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Paroisse Saint Thomas de Rochebrune

Les homélies du dimanche

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9 septembre 2018 — Consacrer son travail, l'ouvrir à Dieu

Avant de lire l’homélie, je médite les lectures du jour.

Jésus « fait entendre les sourds et parler les muets ». Jésus guérit, Jésus se penche sur toutes nos maladies et nos infirmités, pour les soigner. Comme le dira plus tard saint Pierre, Jésus « est passé sur terre en faisant le bien » (Ac 10,38) pour les hommes. Par ces guérisons si nombreuses, Il veut montrer qu’Il est venu parmi nous pour nous sauver ; Il n’est qu’Amour, sollicitude, générosité. Tout ce qu’Il nous demande, c’est de nous ouvrir à sa présence pour qu’Il nous guérisse.
Et justement, le passage que nous venons d’entendre nous parle d’ouverture. Jésus ouvre la bouche du muet, les oreilles du sourd, avec le geste qui nous est peut-être familier car l’Église l’a adopté dans le rite du Baptême : « Ephata, ouvre-toi ! », dit le ministre du baptême – comme Jésus – en touchant la bouche et les oreilles du futur baptisé. Ce geste nous rappelle que nous avons à nous ouvrir, à ouvrir notre cœur et notre esprit : non pas nous ouvrir à tout et n’importe quoi suivant les modes et les opinions, mais d’abord nous ouvrir à la Parole de Dieu. C’est Dieu qui donne sa Parole, et c’est Lui-même qui ouvre notre vie à sa présence. Sans Lui, nous demeurons fermés sur nous-mêmes et sur nos impasses.

L’Évangile nous est donné pour que notre vie s’ouvre à Dieu. Et si la vie s’ouvre à Dieu, elle prend une dimension entièrement nouvelle, qu’on ne peut même pas soupçonner si l’on n’a pas commencé à parcourir le chemin de la foi. Isaïe nous disait tout à l’heure : « L’eau jaillira dans le désert ; la région de la soif deviendra un lac ». Or c’est un peu ce que l’on ressent quand on fait la rencontre du Seigneur ! Ce qui était sec dans notre vie, devient fécond, joyeux. Les décisions deviennent paisibles, les peurs et les angoisses disparaissent dans la confiance en Dieu. Notre vie prend un nouveau sens, une nouvelle dimension qui nous ouvre à l’infini. Chaque événement prend une signification nouvelle, même les plus petites choses. Si le Seigneur ouvre nos oreilles et notre bouche (et aussi nos yeux) – « Ephata ! » –, nous commençons à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais nous vivons pour l’Amour de Dieu et dans la charité fraternelle. Nous apprenons à pardonner, à faire la paix autour de nous. Rien n’était possible tant que nous avions le cœur fermé à l’action de Dieu, mais tout se transforme quand Il nous dit : « Ouvre-toi ! ». Beaucoup de personnes de foi pourront même nous dire que les événements douloureux, tragiques de l’existence, prennent une dimension nouvelle sous le regard du Seigneur.

Alors comment nous ouvrir à Dieu ? En ce temps de rentrée, nouvelle année pour beaucoup d’entre nous, l’accent est mis sur une dimension importante de notre vie : celle du travail. Trop souvent, on voit le travail comme quelque chose de pesant, ennuyeux, nécessaire mais fastidieux… [Et je pense d’ailleurs que nous, les adultes, nous avons une grave responsabilité envers les enfants : est-ce que nous ne contribuons pas à l’image négative qu’ont les jeunes du travail, par exemple en les plaignant lorsque les vacances sont terminées ?…] Mais ce travail, qui fait partie de notre vie, pourquoi est-ce que nous ne l’ouvrons pas à Dieu, comme les autres parties de l’existence ? Pensons-nous que le Seigneur ne s’intéresse pas à notre travail ? Qu’Il n’est là que le dimanche quand nous Le prions, mais pas le reste de la semaine quand nous travaillons ?
Eh bien, si. Le Seigneur est présent dans notre travail ; et là aussi Il nous dit : « Ephata ! ». Ouvre-toi, ouvre ton travail, tes occupations, à la dimension de l’infini. Quoi que tu fasses, tu peux le faire par amour et le consacrer à Dieu ! Dans le Royaume de Dieu, nous disait tout à l’heure saint Jacques, il n’y a pas de riches et de pauvres : de la même manière, il n’y a pas de travail noble et de travail indigne, de grandes choses et de choses inutiles. Tout ce que nous faisons est accueilli avec joie par le Seigneur, comme une offrande d’amour. Les choses les plus petites ont une dimension infinie, que nous ne soupçonnons pas, si nous les ouvrons à la présence de Dieu.

Et bien sûr, c’est ici même, dans l’Eucharistie du dimanche, que tout trouve un sens. Nos travaux (ceux des adultes, mais ceux des enfants aussi !) sont contenus symboliquement dans « le pain et le vin, fruits du travail des hommes ». Jésus accueille si bien nos travaux, qu’Il choisit de les consacrer : nos travaux deviennent le Corps et le Sang du Seigneur, et cette présence nous nourrit.
Notre vie n’aurait pas de sens, si nous ne venions pas – au moins le dimanche – présenter notre semaine laborieuse au Seigneur pour qu’Il la consacre, qu’Il la divinise, qu’Il l’ouvre à sa présence. Et ainsi, nous repartons tout transformés par ce don. Rien n’est inutile, notre vie tout entière est grande, belle, sanctifiée par le Seigneur : « Ouvre-toi ! ».