Homélies

Paroisse Saint Pierre - Saint Paul

Homélie du 22 mars 2026, Jn11,1-45

Ne va-t-il rien faire pour son ami ?

Jésus ne va-t-il rien faire pour son ami ? Voilà la question qui se pose dans cet évangile. Il est écrit dans le psaume 15 : « Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption ». Vraiment ?

 

Première question : Jésus est-il capable de faire cela ? « Si tu avais été là mon frère ne serait pas mort ». Jusqu’à la mort, ça paraissait plus simple. Elle dit qu’elle croit que même maintenant Dieu l’exaucera mais elle ne pourra s’empêcher de réagir quand il fait enlever la pierre. « C’est le quatrième jour » : là c’est vraiment trop tard. Non ?

 

Puis vient la question : est-ce qu’il veut ? Jésus vient de fuir le territoire car on vient de vouloir le lapider ! Vous pensez vous qu’il va revenir à 3 km de Jérusalem pour Lazare ? Il peut peut-être le guérir, mais moi je dis qu’il ne reviendra pas : c’est trop risqué. Non ? Aime-t-il Lazare à ce point-là ? Voilà la deuxième question.

 

Réponse de Jésus :

Il apprend par des messagers que Lazare est malade. Pas « Lazare », mais « celui que tu aimes » « ton ami ». « Ne vas-tu rien faire pour ton ami ? ». Et comme la semaine dernière pour l’aveugle-né, Jésus répond que cette maladie est pour la gloire de Dieu.

Ce qui nous interroge : « Voyons nous nos problèmes comme une occasion d’honorer Dieu ? Ou bien nous plaignons-nous en l’accusant ? » (Bible Vie Nouvelle)

Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort ». Euh, en fait si ! Est-ce que Jésus est surpris par la mort ? Peut-être. Il pensait peut-être avoir le temps. En tout cas, il n’est pas stressé, et il se réjouit de n’avoir pas été là, afin de faire grandir leur foi.

 

Imaginez du côté des sœurs, le temps qui passe... Dieu ne répond pas toujours « tout de suite ». Souvenons-nous en ! Et leur foi se fragilise : « Si tu avais été là ». C’est trop tard...

 

Alors Jésus prend le temps de fortifier la foi de Marthe : « Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? ». Et toi ? Crois-tu cela ?! Et Marthe parvient jusqu’à cette magnifique profession de foi : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde » !

 

Marie arrive à son tour, et Jésus cède devant la peine de cette femme qui pleure son frère. Il pleure à son tour. Le texte nous dit qu’il est pris par l’émotion, mais d’autres traductions disent qu’il est indigné et je penche plutôt pour cela. Jésus est en colère ! En colère contre la mort qui lui prend ses amis et qui fait pleurer les autres. Il va donc au tombeau pour lui régler son compte.

Marthe réagit quand il fait enlever la pierre. Et Jésus dit simplement : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois tu verras la gloire de Dieu ? ».

« Si - tu - crois » : voilà pourquoi il a fait grandir sa foi auparavant ! Il a besoin d’elle pour lui montrer la gloire de Dieu !

Puis, il remercie Dieu de l’avoir exaucé avant que Lazare ait été ressuscité, nous montrant l’exemple de « croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé ».

Et alors, il montre à tous, que Rien n’est impossible à Dieu. Pas même l’impensable ! Pas même un mort ! Que le démon aille se rhabiller ! Pas même un mort qui sent déjà au quatrième jour ! Il n’est jamais trop tard, ce n’est jamais trop difficile pour Dieu… pour peu qu’il trouve une femme qui croit !

Il est la résurrection et la vie : il donne la vie éternelle ! Il le démontre largement, et c’est encore plus vertigineux que la seule résurrection de Lazare.

 

Et Lazare comprend qu’il est tant aimé ! Son ami Jésus est revenu malgré les risques de lapidation, l’arrachant même au tombeau !

Juste après cela, les juifs décident de sa mort ainsi que celle de Lazare, car le signe est trop grand. Et Marie comprend alors que Jésus a rendu la vie à son frère au prix de sa vie à lui. Voilà pourquoi quelques jours après quand Jésus repasse, elle verse ce parfum si cher sur les pieds de Jésus, « en vue de son ensevelissement ».

 

Que deviendront-ils les trois frères et sœurs ? Ils donneront leur vie à Dieu en retour. Marthe, Marie et Lazare seront mis sur une barque à la dérive. La tradition dit que la barque arriva dans le sud de la France et qu’ils évangélisèrent notre pays. Aucun autre pays ne revendique leur présence.

Retenons donc deux choses :

« Tout est possible à celui qui croit ! » Mc9,23. Même si vous mouriez, ne soyez pas trop inquiets, vous pourriez encore être ressuscité, que ce soit dans ce monde-ci ou dans l’autre par votre ami Jésus qui vous aime.

Il a tout donné pour nous sortir de nos tombeaux. Ressemblons-lui : donnons tout pour nos amis !

Marc Burtschell

Homélie du 15 mars 2026, Jn 9

Un homme simple

Quel bel exemple que le cheminement cet homme aveugle-né ! En l’espace de quelques versets, il nous est donné à voir un bel homme.

On dirait que sa cécité l’a rendu humble. Cet homme ne peut pas vivre sans les autres. Il est habitué à recevoir de l’aide, il est bien obligé d’accepter de se laisser conduire. Il aurait pu se rebeller contre Dieu, mais il fait confiance. Mais avant d’aller plus loin, faisons un détour en regardant les personnes compliquées qu’ils rencontrent.

 

Ces personnes sont dans les raisonnements. Si cet homme est malade, c’est qu’il a péché. On se demande comment il aurait pu pécher avant sa naissance ! Ils ne peuvent accepter la simplicité de la foi. « Il t’a mis de la boue : comment a-t-il fait ? Ce n’est pas une explication ça ! ». Ils veulent des explications plus savantes, ils veulent contrôler.

Puisqu’ils se prennent pour des justes, le problème ne peut être qu’ailleurs : Jésus doit être pécheur, cet homme ne peut pas être qui il dit, ou bien encore, c’est cet aveugle-né qui est « tout entier dans le péché ».

Jamais ils n’envisagent que le problème, le péché puisse être de leur côté !

Voilà bien pourquoi Jésus dit qu’ils sont aveugles, et pécheurs !

Jésus les a bien eu quand même ! Les pharisiens disent : « cet homme est pécheur parce qu’il est aveugle ». Jésus leur montre plutôt que les aveugles se sont eux et que les pécheurs se sont eux aussi !

 

Comme on le voit cette fermeture crée orgueil, accusations des autres, mise en doute de la parole d’autrui, insulte et enfin violence en expulsant l’homme qui les remet en question. Voilà le fruit de l’aveuglement et du péché.

Dans nos vies ce sont de bons indices de notre aveuglement. Lorsque nous sommes pris dans nos idées, si nous repérons que nous basculons dans ces attitudes, elles peuvent être de bons signaux que nous sommes dans l’erreur.

 

Revenons maintenant à l’aveugle-né. Cet homme au contraire n’est pas dans les grands raisonnements, à tout vouloir comprendre. Lorsque Jésus s’approche, il n’a pas l’air de bien savoir qui c’est. Il lui met de la boue sur les yeux : il y a de quoi penser qu’il se moque de lui, et de trouver humiliant de traverser les rues ainsi ! Un esprit fier aurait refusé. Pensons à Naaman qui ne veut pas aller se plonger dans le Jourdain sept fois.

 

Là où certains de ses voisins, puis certains des pharisiens lui demandent une explication, il répète simplement : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois ». Il ne cherche pas à comprendre davantage : c’est ainsi que Jésus a choisi de le guérir, il lui a fait confiance.

L’innocence de cet homme se manifeste dans ses réponses simples, pleines de bon sens. Pleines d’Esprit Saint même devrait-on dire ! On voit chez lui qu’il est inspiré : comme Jeanne d’Arc ou Thomas More lors de leurs procès, c’est l’Esprit qui lui glisse les bonnes paroles qui terrassent ses adversaires !

« Rends gloire à Dieu, nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. »

« Celui-là nous ne savons pas d’où il est » L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! (…) S’il n’était pas de Dieu il ne pourrait rien faire. »

Il se fera tout de même jeter dehors ! Il y a de quoi douter de soi-même quand les chefs religieux vous condamnent ainsi !

 

Alors Jésus s’approche, c’est très beau. Et l’aveugle voit Jésus, pour la première fois ! Il était parti à la piscine de Siloé, Jésus n’était plus là quand ses yeux s’étaient ouverts. Au fil des contestations, on sent que sa foi grandit, et qu’il tire progressivement les conclusions sur l’identité de Jésus. A la fin, il voit avec ses yeux, et croit avec son cœur.

 

En ce temps de carême demandons la même humilité pour nous laisser faire avec un cœur paisible. Que dans nos épreuves, nous ayons le même calme. Au lieu d’accuser Dieu, que nous puissions nous dire : Dieu va me tirer de là, son œuvre va se manifester en moi.

Jésus viendra à notre rencontre peut-être comme un inconnu au départ, puis chemin faisant, de manière tout à fait claire. Nous n’avons pas à tout comprendre, à tout maîtriser, mais à nous laisser conduire avec une grande confiance et simplicité.

Marc Burtschell

Homélie du 8 mars 2026

Fatigué, dans le désert, pour elle !

Qui est cette samaritaine ? Elle est à l’image de chacun de nous et d’une manière particulière à votre image Marine qui continuez de vous préparer au baptême. Elle est une femme qui a soif de Dieu.

Cette femme a eu cinq maris : elle cherche l’amour de manière inlassable, sans être jamais satisfaite, car elle ne sait peut-être pas très bien qui elle cherche en vérité.

C’est une femme spirituelle, on le voit à ses réponses. Elle devine très vite qu’elle a affaire à un homme religieux : « Serais-tu plus grand que notre père Jacob ? ». Puis reconnaissant en Jésus un prophète, elle l’interroge sur le lieu de l’adoration véritable, comme si c’était les questions profondes qui l’habitent.

Cette femme est dans une quête immense de Dieu. Mais cette quête a pris de mauvais chemins, entraînant de tristes conséquences.

Si elle vient en plein midi, la pire heure de la journée pour puiser de l’eau, c’est très probablement qu’elle ne veut pas croiser le regard méprisant des autres femmes. Elle s’est retrouvée apparemment mise à l’écart de la société, honteuse. Quand elle va en ville elle dit seulement : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. » Elle n’a pas besoin de préciser ce qu’elle a fait : tout le monde sait ce qu’elle a fait. A croire qu’elle n’a jamais rien fait d’autre que ce mal. C’est le propre du péché, il prend toute la place dans la conscience, faisant oublier le bien, nous coupant de Dieu.

Cette femme a donc une soif abyssale qu’elle ne peut pas satisfaire.

 

Puis vient Jésus. Il est au bord du puits. Dans la Bible, le puits est le lieu des rencontres amoureuses : ce n’est pas un hasard. Il est vraiment le prince charmant qui vient sauver sa princesse.

Quel mystère vertigineux : le Créateur de l’Univers est descendu sur terre pour rencontrer cette samaritaine. Pas une foule, juste une seule personne. Une femme. Il est seul dans le désert, il est fatigué, il a soif, mais comme il le dit, il est heureux de faire la volonté de son volonté de son Père : c’est sa « nourriture ». Il n’est pas là en son seul nom : Dieu le Père lui-même l’a envoyé en mission pour cette samaritaine !

Jésus a soif d’une soif qu’il ne peut pas combler par lui-même lui non plus. Il n’a pas de récipient pour puiser l’eau. Et plus profondément, il ne peut pas forcer cette femme à lui donner l’amour dont il a soif.

Il est donc là, à la pire heure de la journée (à cause d’elle ;)!), en train d’attendre sa bien-aimée. N’est-ce pas magnifique ?

 

Comme d’habitude, aucun dragon n’arrête ce prince courageux : il est juif, elle est samaritaine. Ça ne se fait pas ! Il lui parle tout de même. Cette femme est… une femme. Ils sont seuls. Ça ne se fait pas ! Il engage tout de même la conversation.

 

Alors cette femme qui se voit comme une moins que rien est surprise par l’Amour. Elle est surprise qu’un homme soit là, alors qu’elle pensait qu’elle serait tranquille. Surprise qu’il engage la conversation, et elle le lui fait remarquer. Serait-il en train de la séduire ? Oui, il y a de ça en quelque sorte. Jésus est bien conscient de la situation, et l’on peut comprendre ainsi sa demande : « Va, appelle ton mari, et reviens ». C’est comme une manière de le remettre entre eux deux.

Que répond la femme : « Je n’ai pas de mari ». Sous-entendu : « Je suis libre pour toi ! ».

Et Jésus a cette réponse fine : le mari que tu as maintenant n’es pas ton mari, « En cela, tu dis vrai ». « Même si tu n’es pas tout à fait aussi libre que tu le dis et que tu ne dis pas tout ! ». Mais il n’insiste pas. Il se contente de l’entraîner plus loin lui faisant découvrir en particulier l’amour de Dieu le Père pour lui enseigner l’adoration véritable.

Et cette femme est sauvée.

 

Le nœud de la vie de cette femme vient d’être dénoué. En se découvrant délicatement aimée malgré sa vie passée, elle redevient libre ! Au point que c’est elle qui va à la ville rencontrer les gens sans ne plus avoir honte de sa vie passée !

Le prince a sauvé la princesse et l’a libéré du dragon, euh… du démon !

 

Cette histoire est pour nous tous. Elle est pour vous en particulier Marine. Par la période des scrutins, Dieu vous libère du mal qui est en vous. C’est le sens de l’exorcisme que nous entendrons dans un instant. Dieu est en train de vous préparer à être unie à lui par le baptême.

Il vous invite, et nous avec, à lui demander à boire pour être libérés par son amour.

 

Marc Burtschell

Homélie du 1er mars 2026

Notre Père

Cette transfiguration de Jésus sur la montagne est un temps de prière où les apôtres voient ce qu’habituellement on ne voit pas : les saints, le Père, l’Esprit Saint. Comme Pierre en fait l’expérience : il est bon d’être avec le Seigneur ! Il est bon de prier. Au cœur de la prière chrétienne se trouve une prière bien précise, la prière du Notre Père, dont je vous parlais déjà au mercredi des Cendres. C’est de cette prière dont je vous parlerai aujourd’hui plus en détail. C’est cette prière qui sera transmise à Marine tout à l’heure, en même temps que le Credo.

Je m’appuie tout simplement sur le catéchisme de l’Église Catholique.

 

La prière du Notre Père est la seule prière que Jésus nous enseigne, et la seule prière qu’il nous demande de dire ! Les premières communautés chrétiennes la priaient trois fois par jour, à la place des bénédictions en usage chez les juifs.

 

« Notre Père qui es aux cieux » : nous sommes invités à nous approcher en toute confiance, tous ensemble, car c’est le « Nôtre », pas le mien.

Cette prière nous révèle donc qui est Dieu, un bon Père, en même temps qu’elle nous révèle qui nous sommes, des fils et des filles ! Elle nous fait lever la tête vers Dieu comme des fils heureux, pardonnés.

 

Puis viennent 7 demandes : les 3 premières, nous portent vers Dieu. Elles nous font penser d’abord à Lui, pas à nous : « ton nom », « ton règne », « ta volonté ».

Les 4 dernières demandes sont pour nous afin d’offrir notre misère à sa grâce.

 

1. « Que ton nom soit sanctifié » : c’est la demande que le nom de Dieu soit reconnu comme saint par tous, à commencer par nous et en nous. C’est-à-dire par nos lèvres et par notre vie, en étant saint comme il est saint.

 

2. « Que ton règne vienne » : nous attendons la venue finale du règne de Dieu par le retour du Christ. Cette attente du retour du Christ nous engage en même temps à faire en sorte que ce règne s’étende dans notre monde dès aujourd’hui en faisant le bien.

 

3. « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » : sa volonté est que tous les hommes soient sauvés, que nous nous aimions les uns les autres. C’est dans notre prière que nous pouvons reconnaître cette volonté et obtenir la force de l’accomplir.

 

4. « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » : c’est la belle confiance des enfants qui attendent tout de leur Père, sans inquiétude, sans passivité non plus. Cette demande nous engage à partager notre pain avec les autres (c’est « un pain » pour « plusieurs »). « De ce jour » signifie littéralement « sur-essentiel », c’est le pain spirituel de l’eucharistie, le « remède d’immortalité ».

 

5. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » : cette demande a une condition. Cette demande est si importante que c’est la seule sur laquelle Jésus revient en précisant « si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père céleste non plus ne pardonnera pas vos fautes ». Par sa grâce, notre pardon devient possible.

6. « Ne nous laisse pas entrer en tentation » : nous demandons le discernement entre le bien et le mal. Être tenté est normal, mais le choix que nous ferons nous appartient : consentir ou rejeter la tentation. Cette demande nous rappelle le besoin de la vigilance par la prière.

7. « Mais délivre-nous du Mal » : le Mal est un ‘M’ majuscule, car le mal est quelqu’un, le diable, celui qui « se met en travers » (étymologiquement) entre Dieu et nous. Nous prions pour que tous les hommes soient délivrés du diable et de ses œuvres de mort, dans l’attente du retour du Christ où nous serons entièrement délivrés.

 

Les commentaires que nous avons de cette prière sont souvent à l’adresse des catéchumènes car la remise du Notre Père au futurs baptisés signifie la nouvelle naissance à la vie divine de celui qui va devenir le fils ou la fille de Dieu. C’est dire l’importance de cette prière !

Que ce temps de remise du Notre Père à Marine, dans un instant, soit un encouragement pour chacun de nous à la prier avec cœur.

 

Marc Burtschell

Homélie du 22 février 2026

Sacrement des malades

Aujourd’hui, plusieurs de nos frères et sœurs malades demandent le sacrement des malades. Ils vont le recevoir dans un instant : préparons-nous à le vivre tous ensemble, afin qu’ils soient guéris. Voilà le programme : vous êtes prévenus !

Nous voyons trop peu de guérisons avec le sacrement des malades aujourd’hui. C’est gênant, car cela nous habitue à prier pour la guérison de quelqu’un sans vraiment attendre qu’il guérisse.

Or il y a une règle de la foi : « Que tout se passe pour toi selon ta foi » Mt8,13 c’est ce que Jésus dit au centurion. Donc si nous attendons la paix, Dieu peut donner la paix, mais si nous n’attendons plus la guérison, Dieu ne pourra pas donner la guérison.

 

Procédons dans l’ordre : quelles sont les questions qui peuvent se poser ?

1. Dieu nous envoie-t-il des maladies ? La Bible nous dit que Jésus « guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable »Ac10,38. La maladie vient du démon, pas de Dieu.

2. Dieu veut-il guérir les malades ? Oui, bien sûr ! La preuve, Jésus passait son temps à guérir. Jamais il n’a refusé la guérison en disant que la personne était trop vieille, trop pécheresse, ou qu’il ne voulait car elle aurait quelque chose à apprendre par cette maladie. Puis Jésus envoie même ses disciples avec la mission de guérir les malades.
La seule chose qui a empêché Jésus de faire des guérisons fut l’incrédulité des gens dans sa ville à Nazareth : mais lui aurait aimé guérir !

Il est donc très important d’enlever ces idées de nos têtes : que Dieu nous a envoyé la maladie, qu’il n’est pas sûr qu’il veuille nous en guérir, etc. Vous comprenez bien qu’il est impossible d’entrer dans la foi dans ces conditions.

 

3. Dieu veut nous guérir, très bien. Alors comment obtenir la guérison ?

En croyant que Dieu a répondu à notre prière. De nombreux versets biblique nous encourage à attendre la guérison, nous pouvons faire confiance à Dieu, il est fidèle, il tiendra ses promesses.

« L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade » Jc5,14 Remarquez bien : c’est une prière de foi, qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas encore : ce n’est pas n’importe quelle prière ! Et je crois que c’est précisément ce qui nous manque souvent.

Ailleurs Jésus nous dit aussi : « Tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu, et cela vous sera accordé » Mc11,24. La foi signifie croire que nous l’avons reçu.

Ainsi, il ne s’agit pas de chercher à convaincre Dieu de nous guérir ! Mais à croire qu’il l’a fait : alors on se repose en Dieu, c’est le repos de la foi.

 

Voici un témoignage qui illustre très bien ce qu’est la foi.

Un homme a la moitié du visage paralysé. Il va voir un pasteur afin qu’il lui impose les mains et lui fasse une onction d’huile (comme nous aujourd’hui). Puis dans la foi, cet homme déclare : « Merci Seigneur, c’est parti. » « Après le culte, tous se ruèrent vers (lui). « Le Seigneur vous a-t-il vraiment guéri lorsque le pasteur vous a imposé les mains et vous a oint d’huile ? » « Bien sûr » répond-(il). « Mais vous ne semblez pas différent. Vous sentez-vous différent ? » demandèrent-ils. « Pas que je sache » dit-il. « Si vous ne vous voyez pas différent et ne vous sentez pas différent, qu’est-ce qui vous fait penser que le Seigneur vous a guéri ? » demandèrent-ils.

« Je ne pense pas qu’il l’ait fait, je sais qu’il l’a fait ».

Et le lendemain, il était guéri !

Et il conclut en disant : « Avez-vous peur que Dieu ait menti ? Eh bien non, Il ne ment pas. Pourtant c’est dans son propre esprit (‘cœur’ dirions-nous) qu’il faut en être convaincu. Cela ne sera pas efficace si cela vient de votre raisonnement. Cela ne marchera pas si vous essayez de faire ce que je fis. Je ne l’essayai pas. Je le fis ! » (La nourriture de la santé, Hagin, p204, dont cette homélie est largement inspirée)

 

Aujourd’hui, sans nous stresser, nous allons donc prier avec foi pour les malades : je mettrai toute la foi que j’ai, et vous mettrez toute la foi que vous avez, vous les malades, et vous tous ici présents. Puis vous qui êtes malades, vous pourrez attendre que les symptômes partent au fil des semaines (s’ils ne partent pas tout de suite !), en apprenant à demeurer dans la foi, en croyant que vous avez obtenu ce que vous êtes venus chercher même si les symptômes sont encore là, en remerciant Dieu dans la foi pour la guérison. (Je ne vous dis pas d’arrêter les médicaments).

Et si vous n’êtes pas guéris ? Eh bien au moins nous aurons essayé de grandir dans la foi.

Mais Dieu sera fidèle à ses promesses !

 

 

Bonus de la version écrite :

Cet homme dont le témoignage est ci-dessus prie pour les malades. Régulièrement une femme très pieuse s’approche pour être guérie, mais n’est pas guérie. Alors un jour, il lui dit : « « Quand allez-vous commencer à croire que vous êtes guérie ? », elle répond : « Quand je serai guérie ». « A quoi bon le croire à ce moment-là ? Vous le saurez sans aucun doute ! » « Pouvez-vous répéter cela ? ». Il répète. « Ecoutez, je ne vais quand même pas croire que j’ai quelque chose que nient mes sens physiques ! » (du même livre, p261).

Eh bien, si, pourtant la foi, c’est « croire qu’on a obtenu » ce qu’on demande.

 

Marc Burtschell

Homélie du Mercredi des Cendres

Quand j’entends ces textes, j’entends quelque chose de beau, quelque chose de doux. J’entends parler de celui qui revient à Dieu de tout cœur parce qu’il s’était perdu loin de lui, de celui qui prend du temps avec son Père dans la prière, de celui qui se tourne à nouveau vers ses frères pour les aider.

Ce que j’entends dans ces textes me semble différent de ce que je sens parfois dans ces multitudes de parcours qui nous sont proposés et une mentalité dangereuse du carême qui peut être un piège. C’est quoi « tes efforts de carême » ? Comme si le carême était le début d’un marathon et que chacun devait choisir sa boucle.

Il y a alors le risque que le carême soit un temps d’activité supplémentaire, d’agitation, au lieu d’être un temps de calme et de retour à Dieu dans le silence et la prière.

Je ne crois pas du tout que le carême soit le temps d’un « coup de collier ».

 

Je suis conforté dans ce sentiment par le pape François dans son encyclique « Il nous a aimés ». Il explique comment plusieurs textes de Ste Thérèse de Lisieux montre « sa lutte contre des formes de spiritualités trop centrées sur l’effort humain, (…), sur l’offrande de sacrifices, sur certaines observances pour “gagner le ciel”. Pour elle, « le mérite ne consiste pas à faire ni à donner beaucoup, mais plutôt à recevoir ». (139)

« Elle écrit à sa sœur Léonie : « Je t’assure que le Bon Dieu est bien meilleur que tu le crois. Il se contente d’un regard, d’un soupir d’amour… Pour moi je trouve la perfection bien facile à pratiquer, parce que j’ai compris qu’il n’y a qu’à prendre Jésus par le Cœur... Regarde un petit enfant, qui vient de fâcher sa mère [...] s’il vient lui tendre ses petits bras en souriant et disant : “Embrasse-moi, je ne recommencerai plus”. Est-ce que sa mère pourra ne pas le presser contre son cœur avec tendresse et oublier ses malices enfantines ?... Cependant elle sait bien que son cher petit recommencera à la prochaine occasion, mais cela ne fait rien, s’il la prend encore par le cœur jamais il ne sera puni ». » (n°140)

 

Si l’on garde l’exemple de l’enfant qui a fâché sa mère. L’enfant pourrait dans le regret de ce qu’il a mal fait prendre de bonnes résolutions et dire : « Désormais, je vais ranger ma chambre tous les jours, je ne râlerai pas, je serai gentil ». Je, je, je : voilà le piège. Le vrai problème est d’avoir fâché sa mère, alors Ste Thérèse dit qu’il faut la prendre par le cœur. « J’irai la voir et je lui demanderai pardon bien simplement. » C’est doux !

Le sujet du carême n’est pas « moi », mais « Dieu ». En revenant à Dieu, bien sûr nous aurons envie de changer, mais ce sera tellement différent, avec sa grâce !

 

Prenons les piliers du carême, le partage, la prière et le jeûne, et voyons à quoi ressemble cette état d’esprit.

Le partage : dans le désir de revenir à Dieu, nous reconnaissons que nous sommes trop centré sur nous. Alors nous ré-ouvrons nos cœurs aux pauvres, à ceux qui nous entourent. C’est une ré-ouverture intérieure dans l’amour. Si cela devient un exploit de don aux autres, c’est louche : car ça redevient « nous », ça redevient prétentieux.

 

La prière : c’est un retour vers le Père dans le secret, dans le calme. Des parcours peuvent tout à fait nous aider à prier. Mais pour ma part, le critère est « est-ce que ce parcours va m’aider à nourrir ma prière ? » ou « est-ce une tension de plus ? » (auquel cas c’est non). La prière du Notre Père est au milieu de l’évangile d’aujourd’hui : ça fait tellement sens ! C’est lui le cœur de notre carême, c’est tout.

Le jeûne enfin : c’est un jeûne où l’on se parfume la tête. C’est un jeûne vécu légèrement. Si c’est un exploit ne le faites pas. Pourquoi jeûner ? La question est plutôt en sens inverse : vous êtes tristes d’avoir péché, vous revenez penauds vers Dieu, comment manger normalement ? Quand on vient demander pardon, manifester un repentir, on ne se la ramène pas. Le jeûne exprime cela. Ce rapport à la nourriture dans nos vies est objectivement fondamental, un besoin vital, à la différence de beaucoup d’autres efforts, pour cette raison je vous encourage à le vivre.

En mangeant plus simplement ou en ne mangeant pas, vous gagnez aussi du temps pour prier, et vous économisez de l’argent pour donner. Tout se tient.

 

Notre carême commence : que ce soit un temps très doux pour revenir à Dieu, pour nous ouvrir à sa grâce.

Nous ne seront pas purifiés par nos efforts mais en consentant à sa présence et à son action.

 

Marc Burtschell

Homélie du 15 février 2026

L'amour conjugal

Aujourd’hui, Jésus aborde à deux reprises la question de l’adultère, c’est l’occasion pour nous de nous rappeler quel est l’enseignement de l’Église sur l’amour conjugal.

Et il y a deux raisons de le faire : d’une part notre société a complètement remis en cause ces valeurs.

D’autre part, l’Église a évolué dans sa manière d’accompagner les couples qu’elles rencontrent, et il est bon que nous puissions entrer ensemble dans ce nouveau regard rempli de la miséricorde de Dieu.

Je m’excuse si je suis peut-être maladroit dans mes formulations. Nous ne sommes pas là pour juger quiconque mais pour réfléchir aux actes.

 

Quel est l’enseignement de l’Église ? Comme il est écrit dans le catéchisme : la sexualité « n’est pas quelque chose de purement biologique, mais (elle) concerne la personne humaine dans ce qu’elle a de plus intime. Elle ne se réalise de façon véritablement humaine que » lorsqu’elle est vécue dans le mariage (CEC 2361). La relation de l’homme et de la femme dans le mariage est sacrée, car chaque personne est sacrée.

C’est pourquoi il n’est pas possible de se séparer de son conjoint sauf quelques cas précis, comme se protéger d’un conjoint violent par exemple.

Parfois l’Église reconnaît qu’un mariage est « nul » au sens canonique. Il est important de comprendre que ce n’est pas un divorce, mais la reconnaissance qu’il manquait un pilier fondamental pour que le mariage soit valide le jour du mariage. Si par exemple, on découvre qu’un des conjoint s’est marié sous la contrainte.

La sexualité a son sens dans le mariage, c’est pourquoi le catéchisme nous indiquent également que la pornographie et la masturbation sont des fautes graves.

Enfin cela a pour conséquence que toute relation sexuelle en dehors du mariage est une faute grave : que ce soit la relation d’une soirée, ou dans la durée, homosexuelle ou hétérosexuelle, pour des fiancés ou pour des personnes remariées.

 

Voilà pour un résumé trop rapide de l’enseignement de l’Église. J’en viens maintenant à la manière dont l’Église a changé son accompagnement des personnes qui vivent des situations de couples singulières.

Avant on considérait un peu trop vite que les gens étaient coupés de Dieu car la faute est « grave » et c’est pourquoi la communion n’était jamais possible tant que la relation durait. Aujourd’hui, l’Église prend davantage en compte le fait que pour qu’un péché soit grave, il y a trois conditions : il faut que la faute soit grave, objectivement, mais aussi que la personne sache que c’est grave (le comprenne vraiment, pas juste au sens d’une information) et soit pleinement libre pour agir ainsi. Or la culture dans laquelle nous sommes, les conditionnements de chacun, peuvent diminuer la culpabilité voire la supprimer. Objectivement, ça peut être « une faute grave », mais subjectivement la personne vit peut-être encore dans la grâce de Dieu. Nous ne pouvons pas juger. Seule la personne qui commet l’acte le sait.

 

C’est pourquoi, ces dix dernières années, l’Église considère plus attentivement les histoires personnelles de chacun au lieu de se contenter de présenter l’idéal chrétien du couple, même s’il demeure valable.

Au lieu de vouloir dire à chacun ce qu’il doit faire, en énonçant les règles, l’Église chemine maintenant vers un accompagnement des personnes afin qu’elles puissent elles-mêmes discerner le prochain pas à poser pour avancer. Au cœur de situations complexes, les règles seules pourraient parfois causer de nouveaux maux. Par exemple, serait-il souhaitable pour un couple remarié avec des enfants de se séparer ?

L’Église comprend que sa mission est d’aider chacun à s’ouvrir à la grâce de Dieu. C’est cette grâce de Dieu qui permet d’avancer sur des chemins qui semblaient fermés. Et cela se fait pas à pas, tout n’est pas noir ou blanc.

Dans cette nouvelle optique, la communion peut parfois être alors la nourriture pour avancer, même si la situation n’est pas parfaite, plutôt qu’une sorte de récompense.

 

Très concrètement, l’Église ne dit pas que toutes les personnes qui vivent ensemble hors du mariage peuvent aller communier. Mais elle les encourage à aller rencontrer les prêtres ou les personnes formées pour pouvoir discerner avec leur aide.

 

Je termine quelques belles paroles du pape François :

« Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de place pour chacun avec sa vie difficile. » (Evangeli Gaudium 47)

« Cela nous offre un cadre et un climat qui nous empêche de développer une morale bureaucratique froide en parlant des thèmes les plus délicats ». (Amoris Laetitia 312)

« J’invite les fidèles qui vivent des situations compliquées, à s’approcher avec confiance de leurs pasteurs ou d’autres laïcs qui vivent dans le dévouement au Seigneur pour s’entretenir avec eux. Ils ne trouveront pas toujours en eux la confirmation de leurs propres idées ou désirs, mais sûrement, ils recevront une lumière qui leur permettra de mieux saisir ce qui leur arrive et pourront découvrir un chemin de maturation personnelle. » (Amoris Laetitia 312)

Marc Burtschell

Homélie du 8 février 2026

Ne pas nous affadir

Le Seigneur nous a confié une mission : être le sel et la lumière. Il compte sur nous. Il nous demande de ne pas nous affadir.

 

Pour ne pas s’affadir, numéro 1 : croire que nous sommes ce sel et cette lumière. C’est déjà fait. Par notre baptême, Dieu nous a purifié gratuitement. Notre première tâche est d’y croire ! Il ne faut pas nous tromper : il est inutile de chercher à obtenir des choses que nous avons déjà !

Je crois que Dieu a fait de moi une lumière. Je ne le vois pas, car je me trouve bien misérable. D’accord ! Mais nous avançons par la foi non par la vue. Si Dieu l’a dit, je le crois ! Je suis une lumière, alors je vais sortir la lumière du trou pour qu’elle brille pour les autres. Et les autres m’en remercierons.

Au début de mon burnout, j’étais dans une association vers Limoges. Je ne pouvais pas faire moins que ce que je faisais. Pourtant j’étais très surpris, car régulièrement, des personnes de passage me remerciaient pour tout ce que je leur avais apporté. J’ai compris que Dieu passait par moi en étant simplement là : même si j’en doutais, j’étais une lumière.

 

Pour ne pas s’affadir, numéro 2 : il est bon de garder un cœur ouvert sur le monde et sur les personnes qui ont besoin d’aide.

J’ai fait cette belle expérience au collège Notre Dame de Sion. Avec l’animatrice en pastorale nous avons montré le film d’une association qui s’occupe d’enfants affamés dans le monde entier. Ils ont entendu que 8000 enfants meurent chaque jour des conséquences de la faim, ils ont vu une jeune fille de 12 ans s’occuper seule de son frère, car il n’y a personne pour eux. A la fin, lorsque nous demandions qui serait intéressé de participer pour aider ces enfants, nous avions beaucoup de doigts levés, ils étaient véritablement motivés.

Si nous ne voyions plus les autres, alors notre cœur s’endurcit, c’est aussi simple que ça.

Mais devant la conscience des situations dramatiques des autres, il y a un désir naturel dans l’homme de se faire proche, d’être un soutien.

En France, concrètement, une personne sur cinq est menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale. La moitié des habitants ont du mal à boucler leur budget. (Rapport du Secours Catholique cette année).

Dans les EHPAD de notre paroisse, il y a bien des personnes seules. Et c’est vrai également dans nos quartiers, des personnes malades, isolées, d’autres qui attendent que nous leur portions la communion.

Il nous faut pouvoir voir, sans culpabilité, sans devoir. Juste voir, et sentir où nous aurions de la joie à aider.

 

Pour ne pas s’affadir numéro 3 : il nous faut agir « avec cœur ».

Lorsque je vais célébrer la messe dans les EHPAD, je suis frappé par la vie que j’y trouve. Nous sommes très loin du monde de la performance. Ce sont des relations simples, pauvres, avec des personnes vulnérables. Mais il y a un calme, une paix qui repose et qui recentre sur l’essentiel. Nous retrouvons les relations qui nous font vivre, nous les premiers. Cette semaine, une femme fragile me disait son désir d’être bien informée des prochaines messes car celle que nous venions de vivre avait été un grand réconfort pour elle. Je ne l’aurais pas deviné si elle ne me l’avait pas dit. En l’entendant, j’étais rappelé à la beauté de l’eucharistie que je leur porte. Le cadeau que nous leur faisons par notre présence, par la communion que nous leur portons est un cadeau précieux. Nous faisons une différence !

Enfin, une dernière piste. Je lisais la vie d’une sainte française pendant la révolution. Cette femme jeûnait parfois afin de pouvoir donner à manger aux pauvres. Ce témoignage m’a interrogé sur mes propres repères de confort. Je peux considérer normal de manger comme ci, comme ça, d’avoir telle détente, telles vacances, et de donner telle part aux pauvres. En sachant la misère dans laquelle sont tant de personnes, mes repères sont-ils les bons ? Ma conviction est que si nous nous respectons nous serons heureux de donner de plus en plus.

 

1 Nous sommes la lumière du monde, croyons-le. 2 Regardons le monde. 3 Agissons.

Et nous serons heureux !

« Partage ton pain (…) Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite.» Is58,7

Marc Burtschell

Homélie du 25 janvier 2026, Mt4,12-23

Vous vous souvenez que les mages cherchaient le « roi des juifs ». Et bien ce roi est prudent, alors que son cousin vient d’être arrêté et afin de commencer à annoncer un nouveau royaume, Jésus s’éloigne de Jérusalem pour ne pas être dérangé par le roi en place.

Jésus est un roi étonnant. Il n’a pas peur d’être vulnérable : je pense que c’est ce qui me frappe le plus. Il naît dans une crèche. Il s’éloigne vers la Galilée, mais il n’a la protection d’aucune garde. Il ne compte pas sur des moyens humains, financiers, militaire. Il part seul sur les routes, tellement vulnérable ! Si on regarde de près, on voit qu’il ne tient qu’à une chose : l’Esprit Saint. Sa mission commence avec son baptême : il attend d’avoir reçu l’Esprit Saint pour partir. Il est même « envoyé ». Voilà ce qui est véritablement important.

En regardant Jésus vous voyez ce dont est capable un homme seul accompagné par l’Esprit Saint : eh bien, ça déménage !

 

Alors Jésus fait deux choses.

La première est qu’il s’entoure. Jésus ne part pas seul vers les foules.

Mais vous voyez, il n’est pas allé cherché l’élite de Jérusalem. Encore une fois, son choix nous surprend. Des pêcheurs ! Un fils de charpentier appelle quatre pécheurs à le rejoindre pour une révolution : on dirait le début d’une blague, non ? Pourtant non. Ces hommes ont une chose plus précieuse que des diplômes : ils aiment Dieu. La preuve, ils quittent tout pour le suivre. Et le texte est très impressionnant : on a l’impression que le temps s’arrête « Aussitôt, laissant leur filet, ils le suivirent », « Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent ». Tout est littéralement laissé en plan car avec cet homme la vie prend enfin le sens qu’elle aurait toujours dû avoir !

En rassemblant des apôtres et des disciples, des hommes, des femmes aussi bientôt, Jésus nous montre la puissance de rayonnement d’une communauté qui aime Dieu et le met en premier. Quel encouragement pour nous !

Trouvons des personnes qui aiment Dieu et le mettent en premier, peu importe les diplômes et les richesses. Avec eux réinventons un nouvel art de vivre où Dieu a toute sa place (c’est l’invitation de notre évêque dans le chapitre de la lettre pastorale qu’il vient de nous livrer). La charité qui régnait entre eux et qui a transformé le monde il y a deux mille ans est capable des mêmes merveilles aujourd’hui, avec nous.

 

Et avec ces apôtres, Jésus fait une deuxième chose il commence à prendre soin des foules par la prédication, par la guérison des malades et en chassant les démons.

Jésus fait une différence : les gens voient ça. C’est simple. Tout le monde voit la différence entre la lumière et les ténèbres : entre un malade et quelqu’un en bonne santé.

J’aimerai finir par une histoire pour nous encourager. Je crois que nous avons besoin de voir ces guérisons qui accompagnaient Jésus puis les disciples après la mort de Jésus. Nous avons besoin de voir que Dieu agit ! C’est normal ! C’est cela qui donne de la joie.

Or nous avons la grande chance de vivre à une époque où l’Église redécouvre ces guérisons. Pour moi le premier, tout cela est nouveau.

Lorsque j’étais en retraite au début du mois, j’ai rencontré un couple d’amis d’il y a 10 ans en arrière. Et nous nous mettons à parler de prière pour les malades et nous prions pour la femme atteinte d’une grave maladie (je ne sais pas si elle va mieux). Ayant appris que le mari avait une jambe plus courte que l’autre, je me tourne alors vers lui en lui disant : « Eh bien alors cette jambe ! ». Il s’assied sur une chaise, et en mettant les deux jambes à l’horizontal, il était évident que la gauche était plus courte d’environ 1 cm. Je dis alors à voix haute : « Au nom de Jésus, jambe gauche avance et rejoins la droite ! ». Quelques secondes plus tard, il n’y avait plus d’écart entre les deux jambes, sa femme et moi en étant les témoins. Je lui demande s’il a senti quelque chose : et il m’explique alors qu’il sentait que ça tirait dans sa cuisse, comme si moi-même je tirais sur toute sa jambe (ce qui n’était pas le cas). Incroyable ! Je sentais bien qu’il avait du mal à réaliser ce qui venait de lui arriver. Mais pour sa femme et moi c’était très clair. Alors sur le champ, sa femme dit : « Il faut remercier Dieu ! ». Et nous avons pris un chant !

Quand Dieu agit, la vie reprend ses droits. Et la joie renaît tout naturellement.

(La conclusion n’est pas « regardez-moi », mais « nous pouvons tous prier pour les malades » après une formation. Ce n’est pas réservé aux prêtres.)

 

Pour conclure, vous voyez ce que l’Esprit Saint fait dans la vie de Jésus, avec les disciples, et pour la foule. Une puissance de vie envahit le monde. N’ayons pas peur : nous n’avons besoin que de lui, et de nos frères et sœurs !

Sa puissance est encore agissante avec nous pour que la vie et la joie renaissent pour tout le monde !

Marc Burtschell

 

Homélie du 18 janvier 2026, Jn1,29-34

Nous avons en Jean-Baptiste un grand modèle d’une vie passée à annoncer Dieu, avec une grande force et une grande humilité. Comment lui ressembler ?

 

1ère question : comment a-t-il fait pour entendre Dieu si précisément ?

Comment sait-il qu’il est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché ? Que Jésus existe avant lui, même s’il est né après lui (car il est Dieu) ? Que l’Esprit Saint descendrait sur le messie ?

Tout cela est très précis !

Je pense que c’est parce que sa vie lui était consacrée. Encore dans le ventre de sa mère, il désigne déjà le Christ, ensuite nous ne le connaîtrons qu’à travers sa vie au désert et sa prédication aux foules. Il ne s’occupe de rien d’autre : il est tendu tout entier à l’écoute de Dieu, à la vie en sa présence et à son service. Logique avec ça qu’il ait été capable d’entendre la voix de Dieu. Jérémie 29:13 : "Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur."

Pour nous aujourd’hui, cela se joue sur l’accueil inconditionnel de l’Esprit Saint que Jésus est venu nous donner. C’est dire à l’Esprit Saint : sois le maître de ma vie, je ferai tout ce que tu me diras de faire. Et là : attachez vos ceintures !

 

Une question simple que nous pouvons nous poser pour chacun d’entre nous : à quoi ma vie est-elle consacrée ? Nous le savons, ceux qui vous entourent le savent. C’est ce qu’on attend, ce qu’on n’arrive pas à lâcher, ce dont on parle tout le temps.

Consacré : c’est la même racine que sacré. Vous avez là votre vrai dieu.

 

Autre exemple : quelqu’un ne peut pas toujours venir à la messe à cause de sa vie « très remplie » ? Très bien. Question : à l’heure de la messe, il y avait quelque chose à la place, un autre dieu. Je ne fais pas la morale, détrompez-vous. Je dis simplement que celui qui a le courage de mettre Dieu en premier verra la différence et que ça se joue ici, entre autre chose, car tout cela est extrêmement concret. Dieu veut être numéro Un : quelque chose restera bloqué tant que nous refuserons de lui donner la place qui lui revient. C’est un chemin : il faut être bon avec soi-même pour reconnaître le rythme de la progression à adopter.

 

2e aspect : en Jean-Baptiste, cette consécration était incarnée dans un style de vie.

Jean-Baptiste vivait dans le désert, avec les bêtes sauvages, à manger du miel et des sauterelles. Il avait un style de vie différent ! Rien qu’à le voir, les gens devaient déjà s’interroger sur leur propre relation à Dieu.

Notre relation à Dieu a nécessairement un impact sur notre style de vie, même si nous ne vivons pas dans un désert.

Un style de vie marqué par le silence et la solitude : des moments dans nos journées où il n’y a pas d’écrans, pas de télé, pas de musique, mais le silence et la solitude pour que notre âme se retrouve avec elle-même, et avec Dieu. C’est fondamental. Avant Noël, j’ai testé d’arrêter de regarder des vidéos Youtube, pour voir. Très concret, très efficace : Dieu a pris plus de place, ce fut une belle expérience.

Un style de vie marqué par la nature : comment sommes-nous ancrés dans la Création ? Comment adoptons-nous une sobriété joyeuse, respectueuse de la nature ?

Enfin, même si ce n’était pas le cas de Jean-Baptiste, nous sommes appelés à un style de vie communautaire. Notre évêque invite chacun à rejoindre ou à créer une fraternité locale : c’est-à-dire, à se retrouver par groupe de 6-10 pour prier ensemble, partager un bout de vie ensemble comme chrétiens.

Je pense par exemple à quelques familles qui ont décidé d’aller vivre dans un village à la campagne. Elles ont fait le choix de moins d’activités extérieures et ont ainsi du temps ensemble pour jouer de la musique, danser, chanter, manger ensemble.

Cela est possible pour nous aussi, nous habitons assez proches les uns des autres. Nous avons même un grand espace vert sur notre paroisse qui peut être le lieu de bonnes idées pour nous retrouver.

 

Que l’Esprit Saint nous aide à l’accueillir et à lui consacrer nos vies. Qu’il nous aide à inventer un nouveau style de vie pour notre temps.

Marc Burtschell

Homélie du 11 janvier, Mt3,13-17

Lors du déluge que s’est-il passé ? Les eaux sont venues engloutir les méchants et permettre l’avènement d’un monde nouveau.

Noé et sa famille, ainsi qu’un couple de chaque espèce étaient dans ce bateau : et autour d’eux c’était la mort, il n’y avait rien, sinon de l’eau. Alors ils envoient une colombe pour voir où la vie reprend. A la deuxième fois : la colombe revient avec un rameau d’olivier.

 

Aujourd’hui, la colombe a trouvé un rameau de la souche de Jessé, Jésus, qui nous annonce un nouveau monde qui commence. Le « rameau de la souche de Jessé » (Is11,2) : c’est une prophétie d’Isaïe dans l’Ancien Testament qui annonce que le Messie sera un descendant de Jessé, le père du roi David.

 

Jésus s’est uni aux hommes pour porter tous les hommes. En Jésus, lors du baptême, l’Homme et le mal meurent au fond de l’eau, comme au déluge.

Puis, en Jésus, une vie nouvelle commence, c’est une nouvelle naissance (première respiration d’une vie nouvelle) et l’Esprit Saint vient sur lui, afin d’attester que c’est bien lui le Messie, à partir de qui se fera une nouvelle Création.

Jésus se fait baptiser afin que l’Homme reçoive l’Esprit Saint : lui d’abord le premier, afin que tous les hommes puissent le recevoir un jour.

C’est l’annonce de la croix, vous le comprenez. Il portera les péchés du monde entier sur lui, mais il ressuscitera car le Père trouvera encore toute sa joie en lui. Puis Jésus enverra sur ses disciples l’Esprit Saint.

 

Je trouve inspirant que ce baptême ait lieu en pleine nature, dans le fleuve du Jourdain. Ce baptême concerne toute la création, il concerne la Terre entière, car c’est le monde entier qui est renouvelé. La Bible nous dit que « La Création toute entière aspire à la révélation des fils de Dieu ». Oui, car la Création toute entière souffre que les maîtres du jardin soient devenus mauvais.

En se plongeant dans les eaux du Jourdain, Jésus purifie toutes les eaux pour qu’elles puissent servir au baptême. Le Christ apparaît au milieu de la Création comme l’homme glorieux tant attendu, qui fait la joie du Père, la joie de la Création et la joie des hommes.

Il est bon, comme chrétien, de mesurer combien nous sommes situés au cœur de la Création combien nous avons besoin d’elle. C’est une « amie » : sans « sœur eau », pas de baptême. Et en sens inverse, ce baptême nous envoie au cœur de ce monde, comme des hommes et des femmes nouveaux, dont le rayonnement atteint la Création.

Le milieu naturel de l’homme n’est pas le monde des objets technologiques mais la nature. Dans notre société c’est un effort que de retrouver ce goût de la contemplation. De voir la nature comme une amie à respecter.

 

Enfin, et je terminerai par cela : la vie de Jésus change avec son baptême. C’est l’Esprit Saint qui devient le maître. Voici le verset suivant le passage de ce jour : « Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit ».

Notre baptême change notre vie grâce à l’Esprit Saint qui montre la direction.

Nous avions une petite vie, tranquille, un peu triste, nous étions perdus sans comprendre le sens de ce que nous vivons. Et voilà que par le baptême nous est rappelé notre grandeur. Nous sommes les fils et les filles du Royaume des Cieux, au plein cœur d’une Création magnifique dans laquelle nous avons notre rôle à jouer. L’Esprit Saint nous montre la voie à suivre, si nous voulons bien. Savez-vous où l’Esprit Saint vous conduit ?

Sans Dieu, nous risquons de nous faire une petite vie confortable, ou alors de rêver une vie en grand mais avec beaucoup de prétention. Et ces grandes choses prétentieuses sont souvent assez petites en réalité. Mais quand Dieu, il répond à nos désirs, et il nous emmène dans quelque chose de beaucoup plus grand.

Deux histoires vraies de rencontre de Dieu et de réalisation d’un rêve pour nous encourager :

C’est l’histoire vraie du fondateur des camps pour les hommes entre autre, aux USA, dont j’ai pu vous parler et que nous organisons maintenant sur le Vercors. Cet homme qui s’appelle John rêvait de jouer dans un théâtre. Mais Dieu l’a appelé ailleurs. Et de nombreuses années plus tard, il revient dans ce théâtre, et intérieurement, il pense : Merci Seigneur de m’avoir épargné ça ! En fait, il ne le savait pas, mais son rêve était de parler aux gens. Mais Dieu l’a conduit, et il a compris qu’il voulait parler de choses qui concerne le cœur, mais pas au théâtre. Et sa vie aujourd’hui change la vie de beaucoup de personnes.

Ou encore :

C’est l’histoire d’un jeune homme qui rêvait d’être garde suisse, pour porter le pape, car à l’époque c’est ce que faisaient les gardes. Mais il échoue à l’examen d’entrée que l’on ne peut faire qu’une seule fois. En rentrant chez lui déçu, sa mère lui dit : « Va demander la bénédiction au prêtre ». Le prêtre le bénit, et en le voyant repartir il le rattrape et lui dit : as-tu pensé à être prêtre, mieux vaut porter le maître que son serviteur ! Cet homme deviendra prêtre, puis pape ! (J’ai oublié lequel…)

Marc Burtschell

Homélie du 3 janvier 2026, Mt2,1-12

Soif de Dieu et d'aventure, ou le contraire

L’homme est fait pour rencontrer Dieu et être uni à Dieu.

C’est ce que qu’exprime cette première lecture avec cette image très puissante de toutes les nations qui vont vers Jérusalem car elles ont appris que Dieu habite dans cette ville.

C’est ce qui se passe aujourd’hui avec toutes les personnes, des jeunes aussi, en nombre étonnant qui viennent dans nos églises : car ils ont appris que Dieu habitait là.

Je me demande si nous mesurons bien le trésor présent dans ces murs, le trésor que l’Église tient dans ses mains !

La lumière, c’est le Christ : dehors c’est les ténèbres (je ne dis pas que les non chrétiens sont des gens mauvais, attention), mais une vie sans Dieu, c’est une vie comme les mages, c’est une vie dans la nuit, on se contente des étoiles.

 

En lisant ce passage d’évangile, il me passait cette question par la tête : ne risquons-nous pas un peu d’être comme les gens de Jérusalem ? C’est la première fois que je me pose la question, mais franchement je pense qu’en fait il y a un vrai risque ! Aux catéchumènes qui arrivent avec le feu, car ils ont soif, et Dieu est venu toucher leur cœur, nous pourrions nous aussi sortir toute la théorie : Oui, oui, bien sûr, ben il faut aller à la messe, prier, confier sa vie à Dieu. Nous connaissons tout, mais le faisons-nous ? Et comment le faisons-nous ? Avec quel cœur ?

Et les catéchumènes, je pense parfois, doivent être étonnés de tomber sur nous qui sommes un peu tièdes parfois, qui faisons les choses par habitude !

Heureusement qu’ils sont là ! Dieu leur a parlé, alors nous pouvons les suivre, pour qu’ils nous montrent le chemin. Et leur émerveillement peut nous inspirer également !

 

Dieu n’a pas envoyé d’étoile aux sages de Jérusalem, ni au roi, mais aux mages. Peut-être que les uns ont soif, les autres non, je ne sais pas. Personne de la ville de Jérusalem ne suivra ces mages ! Ils pensaient peut-être que c’est « eux » qui savent et qui expliquent aux mages. Alors oui, mais à la fois, c’est bien l’étoile des mages qui leur montrera la voie. Si vous n’êtes pas avec eux, vous allez faire comment pour trouver le bébé dans Bethléem ?

Les catéchumènes peuvent être nos guides, autant qu’ils ont besoin de nous pour approfondir leur foi. Et parfois, j’aime entendre leur manière de faire, de prier, leur vie avec Dieu, sans leur dire trop vite « comment faire », car je redoute toujours que nos bonnes habitudes soient aussi devenues des limites.

 

Ce qui est si beau chez les mages est que leur attitude est marquée par la gratuité et la joie. Ils partent de si loin de leur libre initiative : pas de contraintes quelconque. Ils ont soif de Dieu, et ils ont appris où il vient : bien sûr qu’ils y vont !

Quand ils voient l’étoile réapparaître, ils sont « remplis d’une très grande joie ». C’est évident, mais encore une fois, peut-être pas tant que ça. Nous ne voyons pas toujours la relation à Dieu sous cet angle : nous avons peur de lui, nous voulons tout bien faire, nous voulons lui faire des demandes.

Les mages, eux, viennent le voir, ils viennent pour le rencontrer, ils viennent offrir leurs cadeaux et non pas en demander. Ils viennent adorer et non pas faire des prières.

Et ils repartent ! Comme c’est beau !

 

Ces mages sont passionnés par Dieu. Il a priorité sur toute leur vie : ils font des recherches pour comprendre quand il vient en regardant les étoiles et ils montent une caravane, ils se renseignent pour la route vers Jérusalem, et ils lâchent tout pour quelques mois. C’est très concret.

Certains catéchumènes ont cette même énergie : je pense à deux d’entre eux, ils lisent le Catéchisme de l’Église Catholique d’un bout à l’autre, par exemple !

Tout ça pour dire quoi ? Nous avons besoin de nous remettre en route grâce à eux.

 

Je crois que ça part du cœur, d’une passion pour Dieu, de la conscience que nous sommes faits pour Lui. Pas du devoir.

Je crois que c’est aussi la confiance que Dieu peut nous parler.

Ces mages nous rappellent qu’il ne s’agit pas seulement de « venir à la messe, faire ses prières », non c’est une aventure au cœur de la Création, c’est dehors que ça se passe. Sans Dieu, vous ne pourrez simplement pas vivre les désirs qui vous habitent, car le mal est plus fort. Mais avec Dieu vous allez découvrir qu’il vous conduit dans quelque chose de magnifique pour votre vie, qui répond exactement à tout ce dont vous aviez rêvé.

Marc Burtschell

Homélie du jour de Noël, Lc2,1-14

La période que traverse Joseph et Marie n’est pas particulièrement facile. Joseph est de la lignée du roi David, mais on ne peut pas dire que sa vie ait grand-chose à voir avec la grandeur royale de son ancêtre. Il est charpentier, un métier très humble. Le pays n’est même plus sous la domination juive, mais sous l’autorité de l’empereur romain. Et cet empereur les oblige à se déplacer pour être recensés à Bethléem alors que Marie est enceinte.

Aujourd’hui, notre situation est-elle si différente ? N’avons-nous pas nous aussi l’impression d’être à la merci de quelques grands dans ce monde qui décident de tout ?

Et avec cela, le sentiment au fond que notre vie est un peu insignifiante ?

 

Pourtant l’histoire de notre salut dans cette crèche nous enseigne une autre leçon. Joseph et Marie savent que Dieu est à l’œuvre. Ils savent qu’au-delà des apparences, c’est Dieu qui conduit ce monde. Comment comprendre autrement leur calme ? Pas d’agacements ni d’impatience alors qu’ils doivent voyager et chercher un lieu pour l’accouchement.

Et ils ont bien raison de laisser Dieu les conduire, regardez : le recensement les fait arriver à Bethléem, or c’est justement là que la prophétie annonçait la naissance du sauveur ! Dieu tient dans sa main le pouvoir des puissants, à croire que c’est lui qui a inspiré à l’empereur sa décision !

Regardez encore : Joseph et Marie n’ont pas de place dans la salle commune, et Jésus naît dans une crèche. Mais quand on regarde toute l’histoire, avec les bergers et la vie simple de Jésus, je me dis que de toute façon Jésus ne voulait naître nulle part ailleurs. Sa volonté s’accomplit quoi que l’homme fasse. C’est lui le Boss.

Dans le quotidien nous avons mille occasions d’apprendre cette confiance là :

voir le monde avec le regard de Dieu, et attendre son salut.

 

C’est l’histoire vraie d’un couple un peu âgé qui vivait à Rome. Ce jour-là, ils devaient prendre deux lignes de bus différentes pour aller là où ils se rendaient. Le mari aurait pu courir, mais sa femme marche lentement, alors ils voient le bus leur passer sous le nez. Lui, confiant, dit simplement à sa femme : « Dieu a un meilleur plan ! ». Et j’imagine que sa femme n’était pas forcément très convaincue ! Arrivés à l’arrêt de bus, voilà qu’un deuxième bus arrive immédiatement, ils montent. Au premier arrêt, puisque le premier bus y est déjà arrêté, leur bus à eux ne s’arrête pas, mais il double le premier bus. Ils arrivent à l’arrêt pour la correspondance, et prennent le bus de la correspondance… alors que les gens du premier bus arriveront trop tard ! Dieu avait un meilleur plan !

 

Nous ne pouvons pas tout contrôler, pour faire en sorte que les choses se passent comme nous l’avons décidé nous. Quand ça ne marche pas comme elles veulent, certaines personnes essaient d’augmenter le contrôle, d’autres râlent car elles auraient aimé pouvoir contrôle. Joseph et Marie, eux, agissent aux mieux et comptent sur Dieu.

Attendre le salut c’est attendre qu’un autre que nous agisse ! (Je sais, c’est évident, mais je crois utile de le rappeler tout de même…) Comme il veut, quand il veut. Difficile n’est-ce pas ? Pourtant c’est tellement mieux comme ça !

Pensons aux repas de famille en ces jours-ci, avec les imprévus, les ratés, les invités que nous n’aurions peut-être pas tous choisis, et notre tentation naturelle de contrôler ou de râler, car tout n’est pas comme nous voudrions.

Dieu a un meilleur plan, tout va bien. Je compte sur lui.

 

Je conclus. Quand l’homme compte sur Dieu, il se produit deux choses incroyables :

La première est que nos vies insignifiantes deviennent tout d’un coup extraordinairement puissantes. Regardez Joseph et Marie, deux mille ans plus tard, c’est d’eux dont nous nous souvenons. Plus que ça, c’est eux que nous prions (pas l’empereur romain !) car Dieu a fait d’eux des vivants pour toujours auprès de lui. Nous n’avons donc rien à craindre dans le monde d’aujourd’hui.

La deuxième chose incroyable quand on compte sur Dieu est qu’on se met à voir Dieu agir. Alors on comprend combien nous sommes aimés, nous redécouvrons notre beauté. Aux yeux de Dieu, nous sommes tellement précieux, tellement beaux, voilà ce que Dieu nous rappelle en venant habiter chez nous à Noël ! Voilà encore une fois, pourquoi nous n’avons rien à craindre !

La grâce de Dieu passe : accueillons sa grâce, comptons sur lui et rendons grâce de nous sauver !

Marc Burtschell

Homélie du 21 décembre 25, Mt1,18-24

La paix de Joseph

St Matthieu prend le soin de nous expliquer « comment fut engendré Jésus Christ » : parce que c’est important.

Il y a plusieurs enjeux :

D’abord nous dire que Jésus est vraiment un homme, car il est né d’une femme. Pour payer pour nos péchés, Dieu avait besoin de souffrir, or Dieu ne peut pas souffrir dans le ciel, seul l’homme souffre, c’est pourquoi Dieu a voulu devenir homme. Il voulait être un homme pour payer pour les hommes. Si Jésus n’avait été qu’une apparence d’homme, mais pas vraiment un homme, cela ne suffisait pas.

Ce passage nous montre aussi en même temps que Jésus est vraiment Dieu, puisque l’enfant « vient de l’Esprit Saint ». Si Jésus avait eu Joseph pour père, alors il n’aurait pas été Dieu, mais un homme comme nous. Or un homme comme nous, n’aurait pas pu nous sauver.

Ce passage n’est donc pas une jolie parenthèse pour fabriquer un peu de mystère autour de la figure de Jésus, c’est fondamental pour la suite de l’histoire.

Enfin, remarquez comment Dieu est rusé. Il a besoin que son fils Jésus vienne sur terre, c’est une infiltration mais il a besoin de discrétion. Cette période de fiançailles durant laquelle les fiancés ne vivent pas encore ensemble permet à la fois de montrer que Dieu est l’auteur, et en même temps protège Marie, car les gens ont un coupable tout trouvé, pour peu que Joseph accepte de faire comme si c’était lui.

 

Venons-en maintenant à cette si belle figure de Joseph que l’évangile nous donne à voir de manière spéciale aujourd’hui. Il est l’accomplissement de la figure du juste de l’ancien Testament. Celui qui est choisi par Dieu pour veiller sur Marie, comme les rois qui veillent sur la cité de Jérusalem pour en protéger les remparts. Il est le pauvre homme chargé de protéger son créateur, avec la mission d’apprendre à parler à celui qui a créé le monde par sa Parole, qui est la Parole même !

Mais cela il ne le sait pas encore. Pour l’heure, il est fiancé à la plus belle femme que la terre ne portera jamais, s’il vous plaît ! Pour l’heure, ce sont les débuts idylliques.

Imaginons donc la puissance du choc que doit être ce ventre arrondi de Marie !

C’est la fin d’un avenir commun.

C’est la trahison la plus profonde qu’un couple puisse subir, car à l’époque juive les fiançailles ne pouvaient déjà plus être rompus sinon par un divorce ou par la mort. Ce ventre aurait pu susciter chez Joseph une immense colère ! Pensons à tout ce qui nous passe par la tête quand quelqu’un nous déçoit : « Après ce qu’il m’a fait », « Elle qui semblait si parfaite, elle mérite une sentence exemplaire »...

Très étonnamment, l’évangile ne nous rapporte aucune parole de Joseph : il n’a pas perdu la paix, il n’a pas explosé. Comment fait-il ? Il est ancré en Dieu. Dieu est là, sa vie ne s’arrête pas même si Marie est infidèle. Sa vie ne repose pas sur Marie, même s’il l’aime.

D’autre part, ce texte nous indique que Joseph n’a pas pensé à lui, mais à elle : « il ne voulait pas la dénoncer publiquement ». Voilà le signe de l’homme qui se donne, et la preuve supplémentaire que cet homme est ancré en Dieu.

Celui qui « prend l’autre pour lui-même » ne voit que lui : c’est cet homme qui se met en colère et qui se venge, car il pense que l’autre lui a « détruit sa vie ».

Celui qui se donne est libre. Joseph était prêt à se donner à Marie, mais sa vie ne s’arrête pas s’il en est autrement. Il en prend acte et s’apprête à la renvoyer en secret. Et si Dieu a un meilleur plan, alors il est aussi prêt à le suivre. Quel bel exemple !

Concrètement, nous savons dans nos vies comment certains conflits peuvent nous atteindre, et comment peuvent se bousculer en nous des pensées violentes. Comme si notre monde s’effondrait parce que « quelqu’un ne nous aime pas ».

Demandons à St Joseph la grâce de prendre un autre chemin. Qu’il nous enseigne à savoir nous taire un peu plus, afin de demeurer en Dieu dans la paix. Demandons-lui la grâce d’être en mesure, nous aussi, à partir de ce silence intérieur, de nous donner aux autres, et de chercher le bien même de ceux qui nous blessent.

C’est possible ! St Joseph nous en donne l’exemple.

Marc Burtschell

Homélie du 14 décembre 2025, Mt11,2-11

Vous avez entendu dans la première lecture cet immense cri de joie parce que Dieu va bientôt venir sauver son peuple !

« Le désert et la terre de la soif qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose. »

Tout va mal, la terre est aride, et pourtant il y a une grande joie qui demeure : Dieu vient !

C’est là où l’on voit toute l’importance des promesses de Dieu pour notre vie et comment elles peuvent nous aider à être des lumières pour le monde.

Il y a des gens qui se désespèrent, car ils pensent que tout est perdu, que c’est fini. Alors dans cette première lecture retentit cette demande : « Dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu (…) Il vient lui-même et va vous sauver ». »

Avec l’espérance renaît aussi la joie, la lumière est rallumée dans les cœurs.

 

Le peuple juif a souvent fait l’expérience que Dieu est un sauveur. Il est prisonnier en Égypte, et voilà que Dieu envoie Moïse pour le libérer. Ou bien des ennemis attaquent Israël et Dieu donne la victoire en semant la panique dans le camp adverse. Dieu montre qu’il est là, qu’il peut intervenir.

Et Dieu annonce qu’il interviendra dans le futur en envoyant le Messie, en restaurant la terre. Alors le peuple juif qui a déjà vu Dieu à l’œuvre garde confiance au lieu de se décourager.

Jean-Baptiste se demande si Jésus est le Messie, Jésus se contente de dire : « Regardez : les aveugles voient ! C’est ce que la prophétie annonçait, donc c’est bien moi le Messie ! »

Dieu est fidèle, il réalise ce qu’il promet.

 

C’est très important dans notre vie : qu’attendons-nous ? Que croyons-nous ? Est-ce que nous nous appuyons vraiment sur l’espérance de la vie éternelle, la promesse du retour du Christ. C’est la victoire qui nous attend : et ça ça change tout ! Plus personne ne peut nous arrêter, pas même les nazis par exemple.

 

Regardez ces prêtres, ces scouts qui ont été béatifiés hier, ils sont devenus des lumières parce qu’ils croyaient en Dieu et qu’ils ont refusé de se taire face au monde nazi. Pourquoi ont-ils été arrêtés ? J’ai été surpris.

Robert Beauvais :

« parce que scout ». Les nazis dans leur folie sont très sages : ils ont conscience que ces scouts qui font le bien sont dangereux, car le bien a un grand impact !

Bernard Perrin

Motif d’arrestation : « dangereux par toute son activité religieuse et d’entraide ».

Encore une fois, les nazis ne sous-estiment pas l’importance de l’entraide ! Certains pourraient penser que ceux qui aident les autres sont un peu ridicules pour changer le monde. Les nazis et les chrétiens savent très bien au contraire, l’immense impact de ceux qui choisissent le bien.

Joël Anglès d’Auriac :

Motif d’arrestation : « « parce qu’il est contraire à la conscience de s’opposer à la construction du nouveau monde ».

Ces scouts nous rappellent que nous pourrions être arrêtés pour vouloir nous opposer à un monde égoïste, pour oser défendre un monde d’amour. D’une manière très concrète, je pense aussi, par exemple aujourd’hui, à tous ceux qui sont engagés pour la cause de l’écologie : de par le monde, beaucoup se font tuer. En défendant un monde différent, ils dérangent ceux qui s’enrichissent en détruisant tout, et qui sont prêts à tuer pour défendre leurs intérêts.

 

Dans notre prière, demandons à ces scouts qu’ils nous aident à vivre en chrétien, à vivre l’entraide, à toujours résister courageusement à ceux qui veulent le mal.

Demandons-leur surtout de découvrir qui est Jésus, car il change tout. C’est lui la lumière de Bethléem, c’est lui la seule vraie lumière plus forte que le mal.

C’est sa lumière qui fera de nous des lumières.

Marc Burtschell

Homélie du 7 décembre 2025

Des hommes et des femmes magnifiques

Pourquoi Jean-Baptiste nous décrit-il le messie comme celui qui va jeter au feu l’arbre qui ne produit pas de fruits et non comme le bébé de la crèche ?

C’est parce que dans les prophéties, il n’y a pas les dates d’accomplissement ! Le peuple attend le Messie et il attend le jugement dernier, et Jean-Baptiste a imaginé que les deux événements auraient lieu en même temps. Il ne savait pas que, avant de revenir pour juger le monde, ce Messie si grandiose allait d’abord s’abaisser en naissant dans une crèche.

 

En lisant ce texte nous pouvons nous dire : « Mais où est la miséricorde de Dieu ? ». Eh bien en regardant la crèche, nous avons la réponse. Avant de venir pour nous juger, le Messie vient pour nous sauver par le baptême. Aujourd’hui Lucie s’approche toute petite, pour recevoir sans tarder cette grâce immense du salut de Dieu.

Comment concilier le jugement et la bonté de Dieu ?

Par le passé, j’étais gêné moi aussi par ces textes un peu durs. Aujourd’hui, je crois que c’est une faiblesse de notre époque. Que voudrions-nous ? Que Dieu soit gentil pour toujours avec tout le monde et que donc il accueille tout le monde au paradis ? Je suis d’accord mais s’il n’y a que de bonnes personnes : sinon ce n’est plus le paradis !

Oui, mais alors si les gens ne veulent pas devenir bons ? Eh bien alors je me réjouis que Dieu les mette dehors, s’il a d’abord été patient ! Je me réjouis que mon Dieu soit bon, et qu’il soit fort ! Et vous ne me ferez pas croire que vous pouvez souhaiter le contraire !

 

Seulement, il est vrai qu’il y a une conséquence un peu désagréable au début : je dois changer ! Quand on répète uniquement « Dieu est bon », en oubliant le jour du jugement, on oublie que l’on doit changer, maintenant. On se dit : « Dieu est bon, Dieu me pardonnera, ce n’est pas grave ». Ces pensées sont familières n’est-ce pas ?

Mais vous comprenez que ce résultat est dramatique. Si tout le monde va au paradis sans rien avoir à faire, parce que « Dieu est bon » : alors je risque de ne rien faire et d’être surpris ! Cette mentalité donne des hommes et des femmes sans consistance, des mous. (Je crois que c’est d’ailleurs l’image que nous avons!)

 

Non, Dieu est bon et il patiente, pour que je change maintenant. Au lieu de fuir nos responsabilités, Jean-Baptiste nous engage à être cohérents, à être des hommes et des femmes forts pour rejeter le mal et choisir le bien. C’est cela qui est beau !

 

Rejeter le mal : comme elles sont belles les personnes qui rejettent le mal !

Dans un film, je me souviens de cette scène : c’est une personne qui est dans les mois d’essais dans sa nouvelle entreprise. Et son patron lui demande de magouiller. Il ne sait pas quoi faire, car il craint de perdre son travail s’il refuse. Mais il refuse… et il est embauché ! Son patron le testait !

 

Se confesser et réparer le mal : comme elles sont belles les personnes qui se confessent et réparent le mal commis.

Les gens me demandent parfois si ce n’est pas dur d’entendre les péchés des gens. Je suis bien plus frappé par la beauté de ces personnes capables de confesser un péché important. C’est parmi les plus belles choses que l’on puisse voir !

Et réparer : dans un film, c’était l’histoire d’une jeune femme qui vole beaucoup (des écouteurs, des montres, etc.). Puis elle rencontre Dieu et elle comprend qu’elle doit réparer les vols commis. Alors elle va rendre tous les objets volés. La scène m’a saisi par sa beauté : une puissance immense se dégage des personnes capables d’assumer et de réparer.

 

Enfin, choisir le bien : je pense à l’engagement de Mère Teresa qui se lance avec courage pour aider les pauvres. Il lui fallait accepter de quitter la sécurité de son couvent, et se lancer dans l’inconnu des bidonvilles. C’est une image de ce qu’il en coûte pour chacun de nous, pour nous lancer et agir. Et chaque fois : quelle beauté de ces personnes capables d’engagement pour le bien !

 

En ce temps d’avent, demandons à Dieu qu’il nous montre par où passe notre chemin pour devenir de plus belles personnes pour Noël !

Demandons pour vous les parents, parrain et marraine de Lucie de savoir la conduire sur ce chemin, qui est le chemin de la vie chrétienne, en lui en montrant l’exemple.

J’aime ce conseil : plutôt que de faire la morale à ton enfant, deviens celui que tu voudrais qu’il soit.

Marc Burtschell

Homélie du 30 novembre 2025, Mt24,37-44

Un temps pour avoir quelque chose à offrir

Un jour, Dieu viendra. Eh bien j’aime ça ! J’aime que notre monde soit dans la main de Dieu et non de celles des méchants.

Il viendra comme un voleur, régler leurs comptes aux voleurs. Ils seront bien surpris de le voir soudain là, plus rapide que l’éclair pour les prendre la main dans le sac ! Tout cela est bon.

Mais Jésus nous met en garde : quand il viendra, attention, il ne sera plus temps de discuter, de nous convertir, ce sera trop tard.

 

Jésus pourrait revenir maintenant : nous sourions, mais... ça pourrait être maintenant ! « Deux personnes seront assises sur un même banc d’église, l’une sera prise l’autre laissée. » Et nous pouvons nous demander : « Où irai-je ? A droite ou à gauche ? ».

 

Ou plutôt, il y a une question avant celle-ci : « Croyez-vous que ce jour viendra ? » « Vivez-vous comme si ce jour viendra ? ». Je pense que pour certains d’entre nous, l’histoire du déluge ça ne fait pas très sérieux. Est-ce une histoire ? Pourtant Jésus en parle comme d’un événement réel, il ne le relativise en rien. St Pierre fait la même chose. A des hommes moqueurs, qui disent que Dieu n’a jamais rien fait depuis la création du monde, Pierre répond que ces hommes oublient le déluge. Et qu’étant intervenu par le passé, ils peuvent s’attendre à le voir intervenir de nouveau. Dieu est venu en venant il y a 2000 ans, pourrions-nous ajouter : pourquoi pas à nouveau ?

Je vous le répète régulièrement : il n’y a pas deux mondes parallèles, deux histoires, celle des scientifiques et « celle de la Bible ». Il n’y en a qu’une seule. Mais attention, si vous accordez trop de confiance à l’histoire sans Dieu qu’on vous a apprise à l’école, vous pourriez être surpris quand Dieu reviendra !!

Demandez-vous sérieusement : dans quelle histoire vivez-vous ?

Je me disais encore ceci : en fait ne pas croire que Dieu va intervenir, et à l’inverse s’attendre tout à fait à des guerres, des catastrophes, c’est croire davantage au démon qu’à Dieu ! Il ne faut pas qu’il en soit ainsi !!

Les bonnes choses peuvent arriver, car Dieu existe, et Lui aussi est capable d’intervenir. Il le fera car il est fidèle à ses promesses.

 

Alors quand on se met à croire que Dieu va venir, nous entrons dans une attente joyeuse, et notre désir grandit au fur et à mesure de notre attente. C’est cela l’avent.

Le désir c’est très beau, car nos désirs sont très puissants pour nous faire avancer dans la vie. Plus que nos efforts certainement.

 

Regardez les rois mages. Ces hommes étaient animés d’un grand désir de Dieu. Un désir qui les a mis en marche pour une grande aventure. Voilà ce que le désir produit ! Ils voulaient voir Dieu et se prosterner devant Lui. Ils ne venaient pas chercher des cadeaux, mais ils voulaient apporter des cadeaux et déposer toutes leurs vies devant Dieu.

N’est-ce pas notre désir à nous aussi ? Ce monde vous satisfait-il ? N’y a-t-il pas en vous une soif immense bien plus grande, que rien ne comble ? N’y a-t-il pas en nous une soif creusée par le mal qui nous dessèche ? Nous voulons voir celui qui est si beau, celui qui est si bon, celui qui est si sage et nous prosterner devant lui, pour rester avec lui.

L’or, l’encens et la myrrhe sont à mes yeux l’image du caractère unique de chacun des mages. Dieu nous veut nous, notre meilleur version de nous, c’est cela qui lui fera plaisir.

 

 

En laissant grandir en vous le désir de Dieu, n’y a-t-il pas des choses que vous vous sentez prêts à abandonner pour avancer vers lui ? Les mages ont osé quitter leur pays, leur confort. (Je ne préfère pas donner de pistes qui ressembleraient à des devoirs. Écoutez votre désir.)

En sachant que notre Roi s’approche, n’avez-vous pas le désir de lui offrir quelque chose de précieux, quelque chose d’unique que vous seul pouvez donner ?

Marc Burtschell

Homélie du 23 novembre, Lc23,35-43

Le Roi de l'Univers

Nous fêtons la fête de Jésus-Christ Roi de l’Univers et nous entendons l’évangile où il est crucifié comme un bandit. C’est incompréhensible !

Pour nous, les rois sont des hommes forts, capables de dominer les ennemis qui voudraient pénétrer leur territoire, et dans l’idéal, des hommes bons qui font régner le bien dans leur royaume, qui ont le souci des faibles. Mais pas des hommes qui meurent sur une croix.

Eh bien, si Jésus est le Roi… de l’Univers, c’est justement parce qu’il est complètement hors normes.

 

Jésus sait très bien ce qu’il fait là. Tout le monde le prend pour le gentil gars qui s’est fait avoir par les méchants. C’en est presque drôle : vous croyez que Dieu, Dieu !, ne sait pas ce qu’il fait là ?? Mais il est le seul à le savoir !

Jésus explique à Pilate : « Mon Royaume n’est pas de ce monde, si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux juifs » Jn18,36

Jésus vient du Royaume du ciel, et il descend sur la terre : pourquoi ? Pour se faire homme.

Pourquoi se fait-il homme ? Pour mourir et pour payer pour les péchés des hommes.

Pourquoi veut-il mourir ? Pour pouvoir pénétrer dans le royaume des morts et libérer tous ceux qui étaient prisonniers de ce royaume, le royaume du démon.

Pourquoi les libérer ? Pour qu’ils puissent le suivre dans son Royaume !

 

Ce qui est très étonnant est qu’au moment où il est sur la croix, tout le monde lui dit « Sauve-toi toi-même » : les chefs, les soldats et l’un des bandits.

Que fait Jésus ? On se souvient qu’il avait enseigné à ses disciples : « Celui qui sauvera sa vie la perdra ». Fidèle à lui-même, il ne se sauve pas lui-même.

Parce que si Jésus sauve sa vie, alors quoi ? Alors il ne nous sauve pas ! Cette parole « sauve-toi toi-même » est vraiment la voix de la tentation : « Ne va pas sauver tous les hommes, pense à toi ».

Dans nos vies, c’est la voix qui nous dit : « Pourquoi tu te fatigues pour les autres, penses à toi, montre-nous que tu es quelqu’un, mets toi en avant toi, tu le vaux bien. »

 

Mais Jésus ne répond même pas : il sait bien ce qu’il fait là.

Jésus règne d’abord sur lui-même. Le bon larron le voit bien : « Lui, il n’a rien fait de mal ». Au milieu de cette crucifixion, c’est une grande agitation, mais Jésus se tait, il est maître de lui-même.

Et en étant maître de lui-même, il est en train de terrasser son adversaire : le démon. En faisant toujours le bien, de sa naissance à sa mort, même alors qu’on le crucifie, il empêche le démon de le dominer et de le vaincre.

C’est ce qu’on attend d’un roi ! Qu’il terrasse son adversaire. Et c’est ce que fait Jésus. Mais il a choisi le pire ennemi, celui qu’aucun homme ne pouvait vaincre : le démon.

 

Notre Roi est insurpassable :

- personne ne pouvait souffrir quelque chose de plus injuste : Dieu condamné à mort !

- personne ne pouvait vaincre un ennemi plus grand : le démon

- personne ne pouvait sauver plus de monde (puisqu’il sauve tous les hommes de tous les temps)

- personne ne pouvait sauver tout le monde de quelque chose de plus grave : la mort elle-même

Après ça, les autres rois peuvent aller se rhabiller !

 

Question bonus : comment entre-t-on dans son Royaume ?

Le bon larron nous donne la réponse : « Jésus souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume ». Réponse : « Aujourd’hui même tu seras avec moi ». On ne peut pas faire plus simple ! Reconnaître ses torts et se soumettre au Roi. Oui, mais vous êtes un criminel : le bon larron aussi, plus ou moins, n’ayez pas peur ! Le Roi est capable de vous sauver de tout.

 

Voilà notre roi ! Réjouissons-nous sincèrement en cette fête. A l’apéro, levons notre verre à ce Roi : faites-le ! (Ça vous aidera à réaliser que c’est vrai!)

Et imitons-le. Comme lui, soyons maître de nous-mêmes en faisant le bien, en empêchant le démon de nous vaincre.

Comme lui, livrons nos vies pour les autres au lieu de vouloir nous sauver nous-mêmes. Si nous le faisons, un jour nous régnerons avec lui : voilà la belle promesse qu’il nous fait. Vous n’aurez pas de meilleures offres ailleurs !

Marc Burtschell

Homélie du 16 novembre 2025

9e journée mondiale des pauvres

Résumé de Dilexi Te, sur l’amour envers les pauvres. Le pape François préparait déjà ce texte, et il imaginait que c’est à chacun des pauvres en particulier que le Christ disait « Je t’ai aimé ».

 

Il ouvre son texte par une allusion au geste de Marie-Madeleine qui verse du parfum sur les pieds de Jésus. Et il en déduit : « Aucun geste d’affection, même le plus petit, ne sera oublié, surtout s’il est adressé à ceux qui sont dans la souffrance, dans la solitude, dans le besoin, comme l’était le Seigneur à cette heure. »

Il écrit : « Je suis convaincu que le choix prioritaire en faveur des pauvres engendre un renouveau extraordinaire, tant dans l’Église que dans la société. »

« Le fait que l’exercice de la charité soit méprisé ou ridiculisé, comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques-uns et non du cœur brûlant de la mission ecclésiale me fait penser qu’il faut toujours relire l’Évangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine. »

 

Puis le pape poursuit en montrant que Dieu vient pour les pauvres, pour les relever, et que Jésus lui-même se fait pauvre. Il vient d’une famille pauvre, comme le montre l’offrande des colombes au temple par exemple. Il vit simplement en itinérance avec ses disciples. Sa pauvreté est le signe de sa dépendance du Père.

Tout son ministère manifeste une préoccupation pour les pauvres de toutes sortes : les malades, les pauvres et les pécheurs. Il nous montre l’exemple. En le regardant, il nous est impossible de penser que nous pouvons exclure les pauvres de nos préoccupations.

 

Cet amour des pauvres découle directement du commandement d’aimer Dieu et son prochain. Impossible de faire l’un sans faire l’autre. St Jacques pose la question, si nous disons aux pauvres : “Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous”, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? » Et il écrit « Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte » (Jc 2,14-17). Ce verset résume très bien la pensée du pape.

 

Puis le pape retrace toute l’histoire de l’Église, afin de nous montrer combien ce souci des pauvres est le cœur de l’évangile au long des siècles. Une histoire qui pourrait se résumer ainsi : prier et servir les pauvres de mille manières.

La première communauté mettait tout en commun. Des saints vont créer des hôpitaux, les moines accueillent les mendiants, d’autres créeront des écoles pour les pauvres (St Jean-Baptiste de la Salle, st Jean Bosco), d’autres encore s’emploieront à libérer les esclaves. D’autres encore accompagneront les migrants, ou se mettront au service des derniers comme Ste Thérèse de Calcutta, St Charles de Foucauld.

Cette histoire continue aujourd’hui, soutenue par la réflexion de l’Église et des papes. D’une part, ils interpellent les pays riches qui se soucient trop peu des pays pauvres, ils rappellent le besoin d’un travail et pas seulement d’un peu d’argent qui les laisseraient dépendant des riches. Ils enseignent « la destination universelle des biens » : lorsque quelqu’un a déjà de quoi vivre, le surplus doit être partagé avec ceux qui manquent du nécessaire. Ils encouragent à changer même les structures de la société, car ce sont aussi elles qui sont parfois responsables des injustices.

D’autre part, d’une manière encore plus fondamentale, ils invitent à considérer les pauvres comme des partenaires égaux, capables de nous enseigner par leur manière de voir le monde, par leur expérience de la dépendance vis-à-vis de Dieu. Nous ne pouvons pas servir les pauvres d’en-haut, nous sommes frères et sœurs. Nous n’allons pas vers eux de manière paternaliste, ni par devoir ou par vanité, mais par amour parce qu’ils sont beaux, au-delà des apparences.

« Il incombe donc à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, même de différentes manières, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des “idiots”. »

 

Enfin, le pape conclut : « Il convient de dire un dernier mot sur l’aumône, qui n’a pas bonne réputation aujourd’hui, souvent même parmi les croyants. Non seulement elle est rarement pratiquée, mais elle est parfois même méprisée. »

En attendant que les gens puissent trouver un travail, qui est le bien suprême, il est nécessaire de les aider matériellement. Même un don modeste contribue à manifester la bonté dans un monde dur, elle touchera notre cœur, car sans actions concrètes, fréquentes, nos paroles sont inutiles. Il est normal de chercher à donner de la meilleure manière, mais quoiqu’il en soit, mieux vaut donner que pas.

 

Et il conclut avec ces dernières phrases : « (L'amour) n’a pas de limites : il est pour l’impossible. L’amour est avant tout une façon de concevoir la vie, une façon de la vivre. Eh bien, une Église qui ne met pas de limites à l’amour, qui ne connaît pas d’ennemis à combattre, mais seulement des hommes et des femmes à aimer, est l’Église dont le monde a besoin aujourd’hui. 

Que ce soit par votre travail, votre lutte pour changer les structures sociales injustes, ou encore par ce geste d’aide simple, très personnel et proche, il sera possible pour ce pauvre de sentir que les paroles de Jésus s’adressent à lui : « Je t’ai aimé » (Ap 3, 9). »

Marc Burtschell

Messe du 2 novembre 2025

Redécouvrir les indulgences plénières

Quel est notre espérance pour tous les défunts ? Comment peuvent-ils aller au ciel ? Jésus. Il est notre unique espérance.

Il y a quelque chose qui choque parfois certaines personnes quand on dit cela et elles se demandent : oui, mais est-ce que vous voulez dire alors qu’on ne peut pas être sauvé sans Jésus ?

Eh bien, c’est une question importante. D’une part, nous les chrétiens ne sommes pas meilleurs que les autres, si c’est la question.

Ceci étant précisé, le monde spirituel a ses lois : quand une personne a péché, elle ne peut pas entrer au paradis tant qu’elle n’a pas payé pour ses péchés, ou que quelqu’un paye pour elle.

La question est donc : comment payer ?

Cette personne peut-elle payer par elle-même pour le mal qu’elle a fait ? Peut-elle se rendre entièrement pure par elle-même ? Il me semble que nous pouvons admettre que nous savons que non. Aucune personne n’est capable de rattraper tout le mal qu’elle commet. Alors qu’elle cherche à réparer, parfois elle aggrave encore la situation.

Si cette personne ne peut payer pour elle-même, qui alors va payer ? C’est aussi simple que cela. Je ne connais aucun candidat sinon Jésus. Et voilà pourquoi nous croyons en effet que le salut passe par lui.

 

Pour entrer au paradis, il y a deux aspects différents.

Prenons l’exemple des péchés graves, il se passe deux choses :

En lien avec Dieu d’abord : parce c’est un péché grave, la relation à Dieu est entièrement coupée, elle ne peut aller au paradis. Ça s’appelle la « peine éternelle », car elle se joue après la mort. Par la confession elle est pardonnée, et la relation est restaurée.

En lien avec son âme : son péché a profondément blessée son âme. Et ce n’est pas la confession qui suffit à tout guérir. Son âme a besoin d’être libérée des conséquences du péché par sa conversion. Cela peut se faire en se détachant du péché, en prenant d’autres bonnes habitudes, et de manière particulière en supportant avec patience les souffrances durant notre vie… Si la personne n’a pas eu le temps de le faire sur terre, cela se fait au purgatoire, là où sont peut-être nos défunts. On appelle cela la « peine temporelle », car elle se joue ici dans le temps, ou au purgatoire, où il y a une forme de temps encore selon le besoin de purification.

 

Dieu ne nous laisse pas seul, même pour cette purification : c’est la demande de l’indulgence. Dans l’antiquité, le mot indulgence était interchangeable avec le mot miséricorde.

St Carlo Acutis venait d’enterrer son grand-père. Quelque temps après, il a vu son grand-père en rêve, et il a compris qu’il lui demandait de prier pour lui. Ça a été un déclic. Il s’est mis à prier pour son grand-père, puis pour tous les défunts. Il a demandé beaucoup d’indulgences plénières pour tous les défunts. Même si l’homme doit posé un geste, ce qu’il reçoit est bien supérieur à ce qu’il donne.

 

5 conditions :

- aller à la messe et communier le jour même

- se confesser le jour même ou dans les jours qui précèdent

- prier aux intentions du pape

- être intérieurement détaché du mal (ne pas entretenir des désirs de faire le mal)

- une œuvre : il y en a beaucoup

rendre visite à un malade ou personne âgée

aller au cimetière sur la tombe d’un défunt (entre le 1er et le 8 novembre)

dire le chapelet à plusieurs (Carlo le disait avec son ange gardien pour ça!)

adoration du saint Sacrement, lire la Bible, pendant une demi-heure

Pour que l’indulgence soit plénière, et que le défunt soit donc entièrement libéré, il faut que nous ayons vraiment un désir de conversion et de sainteté qui soit parfaitement achevé en nous. Sinon ce sera partiel, mais c’est déjà bien. Nous pouvons aussi la demander pour nous-même, mais pour quelqu’un d’autre.

Marc Burtschell