Paroisse Bienheureux Charles de Foucauld

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Certains jeunes qui ont animé la célébration de dimanche

Le 15 septembre, notre curé, Père Jarek va quitter notre paroisse. Ce numéro est consacré à l’interview que nous avons réalisée avec lui, début juillet.

- Dans quel contexte s’est réalisée votre prise de poste ?

Au début d'août 2007, quand je suis arrivé de Pologne, à la communauté des Missionnaires de La Salette à Échirolles, j’ai été nommé prêtre coopérateur à la Paroisse Charles de Foucauld. Pendant 3 ans, j'ai découvert la langue française mais aussi la réalité pastorale de la paroisse avec toute sa diversité de banlieue au sein du diocèse de Grenoble. Ensuite mes supérieurs m'ont envoyé à La Salette. Deux ans plus tard, je suis revenu à la paroisse qui vivait un moment dur et déchirant. 

Il m’a été proposé de prendre la responsabilité de la Paroisse. C’était presque  "mission impossible". Malgré mes doutes, j'ai accepté, espérant le meilleur pour les paroissiens qui souffraient. Ils avaient besoin de faire un chemin de réconciliation et de bâtir l'avenir sur le Christ qui guide son Eglise vers une unité d'amour. 

- Pendant ces 6 années, quelles ont été vos priorités ? Autour de quels axes avez-vous travaillé ?

Les débuts ont été vraiment difficiles. Avec  la précédente EP et la LEME (Josiane Perineau), nous avons défini certaines priorités. Pour moi, il était important de suivre les pistes discernées par l’Equipe qui travaillait avec le Père Schlewer, mais aussi de tenir compte des directives pastorales du diocèse. Nous avons opté pour le projet d’unir tous les services autour d’un centre paroissial à Pont de Claix. Les anciens relais, privilégiant la proximité, deviendraient ainsi des centres de vie fraternelle, autour de leur église. En revanche, c'est à la paroisse :

- d’accueillir  les demandes de sacrements : baptêmes, mariages,

- d’assurer une catéchèse paroissiale unie autour des Dimanches en Eglise complétée par les rencontres « Grains de Soleil », le samedi.

- faire en sorte que les équipes soient plus unies pour travailler au sein d’une EP renouvelée, avec une nouvelle LEME Sophie Demoures.

Suite à la formation Talenthéo et à des propositions pastorales du diocèse, nous avons proposé une catéchèse initiale : les  "1eres rencontres" pour tous les demandeurs de sacrements. 

Suivant l'idée de James Malon, (Manuel de survie pour les paroisses) nous avons proposé que les weend-end en paroisse soient  plus vivants avec différentes propositions pastorales : messe, café, accueil, formations, catéchèse ... 

Suite au départ de Sophie, c'est Anne-Marie Bédon qui a pris la responsabilité de LEME paroissiale.

Nous avons cherché de nouvelles personnes désirant s'engager, et nous avons proposé un équilibre à notre Paroisse avec les "cinq essentiels"  (5 vitamines).

 

1. Évangélisation - souci d'évangélisation

Avec les équipes de 1ere rencontre,  de baptême, de mariage, de catéchèse, de catéchuménat, de l’aumônerie ALYCE, la paroisse est vivante et accueille avec joie chaque personne qui frappe à la porte. 

Mais, il faut qu’on se pose la question : comment pouvons-nous aller davantage encore à la périphérie ? Comment fidéliser ceux qui frappent pour qu’ils aient envie de "demeurer" avec nous?

 

2. Fraternité - vie fraternelle. 

Avec les équipes des fraternités locales, il y a les temps de célébrations, de partage de la Parole, mais aussi le café et les autres rencontres fraternelles : kermesse, fête        paroissiale, les autres fêtes, anniversaires… La paroisse vit en partageant les joies mais aussi les soucis, les maladies, les deuils. 

En revanche, comment rejoindre ceux qui habitent à coté et avec lesquels nous n’avons pas de lien ? 

3. Ministère - vie de charité. 

L’équipe Solidarité Charles de Foucauld qui accueille des migrants fait un énorme travail. De plus, de nombreux paroissiens s’engagent dans différents lieux de souffrances humaines : les maisons des anciens, les hôpitaux et ceux qui souffrent de solitude ou de maladie  dans leurs appartements. Les personnes qui assistent les familles en deuil partagent souvent leur souffrance.

Nous manquons toujours de bonnes volontés pour répondre aux sollicitations fort nombreuses. Ceux qui ont accepté de s’engager sont épuisés et se désespèrent si on ne peut plus répondre aux besoins de tous les éprouvés. 

 

4. Adoration - Vie de prière.

Chaque engagement a besoin d’être équilibré par la force de l'Esprit Saint.                          Nous avons tous besoin d’un moment gratuit de prière, d'adoration, d'écoute de la Parole, de l’Eucharistie, et du pardon. Dans la paroisse, il existe pas mal de propositions différentes : messes, adoration le vendredi, sacrement du pardon, prière des mères ou des professionnels, chapelet, rencontres autour de la Parole de Dieu, temps forts proposés par la paroisse.

En revanche, dans une vie très active, on oublie que le temps consacré à la prière n’est pas du temps perdu, bien au contraire. Le Christ nous accompagne dans notre vie personnelle. Avec la prière, l’impossible devient possible.

5. Formation

La paroisse propose et insiste : pour servir, nous avons besoin de formation. Il existe de nombreuses propositions pour se former et améliorer son ministère, dans la paroisse, en doyenné, par le biais du diocèse ou du CTM.. 

Par contre aujourd'hui, pour que notre ministère soit à la hauteur, il ne suffit plus d’avoir de la bonne volonté. Il faut des compétences, sachant que le monde change plus rapidement que nos habitudes… Pour cela, nous avons besoin d'une bonne formation permanente. Sans elle, nous risquons de faire des dégâts auprès des personnes fragiles.


- Au 15 septembre, officiellement, vous ne serez plus curé de notre 
paroisse, quels sont vos projets ?

Avec l’expérience, j'ai appris que Dieu se soucie de nous et nous donne des surprises de dernière minute. 

Venir en France, ça n'était pas mon projet, devenir curé de la paroisse Ch de F non plus. Je continue à me poser des questions : quelle est la volonté de Dieu ? A quoi Dieu m’appelle-t-il encore ?

Je ne connais pas les réponses à ces questions. Je souhaite bien réfléchir, c’est pourquoi, j'ai demandé une année sabbatique. Depuis plus de 30 ans, je suis missionnaire de La Salette et depuis 25 ans je suis prêtre, Certaines pages se tournent, d’'autres vont s’ouvrir. Pour l’instant, j’ai besoin de retrouver un peu d’équilibre. La paroisse, c'est une vie sous pression et de temps en temps on a de la difficulté à s’arrêter. 

Une année sabbatique, c'est le bon moment pour plus de prière, d'adoration, de formation, de retraites spirituelles, mais aussi pour régler certains devoirs pour lesquels on n'a pas eu de temps. J'ai aussi mon père qui est plus en plus dépendant et qui vit en Pologne. Ma sœur s'occupe de lui avec dévouement, mais les besoins progressent.  

J’ai aussi mon petit rêve : faire un pèlerinage en suivant les pas de Jésus et de saint Paul. 

Bref je suis sûr que ça va être un temps très riche et qui va passer rapidement. 

 

A la fin, je voudrais dire grand merci à toutes les personnes que j’ai croisées à la paroisse. Au cours de ces 10 ans de ma vie avec vous, j'ai beaucoup reçu et essayé de donner ce que je pouvais, sachant que je suis « un serviteur quelconque ». Je demande pardon à tous ceux qui ont été blessés par mon comportement ou mes paroles. Je suis désolé si quelqu’un souffre à cause de moi. 

Je vous demande de prier pour moi. Merci à tous.

Je souhaite que Dieu bénisse votre nouveau curé,  le P. Damien.

 

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