyé d’étoile aux sages de Jérusalem, ni au roi, mais aux mages. Peut-être que les uns ont soif, les autres non, je ne sais pas. Personne de la ville de Jérusalem ne suivra ces mages ! Ils pensaient peut-être que c’est « eux » qui savent et qui expliquent aux mages. Alors oui, mais à la fois, c’est bien l’étoile des mages qui leur montrera la voie. Si vous n’êtes pas avec eux, vous allez faire comment pour trouver le bébé dans Bethléem ?

Les catéchumènes peuvent être nos guides, autant qu’ils ont besoin de nous pour approfondir leur foi. Et parfois, j’aime entendre leur manière de faire, de prier, leur vie avec Dieu, sans leur dire trop vite « comment faire », car je redoute toujours que nos bonnes habitudes soient aussi devenues des limites.

 

Ce qui est si beau chez les mages est que leur attitude est marquée par la gratuité et la joie. Ils partent de si loin de leur libre initiative : pas de contraintes quelconque. Ils ont soif de Dieu, et ils ont appris où il vient : bien sûr qu’ils y vont !

Quand ils voient l’étoile réapparaître, ils sont « remplis d’une très grande joie ». C’est évident, mais encore une fois, peut-être pas tant que ça. Nous ne voyons pas toujours la relation à Dieu sous cet angle : nous avons peur de lui, nous voulons tout bien faire, nous voulons lui faire des demandes.

Les mages, eux, viennent le voir, ils viennent pour le rencontrer, ils viennent offrir leurs cadeaux et non pas en demander. Ils viennent adorer et non pas faire des prières.

Et ils repartent ! Comme c’est beau !

 

Ces mages sont passionnés par Dieu. Il a priorité sur toute leur vie : ils font des recherches pour comprendre quand il vient en regardant les étoiles et ils montent une caravane, ils se renseignent pour la route vers Jérusalem, et ils lâchent tout pour quelques mois. C’est très concret.

Certains catéchumènes ont cette même énergie : je pense à deux d’entre eux, ils lisent le Catéchisme de l’Église Catholique d’un bout à l’autre, par exemple !

Tout ça pour dire quoi ? Nous avons besoin de nous remettre en route grâce à eux.

 

Je crois que ça part du cœur, d’une passion pour Dieu, de la conscience que nous sommes faits pour Lui. Pas du devoir.

Je crois que c’est aussi la confiance que Dieu peut nous parler.

Ces mages nous rappellent qu’il ne s’agit pas seulement de « venir à la messe, faire ses prières », non c’est une aventure au cœur de la Création, c’est dehors que ça se passe. Sans Dieu, vous ne pourrez simplement pas vivre les désirs qui vous habitent, car le mal est plus fort. Mais avec Dieu vous allez découvrir qu’il vous conduit dans quelque chose de magnifique pour votre vie, qui répond exactement à tout ce dont vous aviez rêvé.

Marc Burtschell

Homélie du jour de Noël, Lc2,1-14

La période que traverse Joseph et Marie n’est pas particulièrement facile. Joseph est de la lignée du roi David, mais on ne peut pas dire que sa vie ait grand-chose à voir avec la grandeur royale de son ancêtre. Il est charpentier, un métier très humble. Le pays n’est même plus sous la domination juive, mais sous l’autorité de l’empereur romain. Et cet empereur les oblige à se déplacer pour être recensés à Bethléem alors que Marie est enceinte.

Aujourd’hui, notre situation est-elle si différente ? N’avons-nous pas nous aussi l’impression d’être à la merci de quelques grands dans ce monde qui décident de tout ?

Et avec cela, le sentiment au fond que notre vie est un peu insignifiante ?

 

Pourtant l’histoire de notre salut dans cette crèche nous enseigne une autre leçon. Joseph et Marie savent que Dieu est à l’œuvre. Ils savent qu’au-delà des apparences, c’est Dieu qui conduit ce monde. Comment comprendre autrement leur calme ? Pas d’agacements ni d’impatience alors qu’ils doivent voyager et chercher un lieu pour l’accouchement.

Et ils ont bien raison de laisser Dieu les conduire, regardez : le recensement les fait arriver à Bethléem, or c’est justement là que la prophétie annonçait la naissance du sauveur ! Dieu tient dans sa main le pouvoir des puissants, à croire que c’est lui qui a inspiré à l’empereur sa décision !

Regardez encore : Joseph et Marie n’ont pas de place dans la salle commune, et Jésus naît dans une crèche. Mais quand on regarde toute l’histoire, avec les bergers et la vie simple de Jésus, je me dis que de toute façon Jésus ne voulait naître nulle part ailleurs. Sa volonté s’accomplit quoi que l’homme fasse. C’est lui le Boss.

Dans le quotidien nous avons mille occasions d’apprendre cette confiance là :

voir le monde avec le regard de Dieu, et attendre son salut.

 

C’est l’histoire vraie d’un couple un peu âgé qui vivait à Rome. Ce jour-là, ils devaient prendre deux lignes de bus différentes pour aller là où ils se rendaient. Le mari aurait pu courir, mais sa femme marche lentement, alors ils voient le bus leur passer sous le nez. Lui, confiant, dit simplement à sa femme : « Dieu a un meilleur plan ! ». Et j’imagine que sa femme n’était pas forcément très convaincue ! Arrivés à l’arrêt de bus, voilà qu’un deuxième bus arrive immédiatement, ils montent. Au premier arrêt, puisque le premier bus y est déjà arrêté, leur bus à eux ne s’arrête pas, mais il double le premier bus. Ils arrivent à l’arrêt pour la correspondance, et prennent le bus de la correspondance… alors que les gens du premier bus arriveront trop tard ! Dieu avait un meilleur plan !

 

Nous ne pouvons pas tout contrôler, pour faire en sorte que les choses se passent comme nous l’avons décidé nous. Quand ça ne marche pas comme elles veulent, certaines personnes essaient d’augmenter le contrôle, d’autres râlent car elles auraient aimé pouvoir contrôle. Joseph et Marie, eux, agissent aux mieux et comptent sur Dieu.

Attendre le salut c’est attendre qu’un autre que nous agisse ! (Je sais, c’est évident, mais je crois utile de le rappeler tout de même…) Comme il veut, quand il veut. Difficile n’est-ce pas ? Pourtant c’est tellement mieux comme ça !

Pensons aux repas de famille en ces jours-ci, avec les imprévus, les ratés, les invités que nous n’aurions peut-être pas tous choisis, et notre tentation naturelle de contrôler ou de râler, car tout n’est pas comme nous voudrions.

Dieu a un meilleur plan, tout va bien. Je compte sur lui.

 

Je conclus. Quand l’homme compte sur Dieu, il se produit deux choses incroyables :

La première est que nos vies insignifiantes deviennent tout d’un coup extraordinairement puissantes. Regardez Joseph et Marie, deux mille ans plus tard, c’est d’eux dont nous nous souvenons. Plus que ça, c’est eux que nous prions (pas l’empereur romain !) car Dieu a fait d’eux des vivants pour toujours auprès de lui. Nous n’avons donc rien à craindre dans le monde d’aujourd’hui.

La deuxième chose incroyable quand on compte sur Dieu est qu’on se met à voir Dieu agir. Alors on comprend combien nous sommes aimés, nous redécouvrons notre beauté. Aux yeux de Dieu, nous sommes tellement précieux, tellement beaux, voilà ce que Dieu nous rappelle en venant habiter chez nous à Noël ! Voilà encore une fois, pourquoi nous n’avons rien à craindre !

La grâce de Dieu passe : accueillons sa grâce, comptons sur lui et rendons grâce de nous sauver !

Marc Burtschell

Homélie du 21 décembre 25, Mt1,18-24

La paix de Joseph

St Matthieu prend le soin de nous expliquer « comment fut engendré Jésus Christ » : parce que c’est important.

Il y a plusieurs enjeux :

D’abord nous dire que Jésus est vraiment un homme, car il est né d’une femme. Pour payer pour nos péchés, Dieu avait besoin de souffrir, or Dieu ne peut pas souffrir dans le ciel, seul l’homme souffre, c’est pourquoi Dieu a voulu devenir homme. Il voulait être un homme pour payer pour les hommes. Si Jésus n’avait été qu’une apparence d’homme, mais pas vraiment un homme, cela ne suffisait pas.

Ce passage nous montre aussi en même temps que Jésus est vraiment Dieu, puisque l’enfant « vient de l’Esprit Saint ». Si Jésus avait eu Joseph pour père, alors il n’aurait pas été Dieu, mais un homme comme nous. Or un homme comme nous, n’aurait pas pu nous sauver.

Ce passage n’est donc pas une jolie parenthèse pour fabriquer un peu de mystère autour de la figure de Jésus, c’est fondamental pour la suite de l’histoire.

Enfin, remarquez comment Dieu est rusé. Il a besoin que son fils Jésus vienne sur terre, c’est une infiltration mais il a besoin de discrétion. Cette période de fiançailles durant laquelle les fiancés ne vivent pas encore ensemble permet à la fois de montrer que Dieu est l’auteur, et en même temps protège Marie, car les gens ont un coupable tout trouvé, pour peu que Joseph accepte de faire comme si c’était lui.

 

Venons-en maintenant à cette si belle figure de Joseph que l’évangile nous donne à voir de manière spéciale aujourd’hui. Il est l’accomplissement de la figure du juste de l’ancien Testament. Celui qui est choisi par Dieu pour veiller sur Marie, comme les rois qui veillent sur la cité de Jérusalem pour en protéger les remparts. Il est le pauvre homme chargé de protéger son créateur, avec la mission d’apprendre à parler à celui qui a créé le monde par sa Parole, qui est la Parole même !

Mais cela il ne le sait pas encore. Pour l’heure, il est fiancé à la plus belle femme que la terre ne portera jamais, s’il vous plaît ! Pour l’heure, ce sont les débuts idylliques.

Imaginons donc la puissance du choc que doit être ce ventre arrondi de Marie !

C’est la fin d’un avenir commun.

C’est la trahison la plus profonde qu’un couple puisse subir, car à l’époque juive les fiançailles ne pouvaient déjà plus être rompus sinon par un divorce ou par la mort. Ce ventre aurait pu susciter chez Joseph une immense colère ! Pensons à tout ce qui nous passe par la tête quand quelqu’un nous déçoit : « Après ce qu’il m’a fait », « Elle qui semblait si parfaite, elle mérite une sentence exemplaire »...

Très étonnamment, l’évangile ne nous rapporte aucune parole de Joseph : il n’a pas perdu la paix, il n’a pas explosé. Comment fait-il ? Il est ancré en Dieu. Dieu est là, sa vie ne s’arrête pas même si Marie est infidèle. Sa vie ne repose pas sur Marie, même s’il l’aime.

D’autre part, ce texte nous indique que Joseph n’a pas pensé à lui, mais à elle : « il ne voulait pas la dénoncer publiquement ». Voilà le signe de l’homme qui se donne, et la preuve supplémentaire que cet homme est ancré en Dieu.

Celui qui « prend l’autre pour lui-même » ne voit que lui : c’est cet homme qui se met en colère et qui se venge, car il pense que l’autre lui a « détruit sa vie ».

Celui qui se donne est libre. Joseph était prêt à se donner à Marie, mais sa vie ne s’arrête pas s’il en est autrement. Il en prend acte et s’apprête à la renvoyer en secret. Et si Dieu a un meilleur plan, alors il est aussi prêt à le suivre. Quel bel exemple !

Concrètement, nous savons dans nos vies comment certains conflits peuvent nous atteindre, et comment peuvent se bousculer en nous des pensées violentes. Comme si notre monde s’effondrait parce que « quelqu’un ne nous aime pas ».

Demandons à St Joseph la grâce de prendre un autre chemin. Qu’il nous enseigne à savoir nous taire un peu plus, afin de demeurer en Dieu dans la paix. Demandons-lui la grâce d’être en mesure, nous aussi, à partir de ce silence intérieur, de nous donner aux autres, et de chercher le bien même de ceux qui nous blessent.

C’est possible ! St Joseph nous en donne l’exemple.

Marc Burtschell

Homélie du 14 décembre 2025, Mt11,2-11

Vous avez entendu dans la première lecture cet immense cri de joie parce que Dieu va bientôt venir sauver son peuple !

« Le désert et la terre de la soif qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose. »

Tout va mal, la terre est aride, et pourtant il y a une grande joie qui demeure : Dieu vient !

C’est là où l’on voit toute l’importance des promesses de Dieu pour notre vie et comment elles peuvent nous aider à être des lumières pour le monde.

Il y a des gens qui se désespèrent, car ils pensent que tout est perdu, que c’est fini. Alors dans cette première lecture retentit cette demande : « Dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu (…) Il vient lui-même et va vous sauver ». »

Avec l’espérance renaît aussi la joie, la lumière est rallumée dans les cœurs.

 

Le peuple juif a souvent fait l’expérience que Dieu est un sauveur. Il est prisonnier en Égypte, et voilà que Dieu envoie Moïse pour le libérer. Ou bien des ennemis attaquent Israël et Dieu donne la victoire en semant la panique dans le camp adverse. Dieu montre qu’il est là, qu’il peut intervenir.

Et Dieu annonce qu’il interviendra dans le futur en envoyant le Messie, en restaurant la terre. Alors le peuple juif qui a déjà vu Dieu à l’œuvre garde confiance au lieu de se décourager.

Jean-Baptiste se demande si Jésus est le Messie, Jésus se contente de dire : « Regardez : les aveugles voient ! C’est ce que la prophétie annonçait, donc c’est bien moi le Messie ! »

Dieu est fidèle, il réalise ce qu’il promet.

 

C’est très important dans notre vie : qu’attendons-nous ? Que croyons-nous ? Est-ce que nous nous appuyons vraiment sur l’espérance de la vie éternelle, la promesse du retour du Christ. C’est la victoire qui nous attend : et ça ça change tout ! Plus personne ne peut nous arrêter, pas même les nazis par exemple.

 

Regardez ces prêtres, ces scouts qui ont été béatifiés hier, ils sont devenus des lumières parce qu’ils croyaient en Dieu et qu’ils ont refusé de se taire face au monde nazi. Pourquoi ont-ils été arrêtés ? J’ai été surpris.

Robert Beauvais :

« parce que scout ». Les nazis dans leur folie sont très sages : ils ont conscience que ces scouts qui font le bien sont dangereux, car le bien a un grand impact !

Bernard Perrin

Motif d’arrestation : « dangereux par toute son activité religieuse et d’entraide ».

Encore une fois, les nazis ne sous-estiment pas l’importance de l’entraide ! Certains pourraient penser que ceux qui aident les autres sont un peu ridicules pour changer le monde. Les nazis et les chrétiens savent très bien au contraire, l’immense impact de ceux qui choisissent le bien.

Joël Anglès d’Auriac :

Motif d’arrestation : « « parce qu’il est contraire à la conscience de s’opposer à la construction du nouveau monde ».

Ces scouts nous rappellent que nous pourrions être arrêtés pour vouloir nous opposer à un monde égoïste, pour oser défendre un monde d’amour. D’une manière très concrète, je pense aussi, par exemple aujourd’hui, à tous ceux qui sont engagés pour la cause de l’écologie : de par le monde, beaucoup se font tuer. En défendant un monde différent, ils dérangent ceux qui s’enrichissent en détruisant tout, et qui sont prêts à tuer pour défendre leurs intérêts.

 

Dans notre prière, demandons à ces scouts qu’ils nous aident à vivre en chrétien, à vivre l’entraide, à toujours résister courageusement à ceux qui veulent le mal.

Demandons-leur surtout de découvrir qui est Jésus, car il change tout. C’est lui la lumière de Bethléem, c’est lui la seule vraie lumière plus forte que le mal.

C’est sa lumière qui fera de nous des lumières.

Marc Burtschell

Homélie du 7 décembre 2025

Des hommes et des femmes magnifiques

Pourquoi Jean-Baptiste nous décrit-il le messie comme celui qui va jeter au feu l’arbre qui ne produit pas de fruits et non comme le bébé de la crèche ?

C’est parce que dans les prophéties, il n’y a pas les dates d’accomplissement ! Le peuple attend le Messie et il attend le jugement dernier, et Jean-Baptiste a imaginé que les deux événements auraient lieu en même temps. Il ne savait pas que, avant de revenir pour juger le monde, ce Messie si grandiose allait d’abord s’abaisser en naissant dans une crèche.

 

En lisant ce texte nous pouvons nous dire : « Mais où est la miséricorde de Dieu ? ». Eh bien en regardant la crèche, nous avons la réponse. Avant de venir pour nous juger, le Messie vient pour nous sauver par le baptême. Aujourd’hui Lucie s’approche toute petite, pour recevoir sans tarder cette grâce immense du salut de Dieu.

Comment concilier le jugement et la bonté de Dieu ?

Par le passé, j’étais gêné moi aussi par ces textes un peu durs. Aujourd’hui, je crois que c’est une faiblesse de notre époque. Que voudrions-nous ? Que Dieu soit gentil pour toujours avec tout le monde et que donc il accueille tout le monde au paradis ? Je suis d’accord mais s’il n’y a que de bonnes personnes : sinon ce n’est plus le paradis !

Oui, mais alors si les gens ne veulent pas devenir bons ? Eh bien alors je me réjouis que Dieu les mette dehors, s’il a d’abord été patient ! Je me réjouis que mon Dieu soit bon, et qu’il soit fort ! Et vous ne me ferez pas croire que vous pouvez souhaiter le contraire !

 

Seulement, il est vrai qu’il y a une conséquence un peu désagréable au début : je dois changer ! Quand on répète uniquement « Dieu est bon », en oubliant le jour du jugement, on oublie que l’on doit changer, maintenant. On se dit : « Dieu est bon, Dieu me pardonnera, ce n’est pas grave ». Ces pensées sont familières n’est-ce pas ?

Mais vous comprenez que ce résultat est dramatique. Si tout le monde va au paradis sans rien avoir à faire, parce que « Dieu est bon » : alors je risque de ne rien faire et d’être surpris ! Cette mentalité donne des hommes et des femmes sans consistance, des mous. (Je crois que c’est d’ailleurs l’image que nous avons!)

 

Non, Dieu est bon et il patiente, pour que je change maintenant. Au lieu de fuir nos responsabilités, Jean-Baptiste nous engage à être cohérents, à être des hommes et des femmes forts pour rejeter le mal et choisir le bien. C’est cela qui est beau !

 

Rejeter le mal : comme elles sont belles les personnes qui rejettent le mal !

Dans un film, je me souviens de cette scène : c’est une personne qui est dans les mois d’essais dans sa nouvelle entreprise. Et son patron lui demande de magouiller. Il ne sait pas quoi faire, car il craint de perdre son travail s’il refuse. Mais il refuse… et il est embauché ! Son patron le testait !

 

Se confesser et réparer le mal : comme elles sont belles les personnes qui se confessent et réparent le mal commis.

Les gens me demandent parfois si ce n’est pas dur d’entendre les péchés des gens. Je suis bien plus frappé par la beauté de ces personnes capables de confesser un péché important. C’est parmi les plus belles choses que l’on puisse voir !

Et réparer : dans un film, c’était l’histoire d’une jeune femme qui vole beaucoup (des écouteurs, des montres, etc.). Puis elle rencontre Dieu et elle comprend qu’elle doit réparer les vols commis. Alors elle va rendre tous les objets volés. La scène m’a saisi par sa beauté : une puissance immense se dégage des personnes capables d’assumer et de réparer.

 

Enfin, choisir le bien : je pense à l’engagement de Mère Teresa qui se lance avec courage pour aider les pauvres. Il lui fallait accepter de quitter la sécurité de son couvent, et se lancer dans l’inconnu des bidonvilles. C’est une image de ce qu’il en coûte pour chacun de nous, pour nous lancer et agir. Et chaque fois : quelle beauté de ces personnes capables d’engagement pour le bien !

 

En ce temps d’avent, demandons à Dieu qu’il nous montre par où passe notre chemin pour devenir de plus belles personnes pour Noël !

Demandons pour vous les parents, parrain et marraine de Lucie de savoir la conduire sur ce chemin, qui est le chemin de la vie chrétienne, en lui en montrant l’exemple.

J’aime ce conseil : plutôt que de faire la morale à ton enfant, deviens celui que tu voudrais qu’il soit.

Marc Burtschell

Homélie du 30 novembre 2025, Mt24,37-44

Un temps pour avoir quelque chose à offrir

Un jour, Dieu viendra. Eh bien j’aime ça ! J’aime que notre monde soit dans la main de Dieu et non de celles des méchants.

Il viendra comme un voleur, régler leurs comptes aux voleurs. Ils seront bien surpris de le voir soudain là, plus rapide que l’éclair pour les prendre la main dans le sac ! Tout cela est bon.

Mais Jésus nous met en garde : quand il viendra, attention, il ne sera plus temps de discuter, de nous convertir, ce sera trop tard.

 

Jésus pourrait revenir maintenant : nous sourions, mais... ça pourrait être maintenant ! « Deux personnes seront assises sur un même banc d’église, l’une sera prise l’autre laissée. » Et nous pouvons nous demander : « Où irai-je ? A droite ou à gauche ? ».

 

Ou plutôt, il y a une question avant celle-ci : « Croyez-vous que ce jour viendra ? » « Vivez-vous comme si ce jour viendra ? ». Je pense que pour certains d’entre nous, l’histoire du déluge ça ne fait pas très sérieux. Est-ce une histoire ? Pourtant Jésus en parle comme d’un événement réel, il ne le relativise en rien. St Pierre fait la même chose. A des hommes moqueurs, qui disent que Dieu n’a jamais rien fait depuis la création du monde, Pierre répond que ces hommes oublient le déluge. Et qu’étant intervenu par le passé, ils peuvent s’attendre à le voir intervenir de nouveau. Dieu est venu en venant il y a 2000 ans, pourrions-nous ajouter : pourquoi pas à nouveau ?

Je vous le répète régulièrement : il n’y a pas deux mondes parallèles, deux histoires, celle des scientifiques et « celle de la Bible ». Il n’y en a qu’une seule. Mais attention, si vous accordez trop de confiance à l’histoire sans Dieu qu’on vous a apprise à l’école, vous pourriez être surpris quand Dieu reviendra !!

Demandez-vous sérieusement : dans quelle histoire vivez-vous ?

Je me disais encore ceci : en fait ne pas croire que Dieu va intervenir, et à l’inverse s’attendre tout à fait à des guerres, des catastrophes, c’est croire davantage au démon qu’à Dieu ! Il ne faut pas qu’il en soit ainsi !!

Les bonnes choses peuvent arriver, car Dieu existe, et Lui aussi est capable d’intervenir. Il le fera car il est fidèle à ses promesses.

 

Alors quand on se met à croire que Dieu va venir, nous entrons dans une attente joyeuse, et notre désir grandit au fur et à mesure de notre attente. C’est cela l’avent.

Le désir c’est très beau, car nos désirs sont très puissants pour nous faire avancer dans la vie. Plus que nos efforts certainement.

 

Regardez les rois mages. Ces hommes étaient animés d’un grand désir de Dieu. Un désir qui les a mis en marche pour une grande aventure. Voilà ce que le désir produit ! Ils voulaient voir Dieu et se prosterner devant Lui. Ils ne venaient pas chercher des cadeaux, mais ils voulaient apporter des cadeaux et déposer toutes leurs vies devant Dieu.

N’est-ce pas notre désir à nous aussi ? Ce monde vous satisfait-il ? N’y a-t-il pas en vous une soif immense bien plus grande, que rien ne comble ? N’y a-t-il pas en nous une soif creusée par le mal qui nous dessèche ? Nous voulons voir celui qui est si beau, celui qui est si bon, celui qui est si sage et nous prosterner devant lui, pour rester avec lui.

L’or, l’encens et la myrrhe sont à mes yeux l’image du caractère unique de chacun des mages. Dieu nous veut nous, notre meilleur version de nous, c’est cela qui lui fera plaisir.

 

 

En laissant grandir en vous le désir de Dieu, n’y a-t-il pas des choses que vous vous sentez prêts à abandonner pour avancer vers lui ? Les mages ont osé quitter leur pays, leur confort. (Je ne préfère pas donner de pistes qui ressembleraient à des devoirs. Écoutez votre désir.)

En sachant que notre Roi s’approche, n’avez-vous pas le désir de lui offrir quelque chose de précieux, quelque chose d’unique que vous seul pouvez donner ?

Marc Burtschell

Homélie du 23 novembre, Lc23,35-43

Le Roi de l'Univers

Nous fêtons la fête de Jésus-Christ Roi de l’Univers et nous entendons l’évangile où il est crucifié comme un bandit. C’est incompréhensible !

Pour nous, les rois sont des hommes forts, capables de dominer les ennemis qui voudraient pénétrer leur territoire, et dans l’idéal, des hommes bons qui font régner le bien dans leur royaume, qui ont le souci des faibles. Mais pas des hommes qui meurent sur une croix.

Eh bien, si Jésus est le Roi… de l’Univers, c’est justement parce qu’il est complètement hors normes.

 

Jésus sait très bien ce qu’il fait là. Tout le monde le prend pour le gentil gars qui s’est fait avoir par les méchants. C’en est presque drôle : vous croyez que Dieu, Dieu !, ne sait pas ce qu’il fait là ?? Mais il est le seul à le savoir !

Jésus explique à Pilate : « Mon Royaume n’est pas de ce monde, si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux juifs » Jn18,36

Jésus vient du Royaume du ciel, et il descend sur la terre : pourquoi ? Pour se faire homme.

Pourquoi se fait-il homme ? Pour mourir et pour payer pour les péchés des hommes.

Pourquoi veut-il mourir ? Pour pouvoir pénétrer dans le royaume des morts et libérer tous ceux qui étaient prisonniers de ce royaume, le royaume du démon.

Pourquoi les libérer ? Pour qu’ils puissent le suivre dans son Royaume !

 

Ce qui est très étonnant est qu’au moment où il est sur la croix, tout le monde lui dit « Sauve-toi toi-même » : les chefs, les soldats et l’un des bandits.

Que fait Jésus ? On se souvient qu’il avait enseigné à ses disciples : « Celui qui sauvera sa vie la perdra ». Fidèle à lui-même, il ne se sauve pas lui-même.

Parce que si Jésus sauve sa vie, alors quoi ? Alors il ne nous sauve pas ! Cette parole « sauve-toi toi-même » est vraiment la voix de la tentation : « Ne va pas sauver tous les hommes, pense à toi ».

Dans nos vies, c’est la voix qui nous dit : « Pourquoi tu te fatigues pour les autres, penses à toi, montre-nous que tu es quelqu’un, mets toi en avant toi, tu le vaux bien. »

 

Mais Jésus ne répond même pas : il sait bien ce qu’il fait là.

Jésus règne d’abord sur lui-même. Le bon larron le voit bien : « Lui, il n’a rien fait de mal ». Au milieu de cette crucifixion, c’est une grande agitation, mais Jésus se tait, il est maître de lui-même.

Et en étant maître de lui-même, il est en train de terrasser son adversaire : le démon. En faisant toujours le bien, de sa naissance à sa mort, même alors qu’on le crucifie, il empêche le démon de le dominer et de le vaincre.

C’est ce qu’on attend d’un roi ! Qu’il terrasse son adversaire. Et c’est ce que fait Jésus. Mais il a choisi le pire ennemi, celui qu’aucun homme ne pouvait vaincre : le démon.

 

Notre Roi est insurpassable :

- personne ne pouvait souffrir quelque chose de plus injuste : Dieu condamné à mort !

- personne ne pouvait vaincre un ennemi plus grand : le démon

- personne ne pouvait sauver plus de monde (puisqu’il sauve tous les hommes de tous les temps)

- personne ne pouvait sauver tout le monde de quelque chose de plus grave : la mort elle-même

Après ça, les autres rois peuvent aller se rhabiller !

 

Question bonus : comment entre-t-on dans son Royaume ?

Le bon larron nous donne la réponse : « Jésus souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume ». Réponse : « Aujourd’hui même tu seras avec moi ». On ne peut pas faire plus simple ! Reconnaître ses torts et se soumettre au Roi. Oui, mais vous êtes un criminel : le bon larron aussi, plus ou moins, n’ayez pas peur ! Le Roi est capable de vous sauver de tout.

 

Voilà notre roi ! Réjouissons-nous sincèrement en cette fête. A l’apéro, levons notre verre à ce Roi : faites-le ! (Ça vous aidera à réaliser que c’est vrai!)

Et imitons-le. Comme lui, soyons maître de nous-mêmes en faisant le bien, en empêchant le démon de nous vaincre.

Comme lui, livrons nos vies pour les autres au lieu de vouloir nous sauver nous-mêmes. Si nous le faisons, un jour nous régnerons avec lui : voilà la belle promesse qu’il nous fait. Vous n’aurez pas de meilleures offres ailleurs !

Marc Burtschell

Homélie du 16 novembre 2025

9e journée mondiale des pauvres

Résumé de Dilexi Te, sur l’amour envers les pauvres. Le pape François préparait déjà ce texte, et il imaginait que c’est à chacun des pauvres en particulier que le Christ disait « Je t’ai aimé ».

 

Il ouvre son texte par une allusion au geste de Marie-Madeleine qui verse du parfum sur les pieds de Jésus. Et il en déduit : « Aucun geste d’affection, même le plus petit, ne sera oublié, surtout s’il est adressé à ceux qui sont dans la souffrance, dans la solitude, dans le besoin, comme l’était le Seigneur à cette heure. »

Il écrit : « Je suis convaincu que le choix prioritaire en faveur des pauvres engendre un renouveau extraordinaire, tant dans l’Église que dans la société. »

« Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. »

 

Puis le pape poursuit en montrant que Dieu vient pour les pauvres, pour les relever, et que Jésus lui-même se fait pauvre. Il vient d’une famille pauvre, comme le montre l’offrande des colombes au temple par exemple. Il vit simplement en itinérance avec ses disciples. Sa pauvreté est le signe de sa dépendance du Père.

Tout son ministère manifeste une préoccupation pour les pauvres de toutes sortes : les malades, les pauvres et les pécheurs. Il nous montre l’exemple. En le regardant, il nous est impossible de penser que nous pouvons exclure les pauvres de nos préoccupations.

 

Cet amour des pauvres découle directement du commandement d’aimer Dieu et son prochain. Impossible de faire l’un sans faire l’autre. St Jacques pose la question, si nous disons aux pauvres : “Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous”, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? » Et il écrit « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte » (Jc 2,14-17). Ce verset résume très bien la pensée du pape.

 

Puis le pape retrace toute l’histoire de l’Église, afin de nous montrer combien ce souci des pauvres est le cœur de l’évangile au long des siècles. Une histoire qui pourrait se résumer ainsi : prier et servir les pauvres de mille manières.

La première communauté mettait tout en commun. Des saints vont créer des hôpitaux, les moines accueillent les mendiants, d’autres créeront des écoles pour les pauvres (St Jean-Baptiste de la Salle, st Jean Bosco), d’autres encore s’emploieront à libérer les esclaves. D’autres encore accompagneront les migrants, ou se mettront au service des derniers comme Ste Thérèse de Calcutta, St Charles de Foucauld.

Cette histoire continue aujourd’hui, soutenue par la réflexion de l’Église et des papes. D’une part, ils interpellent les pays riches qui se soucient trop peu des pays pauvres, ils rappellent le besoin d’un travail et pas seulement d’un peu d’argent qui les laisseraient dépendant des riches. Ils enseignent « la destination universelle des biens » : lorsque quelqu’un a déjà de quoi vivre, le surplus doit être partagé avec ceux qui manquent du nécessaire. Ils encouragent à changer même les structures de la société, car ce sont aussi elles qui sont parfois responsables des injustices.

D’autre part, d’une manière encore plus fondamentale, ils invitent à considérer les pauvres comme des partenaires égaux, capables de nous enseigner par leur manière de voir le monde, par leur expérience de la dépendance vis-à-vis de Dieu. Nous ne pouvons pas servir les pauvres d’en-haut, nous sommes frères et sœurs. Nous n’allons pas vers eux de manière paternaliste, ni par devoir ou par vanité, mais par amour parce qu’ils sont beaux, au-delà des apparences.

« Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”. »

 

Enfin, le pape conclut : « Il convient de dire un dernier mot sur l’aumône, qui n’a pas bonne réputation aujourd’hui, souvent même parmi les croyants. Non seulement elle est rarement pratiquée, mais elle est parfois même méprisée. »

En attendant que les gens puissent trouver un travail, qui est le bien suprême, il est nécessaire de les aider matériellement. Même un don modeste contribue à manifester la bonté dans un monde dur, elle touchera notre cœur, car sans actions concrètes, fréquentes, nos paroles sont inutiles. Il est normal de chercher à donner de la meilleure manière, mais quoiqu’il en soit, mieux vaut donner que pas.

 

Et il conclut avec ces dernières phrases : « (L'amour) n’a pas de limites : il est pour l’impossible. L’amour est avant tout une façon de concevoir la vie, une façon de la vivre. Eh bien, une Église qui ne met pas de limites à l’amour, qui ne connaît pas d’ennemis à combattre, mais seulement des hommes et des femmes à aimer, est l’Église dont le monde a besoin aujourd’hui. 

Que ce soit par votre travail, votre lutte pour changer les structures sociales injustes, ou encore par ce geste d’aide simple, très personnel et proche, il sera possible pour ce pauvre de sentir que les paroles de Jésus s’adressent à lui : « Je t’ai aimé » (Ap 3, 9). »

Marc Burtschell

Messe du 2 novembre 2025

Redécouvrir les indulgences plénières

Quel est notre espérance pour tous les défunts ? Comment peuvent-ils aller au ciel ? Jésus. Il est notre unique espérance.

Il y a quelque chose qui choque parfois certaines personnes quand on dit cela et elles se demandent : oui, mais est-ce que vous voulez dire alors qu’on ne peut pas être sauvé sans Jésus ?

Eh bien, c’est une question importante. D’une part, nous les chrétiens ne sommes pas meilleurs que les autres, si c’est la question.

Ceci étant précisé, le monde spirituel a ses lois : quand une personne a péché, elle ne peut pas entrer au paradis tant qu’elle n’a pas payé pour ses péchés, ou que quelqu’un paye pour elle.

La question est donc : comment payer ?

Cette personne peut-elle payer par elle-même pour le mal qu’elle a fait ? Peut-elle se rendre entièrement pure par elle-même ? Il me semble que nous pouvons admettre que nous savons que non. Aucune personne n’est capable de rattraper tout le mal qu’elle commet. Alors qu’elle cherche à réparer, parfois elle aggrave encore la situation.

Si cette personne ne peut payer pour elle-même, qui alors va payer ? C’est aussi simple que cela. Je ne connais aucun candidat sinon Jésus. Et voilà pourquoi nous croyons en effet que le salut passe par lui.

 

Pour entrer au paradis, il y a deux aspects différents.

Prenons l’exemple des péchés graves, il se passe deux choses :

En lien avec Dieu d’abord : parce c’est un péché grave, la relation à Dieu est entièrement coupée, elle ne peut aller au paradis. Ça s’appelle la « peine éternelle », car elle se joue après la mort. Par la confession elle est pardonnée, et la relation est restaurée.

En lien avec son âme : son péché a profondément blessée son âme. Et ce n’est pas la confession qui suffit à tout guérir. Son âme a besoin d’être libérée des conséquences du péché par sa conversion. Cela peut se faire en se détachant du péché, en prenant d’autres bonnes habitudes, et de manière particulière en supportant avec patience les souffrances durant notre vie… Si la personne n’a pas eu le temps de le faire sur terre, cela se fait au purgatoire, là où sont peut-être nos défunts. On appelle cela la « peine temporelle », car elle se joue ici dans le temps, ou au purgatoire, où il y a une forme de temps encore selon le besoin de purification.

 

Dieu ne nous laisse pas seul, même pour cette purification : c’est la demande de l’indulgence. Dans l’antiquité, le mot indulgence était interchangeable avec le mot miséricorde.

St Carlo Acutis venait d’enterrer son grand-père. Quelque temps après, il a vu son grand-père en rêve, et il a compris qu’il lui demandait de prier pour lui. Ça a été un déclic. Il s’est mis à prier pour son grand-père, puis pour tous les défunts. Il a demandé beaucoup d’indulgences plénières pour tous les défunts. Même si l’homme doit posé un geste, ce qu’il reçoit est bien supérieur à ce qu’il donne.

 

5 conditions :

- aller à la messe et communier le jour même

- se confesser le jour même ou dans les jours qui précèdent

- prier aux intentions du pape

- être intérieurement détaché du mal (ne pas entretenir des désirs de faire le mal)

- une œuvre : il y en a beaucoup

rendre visite à un malade ou personne âgée

aller au cimetière sur la tombe d’un défunt (entre le 1er et le 8 novembre)

dire le chapelet à plusieurs (Carlo le disait avec son ange gardien pour ça!)

adoration du saint Sacrement, lire la Bible, pendant une demi-heure

Pour que l’indulgence soit plénière, et que le défunt soit donc entièrement libéré, il faut que nous ayons vraiment un désir de conversion et de sainteté qui soit parfaitement achevé en nous. Sinon ce sera partiel, mais c’est déjà bien. Nous pouvons aussi la demander pour nous-même, mais pour quelqu’un d’autre.

Marc Burtschell