Homélies

21 NOVEMBRE 2021 Homélie 34 et dernier Dim TOB - Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « Sa domination est une domination éternelle » (Dn 7, 13-14)
Lecture du livre du prophète Daniel
PSAUME : (Ps 92 (93), 1abc, 1d-2, 5)
DEUXIÈME LECTURE : « Le prince des rois de la terre a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu » (Ap 1, 5-8)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

ÉVANGILE : « C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Homélie pour le Christ roi de l’univers B

Nous n’avons peut-être pas une très bonne image du Christ roi. On l’imagine plutôt humble et pauvre sur les chemins poussiéreux de Palestine ou portant douloureusement sa croix qu’en dominateur siégeant sur un trône doré vêtu de pourpre triomphante. C’est que nous avons peut-être une conception biaisée de la royauté et du pouvoir forgée par l’Histoire de rois oppresseurs ou de mauvaises expériences de gouvernement.

Mais Jésus n’est pas roi à la manière du monde comme il le dit à Pilate. Il est même à l’opposé des puissances dévoyées qui régissent le monde par le mensonge. Il est venu au contraire dit-il, pour rendre témoignage à la Vérité. Mais qu’est-ce que la vérité ironise Pilate ? La vérité c’est de considérer toute chose pour ce qu’elle est. C’est l’adéquation de l’intelligence à la réalité disent les philosophes, autrement dit, c’est remettre toute chose à sa juste place. C’est ce que fait Jésus lors de son procès et c’est ainsi qu’il établit le royaume dont il nous propose d’être les sujets. De son dialogue avec Pilate nous pouvons en retenir trois caractéristiques en nous demandant si nous-mêmes nous laissons dominer par l’esprit du monde ou si nous gouvernons nos vies selon la volonté de Dieu pour permettre que son règne arrive comme nous le prions à chaque Notre Père : 

1/ La première caractéristique du royaume de Dieu c’est la liberté de l’esprit : Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi demande Jésus à Pilate. Et nous ? Sommes-nous dominés par l’opinion générale, par le regard des autres, par le qu’en dira-t-on ? Ou bien avons-nous la liberté d’affirmer et de suivre jusqu’au bout ce que notre conscience éclairée par la prière nous inspire ? Osons-nous par exemple nous prononcer pour le Christ dans une assemblée hostile ? Ou bien sommes-nous capable au nom de la charité de prendre la défense des exclus dans un groupe qui les stigmatise au nom d’une pensée unique ? 

2/ La deuxième caractéristique du royaume c’est qu’il est à l’inverse de la violence qui règne sur la terre, l’établissement dela justice et de la paix.Mon royaume n’est pas d’ici dit Jésus, sinon des armés se seraient levées pour que je ne sois pas livré aux mains des juifs. Sommes-nous des artisans de paix ou laissons-nous la colère, la haine, la vengeance, l’esprit de supériorité de pouvoir et de possession gouverner nos vies ? Méfions-nous de nos complicités passives à cet esprit matérialiste du monde. Au travail, dans nos familles, nos loisirs, nos amis, entrons nous dans la compétition du pouvoir ou de l’avoir (la voiture, le téléphone dernier cri, les voyages qui font envie…) au mépris des autres et de la planète ou cherchons-nous à mettre dans nos relations et nos activités un peu plus d’humanité et de conscience par une plus grande simplicité de vie? 

3/ La deuxième caractéristique du royaume c’est qu’il soumet tout à l’Amour de Dieu. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Non pas celle de l’homme qui veut se faire Dieu, mais celle de Dieu qui par sa loi inscrite en nos cœurs nous appelle au bien véritable qui consiste à tout remettre entre les mains du Père. Tu n’aurais aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut dit Jésus à Pilate un peu plus loin. Avons-nous confiance en Dieu ? Ou comptons-nous d’abord sur nous-même ? Est-ce que l’Amour de Dieu et du prochain conduit nos choix ou sommes-nous déterminés par ce qui nous plaît ou nous assure un confort immédiat ? Le royaume de Dieu souffre violence et seuls les violents s’en emparent est-il dit par ailleurs…pour désigner la force de l’Amour de ceux qui s’entrainant aux vertus, se maîtrisent eux-mêmes et combattent leurs penchants mauvais égoïstes et jouisseurs pour se donner au service des autres et à l’annonce du Royaume. 

La royauté du Christ remplace donc l’oppression des puissants de ce monde par la liberté, la justice, la paix et l’Amour et c’est à cela que nous sommes appelés à coopérer contre l’esprit du monde pour qu’advienne la civilisation de l’Amour qui est le règne de Dieu. 

Le christ, règne, non pour écraser mais pour nous délivrer de nos péchés par son sang, il a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père dit l’Apocalypse, c’est-à-dire pour que nous soyons sous la domination du fils de l’homme, selon l’expression de Daniel, qui est une domination de l’Amour par une juste relation de don de soi à Dieu et les uns aux autres plutôt que sous l’esclavage de nos convoitises. 

Par notre baptême, nous sommes les prêtres, prophètes et rois de ce royaume pour être dans le monde sans être du monde, les porteurs de la Parole libératrice de Dieu, les ambassadeurs de sa bonne nouvelle de justice et de paix, les témoins de la vérité agissant pour que toute chose soit ordonnée à l’accomplissement de son dessein bienveillant d’Amour. 

Que cette Eucharistie nous donne donc la sagesse et la force pour nous gouverner nous-mêmes selon la volonté de Dieu et préparer son règne. Amen. 

P Charles BONIN

 

21 NOVEMBRE 2021 Homélie 34 et dernier Dim TOB - Père Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE : « Sa domination est une domination éternelle » (Dn 7, 13-14)
Lecture du livre du prophète Daniel
PSAUME : (Ps 92 (93), 1abc, 1d-2, 5)
DEUXIÈME LECTURE : « Le prince des rois de la terre a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu » (Ap 1, 5-8)

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

ÉVANGILE : « C’est toi-même qui dis que je suis roi » (Jn 18, 33b-37)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

 

LE CHRIST-ROI B 2021

Si je vous parle d'un Roi, vous pensez sans doute à quelqu'un de très riche de très puissant, qui vit dans un château, ou une belle demeure, quelqu'un qui a de beaux habits, qui offre de grands banquets, qui reçoit beaucoup d'invités. Un Roi, c'est aussi celui qui prélève des impôts, qui a une police, une armée, qui veille sur son territoire et qui au besoin fait la guerre pour défendre ce territoire. 

Aujourd'hui, c'est Jésus qui est fêté comme Roi : le Christ-Roi de l’univers.Déjà, au début de la vie de Jésus, les mages veulent saluer le "Roi des Juifs".Aujourd’hui, c’est Pilate qui pose la question à Jésus : « Es-tu le Roi des Juifs ? »Sur la Croix, Jésus va être officiellement proclamé Roi : l'écriteau qui est au-dessus de sa tête portera la mention : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. » Mais en général son image de la royauté ne correspond pas du tout à l'idée que nous nous en faisons. 

Jésus est un Roi mais son Royaume est invisible  à nos yeux : « Mon Royaume n'est pas de ce monde ».Alors,Jésus est-il un Roi déchu, sans richesse, sans palais, sans armée ? On pourrait le croire, il est né dans une étable, et lorsque les disciples lui demandent où il habite, il ne peut que répondre : « Le Fils de l'Homme n'a pas d’endroit où reposer sa tête ! » Il est pauvre. D’ailleurs tout au long de sa vie il nous mettra en garde contre la richesse. Relisez l'évangile, pour lui, c'est l'argent qui nous détourne du Royaume. 

Jésus est aussi un Roi sans armée. Ou tout au moins il a une armée bien spéciale : lorsqu'on vient l'arrêter au Jardin des Oliviers et que l'un de ses disciples veut le défendre à coups d'épée, il déclare : "Remets ton épée au fourreau, penses-tu que je ne puisse faire appel à mon Père qui mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d'anges pour me défendre ?"

Non, Jésus n'est pas un Roi comme les autres. Il est Roi, c'est indiscutable, mais là où on l'attend le moins... Tout est dans la Mission qu'il est venu réaliser :Il rêve de faire le Bonheur des hommes.  Surtout, il ne veut dominer personne, il invite, sans obliger : « Si tu

 veux venir à ma suite... »Jésus est Roi de la liberté, avec lui, aucune contrainte ! 

La Royauté de Jésus va prendre toute sa dimension au milieu des pauvres, des petits, des malheureux, des souffrants : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, moi je vous donnerai le repos. »Et il les guérit, il les remet debout, leur redonne toute leur dignité, il a même redonné la vie à certains. Jésus est Roi au milieu des pauvres et des petits.

Finalement, lorsqu'on regarde toute la vie de Jésus parmi nous, on ne peut que constater que certainement Jésus est Roi par son Amour pour les hommes.C’est là qu’il excelle. Toute sa vie dans l'évangile est une recherche continuelle du Bonheur des hommes, il est Roi, il est Roi d'Amour. 

C'est par Amour qu'il est venu chez nous, c'est par Amour qu'il nous a révélé son Père qui est aussi notre Père. Il nous a donné un commandement nouveau qui est le commandement de l'Amour. Et il ne s'est pas contenté de paroles, lui-même a agi par Amour, il nous a montré jusqu'où pouvait aller cet Amour : il est allé jusqu'à donner sa vie pour nous sur la Croix. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »

Fêtons Jésus, le Christ-Roi de l’univers, et au jour de notre mort, n’ayons pas peur de paraître devant lui. Pour chacun de nous il ne sera pas le juge intraitable qui nous condamnera pour nos nombreuses fautes : il est pour tous le Roi de Miséricorde, le Roi d'Amour,qui nous invitera : « Venez, les bénis de mon Père, venez prendre place dans mon  Royaume préparé pour vous. » Amen

P Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE : « En ce temps-ci, ton peuple sera délivré » (Dn 12, 1-3)

Lecture du livre du prophète Daniel

PSAUME : (Ps 15 (16), 5.8, 9-10, 11)
DEUXIÈME LECTURE : « Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie » (He 10, 11-14.18)

Lecture de la lettre aux Hébreux

ÉVANGILE : « Il rassemblera les élus des quatre coins du monde » (Mc 13, 24-32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Homélie du 33é Dimanche du temps ordinaire B

Chers frères et sœurs, sommes-nous prêts à supporter la grande détresse dont parle le prophète Daniel et l’Evangile de ce jour? 

Ces deux textes appartiennent au genre apocalyptique qui déploie des symboles pour révéler le sens de l’Histoire. Ils nous invitent à nous laisser instruire pour lire les signes des temps pour nous préparer à l’avènement du Fils de l’homme qui est au cœur de l’espérance chrétienne. 

D’abord,Fils de l’homme : elle désigne le messie, et souligne en lui le plein accomplissement de l’humanité. Jésus est l’homme parfait, pleinement accordé à la volonté de Dieu qui sera donc comme tel, à son retour annoncé le juge référentde toute l’humanité. En fonction de lui certains s’éveilleront à la vie éternelle, d’autres à la déchéance éternelleselon qu’ils seront trouvés dignes ou non de partager sa gloire

Le texte de Daniel poursuit en nous expliquant d’une part en quoi consiste cette gloire, et d’autre part que le critère de ce discernement c’est l’intelligence et la justice : Ceux qui ont l’intelligence resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice brilleront comme les étoiles

On comprend donc que les astres désignent symboliquement la connaissance de Dieu et l’action droite conforme à ses desseins. Intelligerec’est littéralement lire de l’intérieur c’est-à-dire comprendre toute chose en son être profond pour y reconnaitre l’œuvre de Dieu qui les fait être telles. Et juger c’est discerner le bien à accomplir. 

Dès lors, lorsque Jésus annonce qu’avant sa venue le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, il n’est pas difficile de comprendre qu’il désigne une ère d’apostasie généraliséeoù l’Amour de Dieu se refroidira et où la conduite des hommes ne sera plus selon le droit naturel. 

Si nul ne connait la date de la fin du monde qui n’appartient qu’au Père comme le rappelle l’Evangile, force est de constater dans notre monde ces signes des tempsannonciateurs. L’iniquité qui frappe l’Eglise en son sein, l’étiolement de la foi en occident et parallèlement l’essor de législations attentatoires à la vie et à la nature profonde de l’homme n’en sont que quelques-uns. Nous devons regarder cette réalité de notre monde contemporain avec lucidité et espérance parce qu’elles sont le contexte dispositif de l’avènement du règne de Dieu pour lequel nous prions dans le Notre Père. 

Cette conscience de la proximité du jour de la révélation, loin de nous effrayer doit profondément nous réjouir, car alors le Seigneur viendra rassembler toutes les nations et mettre un terme définitif au mal. Notre prière en ces jours troubles doit se faire plus intense pour hâter ce retour du Christ victorieux : Maranatha, viens Seigneur Jésus dit l’Apocalypse comme en conclusion de toute la Bible. 

Le Psaume nous le rappelle : il est notre refuge, notre sort est dans ses mains, il ne peut nous laisser aller à la mort, en lui notre confiance, il est à ma droite, je suis inébranlable. Nous devons être porteur de cette espéranceet ni craindre quoique ce soit ni nous réfugier dans de fausses sécurités. Certains ont peur du virus, d’autres du vaccin, d’autres encore s’en rassurent. Certains ont peur des migrants, d’autres des populismes, d’autres encore s’en rassurent… et en tout cela règne la plus grande confusion sans aucune espérance. 

Comme chrétien, nous devons au contraire éclairer notre conscience par la foi en ne cédant ni à la peur, ni à l’intimidation ni aux mensonges du monde. Informons nous, exerçons notre jugement avec prudence, et librement mais en gardant toujours en vue la perspective du retour du Christ qui nous jugera sur l’Amour et la justice. Voilà seul ce qui doit diriger notre action. Ni la médecine, ni la politique, ni l’économie ne pourront nous sauver ni ajouter un jour à notre vie. Au contraire, la connaissance de Dieu et l’engagement en vue du bien véritable nous ouvrent les portes de l’éternité. Apportons donc dans ces débats un peu de sagesse et de hauteur de vue sans nous laisser enfermer dans une doxa angoissante. En demeurant dans la main de Dieu dans l’Espérance de l’avènement de son royaume, oeuvrons pour le bien et la vérité qui rendent libres. Amen. 

P Charles BONIN

 

PREMIÈRE LECTURE : « Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)

Lecture du premier livre des Rois

PSAUME : (Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)
DEUXIÈME LECTURE : « Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)

Lecture de la lettre aux Hébreux

ÉVANGILE : « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Homélie du 32eDim TOB

 

Deux veuves pauvres donnent à Dieu tout ce qu’elles ont pour vivre… Ou …pour vivre ! (Est-ce un accusatif ou datif : « en vue de vivre » ?)

C’est que de Dieu seul vient la vie véritable et non de nos richesses matérielles ou des honneurs que convoitent les pharisiens. Cet Evangile appelle à l’aumône et à la vérité en condamnant vigoureusement l’hypocrisie de ceux qui veulent se faire valoir et ne donnent que de leur superflu. Mais il nous interroge plus profondément sur le mobile intérieur de ces deux femmes. Comment un tel geste est-il possible dans leur condition d’indigence ? 

Il n’y a qu’une réponse, c’est leur confiance en Dieu et le fait qu’elles vivent non pour cette vie sur terre mais pour la vie éternelle. Elles font ainsi preuve d’un détachement admirable et d’une espérance remarquable. 

On la remarque chez la veuve de Sarepta : dans sa résignation à la mort qui ne l’empêche pas d’accomplir son devoir jusqu’au bout en ramassant du bois et en préparant des galettes et par l’encouragement que lui adresse Elie. On note la même attitude chez la veuve de l’Evangile dont on ne sait rien ce qui souligne son humilité. Elle passe inaperçue aux yeux des hommes mais Jésus qui voit au cœur n’a d’yeux que pour elle. 

Ces deux situations nous rejoignent lorsque nous sommes inquiets pour demain. Et il nous faut alors entendre la voix de Dieu nous dire comme Elie : « N’aie pas peur, va fait ce que tu as dit ». Ne nous laissons pas troubler par les sirènes du monde, ne prêtons pas l’oreille aux rumeurs, ne cédons pas à l’angoisse de lendemains sombres qui pousse de plus en plus de monde au désespoir. 

Notre Espérance vient d’ailleurs. Elle est en Dieu et en son Christ qui reviendra pour le Salut de ceux qui l’attendent dit la lettre aux Hébreux. De là vient toute joie et toute paix : en Dieu seul nous avons le repos car il est notre stabilité, le roc sur lequel nous pouvons nous appuyer. Heureux qui met son espoir en lui car il nous garde sa fidélité, il fait justice aux opprimés, rassasie les affamés, redresse les accablés et protège l’étranger comme le rappelle le psaume.

Cette transcendance de Dieu présent aux détresses de chacun, dispensateur de vie et de vérité pour tous est ce qui nous donne la force de traverser toute épreuve et de conserver en toute circonstance la sérénité que nous voyons chez ces veuves. Dépourvues de tout bien matériel elles sont riches du seul bien véritable : la Foi, c’est-à-dire l’assurance que tout est dans la main de Dieu et qu’il fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment. 

Cette sagesse profonde s’acquiert par le détachement, et le regard porté en toute chose sur les réalités ultimes. Notre Foi est eschatologique, elle regarde un futur, déjà présent qui vient dans la manifestation toujours actuelle de la présence active de Dieu. Nous célébrons en chaque Eucharistie cet avènement de Dieu dans notre vie qui vient tout transformer et remettre en perspective de la béatitude à laquelle nous sommes appelés. 

Pour vivre la joie et la paix profonde de ces veuves, il nous faut comme elle regarder vers le ciel et non vers la terre, pour que, loin de délaisser nos devoirs sur la terre, nous leur donnions toujours cette saveur du ciel qui les perfectionne. Efforçons nous de rendre ainsi toute chose relative, ordonné à cette manifestation de Dieu qui vient transformer nos vies. Une phrase de St Paul m’y aide souvent lorsqu’il dit en 1Co15,19 : « Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes » ou encore cette autre en Mt 6, 19-21 qui fait écho à l’Evangile de ce jour : ne vous amassez pas de trésor sur la terre mais dans le ciel, car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. Si nous vivons dans cette perspective avec cette confiance que Dieu nous y accompagne alors nous sommes heureux comme ces veuves qu’aucune attache sur la terre ne retient et qui vivent déjà en l’omniprésence de Dieu. Puisse cette Eucharistie élever ainsi notre âme pour être victorieux de tout mal. Amen.

P. Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « Avec sa farine la veuve fit une petite galette et l’apporta à Élie » (1 R 17, 10-16)

Lecture du premier livre des Rois

PSAUME : (Ps 145 (146), 6c.7, 8-9a, 9bc-10)
DEUXIÈME LECTURE : « Le Christ s’est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude » (He 9, 24-28)

Lecture de la lettre aux Hébreux

ÉVANGILE : « Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

32èmeDIMANCHE ORDINAIREB 2021

Il ne lui reste pas grand-chose à la veuve de Sarepta : un peu d’huile et une poignée de farine. Juste de quoi faire un petit pain pour son fils et pour elle. Et pourtant, elle accepte de donner tout cela au prophète Elie. Sa confiance sera récompensée, puisque l’huile et la farine ne diminueront point jusqu’à la fin de la famine.
Elle n’avait pas grand-chose non plus, la veuve de l’évangile : deux piécettes, c’est tout ce qu’elle avait pour vivre, et pourtant elle va les mettre dans le trésor du Temple.
Les lectures d’aujourd’hui nous proposent deux offrandes sans grande valeur marchande mais qui son faites dans un climat de confiance totale et une foi exemplaire. Donner ce que l’on possède, c’est une forme de générosité mais il y a des façons de donner qui peuvent être bien loin de la générosité. On peut donner largement pour se faire de la pub ou pire encore, pour se montrer, par  orgueil, pour qu’on parle de soi. On peut aussi payer très cher pour corrompre quelqu’un pour arriver à ses fins. 

Dans nos trois lectures, il n’en est pas de même : la veuve de Sarepta ne manquait pas de confiance pour aller sans hésiter, faire cuire une galette pour le prophète Elie. Vous allez dire qu’elle n’avait pas grand-chose à perdre puisqu’elle voulait se laisser mourir, elle et son fils… Mais tout de même, il n’est pas facile lorsqu’on a presque rien, de donner ce peu qui nous reste. Elle, elle n’a pas hésité, sa foi  en a été récompensée.

Et notre veuve, dans l’évangile, elle ne manque pas de foi, elle non plus. La situation des veuves au temps de Jésus n’était pas enviable. Elles étaient des exclues : sans leurs maris elles n’avaient aucune existence sociale. Elles étaient pratiquement condamnées à la pauvreté. Pourtant, Jésus qui avait surpris le geste de l’une d’elles a pu déclarer : « Avec ses deux piécettes, elle a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, elle, elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »Les spécialistes de l’Evangile nous disent que selon le texte grec on devrait traduire : « Elle a donné toute sa vie. »

Jésus aussi va donner toute sa vie pour le salut des hommes. La lettre aux Hébreux nous a rappelé que le Christ s’est offert pour enlever le péché du monde. Lui non plus, il ne possédait rien. Il le dira : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête.» Mais il a une confiance totale en son Père et reste à sa disposition : « Père, voici, je viens pour faire ta volonté. »Et cette volonté le conduira sur la croix pour le pardon de nos fautes. Et là, sur la croix, il va donner ce qu’il possède de plus cher, sa vie d’homme. 

Mais l’amour ne peut pas mourir : le Père le ressuscite. Ce geste de Jésus est tellement grand que maintenant, nous avons le pouvoir de revivre ce geste de confiance entre le Fils et le Père. De revivre cette histoire d’amour entre Dieu et sa créature représentée par son Fils. Chaque jour, dans l’Eucharistie nous recommençons cette offrande du Fils de Dieu à son Père : « Ceci est la coupe de mon sang, qui sera versé pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. »

Quelques fois nos vies semblent crouler sous le poids de la souffrance, de la maladie, du désespoir… On ne voit plus comment s’en sortir. Et si on allait trouver le Seigneur, et si on lui donnait, par amour, un peu d’huile et de farine, ou nos dernières petites pièces, et si on lui redisait toute notre confiance en la puissance de sa divinité, vous ne pensez pas qu’il trouverait une solution à nos problèmes ? Je suis sûr qu’avec ces petits riens il ferait renaître la joie dans nos cœurs…

Dans un instant, nous allons recevoir, chez nous, le Fils de Dieu. Redisons-lui toute notre confiance. Lui, comme il l’a toujours fait, il n’a qu’un désir c’est de nous faire revivre. 

Seigneur, apprends-nous à donner ce que nous avons et ce que nous sommes. Seigneur, apprends-nous à nous donner. Amen

P. Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE :  « Comme une offrande parfaite, il les accueille » (Sg 3, 1-6.9)
Lecture du livre de la Sagesse

PSAUME: (26 (27), 1, 4, 7-9a, 13-14)

DEUXIÈME LECTURE : « La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Co 15, 51-57)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

ÉVANGILE : « Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

 

Homélie pour la messe des défunts 2 nov 2021

La parole de Dieu nous éclaire sur le mystère de la mort, autrement dit de la vie comme l’aurait dit François Cheng qui reconnait dans ses très belles méditations que ce terme éclaire ce que nous avons à vivre sur terre. Si en effet, la vie n’avait pas de fin quelle valeur aurait-elle ? Quel serait le sens de notre existence ? Tout deviendrait possible et tout serait finalement vain. 

Mais si à la lumière de la sagesse biblique nous comprenons que nous sommes de passage sur terre pour nous laisser transformer comme le dit St Paul, pour que périsse ce qui est périssable et que se révèle ce qui est immortel, alors nous comprenons que tout ce que nous avons semé dans ce monde dans la justice, dans la paix et dans l’amour demeurera pour l’éternité et s’épanouira dans la Gloire de Dieu. De notre vie en effet ne restera que le bien que nous aurons fait comme l’or purifiée de toute scorie du péché de toute paille de nos vanités par le feu de la miséricorde de Dieu. 

C’est souvent ce qu’on relève lors des funérailles où l’on évoque les bons souvenirs et les qualités du défunt passant vite ou occultant ce qui fut plus sombre. C’est sans doute ainsi que Dieu nous regarde et nous accueillera au soir de notre vie, mettant en lumière tout ce qui nous rendra digne de lui, tout ce qui sera conforme et ajusté à ce qu’il est lui-même pour paraitre en sa présence. L’Evangile nous rappelle ainsi que nous serons jugés non sur ce que nous avons cru, sur une doctrine ou un courant de pensée auquel on aurait adhéré avec plus ou moins d’engagement, mais sur ce que nous avons fait. Si Dieu est miséricordieux il est aussi juste en rendant à chacun selon ses œuvres. Nous avons en effet que cette terre pour aimer et laisser l’amour saisir toute notre vie inspirer tous nos actes. Plus nous agissons pour le bien de nos frères, plus notre cœur s’élargit à la mesure de l’infini de Dieu, plus nous devenons capables de Dieu, adéquat à le recevoir. Toute notre vie consiste ainsi à nous ajuster à ce qu’est Dieu lui-même par l’attention fraternelle que nous nous portons les uns aux autres comme lui-même se fait attentionné pour chacun. Voilà bien la finalité qui éclaire et donne le sens de notre existence. 

Si nous prions ce soir pour nos morts, c’est que nous croyons que Dieu accorde à ceux qui paraissent devant lui sans être prêts à recevoir de lui cet amour infini, un temps de purification pour que nos prières formulées pour eux par l’amour que nous continuons à leur porter continue d’élargir leur cœur. Par notre charité nous pouvons mériter pour ces âmes du purgatoire, c’est-à-dire accomplir pour eux ce qui leur a manqué pour entrer dans cette Gloire que Dieu promet à tous les justes, c’est-à-dire à ceux qui se sont ajustés à son amour. Recueillons nous donc en silence pour que monte de nos cœurs une louange unanime qui ouvrira pour eux la porte des cieux. Amen

P Charles BONIN

 

PREMIÈRE LECTURE : « Voici une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » (Ap 7, 2-4.9-14) 
Lecture de l'Apocalypse de saint Jean
PSAUME : (Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6) 
DEUXIÈME LECTURE : « Nous verrons Dieu tel qu’il est » (1 Jn 3, 1-3)

Lecture de la première lettre de saint Jean

ÉVANGILE : « Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Homélie Pour la Toussaint 2021

Je discutais un jour avec une de mes tantes, agnostique, qui me disait, moi je n’ai pas tellement envie d’aller au ciel parce qu’on doit s’y ennuyer à prier tout le temps. L’enfer ça à l’air plus sympa on doit faire la fête tous les jours. Difficile d’imaginer la vie des saints que nous fêtons aujourd’hui, vu que personne n’est revenu nous dire en quoi elle consistait. Pourtant les lectures de ce jour nous donnent quelques indices. 

Nous serons avec les anges et les anciens intégrés dans une liturgie céleste à la Gloire de Dieu. Revêtus de robe blanche purifiés de tout mal, nous serrons semblables à Dieu car nous le verrons tel qu’il est. Mais au-delà de ces images qui ne sont que figuratives nous avons l’assurance de l’Evangile que nous serons parfaitement heureux dans le royaume des cieux, héritiers de la terre, rassasiés de tout désir, purifié de toute misère et culpabilité. Une joie sans fin nous attend dans une relation filiale avec Dieu. Plutôt que d’imaginer en vain ce qu’il en sera comprenons qu’il s’agira d’un accomplissement, d’une plénitude dont nous ne pourrons pas être déçus. 

Cette récompense dont les béatitudes se font l’écho ne va pas sans un chemin dont l’Apocalypse nous dit qu’il est une épreuve. Epreuve de purification, épreuve de foi, épreuve d’Amour comme le précise st Jean. N’y aura-t-il donc que peu d’élus demandent ailleurs les disciples de Jésus craignant de ne pas en faire partie ? 144 000 répond l’Apocalypse. C’est peu si on le comprend littéralement comme le font à tort les témoins de Jehovah, oubliant que ce livre est un livre symbolique qui se poursuit d’ailleurs par la vision contradictoire d’une foule immense que nul ne pouvait dénombrer. Alors, il faudrait savoir peut-on compter le nombre des saints ou pas ? Il s’agit en fait de la multitude de ceux qui se sont laissé marquer par le sceau de Dieu de toute nation, tribus, peuple et langues.

Ce sceau, c’est le sceau de la charitéqui fait entrer dans la communion des saints. Au soir de notre vie dit Ste Thérèse nous serons jugés sur l’Amour. Tous les saints sont originaux parce que Dieu respecte le caractère et l’histoire personnelle de chacun. Ils sont donc inimitables mais tous ont en commun d’avoir traversé l’épreuve de leur vie sur terre avec amour. Ils ont triomphé du mal physique ou moral, la persécution, la maladie, la faim, l’injustice, les insultes, la pauvreté, la solitude par l’Amour qui soutenait leur espérance. Être saint, c’est laisser l’Amour du Christ être victorieux en nous de tous les mouvements mauvais que le mal suscite : colère, tristesse, envie, jalousie, paresse… Tout cela peut être dépassé par un regard vers le ciel. 

C’est cela la sainteté. Ce n’est pas un héroïsme, ô non ! et plutôt le contraire de l’héroïsme toujours teinté d’orgueil, c’est s’efforcer dans la faiblesse de laisser l’Amour de Dieu prendre le dessus en ne cédant rien au mal qui nous en détourne. La sainteté, disait St François de Sales, c’est rien par la force, tout par Amour. La sainteté, c’est un regard vers la croix quand la tentation survient, c’est un appel vers le ciel : « Jésus Christ, fils de Dieu sauveur prend pitié de moi pécheur ! », c’est le souvenir que nous sommes ainsi appelés à demeurer dans la main du Père, c’est la volonté de satisfaire Dieu et nos frères en chaque occasion. 

Alors en cette fête de la Toussaint demandons l’aide de ceux qui nous ont précédés pour avancer sur ce chemin de la béatitude. Repérons un défaut particulier et la qualité contraire pour nous entrainer à pratiquer cette qualité plutôt que de combattre de front ce défaut qui ne risquerait alors que de s’amplifier. Par exemple, plutôt que de nous mettre en colère, apprenons à demander la grâce de Dieu pour cultiver la douceur et la patience lorsque nous sommes en présence de quelqu’un qui nous irrite. Si nous sommes d’un naturel oisif ou égoïste, engageons-nous dans une œuvre pour le Seigneur et le service de nos frères par Amour pour Dieu. Souvenons-nous de Ste Thérèse qui s’est sanctifiée en ramassant des épingles par charité dans les couloirs de son couvent. Ainsi, en multipliant les petites choses toutes humbles accomplies avec Amour nous laissons le sceau de Dieu pénétrer en nous et gravissons dans sa main les marches de la béatitude pour compter parmi ces amis qui nous y aident et que nous fêtons aujourd’hui. Amen

P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du Deutéronome (Dt 6, 2-6)

« Écoute, Israël : Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur » 

PSAUME: (Ps 17 (18), 2-3, 4, 47.51ab)  R/ Je t’aime, Seigneur, ma force. (Ps 17, 2a)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre aux hébreux (He 7, 23-28)

« Jésus, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas » 

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 28b-34)
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. Tu aimeras ton prochain » 

 

Homélie Dimanche 31 TOB

Les commandements du Seigneur nous conduisent vers un pays ruisselant de lait et de miel, qui figure le plus grand bonheur. Ils le font par le chemin de l’Amour. Dieu nous a aimé le premier en nous créant à son image et en nous appelant à partager ce qu’il est lui-même : l’Amour. 

Mais qu’il nous est difficile de marcher sur ce chemin pourtant si joyeux et paisible. Ce qui nous en détourne, c’est le repli sur nous même plutôt que l’ouverture à Dieu et aux autres. Les prêtres de l’ancienne alliance avaient donc pour principale mission de restaurer la relation avec Dieu et avec les autres. Malgré leurs propres faiblesses, ils l’accomplissaient par des rites dans le Temple dont la vocation était justement de manifester communautairement cette alliance. Elle était toujours à recommencer, toujours, imparfaite puisque ce n’est que dans le Christ, vrai Dieu et vrai homme que se réalise pleinement cette alliance d’Amour dans une parfaite concorde des volontés. 

L’Eglise n’a d’autre mission que de continuer cette alliance établie dans le Christ pierre angulaire du temple saint que nous formons ensemble chaque fois qu’unis dans une même charité nous louons le Seigneur. Nos communautés sont fondées sur la foi. Celle de Pierre qui reconnait le Chrsit-messie et à qui Jésus répond : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié au ciel. C’est ce que nous aurions lu aujourd’hui si nous avions fêté la dédicace des Eglises dont on ne connait pas la date de consécration. Mais c’est la même réalité que nous voyons chez ce scribe de l’Evangile. Il est mû par le désir de plaire à Dieu et d’accomplir les commandements le plus parfaitement possible. Il cherche en un mot à accorder sa volonté aux desseins de Dieu. Telle est la vrai foi qui met en Dieu sa confiance et le cherche de tout son cœur. Et Jésus lui répond par un impératif relationnel : tu aimeras Dieu et ton prochain : c’est l’exercice de la charité envers Dieu et les hommes. 

Fort de cette règle de vie qu’il s’efforce d’appliquer ce scribe participe au royaume de Dieu. Jésus reconnait en lui un saint en chemin. Alors pour nous entendre dire à nous aussi tu n’es pas loin du royaume de Dieu, il est important de nous rappeler que notre vie chrétienne n’est pas l’appartenance à une institution ou à un courant de pensée, ce à quoi on réduit parfois l’Eglise à tort. La vie chrétienne n’a d’autre mesure que l’Amour que nous portons à Dieu et à nos frères dans la prière comme dans l’action : le culte et la bienfaisance. L’Eglise est une médiation au service de l’Amour en permettant la constitution de communautés tournées vers le ciel et les réalités ultimes et fondamentales de notre existence. Les prêtres sont au service de la foi de chacun. Par les sacrements, l’enseignement et l’accompagnement ils ont pour mission d’édifier le corps du Christ que nous formons ensemble chaque fois que nous nous ouvrons et exerçons ce double commandement de l’Amour. 

En donnant le Christ réellement présent dans l’Eucharistie, le prêtre actualise l’offrande du Christ sur la croix par laquelle nous communions les uns avec les autres à la vie même de Dieu. 

Laissons-nous donc transfigurer par lui, nous détournant de nous-même, pour nous tourner comme ce scribe vers le Christ et vers nos frères en lesquels ils se donne et entendre à notre tour la source même de la vie bienheureuse et de l’amour nous dire : tu n’es pas loin du Royaume des cieux. Amen

P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Jérémie (Jr 31, 7-9)

« L’aveugle et le boiteux, je les fais revenir »

PSAUME: (Ps 125 (126), 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre aux hébreux (He 5, 1-6)

« Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité »

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 10, 46b-52)

« Rabbouni, que je retrouve la vue »

30èmeDIMANCHE ORDINAIRE B 2021

 Le peuple d’Israël est en exil à Babylone. Dieu va organiser le retour du peuple dans la joie : « Voici que je fais revenir du pays du nord, l’aveugle, le boiteux, la femme enceinte, la jeune maman. »Dieu sauve son peuple de l’exil.

Dans l’Evangile, Bartimée , c’est un aveugle. Il est assis sur le bord du chemin. Il est seul dans sa nuit. Il est comme un exilé sur cette terre. Il attend un retour à une vie meilleure.

Il entend le bruit d’une foule qui arrive. « C’est Jésus qui passe sur la route. »lui dit-on. Il n’a pas fallu longtemps à Bartimée pour comprendre la chance qui se présentait à lui. Il ne pense plus à de grosses aumônes ou à quelques paroles de réconfort. Il entrevoit immédiatement sa guérison, son salut, son retour à la vie normale. Il a entendu parler de Jésus. Il sait ce qu’il a réalisé pour d’autres… Aujourd’hui, ça y est, il est sûr que ça va marcher pour lui. Il se met à crier de toutes ses forces : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »Et ça marche : Jésus s’arrête et l’interpelle. Bartimée n’y tient plus, il bondit, il jette son manteau et court vers Jésus.

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »Jésus connait très bien la réponse mais il laisse à l’aveugle le soin de s’exprimer :« Rabbouni, que je retrouve la vue ! »

Bartimée, c’est chacun de nous, aveugles sur le bord du chemin. Oui, nous sommes des aveugles quand nous ne voulons pas voir Dieu dans la beauté de sa création…

Nous sommes des aveugles quand nous salissons la pureté d’un enfant.

Nous sommes des aveugles quand nous nous faisons de fausses idées sur Dieu : nous inventons un dieu qui est prêt à nous juger, à nous condamner, alors qu’il est miséricordieux et toujours prêt à nous pardonner…

Nous sommes des aveugles lorsque nous n’arrivons pas à découvrir la présence de Jésus dans chacun de nos frères…

Nous sommes des aveugles et Bartimée nous donne une bonne leçon parce que lui, il est plein d’humilité, plein de foi, de confiance. Il sait que Jésus peut tout pour lui. Il n’hésite pas un seul instant : il bondit, il court vers lui : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »Et guéri de son mal, il se met à la suite de Jésus.

« Que veux-tu que je fasse pour toi » ? Maintenant, cette interrogation de Jésus prend tout son sens. Et c’est à nous qu’il s’adresse : 

« Veux-tu voir avec tes yeux de chair, comme tout le monde ? Ou bien veux-tu voir aussi avec ton cœur ?Veux-tu voir, veux-tu  me reconnaître  chaque fois que je  passe dans ta vie ? Je passe souvent mais pour me reconnaître, tes yeux de chair ne suffisent pas. 

Dans la prière, dans l’Eucharistie, dans tous les sacrements, c’est moi qui passe, qui te fortifie, moi qui t’invite à partager mon amour et tu as la tête ailleurs...« Que veux-tu que je fasse pour toi » ?

 Seigneur tu m’as donné des yeux de chair, et je t’en remercie, mais ce que j’aimerais que tu fasses c’est de me donner des yeux du cœur, des yeux pleins d’amour 

*Pour que jamais plus, tu passes près de moi sans que je te reconnaisse. 

*Pour que toutes les merveilles de la terre soient une prière de louange et d’action de grâce.

 *Pour que je sois persuadé de ta présence dans mes frères, même dans les petits, les enfants et les plus pauvres. 

*Pour que je sois enfin convaincu que tu m’invites chez toi dans ton royaume pour me combler de Bonheur, avec tous mes frères.   Amen  

P Paul BERTHIER 

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Isaïe( Is 53, 10-11)
PSAUME: (Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre aux Hébreux (He 4, 14-16)

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 10, 35-45)

Homélie 29TOB

Chers frères et sœurs, si nous voulons avoir part à la Gloire du Christ que chacun se demande comment il peut servir aujourd’hui. Le fils de l’homme en effet n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour les multitudes. Nous aussi, nous devons nous servir les uns les autres. C’est ainsi qu’il est le grand prêtre, médiateur d’une alliance nouvelle entre Dieu et les hommes. C’est ainsi que nous exerçons notre sacerdoce baptismal. Par ses souffrances, il se charge de nos fautes et nous sommes guéris. Par l’offrande de sa vie il nous libère de nos tourments. Ainsi nous appelle-t’il aussi à porter le fardeau de nos frères et à nous offrir nous-même pour prendre soin des autres. 

C’est une conversion radicale, un 180° de nos conceptions habituelles. Nous vivons en cela un moment historique, précipité par les évènements récents des abus sexuels dans l’Eglise qui imposent une purification profonde. Cet Evangile du service était annoncé dès l’origine lorsque le Christ lava les pieds de ses disciples, leur demandant de faire de même. Si vous ne vous servez pas les uns les autres aurait-il pu leur dire, vous n’aurez pas de part avec moi. Le Concile Vatican II a encouragé cette participation active de tous les fidèles mais jamais ne s’est-elle présentée d’une manière aussi exigeante que maintenant que nous sommes humiliés comme le Christ en sa passion, défiguré par le péché des hommes. Une page de l’histoire de l’Eglise se tourne, comme la trahison de Juda fût un tournant dans la vie du Seigneur. On peut s’en inquiéter car il n’est jamais aisé de quitter le confort que nous avons connu à une place d’autorité. Mais on peut aussi s’en réjouir en considérant que nous n’avons jamais été aussi près du Royaume qu’en demeurant au pied de la croix qui l’inaugure. Ce royaume en effet n’est pas fait des honneurs et de la puissance dominatrice ordinaire des hommes, il est fait d’humilité et de don de soi. S’il passe par une mort, c’est pour une résurrection. 

A cette Pâque, ce passage libérateur et rédempteur, nous sommes aujourd’hui invités à prendre part en trouvant notre place de serviteur dans une église servante et pauvre. Si les tentatives de renouveau de l’Eglise ont échoué jusqu’alors, c’est peut-être qu’il y avait toujours cette question lancinante de savoir qui aurait la première place. A cette question Jésus répond par un appel à recevoir son baptême de sang et à boire à sa coupe. Autrement dit à substituer à nos schémas institutionnels hiérarchisés le modèle d’une fraternité de pairs où chacun œuvre pour le bien de tous. C’est cela la vraie synodalité, cette démarche dans laquelle nous entrons aujourd’hui non pas pour faire de l’Eglise une caricature de démocratie car cela encore est institutionnel, mais pour servir ensemble chacun selon ses charismes comme membres d’un même corps. Il est temps de prendre conscience que l’Eglise c’est nous, chacun de nous et pas seulement les prêtres, les évêques ou le pape dont on aurait tout à attendre sans rien faire nous-mêmes… en consommateurs. 

Puisque l’Eglise n’est plus à la première place dans le monde, il n’y a plus d’honneurs à en attendre et c’est une bonne nouvelle : c’est désormais le moment favorable où tout orgueil et égoïsme sera démasqué et où les humbles seront exaltés. Il est donc venu le temps de la fin où s’ouvre la porte du banquet des noces de l’Agneau. Mais elle est étroite et seuls les humbles dépossédés des richesses de ce monde pourront y entrer et goûter la joie et la paix des bons serviteurs. Large au contraire est le chemin de perdition pour ceux qui restent attachés à leurs convoitises et briguent les premières places. 

Il n’y a plus de délais pour nous mettre au service dans cette église nouvelle, celle du Christ qui s’offre sur la Croix pour la vie de ses frères. C’est maintenant l’heure du Salut offert à toutes les âmes de bonne volonté. L’ancien monde s’en est allé, mais au-delà de sa mort, un ciel nouveau pointe déjà. Nous avons dans la Bièvre un temps d’avance puisque nous réfléchissons depuis plus d’un an à l’Eglise que nous voulons vivre ensemble pour que chacun trouve à s’y impliquer. A nous de saisir cette opportunité de bâtir le Royaume qui vient en recevant la cité sainte qui descend du ciel jusqu’à nous dans le souffle de l’Esprit. 

P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « À côté de la sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse » (Sg 7, 7-11)

PSAUME Rassasie-nous de ton amour, Seigneur : nous serons dans la joie.(Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)

DEUXIÈME LECTURE : « La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)

ÉVANGILE : « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30)

 

Homélie pour dimanche 28TOB

Qu’est-ce que la sagesse ? Dans l’ancien Testament on apprend qu’elle préside à toute la création du monde. D’un mot, elle lui donne ordre et mesure. Elle est parfois personnifiée et partage l’éternité de Dieu. Le roi Salomon la demande dans une belle prière dont nous avons lu un extrait pour pouvoir gouverner son royaume. Cette sagesse communiquée par Dieu est alors perçue comme une aptitude pratique. Elle est un savoir-faire permettant d’être un bon roi, ou un bon artisan. Elle oriente ainsi toute chose vers son Bien. 

C’est ce qui fait courir le jeune homme de l’Evangile avide de savoir quoi faire pour obtenir le bien suprême, la vie éternelle. A sa question, Jésus le renvoie aux 10 commandements qui disent le bien à accomplir et le mal à éviter. Mais lui semble vouloir davantage, alors Jésus l’invite à le suivre, parce que la vraie sagesse, c’est lui, le vrai bien c’est lui, le verbe de Dieu qui conduit toute chose vers son plein accomplissement c’est lui, la parole de vérité qui éclaire nos choix de vie c’est lui. Avec Jésus la religion n’est donc plus une affaire de morale « permis, défendu », de préceptes à suivre pour être en règle. Elle n’est plus une orthopraxie, elle devient un chemin, une relation qui nous relie à Dieu, source de tout Amour. 

C’est à la fois très libérant et très exigeant. Libérant parce qu’on n’est plus enfermé dans une manière de faire mais exigeant parce que l’Amour réclame d’être toujours à l’écoute de l’autre plus que de soi-même. L’Amour appelle une disponibilité de cœur, un détachement, une ouverture, une aptitude à l’abandon, à se laisser déranger, au changement. Et cela peut être plus inconfortable finalement que d’appliquer bêtement une tâche que l’on maitrise. Mais c’est justement là la dignité de l’homme. Il n’exécute pas un programme comme une machine, il a reçu la capacité de discerner le bien par son intelligence éclairée par une conscience droite et la force de l’accomplir par une vertu entrainée avec le soutien de la grâce. 

Cela semble trop difficile à ce jeune homme de l’Evangile parce qu’il n’a pas un cœur de pauvre. Il veut bien faire, mais il n’est pas prêt à recevoir, il n’accueille finalement pas la parole qui l’invite simplement à aimer, à suivre, à entrer en relation. Il se prive ainsi de la meilleure part et s’en va tout triste. Celui qui veut posséder pour lui-même perd tout, à commencer par la joie et la paix. La vraie sagesse au contraire accomplit tout bien en se rendant attentif et prompt à répondre à toute sollicitation extérieure : « Suis-moi ». Cette seule parole juge des intentions du cœur profond, parce qu’elle met en mouvement sans se contenter d’une vague promesse. Elle fait passer du désir à l’acte et nous interpelle aujourd’hui ? Et toi : Es-tu prêt à me suivre jusque dans ta souffrance et ta mort pour atteindre la vie éternelle ? Es-tu prêt à te mettre en route à la rencontre de tes frères ? Es-tu prêt à aller de l’avant dans l’Espérance du Royaume que Dieu vous a préparé ou veux-tu partir toi aussi bâtir ailleurs tes châteaux en Espagne? 

L’actualité éprouve notre foi, notre quotidien suscite une charité renouvelée, plus engageante et héroïque mais notre Espérance est dans le nom du Seigneur qui fait tout contribuer au bien de ceux qui mettent en lui leur confiance. La voilà la vraie sagesse que nous demandons dans ce sacrement qui accomplit toute chose nouvelle. Amen

P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « Tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 18-24)

PSAUME: (Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-6)  

DEUXIÈME LECTURE : « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine » (He 2, 9-11)

ÉVANGILE  : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10, 2-16)

Homélie pour le Dimanche 27 TOB

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! Cette injonction de l’Evangile se réfère à la première lecture du livre de la Genèse qui nous révèle l’intention créatrice de Dieu pour l’homme et la femme : Que tous deux reconnaissant leur équivalente dignité ne fassent plus qu’une seule chair. Cette intention est au fondement du sacrement du mariage qui réalise une alliance indissoluble à l’image de l’Amour de Dieu pour les hommes. Plus largement, cela nous rappelle notre vocation fondamentale à l’unité et à la stabilitédans l’Amour. Que tous soient uns dit ailleurs Jésus dans son testament spirituel (Jn17,21). C’est ainsi qu’il nous faut comprendre que le Royaume des cieux n’est ouvert qu’à ceux qui l’accueillent à la manière d’un enfant.

C’est en effet une qualité de l’enfant de ne vouloir faire qu’un avec ceux qui l’aiment, de chercher la sécurité auprès de ceux sur qui il sait pouvoir compter. L’enfant fait spontanément confiance et cherche naturellement le contact, il s’ouvre au monde et s’émerveille. C’est ce qui les fait courir vers Jésus qui s’élève contre ceux qui voudraient les en empêcher et les montre au contraire comme exemple. Ah si seulement nous pouvions brûler du même désir que ces petits de demeurer auprès de Dieu ! 

Cette réaction de Jésus doit nous faire prendre conscience de la conversion que nous devons opérer sur trois plans :

1/ laissez venir à moi les petits enfants : Les parents et éducateurs qui privent leurs enfants de la connaissance de Dieu portent une lourde faute dont ils devront rendre compte. Ils étouffent leur potentiel religieux et ferment leur âme lorsqu’ils ne satisfont pas à son besoin de s’épanouir dans la connaissance de Dieu. Ne pas les baptiser en prétendant qu’ils choisiront plus tard revient à les soumettre à l’emprise du mal en les privant des secours de la grâce. Comment choisiront-ils alors, celui dont on les aura alors délibérément éloignés ? Et comme il y a toujours un enfant qui sommeille en nous, nous sommes pareillement coupables de ne pas entretenir cette soif de Dieu en nous-mêmes ou de ne pas répondre à celle des autres. C’est un préjudice énorme de ne pas favoriser l’union des cœurs à Dieuautour de nous et la cause principale des maux qui ébranlent tant les familles que nos sociétés de plus en plus clivées. 

2/ Accueillir le royaume de Dieu à la manière d’un enfant : c’est retrouver cet élan spontané qui porte les enfants vers Jésus parce qu’ils reconnaissent en lui l’Amour et la vérité, l’assurance d’une bienveillance inamovible. Or nous vivons dans une société liquide comme nous en mettait en garde le pape Benoit XVI. On divorce comme on change de chemise, on supprime la vie des plus fragiles qui dérangent notre confort, on change les lois au gré des opinions fluctuantes, on abuse de l’innocence des petits. Mais tandis que ce monde bouge sans cesse privant chacun de repères fiables pour se construire, la croix du Christ elle, demeure, comme le dit la belle devise des chartreux. Voilà donc ce sur quoi nous devons reconstruire des relations de confiance : accueillir le don de Dieu offert au monde et nous efforcer de nous y conformer par l’offrande inconditionnelle de nous-mêmes. Dans nos états de vie comme au travail, il nous faut retrouver la fermeté de nos engagements, la rigueur de nos exigences pour le bien, la fidélité à la parole donnée

3/ Jésus les embrassait et les bénissait :Voilà à quels gestes simples de charité nous sommes invités. Il n’est pas normal de ne rester qu’entre nous, de ne pas aller vers une nouvelle famille qui arrive dans nos villages, nos paroisses ou telle ou telle réunion ou communauté. Soyons attentifs et attentionnés à chacun pour ne laisser personne seul privé de cette affection et du bien que le Christ prodigue à tous. Soyons au contraire les porteurs de cette joie de l’Amour fraternel autour de nous. 

Alors que nous nous préparons au choc de la révélation des crimes abominables de ceux qui ont trahi la confiance des enfants dans l’Eglise. Il nous incombe à tous, solidairement de rebâtir les bases d’une communauté vraiment unie et stable dans l’Amour en nous accueillant les uns les autres avec bienveillance comme le Christ qui laissait venir à lui tous ces petits. Amen

Père Charles BONIN

10 OCTOBRE 2021 Homélie 28 Dim TOB - Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « À côté de la sagesse, j’ai tenu pour rien la richesse » (Sg 7, 7-11)

PSAUME Rassasie-nous de ton amour, Seigneur : nous serons dans la joie.(Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)

DEUXIÈME LECTURE : « La parole de Dieu juge des intentions et des pensées du cœur » (He 4, 12-13)

ÉVANGILE : « Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-30)

 

Homélie pour dimanche 28TOB

Qu’est-ce que la sagesse ? Dans l’ancien Testament on apprend qu’elle préside à toute la création du monde. D’un mot, elle lui donne ordre et mesure. Elle est parfois personnifiée et partage l’éternité de Dieu. Le roi Salomon la demande dans une belle prière dont nous avons lu un extrait pour pouvoir gouverner son royaume. Cette sagesse communiquée par Dieu est alors perçue comme une aptitude pratique. Elle est un savoir-faire permettant d’être un bon roi, ou un bon artisan. Elle oriente ainsi toute chose vers son Bien. 

C’est ce qui fait courir le jeune homme de l’Evangile avide de savoir quoi faire pour obtenir le bien suprême, la vie éternelle. A sa question, Jésus le renvoie aux 10 commandements qui disent le bien à accomplir et le mal à éviter. Mais lui semble vouloir davantage, alors Jésus l’invite à le suivre, parce que la vraie sagesse, c’est lui, le vrai bien c’est lui, le verbe de Dieu qui conduit toute chose vers son plein accomplissement c’est lui, la parole de vérité qui éclaire nos choix de vie c’est lui. Avec Jésus la religion n’est donc plus une affaire de morale « permis, défendu », de préceptes à suivre pour être en règle. Elle n’est plus une orthopraxie, elle devient un chemin, une relation qui nous relie à Dieu, source de tout Amour. 

C’est à la fois très libérant et très exigeant. Libérant parce qu’on n’est plus enfermé dans une manière de faire mais exigeant parce que l’Amour réclame d’être toujours à l’écoute de l’autre plus que de soi-même. L’Amour appelle une disponibilité de cœur, un détachement, une ouverture, une aptitude à l’abandon, à se laisser déranger, au changement. Et cela peut être plus inconfortable finalement que d’appliquer bêtement une tâche que l’on maitrise. Mais c’est justement là la dignité de l’homme. Il n’exécute pas un programme comme une machine, il a reçu la capacité de discerner le bien par son intelligence éclairée par une conscience droite et la force de l’accomplir par une vertu entrainée avec le soutien de la grâce. 

Cela semble trop difficile à ce jeune homme de l’Evangile parce qu’il n’a pas un cœur de pauvre. Il veut bien faire, mais il n’est pas prêt à recevoir, il n’accueille finalement pas la parole qui l’invite simplement à aimer, à suivre, à entrer en relation. Il se prive ainsi de la meilleure part et s’en va tout triste. Celui qui veut posséder pour lui-même perd tout, à commencer par la joie et la paix. La vraie sagesse au contraire accomplit tout bien en se rendant attentif et prompt à répondre à toute sollicitation extérieure : « Suis-moi ». Cette seule parole juge des intentions du cœur profond, parce qu’elle met en mouvement sans se contenter d’une vague promesse. Elle fait passer du désir à l’acte et nous interpelle aujourd’hui ? Et toi : Es-tu prêt à me suivre jusque dans ta souffrance et ta mort pour atteindre la vie éternelle ? Es-tu prêt à te mettre en route à la rencontre de tes frères ? Es-tu prêt à aller de l’avant dans l’Espérance du Royaume que Dieu vous a préparé ou veux-tu partir toi aussi bâtir ailleurs tes châteaux en Espagne? 

L’actualité éprouve notre foi, notre quotidien suscite une charité renouvelée, plus engageante et héroïque mais notre Espérance est dans le nom du Seigneur qui fait tout contribuer au bien de ceux qui mettent en lui leur confiance. La voilà la vraie sagesse que nous demandons dans ce sacrement qui accomplit toute chose nouvelle. Amen

P Charles BONIN

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03 OCTOBRE 2021 Homélie 27 Dim TOB - Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « Tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2, 18-24)

PSAUME: (Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-6)  

DEUXIÈME LECTURE : « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés doivent tous avoir même origine » (He 2, 9-11)

ÉVANGILE  : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10, 2-16)

Homélie pour le Dimanche 27 TOB

Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! Cette injonction de l’Evangile se réfère à la première lecture du livre de la Genèse qui nous révèle l’intention créatrice de Dieu pour l’homme et la femme : Que tous deux reconnaissant leur équivalente dignité ne fassent plus qu’une seule chair. Cette intention est au fondement du sacrement du mariage qui réalise une alliance indissoluble à l’image de l’Amour de Dieu pour les hommes. Plus largement, cela nous rappelle notre vocation fondamentale à l’unité et à la stabilitédans l’Amour. Que tous soient uns dit ailleurs Jésus dans son testament spirituel (Jn17,21). C’est ainsi qu’il nous faut comprendre que le Royaume des cieux n’est ouvert qu’à ceux qui l’accueillent à la manière d’un enfant.

C’est en effet une qualité de l’enfant de ne vouloir faire qu’un avec ceux qui l’aiment, de chercher la sécurité auprès de ceux sur qui il sait pouvoir compter. L’enfant fait spontanément confiance et cherche naturellement le contact, il s’ouvre au monde et s’émerveille. C’est ce qui les fait courir vers Jésus qui s’élève contre ceux qui voudraient les en empêcher et les montre au contraire comme exemple. Ah si seulement nous pouvions brûler du même désir que ces petits de demeurer auprès de Dieu ! 

Cette réaction de Jésus doit nous faire prendre conscience de la conversion que nous devons opérer sur trois plans :

1/ laissez venir à moi les petits enfants : Les parents et éducateurs qui privent leurs enfants de la connaissance de Dieu portent une lourde faute dont ils devront rendre compte. Ils étouffent leur potentiel religieux et ferment leur âme lorsqu’ils ne satisfont pas à son besoin de s’épanouir dans la connaissance de Dieu. Ne pas les baptiser en prétendant qu’ils choisiront plus tard revient à les soumettre à l’emprise du mal en les privant des secours de la grâce. Comment choisiront-ils alors, celui dont on les aura alors délibérément éloignés ? Et comme il y a toujours un enfant qui sommeille en nous, nous sommes pareillement coupables de ne pas entretenir cette soif de Dieu en nous-mêmes ou de ne pas répondre à celle des autres. C’est un préjudice énorme de ne pas favoriser l’union des cœurs à Dieuautour de nous et la cause principale des maux qui ébranlent tant les familles que nos sociétés de plus en plus clivées. 

2/ Accueillir le royaume de Dieu à la manière d’un enfant : c’est retrouver cet élan spontané qui porte les enfants vers Jésus parce qu’ils reconnaissent en lui l’Amour et la vérité, l’assurance d’une bienveillance inamovible. Or nous vivons dans une société liquide comme nous en mettait en garde le pape Benoit XVI. On divorce comme on change de chemise, on supprime la vie des plus fragiles qui dérangent notre confort, on change les lois au gré des opinions fluctuantes, on abuse de l’innocence des petits. Mais tandis que ce monde bouge sans cesse privant chacun de repères fiables pour se construire, la croix du Christ elle, demeure, comme le dit la belle devise des chartreux. Voilà donc ce sur quoi nous devons reconstruire des relations de confiance : accueillir le don de Dieu offert au monde et nous efforcer de nous y conformer par l’offrande inconditionnelle de nous-mêmes. Dans nos états de vie comme au travail, il nous faut retrouver la fermeté de nos engagements, la rigueur de nos exigences pour le bien, la fidélité à la parole donnée

3/ Jésus les embrassait et les bénissait :Voilà à quels gestes simples de charité nous sommes invités. Il n’est pas normal de ne rester qu’entre nous, de ne pas aller vers une nouvelle famille qui arrive dans nos villages, nos paroisses ou telle ou telle réunion ou communauté. Soyons attentifs et attentionnés à chacun pour ne laisser personne seul privé de cette affection et du bien que le Christ prodigue à tous. Soyons au contraire les porteurs de cette joie de l’Amour fraternel autour de nous. 

Alors que nous nous préparons au choc de la révélation des crimes abominables de ceux qui ont trahi la confiance des enfants dans l’Eglise. Il nous incombe à tous, solidairement de rebâtir les bases d’une communauté vraiment unie et stable dans l’Amour en nous accueillant les uns les autres avec bienveillance comme le Christ qui laissait venir à lui tous ces petits. Amen

Père Charles BONIN

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26 septembre 2021 Homélie 26 Dim TOB - Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » (Nb 11, 25-29)

PSAUME  (Ps 18 (19), 8, 10, 12-13, 14)

DEUXIÈME LECTURE : « Vos richesses sont pourries » (Jc 5, 1-6)

ÉVANGILE  : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)

 

Homélie 26 Dim TOB :

La première lecture et l’Evangile nous présentent des dissidents qui agissent pourtant au nom et pour la gloire de Dieu. On dirait aujourd’hui des personnes qui ne sont pas de l’Eglise, n’appartiennent pas à notre communauté mais se proclament du Christ. On les regarde avec suspicion, comme autrefois les juifs ou les disciples à l’égard de ceux qui ne sont pas du groupe. Dieu nous met en garde contre cette attitude : L’appartenance ne suffit pas et en tous cas ne limite pas la grâce de Dieu. Il faut agir en cohérence avec notre amitié pour le Christ par une pratique constante de la charité.

1/ Ainsi, il ne suffit pas de prétendre suivre Jésus en apparence pour être son disciple, il faut porter sa parole selon la grâce du baptême qui fait de nous des prophètes et lutter contre le mal en chassant tout ce qui l’alimente. Ces actions sont à notre portée et il est de notre devoir de chrétien de les accomplir. Chaque jour une parole de Dieu devrait éclairer notre journée et nous permettre d’apporter dans le monde la lumière de l’Evangile. « Ah si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes » s’exclame Moïse ! C’est toujours d’actualité et plutôt que d’envier ou de critiquer l’œuvre de tel ou tel chrétien ou communauté parce qu’elle n’est pas de notre sensibilité, retroussons nous les manches pour partager la Parole avec nos frères et voisins. Si elle nous fait vraiment vivre, nous devrions avoir davantage à cœur de la mettre en pratique et de la diffuser autour de nous.

2/ Pareillement n’allons pas croire que l’exorcisme est un pouvoir ésotérique de quelques prêtres tenu secret et exerçant son art dans un cabinet occulte. Exorciser, c’est demander à Dieu de faire sortir le mal. C’est ce que nous disons à chaque Notre Père en demandant : délivre nous du mal. Ce n’est donc pas l’apanage de quelques initiés mais un appel universel à se placer sous le nom de Jésus pour vivre de la pleine liberté des enfants de Dieu. Seulement nous n’y pensons pas toujours pour nous même et moins encore pour nos frères qui auraient pourtant parfois simplement besoin qu’on prie sur eux avec ferveur au nom de Jésus pour être libéré d’un poids ou d’une entrave. Osons ce geste et cette prière qui sauve sans en avoir honte ni timidité plutôt que de laisser aller ceux que nous aimons se perdre vers je ne sais quel guérisseur qui se révèlera au mieux charlatan au pire vraiment malfaisant. Ils sont plus nombreux qu’on ne le pense et l’on n’y prend pas garde. Seul le nom de Jésus sauve et le prier nous délivre du mal.

3/ Mais cette audace enthousiaste du vrai disciple qui proclame et délivre suppose une vraie liberté de cœur et c’est trop souvent ce qui nous manque lorsque nous nous attachons trop à nos richesses matérielles comme le dénonce la deuxième lecture. Pour porter efficacement la parole de vie et guérir autour de nous ceux qui souffrent comme nous y appelle le Seigneur, il nous faut être détachés. Celui qui amasse disperse sa vie en vain : ses richesses sont pourries dit l’Ecriture. Nous chrétiens sommes appelés à devenir des exemples de simplicité de vie et de détachement matériel. Nous devons être aux antipodes de la société de consommation pour porter l’Amour et l’attention à nos frères : C’est notre seule richesse.

Alors pour mettre en œuvre ces lectures devenir prophètes et guérir au nom du Christ, voici un geste concret à accomplir : commençons en ce début d’automne par vider nos placards de tout ce qui n’est pas utilisé er portons le au secours catholique. Nous ne tarderons pas à voir de réel progrès dans notre vie spirituelle : nous diffuserons la joie et nous libèrerons de bien des tourments. Traquons chez nous tout ce qui n’a pas servi depuis plus d’un an et offrons le au nom de Jésus, à ceux qui pourraient en avoir besoin et nous le verrons alors tout proche de nous ! Offrons à celui qui a moins et nous recevrons bien davantage ! Que cette Eucharistie nous fortifie dans cette résolution et fasse de nous des prophètes et des guérisseurs selon le cœur de Dieu. Amen.

P Charles BONIN

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19 SEPTEMBRE 2021 - Homélie 25 Dim TOB  Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE « Condamnons-le à une mort infâme » (Sg 2, 12.17-20)

PSAUME (Ps 53 (54), 3-4, 5, 6.8)

DEUXIÈME LECTURE « C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de paix » (Jc 3, 16 – 4, 3)

ÉVANGILE:  "Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le serviteur de tous"  (Mc 9,30-37)

Homélie 25 Dim TOB

Le désir de domination est fortement ancré au cœur de l’homme. Les lectures de ce jour nous le révèlent comme la racine de nombreux maux qui s’enchainent dans un cercle vicieux : convoitise, jalousie, rivalité, meurtre, guerre. Voilà bien la tactique du diable qui opère par étape : suggestion, délectation, consommation pour nous laisser finalement dans un grand désarroi lorsque nous succombons à ses tentations. Contre ce piège il est un remède efficace : l’humilité parce qu’elle rejette la tentation dans son principe, lorsque celle-ci est encore faible.

Le combat spirituel c’est comme la lutte contre un incendie. Au début un verre d’eau peut suffire mais si l’on ne fait rien, quelques minutes après il faut un seau et bien vite une citerne. De même, il nous est plus facile d’éteindre l’incendie des passions lorsqu’il vient de s’allumer que lorsqu’il embrase tout notre être. L’humilité c’est ce verre d’eau salutaire. Il est tout petit, si petit qu’on le mépriserait parfois en rêvant de grandes choses y compris de grands combats ou de nobles œuvres spirituelles. Pourtant c’est par la fidélité aux petites choses que le seigneur nous en confira de plus grandes.

Tu veux progresser sur le chemin de la vertu ? Apprend donc à servir avant de te hasarder vers d’orgueilleuses mortifications. Tu veux être grand au royaume des cieux ? Soit le serviteur de tous sur la terre et surtout des plus petits. Ne demande pas pour toi-même ce qui pourrait t’enrichir ou te glorifier aux yeux des hommes, accueille l’enfant qui se présente pauvre et fragile espérant de toi un peu d’attention sinon de compassion. Accueille surtout l’enfant qui est en toi. C’est lui qui frappe à la porte de ton cœur pour l’ouvrir à toi-même. Derrière lui, c’est le Christ lui-même qui se cache et t’appelle à descendre le rejoindre.

Si Dieu est venu jusqu’à nous sous les traits d’un enfant et s’il les a béni et présenté en exemple c’est qu’il n’y a pas d’autre chemin vers lui que la voie de l’enfance. Il n’y a pas de naissance spirituelle sans décroissance proportionnelle de l’orgueil. Cette kénose, ou le Fils de Dieu s’abaisse entre les mains de ses bourreaux, il nous faut nous aussi l’accomplir, non seulement individuellement mais aussi en famille et en paroisse qui sont les lieux privilégiés de l’exercice de la charité. C’est à mesure que nous nous abaissons que le Seigneur en effet nous relèvera. Telle est la vraie sagesse qui vient d’en haut, folie pour les hommes mais si pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie qu’elle contribue à faire l’unité et la joie profonde de ceux qui la pratiquent. Cela ne faut-il pas bien d’avantage qu’une brillante carrière ou tel ou tel pouvoir ?

Combien aujourd’hui sacrifient le salut de leur âme ou leur vie de famille à la gestion de leur carrière, ou pire à leurs loisirs, ou aux signes extérieurs de richesse qui ne font autour d’eux que des envieux qui auront tôt fait de se détourner d’eux au premier revers de fortune ? Entre nous, il ne doit pas en être ainsi. De plus en plus de jeunes ont compris la perversité de ce système et choisissent à rebours, de revenir à un mode de vie plus simple et authentique refusant d’être les esclaves de gloire éphémères et de paradis artificiels solitaires. Ils ont compris le sens profond du partage fraternel et de l’entraide communautaire dans l’humble labeur de chaque jour. Ils goutent la douceur de se savoir créature entre les mains de leur créateur et font l’expérience d’une bienveillance sans convoitise qui fait l’unité et la joie véritable des cœurs pauvres. Voilà les valeurs qu’enseignait st Joseph à Jésus dans l’intimité de la petite maison de Nazareth et de son atelier de charpentier. Voilà ce qu’à son école nous devons nous aussi retrouver en paroisse, oeuvrant ensemble paisiblement pour le bien de tous.

C’est ainsi que nous formerons une vraie famille évangélisatrice par son rayonnement. Demandons que la présence de Jésus-Eucharistie crée en nous des cœurs de pauvres, d’enfants et de serviteurs dévoués les uns aux autres et au service de sa Gloire plutôt que des consommateurs avides qui chercheraient d’abord leur seul intérêt. Seigneur donnes moi un cœur d’enfant pur et transparent comme une source, généreux et fidèle ; un cœur simple, qui ne cultive ni tristesse, ni rancune ou amertume; un cœur joyeux de se donner sans rien demander en retour, tendre et compatissant, doux et humble, pour œuvrer en priorité sur cette terre à former entre mes frères cette sainte famille que tu donnas à ton Fils, à Joseph et Marie comme un avant goût du ciel. Amen.

Père Charles BONIN

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19 septembre 2021 LA SALETTE- 175ème Anniversaire des Apparitions: Père Paul BERTHIER 

C’est quoi La Salette ? C’est tout d’abord deux enfants bien jeunes : 11 et 15 ans, incultes ou presque, ils ne savent que quelques mots de français. Ils ne se connaissent que depuis deux jours. Ils sont montés avec leurs bêtes, pour les conduire dans les pâturages de la montagne.

La Salette c’est aussi une belle dame que ces enfants vont découvrir là, au fond d’un petit ravin. Elle est entourée d’un globe de lumière, elle est assise sur un rocher, la tête dans les mains et elle semble écrasée d’une lourde charge.

La Belle Dame se lève et invite les enfants : « Avancez, mes enfants n’ayez pas peur… » Et les enfants découvrent qu’elle pleure : « J’ai bien vu couler ses larmes tout le temps qu’elle nous a parlé, » dira Mélanie. La Salette, c’est une Belle Dame toute de lumière ; et la lumière semblait venir d’un grand crucifix qu’elle portait sur sa poitrine. Et sur cette Croix, Jésus semblait vivant.

La Belle Dame nous montre Jésus en Croix. 5 ans après l’apparition, l’évêque de Grenoble dira que cette Belle Dame, c’est Marie la Mère de Dieu et que son apparition a bien eu lieu ici à La Salette. Voilà donc Marie qui vient nous montrer son Fils qui meurt sur la Croix : « Depuis le temps que je souffre pour vous autres et vous n’en faites pas cas. »

La Salette c’est aussi ce message où notre mère vient nous avertir au nom de son Fils, que nous faisons fausse route : « Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. » « Ceux qui conduisent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu. » « Faites-vous bien votre prière mes enfants ? » Le respect du nom de Dieu, le respect du dimanche et la prière telles sont les priorités que Marie vient nous rappeler.

La Salette c’est aussi une mère qui vient avertir ses enfants, les inviter à la conversion et elle le fait avec ses larmes. Oui, elle pleure. Une mère qui aime ses enfants fera tout pour leur demander d’arrêter leur mauvaise conduite. Marie, la Mère de Dieu est venue nous avertir, nous supplier de changer : ses larmes, c’est son dernier recours.

Cette visite de la Reine du ciel, bien loin de nous attrister, doit nous redonner courage ; si Marie se déplace pour venir nous mettre devant nos responsabilités c’est que rien n’est perdu, tout peut encore changer. « S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre se trouveront ensemencées dans les champs. » Vous allez me dire que l’on n’a jamais vu des rochers devenir du blé, c’est vrai, mais on peut très bien voir deux personnes se réconcilier… On n’a jamais vu des pommes de terre pousser d’elles mêmes dans les champs mais on peut bien avoir vu des gens qui se pardonnent, qui renouent des liens brisés par orgueil ou par égoïsme. Le père Schlewer dans son livre "Choisissez donc la Vie", nous dit : « Le mal de Dieu c’est le mal de l’homme. » Tant qu’un homme souffrira sur la terre, les larmes de Marie ne pourront pas s’arrêter et son Fils restera à souffrir sur sa Croix.

Ne croyez-vous pas qu’il est temps pour nous de faire quelque chose ? Allons-nous laisser notre Mère pleurer sur ses gosses qui ne veulent rien savoir de sa peine ? Resterons-nous sans rien faire devant le Fils de Dieu qui meurt sur la Croix et devant la misère de nos frères autour de nous ? 

Père Paul BERTHIER

 

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12 septembre 2021 - 24ème DIMANCHE  ORDINAIRE. Homélie Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE « J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient » (Is 50, 5-9a)

DEUXIÈME LECTURE « La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (Jc 2, 14-18)

ÉVANGILE « Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup » (Mc 8, 27-35)

Homélie pour le 24e Dim TOB.

Accepter sa croix comme instrument de Salut.

 

Beaucoup du temps de Jésus s’interrogeaient sur son identité et cela créait des divisions. Aujourd’hui, on ne s’interroge plus beaucoup mais les divisions sont encore plus sévères sur des sujets de bien moindre importance et la confusion d’alors n’est peut-être rien comparée à celle de nos jours. Pierre pourtant trouve la solution, la clé, toujours actuelle, de bien des tourments : « Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant ». Ce cri de la foi inspiré par le Père lui-même sauve comme la lumière d’un phare dans la nuit. Le nom de Jésus prononcé avec ferveur est l’ancre sûre qui nous tient ferme et paisible dans les plus violentes tempêtes dont le Fils de l’homme prévient ses disciples pour qu’ils ne se méprennent pas sur ce qui va arriver.

En effet, la souffrance, le rejet, la mort, qu’il annonce, c’est l’itinéraire du Salut déjà prophétisé par Isaïe dans le chant su serviteur souffrant. Peut-il en être autrement pour nous ? C’est peu probable car « le disciple n’est pas au dessus de son maître » et « Ma coupe vous la boirez » nous dit ailleurs Jésus. Ce que le Christ a vécu, nous qui sommes les membres de son corps, sommes appelés à le vivre également et les similitudes entre le temps de jadis et notre temps ne sont que les signes intemporels qu’il nous faut suivre le Christ dans sa passion et sa mort pour avoir part à sa résurrection. Ce n’est peut-être pas réjouissant mais force et de constater que la croix s’impose souvent dans nos vies malgré nous et suscite un légitime mouvement de répulsion que le Christ lui-même a vécu : « Je suis triste à en mourir » « Maintenant, mon âme est troublée et que Dire ? Père sauve moi de cette heure ? Mais non c’est pour cette heure que je suis venu» Comme Jésus dans son agonie, il est bien humain de demander à Dieu « s’il te plait éloigne de moi cette coupe » mais il nous faut apprendre de lui à ajouter « cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse mais la tienne ». Allons-nous refuser ces épreuves si elles peuvent être l’instrument de notre rédemption ?

Qu’il nous est difficile de comprendre et d’accepter qu’à travers la souffrance Dieu nous ouvre à une plus grande Gloire si nous apprenons à dépasser la révolte pour entrer dans un saint abandon confiant en sa miséricorde. Pourtant, nous sommes prévenus et nous le savons, même si nous ne voulons pas le voir, individuellement ou collectivement, seul ou en Eglise, nous allons tous devant une mort, une douloureuse dépossession de nous-mêmes, de ce qui nous constitue et nous est le plus familier, ne serait-ce qu’en vertu du principe physique d’entropie qui fait que tout s’use…. Ce serait donc s’illusionner de croire que nous allons vers des jours meilleurs et ce n’est pas être grand prophète que d’annoncer que de grands troubles et bouleversements sont devant nous. Nous sommes alors placés devant l’alternative de nous agripper anxieusement à tout ce qui ne peut que disparaitre ou de l’abandonner pour nous tourner vers ce qui demeurera pour l’éternité et nous y consacrer : l’amour

Telle est l’œuvre dont nous parle St Jacques : se préparer au Royaume qui vient, si nous sommes mûs par la foi et l’espérance en cet avènement promis, c’est gouverner sa vie dans la charité. Que notre confiance en Dieu s’incarne donc dans l’attention fraternelle que nous nous portons les uns aux autres. C’est le plus sûr moyen de demeurer ferme et paisible lorsque les épreuves surviendront. Il n’y a que l’Amour en effet qui nous permet de porter notre croix et d’obtenir le Salut, la foi seule ne peut y suffire. C’est bien pourquoi Jésus dit à Pierre malgré sa belle profession de foi : « passe derrière moi Satan, tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes ». La suggestion de Pierre d’éviter la passion était en fait une tentation qui risquait de le détourner du don de lui-même sur la Croix pour le Salut de tous. C’est pourquoi, avant de répondre il regarde ses disciples avec Amour pour écarter cette proposition d’évitement et consentir à cet acte d’amour salvateur. Nous aussi, pouvons profiter de nos épreuves pour crier vers le ciel, redoubler de prière et de bonté les uns envers les autres et marcher ainsi sans faillir en « présence du Seigneur sur la terre des vivants » abandonnés avec confiance entre les mains du Père. Amen.

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29 Août 2021 - 22ème DIMANCHE  ORDINAIRE. Homélie Père Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous ordonne… vous garderez les commandements du Seigneur » (Dt 4, 1-2.6-8)

DEUXIÈME LECTURE :  « Mettez la Parole en pratique » (Jc 1, 17-18.21b-22.27)

EVANGILE : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes » (Mc 7, 1-8.14-15.21-23)

 

Les gens arrivent de la capitale, de Jérusalem, des gens haut placés ; ce sont eux qui interprètent la loi. Ce sont des purs, des gens qui soit disant, mettent en pratique tous les  préceptes de la loi de Moïse. Et ils se mettent à critiquer Jésus et ses disciples : « Tes disciples ne se lavent pas les mains avant de manger. Ils ne respectent pas la loi de Moïse ».

Jésus a toujours défendu les petits et les faibles, ceux qui savent qu’ils ne sont pas parfaits et voilà que des gens qui se croient purs, viennent les critiquer et les condamner... Jésus explose : « Isaïe a bien prophétisé  de vous, hypocrites » ! «Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ». Ce n’est pas la première fois que Jésus s’oppose aux scribes et aux pharisiens : dans la liturgie de cette semaine, l’Evangile de St. Matthieu nous montrait Jésus déjà en opposition totale avec eux : « Malheur à vous scribes et pharisiens hypocrites. » Je suis allé voir la définition du mot "hypocrite" : celui qui fait semblant, celui qui veut faire croire qu’il est comme ceci ou comme cela.

Jésus ne dit pas que le mal n’existe pas, il nous dit clairement d’où vient le mal : « C’est de dedans du cœur de l’homme que sortent  les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure, tout ce mal vient du  dedans et rend l’homme impur. » C’est la première fois et la seule fois, dans l’Evangile, que Jésus nous donne un catalogue de péchés à éviter.

Avez-vous remarqué, tous ces péchés à éviter, ils sont tous liés aux relations avec le prochain. Oui, Jésus fait la morale, mais cette morale est tournée vers l’autre, vers le prochain, vers nos frères... Plus qu’une morale, c’est une invitation à vivre l’amour. Et n’allons pas croire que cette parole s’adresse uniquement aux pharisiens et aux scribes : elle est aussi pour nous.

Oui, il nous arrive bien de faire comme les pharisiens, d’être hypocrites : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. » Je suis capable d’être chrétien une heure chaque dimanche et cinq minutes matin et soir... Le reste du temps je vis à ma guise, me souciant peu de mes frères. Est-ce cela l’exigence de l’amour ? N’est-ce pas de l’hypocrisie comme celle des scribes et des pharisiens ? Ne suis-je pas chrétien vingt quarte heures sur vingt quatre ?

Par contre, si je vais rencontrer Jésus–Christ, si je vais m’unir à lui dans son Eucharistie, si, poussé par lui, je me mets au service de mes frères, ma vie prendra tout son sens et bien loin d’honorer Dieu « du bout des lèvres » en faisant semblant, mon cœur, mon être tout entier sera offrande à ce  Dieu d’Amour. Ma vie sera action de grâce, et Dieu deviendra pour moi cet Ami qui m’accompagnera pas à pas pour m’aider, me guider, me transformer, me façonner à sa guise, et enfin me combler de son bonheur.

Avouez qu’on est bien loin de toutes ces questions du pur et de l’impur, de savoir s’il faut ou non se laver les mains. La seule loi qui puisse nous aider est la loi d’amour cette loi que Dieu a déposée un jour dans nos cœurs. Réécoutons ce que nous dit St. Jacques dans la deuxième lecture : « Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d’en haut, ils descendent tous d’auprès du Père de toutes les lumières. Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous, les premiers appelés de toutes ses créatures. »

Nous avons un Père qui se soucie de nous. Il ne nous demande pas de nous laver les mains ou non, il nous demande d’aimer, et de tourner notre cœur, vers lui et vers nos frères.        

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15 Août 2021 ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE Homélie Père Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE :  Lecture du premier livre des Chroniques  (1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens   (1 Co 15, 54b-57)

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (Lc 11, 27-28)

ASSOMPTION 2021

Aujourd’hui, c’est la fête de notre Mère du ciel. En général, pour la fête des mères ou pour la fête de chacune de nos mamans, les enfants lui font un compliment, lui offre des fleurs ou peut-être même un cadeau : ça marque la fête.

Aujourd’hui, pour Marie, retrouvons l’innocence de nos jeunes années et quelque soit notre âge, vivons ce moment très fort dans notre vie de chrétiens. Nous pouvons être certains que même s’il est un peu naïf, notre compliment à Marie la touchera à coup sûr. N’oublions pas qu’elle est semblable à nous, elle est bien de chez-nous, toute simple mais aussi, la plus grande, la plus belle, la première près de Jésus Elle veille sur nous, ses enfants. Elle suit nos moindres gestes : elle nous en donne un exemple dans son apparition à La Salette : elle rappelle à Maximin le geste et le souci de son papa. Dans la région à cette époque la famine menace la population. Monsieur Giraud lui aussi est en souci. Il donne un morceau de pain à son fils en lui disant :« Tiens mon enfant mange encore du pain cette année, je ne sais pas qui en mangera l’an prochain si le blé continue comme ça. »

Si nous portons notre regard sur Marie et que nous imaginions sa vie à Nazareth, un mot nous vient tout de suite à l’esprit : c’est le mot "simplicité". Certainement sa vie a été toute simple comme toutes les femmes de son peuple. Elle n’a pas du vivre dans l’opulence mais bien plutôt dans la pauvreté. Oui, pauvreté mais, j’en suis sûr, avec beaucoup de joies et de bonheur. Imaginez le bonheur qu’elle devait avoir de vivre tous les jours avec Jésus et Joseph. 

Marie savait-elle que son fils Jésus était Dieu ? C’est fort possible, l’ange Gabriel lui avait dit : « Il sera appelé Fils de Dieu. »alors vous pouvez imaginer la joie de partager sa vie de tous les jours avec son fils qui est Dieu.

En regardant vivre Marie, un autre mot nous vient à l’esprit, c’est le mot "exception". Oui, Marie est une femme d’exception. Déjà dés avant sa naissance, Dieu a réalisé, pour elle, des choses étonnantes. Dès le premier instant de sa conception, Dieu a porté les yeux sur elle. Il l’a protégée de toutes traces du péché : elle est l’Immaculée Conception. Et pour cela, elle sera toute sa vie durant, en communion totale avec la volonté de Dieu. Elle sera celle qui a toujours dit OUI aux désirs de Dieu.

" OUI "tel est le mot qui caractérise aussi celle que nous fêtons aujourd’hui. Elle a su dire « oui »et elle ne l’a jamais repris son " oui "même quand elle a entendu la foule qui criait à propos de son Fils : « A mort ! Crucifie-le ! »Même au pied de la croix, même quand elle a reçu dans ses bras, le corps inerte de son Enfant qu’on avait crucifié.

Elle a su dire « Oui », et son "oui" a été récompensé. La Tradition veut qu’elle soit la première à qui Jésus ressuscité ait rendu visite au matin de Pâques. Sa joie est à son comble. Son Fils a vaincu la mort. Sa mission a été une réussite totale… Alors vous pensez bien que Jésus allait faire quelque chose de spécial pour sa Mère. Elle qui avait dit « Oui »toute sa vie à la volonté de Dieu méritait bien une petite avancée dans le temps, encore une exception pour elle toute seule ; c’est pourquoi nous fêtons aujourd’hui l’Assomption de Marie.Cette fête nous rappelle que Dieu a fait entrer au Ciel Marie, corps et âme, le jour de sa mort.

Non seulement Marie devient notre modèle de vie, nous montrant comment réaliser la volonté de Dieu, mais en plus, elle nous trace le chemin que tous, nous prendrons à la résurrection des morts. N’oublions pas que Marie est aussi notre Mère. Elle est toute puissante auprès de son Fils. Marie comme son Fils Jésus, n’a qu’un désir, c’est de nous voir heureux et de nous accueillir dans le Royaume du Père. N’oublions pas non plus, qu’elle tient, pour nous, la porte ouverte du paradis. Amen

P Paul BERTHIER

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25 JUILLET 2021 HOMÉLIE 17ème DIMANCHE ORDINAIRE B P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE  Lecture du deuxième livre des Rois  (2 R 4, 42-44)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens   (Ep 4, 1-6)

ÉVANGILE  Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (Jn 6, 1-15)

 

Homélie du dimanche 17 juillet B

Le récit de la multiplication des pains nous dit la providence de Dieu. Dieu est bon et pourvoit aux besoins de son peuple comme Elisée et les gens de la maison au même titre que les hébreux recevant la manne au désert en ont fait l’expérience. C’est le premier enseignement de ces lectures. 

Il est bon de nous rappeler cette vérité fondamentale de notre foi que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment, il n’est pas étranger à nos besoins et fait même preuve d’une étonnante sollicitude. Ainsi Jésus choisit-il un coin de pique-nique agréable : l’évangile relève ainsi qu’il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ce n’est pas seulement un détail, ou plutôt cela montre que Dieu est attentif à tous les détails de notre vie. Cette providence de Dieu attentif à tant de détails suscite notre confiance et c’est ce que Jésus fait lorsqu’il interroge Philippe. Il nous interroge de même lorsque nous buttons sur toute sorte d’épreuve en nous appelant à nous tourner vers lui pour lui présenter nos besoins. C’est le deuxième enseignement que nous pouvons retenir : ne laissons jamais l’inquiétude ni le doute s’immiscer en nous. Lorsqu’ils surviennent posons des actes de confiance redisons notre foi. 

Un bon moyen de le faire c’est de reconnaitre, nos manques, nos faiblesses malgré notre bonne volonté. C’est le sens de l’offrande du jeune homme de l’évangile : « cinq pains d’orge et deux poissons, qu’est-ce que cela pour tant de monde ?! » Souvent cet aveu un peu découragé nous retient d’agir. « A quoi bon, je ne puis à moi seul changer le cours des choses ! » Seul non mais avec la grâce de Dieu tout est possible pourvu que comme ce garçon nous osions entreprendre, nous mettre en chemin humblement mais sans crainte de l’échec ou des moqueries. Ce troisième enseignement nous exhorte au courage et à l’action même lorsque nous nous sentons isolé, trop faible ou incapable. Jésus nous invite à entrer en relation avec d’autres et avec le Père pour accomplir son œuvre avec notre concours. C’est ainsi qu’il accomplit des miracles et transforme nos indigences reconnues avec humilité en merveilles pour tous. 

Il nous faut enfin nous interroger sur les restes de ces repas. Ils mangèrent et il en resta dit la première lecture. « Ils rassemblèrent et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus » souligne l’Evangile. On pourrait penser que c’est du gâchis mais non car Jésus demande que rien ne se perde. Alors pourquoi avoir multiplié une telle quantité sinon pour nous dire la surabondance de l’Amour de Dieu. Il n’est pas seulement provident, il est aussi généreux dans ses dons et nous offre bien plus que nous n’osons demander (cf Eph3,20). C’est le quatrième enseignement de ce jour. 

Mais que faire avec ces restes dont il ne faut rien perdre sinon les partager ? Nous avons reçu cette bonne nouvelle de la providence divine ; Qu’en ferons-nous ? Allons nous la garder égoïstement ou irons-nous la transmettre à ceux qui ne l’ont pas entendue ? Nous allons recevoir le pain eucharistique, ne nous restera-t-il pas un peu de cet amour donné à partager avec nos frères qui ne connaissent pas ce mystère de la vie donnée en abondance ? Voilà le cinquième enseignement que Jésus nous donne aujourd’hui pour nous mettre en route joyeusement à sa suite. 

Sûrs de sa parole, confiants en sa providence et en l’abondance de ses dons, rendons grâce et partageons généreusement ce que nous avons reçu pour avoir part ensemble au bonheur qu’il nous promet dans l’unité de la charité, dont st Paul nous rappelle qu’elle est la dignité même de notre vocation baptismale. Amen. 

P Charles BONIN

25 JUILLET 2021 HOMÉLIE 17ème DIMANCHE ORDINAIRE B P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE  Lecture du deuxième livre des Rois  (2 R 4, 42-44)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens   (Ep 4, 1-6)

ÉVANGILE  Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (Jn 6, 1-15)

 

Homélie du dimanche 17 juillet B

Le récit de la multiplication des pains nous dit la providence de Dieu. Dieu est bon et pourvoit aux besoins de son peuple comme Elisée et les gens de la maison au même titre que les hébreux recevant la manne au désert en ont fait l’expérience. C’est le premier enseignement de ces lectures. 

Il est bon de nous rappeler cette vérité fondamentale de notre foi que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment, il n’est pas étranger à nos besoins et fait même preuve d’une étonnante sollicitude. Ainsi Jésus choisit-il un coin de pique-nique agréable : l’évangile relève ainsi qu’il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ce n’est pas seulement un détail, ou plutôt cela montre que Dieu est attentif à tous les détails de notre vie. Cette providence de Dieu attentif à tant de détails suscite notre confiance et c’est ce que Jésus fait lorsqu’il interroge Philippe. Il nous interroge de même lorsque nous buttons sur toute sorte d’épreuve en nous appelant à nous tourner vers lui pour lui présenter nos besoins. C’est le deuxième enseignement que nous pouvons retenir : ne laissons jamais l’inquiétude ni le doute s’immiscer en nous. Lorsqu’ils surviennent posons des actes de confiance redisons notre foi. 

Un bon moyen de le faire c’est de reconnaitre, nos manques, nos faiblesses malgré notre bonne volonté. C’est le sens de l’offrande du jeune homme de l’évangile : « cinq pains d’orge et deux poissons, qu’est-ce que cela pour tant de monde ?! » Souvent cet aveu un peu découragé nous retient d’agir. « A quoi bon, je ne puis à moi seul changer le cours des choses ! » Seul non mais avec la grâce de Dieu tout est possible pourvu que comme ce garçon nous osions entreprendre, nous mettre en chemin humblement mais sans crainte de l’échec ou des moqueries. Ce troisième enseignement nous exhorte au courage et à l’action même lorsque nous nous sentons isolé, trop faible ou incapable. Jésus nous invite à entrer en relation avec d’autres et avec le Père pour accomplir son œuvre avec notre concours. C’est ainsi qu’il accomplit des miracles et transforme nos indigences reconnues avec humilité en merveilles pour tous. 

Il nous faut enfin nous interroger sur les restes de ces repas. Ils mangèrent et il en resta dit la première lecture. « Ils rassemblèrent et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus » souligne l’Evangile. On pourrait penser que c’est du gâchis mais non car Jésus demande que rien ne se perde. Alors pourquoi avoir multiplié une telle quantité sinon pour nous dire la surabondance de l’Amour de Dieu. Il n’est pas seulement provident, il est aussi généreux dans ses dons et nous offre bien plus que nous n’osons demander (cf Eph3,20). C’est le quatrième enseignement de ce jour. 

Mais que faire avec ces restes dont il ne faut rien perdre sinon les partager ? Nous avons reçu cette bonne nouvelle de la providence divine ; Qu’en ferons-nous ? Allons nous la garder égoïstement ou irons-nous la transmettre à ceux qui ne l’ont pas entendue ? Nous allons recevoir le pain eucharistique, ne nous restera-t-il pas un peu de cet amour donné à partager avec nos frères qui ne connaissent pas ce mystère de la vie donnée en abondance ? Voilà le cinquième enseignement que Jésus nous donne aujourd’hui pour nous mettre en route joyeusement à sa suite. 

Sûrs de sa parole, confiants en sa providence et en l’abondance de ses dons, rendons grâce et partageons généreusement ce que nous avons reçu pour avoir part ensemble au bonheur qu’il nous promet dans l’unité de la charité, dont st Paul nous rappelle qu’elle est la dignité même de notre vocation baptismale. Amen. 

P Charles BONIN

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18 JUILLET 2021 HOMÉLIE 16ème DIMANCHE ORDINAIRE B P PAUL BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE :  Lecture du livre du prophète Jérémie  (Jr 23, 1-6)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens   (Ep 2, 13-18)

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 30-34)

 

16èmeDIMANCHE ORDINAIRE B 2021

Pour Jésus et pour les Apôtres, la journée commence   merveilleusement  bien. Jésus propose un temps de vacances : « Venez à l’écart, dans un endroit désert et reposez-vous un peu. »Oui, parce que les Apôtres reviennent de mission. Ils sont fatigués et ils ont beaucoup de choses à raconter. Et les voilà partis sur le lac à la recherche d’un endroit calme. Mais la foule qui a compris leur manœuvre, les précède sur la rive, c’est pourquoi : « En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux car ils étaient comme des brebis sans berger. »

L’expression est évocatrice, elle nous fait penser à des gens qui vont et viennent sans but précis. Ils se laissent porter par la vie autour d’eux. Leur vie, c’est "métro, boulot, dodo". Il nous suffit d’ouvrir les yeux pour voir autour de nous ces brebis sans berger, il arrive même que nous faisons partie de ces brebis.

Pourtant, le progrès devrait nous faciliter la vie : le travail est moins pénible, il y a la sécurité sociale et toutes sortes de prises en charge, à la fin de la vie professionnelle il y a la retraite ; pourtant, nous ne pouvons que constater qu’il y a dans nos vies beaucoup de dysfonctionnements : divorces, familles recomposées, enfants qui ne savent plus où est le bien et où est le mal, mensonges, infidélités, injustices, sans parler des difficultés que nous avons à respecter les autres. Nous nous trouvons désemparés, incapables de trouver des solutions pour sortir de nos impasses…

« Jésus se mit à les enseigner longuement. »Nous ne savons pas ce que Jésus a pu leur dire, mais il est Parole de Dieu il a dû trouver les mots qu’il fallait. Je me suis posé la question : « Que nous dirait Jésus aujourd’hui à nous qui sommes trop souvent désemparés ? » 

Peut-être que Jésus nous dirait des choses qui ne nous feraient pas plaisir : « Lorsque l’homme veut se mettre à la première place, c’est une catastrophe pour tout le monde. Lorsque l’homme désire posséder toujours davantage, il n’y a plus de justice possible, lorsque l’homme se met à la place de Dieu, il devient idolâtre, il n’a plus besoin de Dieu, et alors il s’en fabrique un à sa mesure. »

Ce que pourrait aussi nous dire Jésus ce sont les mêmes mots qu’il employait autrefois : « Aimez-vous les uns les autres. Dieu est un Père pour vous ; il est plein de tendresse, plein de miséricorde, un Père qui vous aime, qui vous invite dans son Royaume : il veut votre bonheur. »

Le but de la vie, c’est Dieu mais l’homme ne peut pas se justifier lui même : il est créé à l’image de Dieu et il a besoin de regarder et d’imiter son modèle divin. Notre vie a un sens, un but ; elle va vers Dieu.Et chaque jour nous devons faire une partie du chemin, découvrir un peu mieux l'itinéraire qui nous permet de le rejoindre dès maintenant. Nous allons vers Dieu, mais pas tout seuls, avec les autres. Tout ce que nous faisons de bien pour eux, même le plus petit geste, n'est jamais perdu.

Pour nourrir votre espérance, je vous laisse sur une note pleine de promesse de la part de Dieu. Je vous invite à méditer cette phrase de l’Evangile de St Luc au chapitre 12 verset 32 : « Sois sans crainte petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. »  Amen

P Paul BERTHIER

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11 JUILLET 2021 HOMÉLIE 15ème DIMANCHE ORDINAIRE B P Charles BONIN
PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Amos (Am 7, 12-15)
DEUXIÈME LECTURE :  Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 1,3-14)
ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6,7-13)

Homélie pour le 15eme Dimanche TOB

Le prophète Amos est appelé sur son lieu de travail sans l’avoir voulu. Les Douze ont été dérangé dans leur activité par Jésus qui les choisit sans critère sélectif évident et les envoie dans des conditions imprudentes et peu convenables. Question : Pourquoi Dieu désigne et réserve ceux là et pas d’autres ? Y en a-t-il qui sont promis à le suivre dans le Salut et d’autres laissés pour compte ? Pourquoi certains reçoivent-ils davantage et d’autres moins avec des exigences proportionnées? Sont-ils seulement libres de leur réponse à Dieu ou prisonnier d’un destin qui les dépasse? Tout est-il écrit d’avance puisque Dieu sait tout et peut tout? C’est toute la question de la prédestination à laquelle répond St Paul aux Ephésiens mais que l’Eglise a diversement compris dans l’Histoire. 

St Augustin et après lui Calvin et les Jansénistes ont eu une compréhension restrictive du Salut pensant que seuls seraient sauvés ceux que Dieu avait librement et gracieusement choisis. Ils soulignaient ainsi que c’est par un don gratuit que Dieu sauve certains de la damnation dans laquelle le péché nous enferme. Mais il fallait encore affirmer que ce don est universel, car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tim 2,4). C’est ainsi qu’il faut comprendre St Paul qui enseigne aux éphésiens que nous sommes prédestinés à la sainteté pour devenir des fils adoptifs immaculés dans l’Amour. Mais si Dieu réalise ainsi tout ce qu’il a décidé comme le précise St Paul quelle liberté reste t’il a l’homme ? Est-ce que, comme le chantait Michel Ponaref « on ira tous au paradis » indépendamment du bien ou de mal commis ? On voit bien ce qu’il y aurait d’injuste dans une telle conception. Si Dieu est miséricordieux en proposant à tous le Salut, il est juste est bon en laissant à l’homme la liberté de l’accueillir. 

C’est ce qu’exprime ce geste bizarre de l’Evangile où les apôtres secouent la poussière de leurs pieds en quittant une ville qui ne les a pas reçus. Il signifie que la foi ne s’impose pas et que l’homme est laissé à son choix à ses conséquences. Comme les apôtres qui laissent à ces habitants hostiles la terre qui s’attache à leurs sandales, Dieu ne prend rien à ceux qui le refusent et respecte leur décision de ne pas accueillir le salut offert. 

Parmi ceux qui répondent en revanche à l’appel du Seigneur certains reçoivent une mission particulière pour l’accompagner au plus près et aider leurs frères et sœurs à marcher à la suite du Christ vers cette sainteté qui est notre vocation commune. Tous sur ce chemin, à l’instar des apôtres, nous sommes appelés à 3 choses qui déploient le don de la grâce qui nous sauve : 

  • La foi confiante manifestée par la simplicité de vie et une certaine pauvreté des moyens avec lesquels Jésus envoie les douze pour témoigner qu’ils comptent d’avantage sur Dieu que sur eux-mêmes
  • L’espérance du Salut exprimée par les onctions d’huile qui guérissent et l’expulsion des démons qui attestent que Dieu sauve réellement ceux qui mettent en lui leur confiance. 
  • La charité représentée par le fait que les apôtres sont envoyés deux par deux et s’en remettent à l’hospitalité de ceux vers qui ils sont envoyés.

Ces trois vertus théologales sont un don de Dieu que tout disciple est appelé à vivre et faire grandir pour que se déploie en lui la grâce du Salut offert à tous. Voilà donc ce à quoi nous sommes prédestinés, c'est-à-dire appelés par Dieu pour le plein épanouissement de notre vie qui fait de nous des saints. Demandons donc dans cette Eucharistie la Foi, l’Espérance et la Charité et efforçons nous de les exercer par des actes concrets qui témoignent dans le monde de la joie de nous savoir ainsi aimés et promis au bonheur pour l’éternité. Amen.  

P Charles BONIN

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04 JUILLET 2021 HOMÉLIE 14ème DIMANCHE ORDINAIRE B P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Ézékiel  (Ez 2, 2-5)

DEUXIÈME LECTURE :  Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2 Co 12,7-10)
ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 1-6)

Homélie pour le dimanche 14 TOB

Un prophète n’est méprisé que dans sa famille, son pays et sa propre maison. Il y aurait donc autour de nous des prophètes ignorés ? Sans doute puisque par notre baptême nous sommes tous prophètes réalisant ainsi le souhait de Moïse: « Ah puisse tout le peuple de Dieu être prophète, Dieu leur donnant son Esprit » (Nb 11,29). Mais qu’est-ce qu’un prophète ? 

Disons déjà ce qu’il n’est pas : un diseur de bonne aventure ou un voyant extralucide capable de prédire l’avenir, un mage hirsute issu de nulle part, un gourou guérisseur envoutant. 

Voyons maintenant ce qui caractérise le prophète :

1/ Il est animé de l’Esprit de Dieu comme il est dit dans la première lecture : « l’Esprit vint en moi et me fit mettre debout ».

2/ Le prophète a entendu la Parole de Dieu puisqu’il est encore dit : « j’entendis le Seigneur qui me parlait ainsi » et St Paul dit qu’il a reçu des révélations exceptionnelles. C’est donc quelqu’un qui écoute. 

3/ Le prophète est envoyé pour porter la bonne nouvelle de Dieu aux autres : « C’est à eux que je t’envoie et tu leur diras…lisons nous encore au livre d’Ezéchiel ». Il est issu du peuple et envoyé dans le peuple pour le peuple. 

4/ Le prophète est familier de la souffrance, tenaillé par une écharde dans la chair comme St Paul, ou mal reçu comme le Christ dans l’Evangile, il accepte pourtant pour lui, « les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions angoissantes » ; non par goût malsain mais pour témoigner ainsi de son espérance en Dieu plus forte que tout mal, et pour communier aux souffrances rédemptrices du Christ. Dans l’épreuve il est ferme dans la foi et fort d’une espérance en la joyeuse issue de son chemin sur la terre. 

5/ Enfin, comme Jésus qui enseigne le chemin vers la vie bienheureuse, guérit les malades, rassasie les affamés, soutient les affligés, le prophète est un homme de bien : Il édifie, exhorte, console dit St Paul au Corinthiens (1co14,3). 

Ainsi précise-t-il, il amène ceux qui ne croient pas à reconnaitre que Dieu est réellement parmi nous. C’est donc un don supérieur, bien plus souhaitable que le don des langues, de guérison ou de toute autre manifestation sensible car il conduit directement à Dieu. 

Il est donc juste et bon de demander ce charisme, c'est-à-dire que se déploie dans toute notre vie cette grâce particulière de notre baptême : d’être animé de l’Esprit de Dieu, porteur de sa parole, fort dans l’adversité, témoin de l’Espérance en faisant le bien autour de nous pour avancer ensemble joyeusement en présence du Seigneur. N’hésitons pas à prier le Christ de nous associer à son œuvre en commençant déjà à convertir nos cœurs pour le reconnaitre en chacun de nos frères et sœurs pour que s’accomplissent les miracles qu’il veut réaliser au milieu de nous. Oui vraiment, il y a des prophètes parmi nous et nous sommes tous appelés à le devenir pour la joie du monde en reconnaissant toujours plus dans la louange les merveilles quotidiennes que Dieu fait pour nous et dans notre entourage. Amen. 

P Charles BONIN

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04 JUILLET 2021 HOMÉLIE 14ème DIMANCHE ORDINAIRE B 2021 P Paul BERTHIER

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Ézékiel  (Ez 2, 2-5)

DEUXIÈME LECTURE :  Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2 Co 12,7-10)
ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 1-6)

14èmeDIMANCHE ORDINAIRE B 2021

Dernièrement, une maman me disait tout son désarroi : «  Je ne sais plus que faire, nous avons éduqué nos enfants le mieux possible, dans la religion, leur montrant le bon exemple, leur indiquant des valeurs sûres, et lorsqu’ils sont devenus adultes, ils ont tout abandonné. On dirait que leur vie chrétienne est morte : ils vivent en couple en dehors du mariage, leurs enfants ne sont même pas baptisés, ils n’ont plus aucune pratique religieuse et ils n’écoutent pas lorsqu’on leur en fait le reproche… Mon mari et moi, on a mal, on a profondément mal. »

Aujourd’hui, on retrouve de nombreuses situations comme celle-là. Et voilà que l’Evangile nous dit qu’il n’est pas facile d’être apôtre auprès de nos proches. Jésus lui-même a connu cet échec.

« Jésus, le fils de Joseph, le charpentier, mais oui, on le connaît très bien !...  Mais dites, depuis qu'il ne travaille plus avec son père, il paraît qu'il accomplit des merveilles. On raconte qu'il réalise des choses vraiment extraordinaires : il guérit des malades, redonne la vue à des aveugles, on a même dit qu'il aurait redonné la vie à plusieurs personnes. C'est à peine croyable : d'où cela lui vient-il ? il est pourtant bien le fils de Marie et de Joseph. Sa mère Marie on la connaît bien, elle est brave cette femme il n'y a pas meilleure qu'elle, et son père Joseph, voilà un bon artisan !  Jésus, on l'a vu grandir, au milieu des enfants du village.

C'est vrai qu'il n'était pas comme les autres garçons : jamais un mot de travers. Sa parole était toujours vraie. On ne l'a jamais surpris à dire le moindre mensonge. Et puis il était toujours attentif aux autres, surtout les plus pauvres, les plus délaissés, les malades, ceux qu'on a tendance à oublier dans un groupe... Il les comprenait comme ça, sans parler, rien qu'en les regardant. Là encore, quand il posait son regard sur vous, on ne pouvait plus l'oublier. Ce n'était certainement pas un regard de reproche, mais bien plutôt un regard de tendresse, d'encouragement, après, on avait envie d'aller plus loin, on se sentait bien près de lui, il nous attirait. Jamais il n'avait une parole blessante pour qui que ce soit. Lorsqu'on disait du mal de quelqu'un près de lui, il trouvait toujours des excuses aux gens ou alors, il ne répondait rien. »

 Le Fils de Dieu est au milieu de nous, et nous ne l'avons pas reconnu.  

Ne condamnons pas tout de suite les gens de Nazareth, mais regardons plutôt notre attitude face à Jésus. C'est souvent que le Fils de Dieu passe dans nos vies, est-ce que nous le reconnaissons toujours ? Sera-t-il pour  nous, le fils de Joseph, un simple artisan qui aide son père ?

Comment ça, vous ne vous souvenez pas d'avoir rencontré Jésus Fils de Dieu ! Dimanche dernier, vous étiez là, vous avez communié, alors qui avez-vous reçu sinon Jésus Fils de Dieu ?  Ce matin, chaque jour, vous avez fait votre prière, qui avez-vous salué ? Avec qui avez-vous parlé ? Et lorsque vous avez croisé les autres, votre prochain, qui avez-vous rencontré ? C'est Jésus Fils de Dieu qui est présent dans chacune de nos rencontres... Quel accueil lui réservons-nous ?

N’en doutons pas, c'est le Fils de Dieu qui passe dans nos vies. Si nous feuilletons l'Evangile, dès son Baptême Jésus est proclamé Fils de Dieu. « La voix du Père se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon Amour. »  Jésus le dira  lui-même : «  Le Père et moi, nous sommes un. »Au pied de la Croix, c'est même un Romain qui déclarera : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. »Et après la Résurrection, c'est St. Pierre lui-même qui confessera : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. »

« Chez lui, à Nazareth, Jésus s'étonnera de leur manque de foi »c'est pourquoi il ne fera aucun miracle. A peine quelques petites guérisons. Pour que Jésus puisse agir dans nos vies, il nous faut le reconnaître, l'accueillir, l'inviter chez nous. Partager toute notre vie avec lui. Alors son efficacité sera évidente pour nous, pour tout le monde, et avec les gens de Nazareth, nous aussi nous pourrons nous étonner : « Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? »  

P Paul BERTHIER

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27 Juin 2021 Homélie Dimanche 13 TOB: P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE  Lecture du livre de la Sagesse (Sg 1, 13-15 ; 2, 23-24)

DEUXIÈME LECTURE :Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2Co 8, 7.9.13-15)

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 5, 21-43)

Homélie pour le 13eme dimanche du temps ordinaire B

Il y a deux choses à retenir de ces lectures : 1/ Le diable existe 2/ C’est la foi qui nous sauve du mal qu’il a fait entrer dans le monde. Quand on a saisit cela on a les bases du combat spirituel que nous devons mener pour l’incorruptibilité pour laquelle Dieu nous a créés. 

1 / Le diable existe et sa plus belle ruse est de nous persuader du contraire. L’Ecriture en parle suffisamment et Jésus s’y est abondamment confronté. Mais il nous faut sans doute dépoussiérer les images moyen-ageuses qu’on s’en a et qui nous entretiennent dans l’illusion d’un mythe obscurantiste. Qu’est-ce que le Diable ? Une créature spirituelle animée de jalousie qui veut détruire l’œuvre d’Amour de Dieu. C’est par lui que la mort et le mal sont entrés dans le monde. A l’origine il n’est était pas ainsi puisque tout ce que Dieu a fait est bon et que l’homme devait entrer en alliance avec lui en le connaissant et en l’aimant sans passer par la mort. L’objectif du démon c’est donc de nous séparer de lui, de rompre cette relation. Pour cela il utilise deux moyens : soit il nous entraine loin de Dieu à commettre des actes contraires au bien, soit il nous décourage d’aller vers Dieu en nous faisant douter de lui ou en mettant des obstacles à la réalisation des œuvres bonnes qui nous conduisent à lui. 

2/ La foi c’est ce qui nous permet de déjouer cette tactique du Diable parce qu’elle nous enseigne le bien à faire et nous encourage à l’accomplir en comptant d’avantage sur la puissance de Dieu que sur nous même. Deux exemples nous en sont donnés dans l’Evangile : Jaïre et la femme Hemoroïsse. Tous deux viennent avec confiance vers Jésus sûr qu’il est capable de les sauver. Pourtant ils rencontrent bien des difficultés qui s’y opposent : la foule, la distance, les interférences d’autres demandes, le temps, la prétention savante, l’argent, la souffrance, les moqueries, l’opinion des autres. Tout cela nous le rencontrons aussi jusqu’à nous demander parfois : A quoi bon déranger encore le maître ? Pourquoi encore prier ? Pourquoi venir à la messe ? Pourquoi dire son chapelet ? Suprême tentation du démon qui nous laisse croire que la foi est vaine, inutile…

Le démon est un saboteur, comme le jeu du même nom… Pendant que les mineurs creusent des galeries vers le trésor, lui génère des éboulements qui les retardent, détourne leur trajet, casse leur lanterne pour les maintenir dans l’obscurité et la confusion etc… Celui qui parviendra à atteindre la pépite c’est celui qui malgré tout cela aura gardé confiance et persévéré, sans se laisser troubler, travaillant sans relâche, fidèle à sa détermination initiale : Ne crains pas crois seulement nous dit Jésus. C’est lui qui sauve et donne la vie et nous relève si nous sommes abattus. Tu souffres de longue maladie, tu as commis un péché qui te hante, tu ne vois plus d’issue à une brouille familiale ou à une situation économique : ne crains pas, crois seulement ! 

La foi est toute puissante ! Elle nous sauve et nous libère, mais elle est un combat et nous avons besoin les uns des autres pour la fortifier sans cesse, pour nous soutenir et nous encourager : c’est la raison d’être de l’Eglise et de nos communions dominicales. C’est la prière qui sauvera le monde : une main qui s’avance dans la foule hostile pour toucher le vêtement de Jésus, un homme qui se jette à ses pieds et supplie instamment, voilà ce qui redonne vie en abondance. 

Soyons donc à la fois lucides sur les tactiques du diable (c’est le titre d’un livre de CS Lewis à lire absolument !) et sur la force de la Foi : méfions nous chaque fois qu’une voix intérieure nous dit : « c’est inutile ! », parce que c’est probablement, justement ce qui au contraire nous obtiendrait le bien suprême que nous désirons. Efforçons nous alors à telle ou telle pratique qui peut-être nous lasse ou nous rebute et nous ne tarderons pas à voir mûrir en abondance de grands et beaux fruits de la grâce dans nos vies. Amen

P Charles BONIN

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20 Juin 2021 Homélie Dimanche 12 TOB: P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre de Job  (Jb 38, 1.8-11)

DEUXIÈME LECTURE :  Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (2 Co 5, 14-17)

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc   (Mc 4, 35-41)

 

Homélie Dimanche 12 TOB

Il y a dans nos vies bien des tempêtes : Maladie, décès, chômage, rupture. Ce sont des changements brutaux qui nous bouleversent et nous inquiètent au point parfois de nous faire perdre pied. Pourtant nous dit Jésus qui se veut rassurant, il ne s’agit que de passer sur l’autre rive. Les tempêtes sont pour nous l’occasion de quitter les rivages qui nous sont familiers, c'est-à-dire notre manière humaine de considérer le monde pour entrer dans le regard de la foi et donc dans la confiance que Dieu est maître de tout et nous sauve de tout ce qui nous agite et nous effraie. 

C’est ce qu’il rappelle à Job et ce dont on rend grâce dans le psaume : « Ils ont crié vers le Seigneur et lui les a tiré de la détresse, réduisant la tempête au silence et faisant taire les vagues ». Si nous aussi prenions l’habitude, lorsque se lèvent les tempêtes de nos vies de nous tourner vers le Seigneur plutôt que de nous énerver sur nous-mêmes ou sur les autres, le monde et nous-mêmes serions plus en paix. Pourquoi avoir peur en effet ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi nous redit Jésus pour nous inciter en toute circonstance à renouveler notre confiance en Dieu, à le remettre à la première place dans notre vie pour demeurer dans la joie de son amour.

Aujourd’hui beaucoup de gens sont inquiets et il y a de quoi car les tempêtes ne manquent pas, ou bien plutôt faudrait-il parler de vagues scélérates qui subrepticement viennent heurter les consciences : « Des courants de pensée, des styles de vie et parfois même des lois opposées au vrai sens de l’homme et de Dieu minent la foi chrétienne dans la vie des personnes, des familles et de la société » avertissait déjà Jean Paul II en 1986 lors de sa visite en France. Que dirait-il aujourd’hui ? La foi est reléguée au placard dans le grand bazar des croyances désuètes sans plus de considération pour le salut et la vérité qu’elle apporte en des temps de grande confusion. On dit qu’elle enferme et contraint alors que c’est elle qui libère. On dit qu’elle attise la violence alors qu’elle offre la paix. Mais une indifférence relativiste massive gagne peu à peu tous les esprits jusqu’à l’indolence qui confine à l’abrutissement des masses ainsi rendues plus malléables à toute pouvoir d’opinion. Devant cette déferlante séductrice du plaisir matériel en priorité, et de la paresse intellectuelle qui viennent submerger l’âme spirituelle de l’homme jusqu’à l’anéantir à l’état de bête, beaucoup de parents baissent les bras, et sont découragés. Même des penseurs athées comme Michel Onfray dressent un portrait désespéré des dérives d’une société oublieuse des fondamentaux de sa culture et des exigences de la morale judéo-chrétienne : « ce qui nous reste c’est de sombrer dans l’élégance » dit-il. 

Nous ne pouvons pas nous laisser aller à un tel pessimisme si nous sommes mus par la foi et il s’agit pour nous de la fortifier en nous posant une question qui est celle de l’Evangile d’aujourd’hui : Dans cette tempête objective bien que sournoise, dans ces ténèbres alentour et les vents contraires qui s’agitent, dans quelle barque sommes-nous ?Si nous sommes dans la barque de Jésus qui est l’Eglise, nous ne craignons rien ! Même si elle semble prendre l’eau de toute part affaiblie par les assauts du mal meurtrie par tant d’abus et de défections, elle reste notre plus sûr moyen de salut car c’est le corps du Christ. Comme Jonas qui dans l’Ancien Testament, s’est jeté dans la mer pour apaiser une tempête, le Christ par sa mort nous a libérés de tout mal et nous en assure la victoire si nous demeurons auprès de lui. Si au contraire nous préférons nager seul à côté en jouant avec désinvolture avec les flots en furie nous risquons bien de nous y noyer. Je parle d’expérience dans une mer tourmentée, celui qui tombe à l’eau ou quitte le navire n’a aucune chance de survie si le commandant du navire ne manœuvre avec adresse pour le récupérer. Croyons que c’est le Christ qui est à la barre de l’Eglise et la conduit vers un port de refuge sûr. Hors de l’Eglise, sans cet attachement ferme au Christ vivant en son sein et aux enseignements de la foi qu’elle transmet, il n’y a pas de Salut. Ceux qui ne pensent s’en sortir par eux-mêmes auront vite fait de se perdre, entraînés par les sirènes séduisantes du monde. Sans la foi au Christ et à l’Eglise, pas de vie, pas de paix, pas de vraie joie. Et la foi se cultive : si l’on ne met pas Dieu en priorité dans sa vie, il ne faudra pas s’étonner de ne pas être prioritaire pour entrer dans son royaume. On ne peut dire impunément à Dieu : j’ai pas de temps pour toi, plus tard, je me débrouille tout seul, de ce que dit l’Eglise, j’en prend et j’en laisse…et tant d’autres expressions désinvoltes : on se sépare ainsi du seul moyen qui nous est donné d’affronter sereinement les tempêtes de notre vie et du monde. C’est aussi suicidaire que de se jeter à l’eau en pleine tourmente. 

Tout à l’heure, vous seront proposées un certain nombre d’activités et d’engagements à prendre dans notre église locale. Demandez-vous alors, quel peut être votre rôle dans cet équipage qui a besoin de vous pour que nous parvenions ensemble sur cette autre rive paisible où Dieu nous conduit. Restez ferme dans la foi, confiants dans la prière, attaché à l’Eglise du Christ, déterminés à le servir, réceptif à ses commandements pour être déjà une créature nouvelle transfigurée dans l’Amour. 

P Charles Bonin

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13 JUIN 2021  Homélie pour le dimanche 11 TOB: P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre du prophète Ézékiel  (Ez 17, 22-24)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens  (2 Co 5, 6-10)

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc   (Mc 4, 26-34)

 

Homélie pour le dimanche 11 TOB

Une jeune bouture plantée sur une montagne élevée, un palmier qui pousse comme un cèdre, une semence qui germe en un épi bien mûr, une graine de moutarde qui grandit et dépasse toutes les plantes potagères, Dieu se fait jardinier. Et il l’est en effet, non seulement comme l’auteur de toute la création mais encore parce qu’il cultive en notre âme le germe de vie éternelle semé au jour de notre baptême pour qu’il se déploie. Ce germe c’est la foi : La révélation de Dieu qui s’épanouit par la confiance que nous lui accordons comme le signifie St Paul aux Corinthiens. 

Ayons donc l’ambition comme il y invite ses interlocuteurs de plaire au Seigneur en méditant sa parole qui façonne tout notre agir et en lui accordant notre confiance pour nous élever jusqu’à lui. Il convient en effet de remarquer comment dans ces textes, Dieu place ceux dont il prend soin et qui s’en remettent à lui dans une position élevée, c'est-à-dire proche du ciel où il demeure symboliquement. La foi ouvre l’accès au Royaume qu’il promet à ceux qui la reçoivent et l’entretiennent. 

Il ne s’agit pas d’une orgueilleuse recherche de soi, car Dieu renverse l’arbre élevé et fais sécher l’arbre vert qui ne compte que sur lui-même et sa propre vigueur. Au contraire, il s’agit de s’en remettre humblement à Dieu qui relève l’arbre renversé et fait reverdir l’arbre sec. Faut-il nous rappeler que sans lui nous ne pouvons rien faire ? Celui qui se reconnait ainsi petit comme une graine de moutarde et compte sur le Seigneur en implorant ses lumières dans toutes ses entreprises trouve la paix et la répand dans le monde comme l’ombre d’un grand arbre auprès duquel les oiseaux viennent se reposer. 

Il est bon de prendre conscience qu’en nous est semé ce germe divin et de nous interroger sur le soin que nous en prenons. N’ayons pas peur de l’obscurité de la foi, c’est la terre dans laquelle pousse ce germe. Ne nous décourageons pas de sa faiblesse, c’est Dieu qui lui fera porter du fruit. Mais surtout ne la méprisons pas. Elle est ce qui est le plus grand en nous, ce qui nous fera demeurer pour toujours au-delà de cette terre passagère et de nos corps voués à la corruption, c’est elle qui nous fera entrer dans la charité parfaite que Dieu promet pour l’éternité à ceux qui l’aiment. La foi est une petite chose en apparence et bien fragile surtout en un temps qui se plait à la dénigrer. Pourtant elle est capable des plus grandes œuvres. Rien de bon, ni de vrai dans le monde ne peut s’accomplir sans elle. Sans elle on peut encore se trouver soi-même et se donner l’illusion d’être riche et de ne manquer de rien mais on est en réalité totalement mort, pauvre, pitoyable et nu. 

Gardons-nous de l’oublier cette foi, elle est un trésor inestimable, un placement sûr, à très long terme mais au gain infini. Trois moyens nous sont donnés pour l’entretenir et l’épanouir en source vive pour nous-mêmes et tout notre entourage : Se nourrir la Parole de Dieu le plus souvent possible en la méditant dans la prière, pratiquer des œuvres de vraie charité fraternelle et comme le font ces enfants aujourd’hui, recevoir Jésus réellement présent dans l’Eucharistie chaque dimanche. C’est la nourriture de notre âme. S’en priver c’est comme si on ne s’alimentait plus pendant une semaine ou un mois. Mais si l’on s’efforce par ces moyens de coopérer à la grâce pour que grandisse notre foi, comme le cultivateur qui entretient la terre que Dieu rend féconde, alors, nous trouvons la paix et un grand nombre de personnes auprès de nous en bénéficiera. Transmettre cette foi courageusement, sans honte, ni crainte c’est lui permettre de se fortifier et de portera des fruits en abondance pour le monde entier. Redisons ce Credo qui résume notre foi en pensant à tout ce que recouvre chaque mot pour qu’il pèse dans nos âmes et nous ouvre les portes du Royaume qui vient. Amen. 

P Charles BONIN

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06 Juin 2021 Homélie pour la fête du St Sacrement B:  P Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre de l’Exode (Ex 24, 3-8)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre aux Hébreux (He 9, 11-15)  

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 14, 12-16.22-26)

 

Homélie pour la fête du St Sacrement B

Le sang c’est la vie disent les annonces pour le don du sang. En nous donnant son sang, Jésus nous donne sa vie, et comme il est Dieu il nous donne la vie de Dieu. Il le fait le jour de Pâques qui veut dire « passage » et commémore la libération des hébreux d’Egypte. Il nous fait ainsi comprendre que ce sacrement nous fait passer de l’état d’esclave du péché à celui d’homme libre. Il le fait au cours d’un repas qui est un temps de partage et de joie, parce qu’il nous donne ainsi la joie véritable d’entrer en communion avec lui. Il se fait nourriture, subsistance pour qu’on l’assimile et subsistions, transfigurés en lui pour l’éternité. Vie, liberté, béatitude, éternité c’est ce que Jésus promet à ceux qui reçoivent son corps et son sang.

S’il transforme le pain en son corps et le vin en son sang, il est tout autant capable de transformer notre humanité pour la libérer de la mort et lui ouvrir les portes de la vie pour une éternité bienheureuse. Il nous fait ainsi participer à sa substance, à ce qu’il est. L’Eucharistie, c’est le signe visible de cette réalité invisible que Dieu nous façonne pour nous rendre toujours plus semblables à lui. 

Plus on s’approche avec foi de ce sacrement dans la communion ou l’adoration, plus on s’imprègne de Dieu. Plus on le fréquente plus on devient semblable à lui, comme un ami acquiert les mœurs de son ami. Or Dieu n’est qu’Amour, grâce, bonté, paix, aussi le St Sacrement nous rend-il aimable, gracieux, bons et paisibles. Comme les aliments que nous mangeons affectent la santé de notre corps et lui sont intégrés, ce dont nous nourrissons notre esprit modifie l’état de notre âme. Plus on se nourrit de Dieu, par la lecture méditée de sa parole, la prière silencieuse, le partage fraternel, le don de soi et la fréquentation de sa présence réelle dans l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie chrétienne (Vatican II), plus nous sommesassimilés à lui, et donc plus nous devenons nous-mêmes, puisque nous sommes créés à son image. 

Cette fête du St sacrement n’est donc pas une dévotion quelconque surajoutée au calendrier liturgique. Ce n’est pas non plus une vénération matérielle idolâtre comme certains peuvent le craindre. C’est une démarche d’Amourqui, en nous faisant mieux connaitre et vivre du don du Christ, nous aide à mieux le recevoir pour nous relier plus intimement à lui. Ce sacrement est saint par excellence parce qu’il nous sanctifie de manière suréminente en accomplissant le commandement que le Christ adresse à ses disciples en Jn 15,4 de demeurer en lui et lui en nous. Lorsque Jésus nous dit, « ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites cela en mémoire de moi », nous le croyons et nous lui obéissons parce que nous l’aimons et qu’étant Dieu, il ne peut ni se tromper, ni nous tromper. Dans cet acte de foi nous avons l’espérance de demeurer en son amour. 

Pour renouveler notre vie dans l’Amour et la ferveur, il nous suffit donc de boire à cette source du St sacrement. Il est bon entre cette fête et celle du sacré cœur que nous fêterons vendredi, témoin de l’infinie miséricorde de Dieu, d’expérimenter ce repos auprès de lui comme le fit St Jean qui, au cours de son dernier repas, posa sa tête sur son cœur pour en percer tous les mystères et recevoir la grâce de demeurer en sa paix. Ainsi nous l’entendrons nous murmurer : « toi mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi » (Lc15,31). Prenons du temps ces jours-ci pour visiter gratuitement Jésus au St sacrement. Il a tant de choses à nous donner, tant d’amour à partager en échange de nos peines et de ce qui nous pèse. Osons cette expérience mystique de rester ainsi devant lui pour échanger simplement un « je t’aime », un regard levé vers le ciel, un temps béni où tout s’arrête et en recevoir sa vie. Venez, l’époux est là, il vous appelle, il vous attend. Amen 

P Charles BONIN 

30 mai 2021 Homélie pour la fête de la Sainte Trinité B Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE :  Lecture du livre du Deutéronome (Dt 4, 32-34.39-40)

DEUXIÈME LECTURE : Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains (Rm 8, 14-17)

ÉVANGILE : Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu(Mt 28, 16-20)

Homélie pour la fête de la Sainte Trinité B

Par le baptême, nous sommes immergés dans la vie trinitaire. Dieu vient au milieu de son peuple pour le conduire à le reconnaître comme Père dans l’Ancien Testament. Puis dans le Nouveau, par le Fils incarné en Jésus pour partager notre humanité, il fait de nous ses fils, pour que dans l’Esprit Saint nous participions à son héritage : la vie éternelle dans la Gloire. Tout cela peut paraître bien abstrait, alors pour le rendre concret, Dieu nous donne des commandements. Ce sont des guides pratiques vers la vie divine bienheureuse qui relient la terre au ciel comme le souligne la première lecture à laquelle l’Evangile fait écho.

Un commandement on le perçoit souvent négativement comme quelque chose de négatif, contraignant et oppressant et restrictif de liberté alors qu’au contraire c’est le principe d’un mouvement et donc l’origine même de la liberté. Comme la commande de la télévision qui initie son allumage ou le document qu’on signe pour acheter quelque chose : sans cela rien ne se passe ! Les commandements orientent notre vie vers Dieu, c'est-à-dire, dans le bien, la paix, l’amour, vers le plus grand bonheur comme le rappelle la première lecture. Mais comme il y a parfois des pannes entre la commande et son exécution, nous ne sommes pas toujours dociles à l’Esprit qui nous conduit depuis le baptême. Nous le sommes même peut-être de moins en moins.

Je suis surpris de voir de plus en plus de catholique se plaindre des dogmes comme d’une doctrine austère et archaïque produit d’une institution ecclésiale sclérosée qui ne serait pas en phase avec son temps. Beaucoup de personnes se disent croyantes mais non pratiquantes pour ces motifs que la foi est personnelle et qu’on n’a pas besoin de toute cette quincaillerie comme je l’ai récemment entendu de la bouche d’une prétendue théologienne. C’est ce qu’on appelle la croyance subjective. C’est une pratique de convenance. Un idéal spirituel qu’on élabore à sa mesure en fonction de ce qui nous plait. C’est au fond une attitude très individualiste, mais qu’est-ce qui authentifie qu’elle est vraie si plus rien n’est vécu en communauté, si elle ne se confronte pas à l’autre ni ne se réfère à aucune autorité éprouvée pour se remettre en vérité devant Dieu ? Dieu lui-même ne fait pas ainsi : Il est unique mais il ne s’isole pas. Il n’est pas seul puisqu’il se communique éternellement dans la circulation d’Amour qui unit le Père le Fils et le St Esprit. Il est fondamentalement un être de relation qui nous appelle à l’être à son image.

La Trinité fait partie de ces dogmes que méprisent certains qui ne comprennent pas qu’ils sont une source de vie qui nous est donnée : ils empêchent le repli subjectif et relativiste pour ouvrir à une communion d’amour autour d’un même mystère qui ne s’épuise jamais si l’on prend un peu la peine de l’investir ensemble. Dieu nous invite ainsi à entrer dans cette communion de connaissance et d’Amour qu’il forme lui-même comme Père Fils et Saint Esprit. Il nous invite à nous rassembler dans un même esprit fraternel pour recevoir le don du Fils et nous tourner ensemble vers le Père créateur et miséricordieux. Ce qu’il nous commande c’est d’entrer dans cette relation de confiance avec lui et les uns avec les autres pour découvrir par une expérience de communion vécue ensemble qui il est en vérité, au-delà des performances de l’intelligence rationnelle isolée. Comment être en communion si nous ne partageons pas la même foi ; Si chacun s’en tient à son idée de Dieu plutôt que de s’en remettre humblement à l’enseignement gardé et transmis par l’Esprit Saint à travers tous les martyrs et Pères de l’Eglise ?

Demandons en cette fête de la Sainte Trinité que l’Esprit d’intelligence nous soit donné pour pénétrer ainsi plus avant dans les mystères de la révélation et en vivre en frères. Par l’étude de ces enseignements et la prière formons notre Foi, contemplons amoureusement les mystères de Dieu et vivons de ses commandements. Ainsi nous lui serons toujours plus unis et toujours plus semblables en formant une communauté fraternelle, véritable corps du Christ, animée d’un même Esprit entre les mains du Père. Amen 

Père Charles BONIN

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23 mai 2021 Homélie PENTECÔTE Père Charles BONIN
PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 2, 1-11)
DEUXIÈME LECTURE :Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates (Ga 5,16-25)

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15)

Homélie pour la Pentecôte B

A la confirmation l’Evêque dit une chose qu’on ne devrait jamais oublier : « reçois l’Esprit Saint, le don de Dieu ». Dieu ce jour là et aujourd’hui encore, tout spécialement en cette fête de Pentecôte nous fait des cadeaux inestimables. Mieux ! il se donne lui-même pour agir en nous et nous tourner vers les vrais biens plutôt que vers les déceptions matérialistes. St Paul nous fait ainsi le catalogue des fruits spirituels de ces dons : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, maitrise de soi, douceur. 

Celui qui a ça dans sa vie, que lui manque-t-il ? Que peut-il encore désirer ? Il a tout… L’argent, la gloire, la santé et même les plaisirs sont dérisoires à côté de ces fruits de l’Esprit ; c’est ce que nous enseignent les saints qui en ont pleinement vécu : Dieu nous donne tout ! Absolument tout pour combler tous les désirs de notre cœur ; et nous ? On fait la fine bouche ! On hésite à être confirmé, ou à se marier, on va se confesser à reculons, on traine les pieds pour aller à la messe, prier ou lire la Parole de Dieu en fraternité, on reporte à demain les bonnes résolutions d’hier, on a beau connaître le droit chemin qui mène à la vie éternelle, on regarde encore de travers… Il suffirait pourtant juste de lever un peu son petit pied dit Ste Thérèse pour être élevé par Dieu sur les sommets de la béatitude et on ne le fait pas ! Si nous étions tous remplis de l’Esprit Saint on s’entendrait parfaitement comme les disciples de la Pentecôte et chacun pourrait pleinement s’épanouir en s’exprimant selon les dons reçus de l’Esprit. 

Pour vivre des inestimables dons de l’Esprit et en goûter les fruits savoureux il nous faut peu de chose ? La clé de ces trésors nous est offerte à travers cette apparition de l’Esprit Saint sous forme de langue de feu. Pourquoi se manifeste-t-il ainsi ? Pour nous instruire du langage de l’Esprit Saint qu’il nous faut apprendre en abandonnant celui de la chair qui ne conduit qu’aux désordres inverses à ses fruits comme l’enseigne St Paul aux Galates. Pour le comprendre, il faut faire un détour par la lettre de St Jacques au chapitre 3 : 

« Notre langue est une petite partie de notre corps mais comme un tout petit feu peut embraser une très grande forêt,  la langue aussi est un feu ; c’est elle qui peut contaminer le corps tout entier, elle enflamme le cours de notre existence, si elle-même est enflammée par le mal. Elle devient un fléau, remplie d’un venin mortel. Si quelqu’un ne commet pas d’écart quand il parle, c’est un homme parfait, capable de maîtriser son corps tout entier. Que la langue mûe par l’esprit de Dieu nous serve alors à bénir le Seigneur notre Père, et non à maudire les hommes, qui sont créés à son image. »

Recevoir l’Esprit Saint c’est donc s’ouvrir à Dieu qui me donne un langage de disciple pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Dit Isaïe 50,4. C’est entendre sa voix, et parler le langage de Dieu, langage d’Amour et de paix plutôt que de subir les désordres de nos convoitises. Les sept dons de l’Esprit identifiés par Is 11 énumèrent ainsi les qualités du véritable roi qu’il nous faut acquérir en nous ouvrant à la grâce de Dieu pour être capable de régner sur nous-mêmes et sur les autres en toute justice en participant à la royauté du Christ: la sagesse nous introduit dans la connaissance de la vérité tout entière comme le dit Jésus dans l’Evangile de Jean, pour voir toute chose comme Dieu les voit. La science nous fait pénétrer la profondeur des mystères de sa Parole, l’intelligence discerne l’œuvre de Dieu dans la marche du monde, le don de conseil éclaire nos choix vers les vrais biens, la force nous donne d’y persévérer, la piété soutient notre relation filiale avec Dieu et la crainte nous fait aimer comme il aime. Chaque jour, l’Esprit saint nous parle et nous conduit par ces dons vers la béatitude mais entendons nous cette langue de feu qui repose au dessus de chaque baptisé ? Est-ce que nous nous efforçons d’acquérir ce langage ? Nous laissons nous éclairer par sa lumière ? 

En proclamant notre foi et en participant avec ferveur à l’Eucharistie avec ces jeunes qui veulent faire ce pas vers Dieu aujourd’hui, supplions l’Esprit Saint de nous ouvrir à son action et de fortifier notre volonté pour y être plus docile. Engageons nous à vivre de cet esprit de Pentecôte qui rassemblait les disciples dans la communion d’amour du Père et du Fils dans l’Esprit Saint. En tout temps en tout lieu cherchons le bien à dire et à faire pour y participer. Dieu ne refuse pas l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent (Lc 11,13). Il est l’âme de notre âme, remettons nous entre ses mains avec confiance et que son feu nous embrase pour l’annoncer au monde entier et contribuer ainsi à renouveler la face de la terre en acquérant le langage même de Dieu. Amen

Père Charles BONIN

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23 mai 2021 Homélie PENTECÔTE Père Paul BERTHIER
PREMIÈRE LECTURE : Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 2, 1-11)
DEUXIÈME LECTURE :Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates (Ga 5,16-25)

ÉVANGILE :  Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 26-27 ; 16, 12-15)

PENTECÔTE 2021

Le jour de la Pentecôte, 50 jours après Pâques, les Apôtres sont réunis au Cénacle ; ils attendent l’Esprit que Jésus doit leur envoyer : « Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » 

 Le Saint-Esprit que nous fêtons aujourd’hui, c’est le grand inconnu de la Sainte Trinité. Nous connaissons le Père qui a créé le ciel et la terre. Nous connaissons bien Jésus, le Fils, qui est venu chez nous et qui nous a sauvés, mais nous connaissons mal le Saint-Esprit qui est pourtant la troisième personne de la Sainte Trinité. 

Le Saint-Esprit, c’est toute la puissance de Dieu mise en œuvre. Vous vous souvenez le soir de la Passion tous les disciples se sont enfuis lorsqu’on est venu arrêter Jésus. Ce même soir, Pierre a renié trois fois Celui qui était son ami. Eh bien ce sont ces mêmes hommes, après avoir reçu l’Esprit-Saint, qui se sont mis à prêcher, à proclamer partout que Jésus est ressuscité. 

Avant la venue de l’Esprit, ces Apôtres s’enfermaient au Cénacle. Ils avaient peur des Juifs, peur de proclamer la mort et la résurrection de Jésus. L’Esprit devient leur courage, leur audace. Sitôt qu’ils l’ont reçu, les voilà qui proclament la venue du Royaume sur la place publique. Des disciples repliés sur eux-mêmes, il fait des prédicateurs irrésistibles. Il rassemble les foules. Il fait l’Eglise.

Encore aujourd’hui, c’est l’Esprit qui fait de nous des disciples, c’est lui qui veut faire de nous des saints. Pourquoi nous l’oublions si facilement ? Pourtant, depuis le jour de notre Baptême, le Saint-Esprit habite en nous. Nous sommes enfants de Dieu, créés à son image. Nous avons tous une ressemblance avec Dieu. L’image de Dieu en nous nous donne un "esprit de famille".St Paul l’affirme dans sa lettre aux Romains : « Ceux-là sont enfants de Dieu qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu. »

Lorsque l’Esprit vient en nous, il nous apporte la multitude de ses dons : il nous comble de cadeaux. C’est bien pour cela qu’on a multiplié ses noms, pour dire toutes ses richesses. Il est tour à tour Avocat, Défenseur, comme Jésus lui-même l’appelle. Il est Esprit de Vérité, il est Force d’en haut En réalité cet Esprit il a de multiples fonctions. Il est Dieu qui se donne et qui aime… Il est souffle et flamme, chaleur qui réchauffe, fraîcheur qui apaise. On ne peut le nommer et pourtant il est bien présent dans la vie de la toute nouvelle Eglise.

Et l’Esprit travaille encore aujourd’hui dans l’Eglise et dans chacun de ses membres. Peut-on dire un « Notre Père »sans que nous soyons poussés par l’Esprit ? C’est l’Esprit qui fait l’unité de tous les chrétiens dans l’Eglise : « Unis par le même Esprit, nous osons dire Notre Père. »

Ne croyez-vous pas qu’il est temps de retrouver en nous la trace du Saint-Esprit ? Certainement il attend notre bon vouloir car il ne fera rien sans nous. Mais si nous décidons de changer, de faire de la place en nous pour l’accueillir il arrivera avec tous ces dons dont parle St Paul dans la deuxième lecture : « Voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. »

Aujourd’hui ce qui compte c’est la richesse, l’efficacité, la réussite ça tombe bien l’Esprit nous offre tout ça à sa manière. Nous pouvons partir avec lui. Avec lui nous sommes prêts à suivre l’invitation de Jésus : « Allez par le monde entier de tous les peuples faites des disciples baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit Amen. »  

Père Paul BERTHIER  

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16 mai 2021 Homélie 7ème dimanche de Pâques B Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE:   Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 1, 15-17. 20a. 20c-26)

DEUXIÈME LECTURE:   Lecture de la première lettre de saint Jean   (4, 11-16)

ÉVANGILE:  Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (17, 11b-19)

Homélie pour le septième dimanche de Pâques B après l’ascension.

« La politique de la chaise vide – ou l’anti-communion »

La prière sacerdotale de Jésus du chapitre 17 de St Jean dont nous avons un extrait dans l’Evangile de ce jour, c’est le testament du Christ et son intention pour l’Eglise qu’il confie à ses apôtres : Que tous soient uns comme le Père et moi nous sommes un. L’Eglise s’origine dans la communion d’amour trinitaire qu’elle doit refléter par toute sa vie. L’Eglise est une réalité de communion : entre nous en frères et avec Dieu, Père Fils et St Esprit. Sa Parole nous en indique encore les modalités à travers trois figures à méditer pour agir en vue de la communion : Matthias, Barsabbas et Judas : à chacun sa place ! 

La première modalité de la communion, c’est de ne jamais laisser une place vide. Au combat, lorsqu’un soldat tombe, un autre prend sa place. Mathias a ainsi remplacé Judas et nous aussi nous avons une place à prendreoù la communauté nous attend. Récemment un nouvel économe s’est proposé dans la paroisse St Benoit, nous pouvons nous en réjouir et le remercier. Mais qui, demain, remplacera les catéchistes ou les équipes de funérailles ou les visiteurs d’aujourd’hui lorsqu’un jour ils ne pourront plus assumer leur charge ? Il y a dans nos paroisses des tâches qu’aucun autre que vous-même ne pourra accomplir comme vous ; une place qui vous attend, une communauté qui vous espère à votre place. A une semaine de la Pentecôte, saurez-vous entendre la voix de l’Esprit Saint qui vous la suggère en proposant généreusement vos services à la communauté ? Saurez-vous transmettre aux plus jeunes ce besoin de communion en les encourageant à trouver leur place dans la famille des chrétiens ? 

Le deuxième visage de la communion, c’est encore de ne jamais laisser une place vide. Mais cette fois, c’est la place qui est à côté de vous inoccupée, c’est la place du pauvre que personne n’est allé chercher pour l’inviter. « Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde » dit Jésus afin de porter la Parole à tous ceux qui ne l’ont pas encore entendue. Barsabbas était ainsi de ceux qui ont accompagnés les apôtres durant toute la vie publique de Jésus pour être ensuite le témoin de sa résurrection. L’Eglise est par essence missionnaire disait le Concile Vatican II (LG2). Nous avons des places à proposer et partager.Mais Sommes-nous invitants ? Nous laissons-nous saisir par l’esprit Saint pour évangéliser autour de nous ? La communion ne peut se vivre seul replié sur soi-même aussi devons nous sans cesse inviter de nouveaux membres dans nos fraternités, à nos Eucharisties ou même chez nous pour élargir le cercle de nos amis. Il y a dans nos villages de nouveaux arrivants dont on se plaint qu’ils ne s’intègrent pas. Mais nous ? Avons-nous eu la présence d’esprit d’aller les rencontrer et de les inviter ? 

Le troisième aspect de la communion, c’est toujours de ne jamais laisser une place vide : la place qu’on a laissé pour prendre celle d’un autre comme l’a fait Judas en blessant profondément la collégialité de premiers apôtres. Il a convoité une meilleure place auprès des Pharisiens qui l’avaient acheté et s’en est allé à sa perte. Barsabbas, au contraire a-t-il pris ombrage de l’élection de Matthias ? Non il nous est dit qu’il était juste il n’a donc pas revendiqué de compter parmi les douze ni cherché une position enviable ou un pouvoir quelconque. Il s’est contenté de ce que le Seigneur lui confiait. Quelle abnégation exemplaire, quel bel esprit d’humilité et de service ! Nous aussi nous avons une place à occuper et une autre à laisser : fleurir là ou le Seigneur nous a planté plutôt que de penser que l’herbe est plus verte dans le près d’à-côté au point de délaisser notre devoir d’état. Trop souvent nos relations sont pourries par l’ambition et la jalousie. C’est l’anti-modèle de Judas. Reconnaissons au contraire les biens que Dieu nous fait pour les faire fructifier en tenant notre juste place sans convoiter toujours celle d’un autre, que ça soit à la maison, au travail ou en paroisse. Efforçons nous de vivre ainsi dans la justice et la vérité en nous réjouissant et en oeuvrant pour que chacun ait ce qui lui est dû pour le bien de tous à commencer par nous mêmes. 

L’Eglise s’inscrit dans cette continuité de la charité que Jésus laisse à ses disciples pour qu’elle infuse et se répande dans le monde entier par la communion fraternelle image de la communion trinitaire. Cela exige souplesse et docilité à l’Esprit Saint qui nous inspire de reconnaitre en toute chose ce qui est juste et bon pour rendre gloire à Dieu ensemble. Encore faut-il que nous y soyons attentifs c’est ce pourquoi nous prions en nous préparant à le recevoir dimanche prochain à la Pentecôte pour que s’accomplisse toujours plus notre communion dans la charité et la vérité : 

« ô Jésus, nous te prions  pour l’Eglise que nous formons ici dans nos paroisses. Que jamais ton souffle ne lui manque ! Que sans cesse elle trouve de nouveaux témoins pour remplacer ceux qui meurent ou font défection. Que jamais les rivalités et les divisions n’altèrent en son sein ton projet d’unité de tout le genre humain ! Que nous sachions toujours comme Mathias, nous insérer joyeusement dans une mission en marche au service de nos frères en répondant aux besoins du monde. Que nous acceptions comme Joseph Barsabbas de ne pas tenir le devant de la scène, de supporter les contrariétés et les contradictions en portant humblement ta lumière d’amour et de paix partout où tu nous appelles ».              Amen.

Père Charles BONIN

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13 mai 2021 ASCENSION DU SEIGNEUR Homélie du Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE:   Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 1, 1-11)

DEUXIÈME LECTURE:   Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens   (Ep 4, 1-13)

ÉVANGILE:  Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 16, 15-20)

Jésus prend de la hauteur. Non pas qu’il abandonne ses disciples, mais pour que par eux il se révèle à l’ensemble du monde. Il se retire à leurs yeux pour ne plus être restreint en un espace et un temps donné mais pour que son esprit se diffuse plus largement dans les cœurs. 

L’ascension est une élévation et une extension, c’est un mouvement de gymnastique spirituelle auquel le Seigneur nous invite : lever les yeux vers le ciel pour connaitre la fin glorieuse à laquelle nous sommes appelés auprès de Dieu et l’annoncer à toute la terre pour que tous les hommes puissent la partager. Ce double mouvement vertical et horizontal qui dessine le signe de la croix c’est la vie de l’Esprit répandue en toute âme de bonne volonté que le Christ invite à dépasser les contingences matérielles pour vivre de sa béatitude. Le Christ monte au ciel non pour accomplir un prodige, pour sa propre gloire mais pour nous élever avec lui au-delà des pesanteurs de nos vies.

Après avoir donné bien des preuves tangibles de son existence, de sa divinité, du fait de la résurrection victorieuse du mal et mort et du royaume auquel nous sommes destinés pour une éternité bienheureuse, en instruisant ses disciples pendant 40 jours après sa mort, Jésus leur promet l’Esprit Saint par lequel ils seront ses témoins pour que cette vie divine soit transmise par toute la terre. C’est une force qui nous est proposée à nous aussi encore aujourd’hui pour être animés intérieurement de la puissance même de Dieu. 

La deuxième lecture nous enseigne les conditionspour la recevoir :

Humilité, douceur, patience, pour vivre dans l’unité et la paix. Nous y reconnaissons les fruits de l’Esprit Saint dont parle St Paul au chapitre 5 de la lettre aux Galates. Rechercher ces fruits par notre attitude d’ouverture bienveillante aux autres et à la présence de Dieu dans le monde c’est permettre que les dons de Dieu s’y déploient pour l’épanouissement d’une société plus harmonieuse et fraternelle. 

St Paul explique en effet aux Ephésiens que ceux qui accueillent ainsi la grâce de Dieu contribuent à la construction du corps du Christ où chacun trouve joyeusement sa place au service des autres dans l’épanouissement de ses dons. L’apôtre souligne ainsi la visée, la finalitéde cette ascension du Christ dans le ciel pour faire descendre sur nous son Esprit saint en abondance. Elle est communautaire. Dieu donne à chacun de quoi contribuer à un monde qui soit toujours plus à son image, animé par l’Amour : qu’on soit apôtre, prophète, évangélisateur, pasteur, enseignant, et l’on pourrait sans doute y ajouter tous les corps de métier et état de vie : c’est pour que nous parvenions ensemble à l’état de l’homme parfait

C’est une œuvre commune pour l’épanouissement de chacun. Nul ne peut y parvenir seul, individuellement, mais tous nous devons y contribuer en nous aidant les uns les autres à recevoir et déployer les dons que Dieu nous fait pour nous rendre meilleurs. 

L’évangile nous assure que ceux qui mettent ainsi leur confiance en Dieu et s’efforcent de vivre dans la foi en s’impliquant dans ce perfectionnement de la société à l’image de l’Amour de Dieu, en reçoivent des bénéfices par des signes: expulsion des démons, langues nouvelles, prendre des serpents ou un poison mortel sans en subir le mal, guérir les malades. S’il arrive que ces signessoient manifestes, ils sont parfois cachés, intérieurs mais non moins réels et révélateurs de l’action de Dieu qui vient renouveler nos vies

Ouvrons nous donc à cette présence de l’Esprit que Dieu veut donner à chacun en cette fête de l’ascension. Levons les yeux vers le ciel pour mieux percevoir le sens de notre vie et recevoir la force de nous impliquer réellement chacun selon ses dons pour construire une société animée par la charité même de Dieu où chacun puisse s’épanouir dans la vraie liberté des enfants de Dieu selon sa vocation. Refuser de ne vivre que pour soi-même, et s’engager à construire ce Royaume de Dieu avec les hommes c’est une responsabilité de chacun pour le bien de tous. Amen

Père Charles BONIN

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09 mai 2021 Homélie 6ème dimanche de Pâques B Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE:  Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 10, 25-26. 34-35. 44-48)

DEUXIÈME LECTURE: Lecture de la première lettre de saint Jean( Jn 4, 07-10)

ÉVANGILE: Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(Jn 15, 9-17)

Homélie pour le 6èmedimanche de Pâques

Chers frères et sœur, 

En préparant cette homélie j’étais bien embarrassé car il me semblait relire l’Evangile de dimanche dernier. Il est encore question de demeurer. Que dire de nouveau que je n’ai pas déjà dit en méditant sur le sarment pour lequel il est vital de rester attaché au cep de vigne ? J’ai bien été tenté de reprendre la même homélie, mais même quand elle semble se répéter l’Ecriture est toujours nouvelle et nous renouvelle. Il faut bien remarquer en effet que ce passage qui suit celui que nous avons lu la semaine passée vient en préciser le message : Demeurer c’est aimer et aimer c’est se donner sans compter. 

Il ne s’agit pas d’aimer à la manière des hommes en fonction de ses goûts et attirances sensibles, mais d’aimer comme Dieu nous aime, c'est-à-dire en donnant sa vie pour ses frères. « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », dit Jésus. 

Toute notre vie n’a d’autre but que cela. Au soir de ma vie je serai jugée sur l’Amour dit st Thérèse. Nous devons donc nous demander comment ce commandement de Dieu, unique parce qu’il synthétise tous les autres, imprègne tout notre vie ? Comment sommes nous donnés à nos frères et sœurs à l’instar de Dieu qui se donne tout à tous? 

Un exemple pratique nous est proposé dans la première lecture avec st Pierre qui découvre que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes et que l’Esprit Saint est également répandu sur les païens qu’il finit par baptiser au nom de Jésus. C’est pour nous, un enseignement qui souligne trois points d’attention pour compter parmi les amis de Jésus, c'est-à-dire parmi ceux qui accomplissent ce qu’il commande non pas servilement mais en entrant dans son intention, par amour, en se donnant pour rassembler tout être dans l’Amour même de Dieu. 

Premièrement, si Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, nous devons nous aussi ne pas juger les autres. Tous sont aimés de Dieu et à tous l’Esprit Saint est envoyé. Débarrassons nous de tout préjugé et de toute critique. Ne nous prétendons jamais meilleur que quiconque. Pierre en bon juif pensait que les païens étaient exclus du salut et ne seraient sauvés que par le peuple élu. Nous aussi pouvons parfois penser que des gens moins éduqués ou d’une autre culture ou religion n’ont pas les mêmes mérites, sont inférieurs ou n’obtiendront pas autant que nous. Combien de fois ai-je été surpris d’entendre une parole prophétique, un témoignage de vie éloquent, ou de constater une force ou un acte de courage héroïque chez des personnes où l’on s’y attendrait le moins parce qu’ils sont plus faibles, plus pauvres ou se disent eux-mêmes non croyants ! Si les sacrements nous donnent la grâce avec certitude, elle n’y est pas limitée. Aussi devons nous cultiver une culture d’accueil et d’ouverture aux autres en lesquels l’Esprit est aussi donné. 

Le deuxième enseignement que nous donne cette première lecture pour aimer comme Dieu nous aime, c’est de nous disposer à recevoir toujours plus l’Esprit Saint.Comme ce centurion Corneille il nous faut veiller à accomplir ce qui est juste, c'est-à-dire vivre honnêtement dans la charité et la vérité, en adorant Dieu et en écoutant la Parole. Nous ne pouvons pas aimer si l’Esprit saint ne vient en nous pour nous inspirer ce qu’il faut dire et faire pour accomplir ce commandement de la charité. Combien de Chrétiens passent à côté du don de l’Esprit Saint parce qu’ils n’ont pas l’humilité de le demander comme ce centurion qui s’incline devant Pierre, reconnaissant en lui le représentant du Christ qui promit l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent (Lc11,13). Tous ses dons et charismes sont donnés et ordonnés pour que se déploie la charité entre frères et sœurs qui est le plus grand des charismes de l’Esprit. 

Enfin, conduits par l’Esprit, Pierre baptise ces païens pour les intégrer dans la grande famille des chrétiens. Le fait qu’ils lui demandent alors de rester avec eux, manifeste cette fraternité qui les rassemble au nom du Christ et par laquelle nous pouvons demeurer avec lui unis dans son amour. Sommes-nous mus par le même élan missionnaire ? Nous aussi pour vivre ce commandement de la charité devons avoir le soucis de conduire au Christ nos frères et sœursqui parfois le cherchent sans savoir comment et de réunir le plus grand nombre dans l’Amour qu’il nous a donné. N’hésitons pas à proposer les sacrements de l’initiation chrétienne, à parler de vocation aux jeunes, à témoigner de notre foi, à inviter ceux qui ne le connaissent pas à découvrir l’Amour dont ils sont aimés par l’amitié que nous leur offrons. 

Voilà comment nous pouvons aimer comme le Christ nous aime en nous donnant à nos frères et sœurs : Ne pas juger et reconnaitre la dignité de chaque personne, s’ouvrir par une vie droite et fervente à l’action de l’Esprit saint, témoigner et proposer l’amour de Dieu à chacun.C’est ainsi que nous sommes appelés à changer le monde pour que ce commandement de l’Amour ne soit pas quelque chose d’éthéré, un vague sentiment, mais un acte qui va au devant d’autrui pour relayer la vie et la joie que le Christ ne cesse d’offrir en plénitude, de manière toujours nouvelle, dans l’Eucharistie. Amen

Père Charles BONIN

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02 mai 2021 Homélie 5ème dimanche de Pâques B Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE:  Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 9, 26-31)

DEUXIÈME LECTURE: Lecture de la première lettre de saint Jean(1 Jn 3, 18-24)

ÉVANGILE: Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(Jn 15, 1-8)

Homélie 5eDimanche de Pâques B

 

Mes petits enfants nous devons aimer. Avec quelle douceur Jean nous transmet ce commandement de Jésus ! C’est que lui-même l’a vécu ! Il parle d’expérience celui qui reposa sa tête sur le cœur du Christ qui demeura avec lui dès que Jean Baptiste lui désigna l’Agneau de Dieu et jusqu’à la croix où il se tenait avec Marie. C’est là qu’est née l’Eglise, du sang et de l’eau qui jaillirent de son côté transpercé. Et l’Eglise n’a d’autre mission que de recevoir cet Amour de Dieu, d’en vivre en frères et sœurs et de le transmettre à tous les hommes. 

La raison d’être de l’Eglise c’est l’Amour de Dieu reçu, vécu et transmis mais comment faire pour satisfaire à cette mission que Dieu nous confie de continuer son œuvre ? Certaines personnes sont parfois difficiles à aimer et nous-mêmes ne sommes pas toujours bien disposés, nos égoïsmes souvent nous rattrapent et puis chacun sait bien que l’amour ne se commande pas. Les sentiments non ! mais aimer si ! Car aimer c’est vouloir du bien aux autres et quand on est branché à la source de tout bien qu’est Dieu on ne peut que devenir l’heureux canal de ses dons. 

La première condition de notre vie chrétienne, c’est donc de demeurer auprès de Jésus. Ce mot demeurer est très important chez St Jean. Demeurer c’est entrer dans une intimité, faire maison commune. Ecouter Jésus nous parler dans les Ecritures et entretenir avec lui un dialogue dans la prière, c’est cultiver une amitié qui fait grandir notre cœur à la mesure de l’Amour de celui qui nous a tout donné. Plus on le connait et plus on aime, plus notre cœur est apte à aimer les autres et à se réjouir dans la paix et la louange. Il est donc essentiel à notre foi d’entretenir une vraie relation personnelle avec le Christ. Lui, y est toujours disponible et nous y appelle mais lui accordons-nous le temps et l’importance nécessaire ? Sans lui nous ne pouvons rien faire, mais si nous lui restons connectés et accordons notre volonté à la sienne nous porterons du fruit et tout ce que nous demanderons nous l’obtiendrons. 

La deuxième condition de notre vie chrétienne pour être rempli de l’Amour de Dieu c’est de nous laisser purifier de tout ce qui n’est pas lui. Tout ce qui encombre notre cœur et nous empêche de recevoir Dieu doit être retiré pour lui laisser la place se s’épanouir. Nous sommes parfois contrariés de ne pas obtenir ce que nous convoitons, mais avant de nous enfermer sur nous même, demandons-nous si c’est vraiment bon pour nous ou si Dieu n’a pas un bien plus grand encore à nous offrir ? Si nous lui faisons confiance, si nous croyons qu’il nous aime et nous est fidèle nous ne serons jamais déçus ni amers ou inquiets ; nous serons toujours dans la paix. 

La troisième condition pour vivre de l’Esprit du Christ, c’est de nous donner à nos frères. Comme la vigne qui donne de beaux raisins, nous avons tous quelque chose à donner aux autres. C’est ce qui donne du sens à notre vie sur terre. Ne retenons pas pour nous nos richesses et nos talents. Elles sont faites pour être partagées et cela seul donne la vraie joie et la paix. 

Demeurer, purifier, donner voilà comment l’Amour de Dieu peut épanouir toute notre vie et la transfigurer pour qu’elle soit heureuse et belle. Petits enfants aimons nous les uns les autres ! Que notre communauté paroissiale soit une vraie famille attachée au Christ, paisible et confiante, animée par son esprit et donnée au service des autres. Efforçons nous de le vivre en nous engageant toujours plus dans la fraternité pour resplendir ensemble de la Gloire de Dieu. 

Père Charles BONIN

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02 mai 2021  Homélie 5ème dimanche de Pâques B Père Paul BERTHIER 

PREMIÈRE LECTURE:  Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 9, 26-31)

DEUXIÈME LECTURE: Lecture de la première lettre de saint Jean(1 Jn 3, 18-24)

ÉVANGILE: Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(Jn 15, 1-8)

5ème DIMANCHE DE PÂQUES B 2021

Vous voulez vivre en chrétiens ? Les textes de ce dimanche nous proposent deux méthodes indispensables et efficaces. Il nous faut tout d’abord "rester branchés". C’est la première nécessité pour vivre notre vie chrétienne.

Lorsque la ménagère veut passer l’aspirateur, elle le branche à la prise électrique pour avoir l’énergie nécessaire qui fera fonctionner l’aspirateur. Egalement à l’hôpital, on va brancher une perfusion au malade, pour lui redonner un peu de vigueur. Vous avez tous vu de la vigne, vous avez tous vu des sarments qu’on a coupés en taillant la vigne Si nous ne sommes pas branchés au Seigneur nous sommes comme des sarments qui sont en train de se dessécher : une fois coupés et bien secs, ces sarments ne sont plus bons qu’à alimenter les braises d’un barbecue.

Dans la vie avec le Seigneur c’est pareil : il nous faut rester branchés. Il faut absolument que notre vie soit en lien avec la vie du Seigneur. Nous l’avons entendu dans la première lecture : « L’Eglise se construisait, elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit-Saint, elle se multipliait. »Vous voyez, l’efficacité de l’avancée de l’Eglise dépend de la présence de l’Esprit-Saint.

Être branchés, ce ne sont pas des paroles en l’air : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ou par des discours mais par des actes et en vérité, »nous dit St Jean dans sa lettre et si je résume ce que nous dit Jésus : Restez branchés, « Car sans moi, vous ne pouvez rien faire. »

La deuxième invitation du Seigneur pour vivre la vie chrétienne c’est : « Demeurez en moi ! »"Demeurer " En 14 lignes Jésus emploie 8 fois ce verbe, c’est sans doute pour nous alerter ; ce n’est pas facile de résister à l’usure du temps. "Demeurer", c’est à dire durer tenir le coup, ne pas abandonner, ne pas nous décourager. Oui, il nous faut persévérer. La vie chrétienne ce n’est pas une heure de prière par semaine et cinq minutes par jour. C’est tout le temps, c’est perpétuel, c’est à chaque instant que nous devons partager notre vie avec le Seigneur. Toutes les fois où nous rencontrons une sœur, un frère, c’est à ce moment-là qu’il nous faut demeurer dans l’amour, alors nous rencontrerons le Seigneur lui-même. St Paul avait bien compris ça, lui qui recommande à ses fidèles : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites-le pour la plus grande gloire de Dieu. »

En plus, si vous persévérez, si vous demeurez dans l’amour de Dieu, vous deviendrez efficaces. Le Seigneur nous l’annonce clairement : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez et cela se réalisera pour vous. » Vous ne croyez pas que très souvent nous abandonnons nos demandes, nos prières un peu trop vite. Ensuite, nous nous plaignons que le Seigneur ne nous exauce pas.

Branchés sur l’amour du Seigneur et en demeurant dans cet amour, nous pourrons porter du fruit, devenir de vrais disciples et réaliser ainsi la gloire du Père.

P Paul BERTHIER

 

25 Avril 2021 Homélie 4ème dimanche de Pâques B Père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE:  Lecture du livre des Actes des Apôtres(Ac 4, 8-12)

DEUXIÈME LECTURE: Lecture de la première lettre de saint Jean(1 Jn 3, 1-2)

ÉVANGILE: Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(Jn 10, 11-18)

Homélie 4ème Dimanche de Pâques B

Dimanche dernier nous insistions sur l’importance de connaitre Jésus. Le fréquenter régulièrement dans la prière et les Ecritures et jusqu’à le toucher dans l’Eucharistie, l’aimer du fond de son cœur, c’est se laisser pénétrer de sa présence qui nous sauve. Nous l’entendons d’une manière un peu distraite et superficielle sans bien comprendre de quel Salut il s’agit ni mesurer qu’il en va de notre vie ! Cela n’a pourtant rien d’une théorie abstraite. Aussi, quand Pierre dit qu’il n’y a d’autre nom que Jésus qui puisse nous sauver, il le rend visible et manifeste par la guérison d’un infirme, signe de recouvrement d’une intégrité physique et de pleine vitalité. Jean explique dans la deuxième lecture que cette vie en plénitude n’est pas seulement physique mais qu’elle consiste à voir Dieu face à face, à lui être semblable, comme des fils et filles. C’est ce qu’initie le baptême mais nous avons encore bien du mal à le vivre concrètement et cela nous semble parfois lointain et quelque peu obscur.

Alors Jésus dans l’Evangile nous explique ce dont il s’agit par l’image du bon pasteur et une phrase sur laquelle on passe sans y faire attention : « Je donne ma vie pour la reprendre ensuite » ! Qu’est-ce à dire ? Depuis tout petit dans la cour de récréation on nous apprend que donner c’est donner et reprendre c’est voler et Jésus lui, donnerait pour reprendre comme un voleur ?

En tant qu’il est Dieu, il donne la vie divine, éternelle, bienheureuse, tout amour. Il la reçoit comme homme, au nom et pour toute l’humanité surélevée à cet infini degré de vie. 

En tant qu’il est homme, il donne sa vie sur la croix pour se laisser saisir par Dieu et revivifier par la source de la vie. 

Admirable échange proposé en chaque Eucharistie à l’homme qui se dépouille de lui-même pour se revêtir de l’Agapé divine ! Alchimie sublime pour tout homme qui se laisse gagner par la charité entrant en communion avec ses frères et sœurs dans le regard de Dieu ! 

En ce dimanche des vocations, il est opportun de méditer sur notre vocation fondamentale dont tous les états de vie (mariage, vie consacrée, sacerdoce) dérivent comme des expressions particulières d’un même appel à aimer comme Dieu nous aime et à incarner ce don qui nous est fait au baptême. Il est temps d’arrêter de vivre à la surface de nous même comme si la religion n’était qu’un vernis culturel, un rite social enrobé de mystère. Cet Evangile mérite d’être vécu à la lettre : Aucun berger ne donne sa vie au sens propre pour ses brebis. Dieu si ! et ses brebis c’est nous ! Ce n’est pas seulement une manière de parler pour dire qu’on s’investit pour une cause et qu’on s’y consacre totalement. Le bon berger lui, donne réellement sa vie pour que nous vivions de sa vie et pas seulement d’une vie animale. Le connaitre, entendre sa voix, recevoir son corps et son sang, c’est entrer en vérité dans la grâce de notre divinisation. Dieu assume notre humanité pour l’élever dans la périchorèse des personnes divines c'est-à-dire dans la communion d’Amour entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Tel est notre appel et ce à quoi toute notre vie doit répondre pour que nous soyons pleinement heureux : comment vivre au mieux cette offrande de soi dans l’Amour de Dieu et de nos frères ? C’est quand même une autre perspective de vie que de faire des plans de carrière ou les médiocres ambitions de fortune et de gloire. 

Prions donc, pour nous mêmes et plus particulièrement pour les jeunes qui cherchent un sens à leur vie, que nous sachions entendre ces appels du bon berger à marcher à sa suite en donnant nous aussi notre vie, pour vivre en plénitude de l’Amour trinitaire. Prions pour que les prêtres soient toujours plus configurés à cette figure du bon berger, prions pour que les consacrés demeurent des signes paisibles et joyeux du Royaume qui vient, prions que les époux manifestent l’alliance fidèle et féconde de Dieu avec les hommes. Recevons donc dans cette Eucharistie la force de nous donner sans compter pour ressusciter à l’éternelle vie. Amen. 

P Charles BONIN

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Dimanche 18 Avril 2021 Homélie 3ème dimanche de Pâques B Père Charles BONIN
Lecture du livre des actes des Apôtres (3, 13-15 . 17-19)
Lecture de la pemière lettre de saint Jean (2, 1-5a)
Évangile de Jésus Christ selon saint LUC (24, 35-48)

Homélie pour le 3eme dimanche de Pâques B

Puissance de mort et puissance de vie s’affrontent dans ces lectures qui reviennent sur l’évènement de la passion et de la résurrection du Christ. L’enjeu de ce combat dont le champ de bataille est l’âme humaine disputée par deux armées en campagne, comme l’a si bien imaginé St Ignace dans sa méditation sur les deux étendards, c’est la victoire sur le péché. Tout ce que nous avons entendu converge vers ce point culminant qui conclut l’évangile et la première lecture et introduit la deuxième : la conversion au nom du Messie pour le pardon des péchés. 

Toute l’Ecriture Sainte de l’Histoire d’Israël est tendue vers cet accomplissement que Jésus explique à ses disciples. Sa venue en ce monde c’est pour une libération du péché. 

Dans l’Ancien Testament, le péché est d’abord un manquement aux commandements de Dieu. Il implique réparation et porte des conséquences dommageables. Il revêt principalement la dimension morale d’une souillure dont on se lave par des rites de purification et des offrandes. 

Dans le nouveau testament cette compréhension s’affine avec les enseignements du Christ et la théologie de St Paul qui révèlent que le péché est un esclavage et un aveuglément qui nous tient loin de Dieu. Le péché nous détourne de ce qui nous est propre, de ce pour quoi nous sommes faits : la communication avec Dieu. Pécher c’est manquer sa cible qui n’est autre que le cœur de Dieu. Il nous éloigne de la source de vie et nous conduit à une mort certaine. 

Trois éléments sont constitutifs du péché : 

1/Une matière grave, c'est-à-dire un acte contraire à la charité. Le meurtre dont St Pierre parle dans la première lecture en est le type même, mais il y a bien des manières de tuer son frère autrement qu’en versant son sang. 

2/ La connaissance que l’acte commis est un mal. C’est pourquoi Pierre plaide l’innocence de ses frères juifs au motif de leur ignorance. 

3/ La volonté. Pierre relève que le peuple d’Israël a rejeté, livré et tué Jésus en demandant la grâce d’un prisonnier contre l’avis de Pilate. Ils n’ont donc pas agit sous l’emprise d’un autre qui les disculperait. 

Mais la situation du pécheur n’est pas sans remède : Nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ le juste nous dit St Jean. La victoire qui nous fait basculer du camp du mal et de la mort vers le camp de la vie c’est de connaitre le Christ, de confesser son nom en se reconnaissant pécheur et en accueillant son pardon. C’est pourquoi Jésus passe tout son temps de ressuscité à se faire reconnaitre et à expliquer qu’en traversant toutes ces souffrances pour parvenir à la résurrection il veut manifester qu’il est plus fort que le mal. Ce poisson qu’il mange n’est pas seulement un signe de vitalité mais aussi un message symbolique qu’il donne et que les premiers chrétiens conserveront comme signe de reconnaissance : le poisson Ictus en grec c’est l’acronyme de Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur. 

Comme les disciples nous devons donc toucher Jésus, le connaitre, le fréquenter, l’aimer, agir selon sa Parole. Et c’est ce que nous venons faire chaque fois que nous participons à l’Eucharistie. Nous revivons ce que les disciples ont vécu lorsqu’il se tenait au milieu d’eux pour raviver leur foi, les instruire et les fortifier pour l’annoncer. Ce n’est pas un rite pour faire bien, c’est le sacrement vital du Salut. On ne peut pas être catholique non pratiquant parce que notre religion est une relation. Celui qui se prive d’une telle présence se tient loin de Dieu, il est un menteur, la vérité n’est pas en lui dit st Jean. Ce serait comme dire je suis ami avec untel mais je ne l’écoute jamais et je ne vais jamais le voir. Soyons donc les témoins de cette présence de Salut pour la libération de tout péché, dites le bien autour de vous pour que beaucoup viennent recevoir ici dans l’Eucharistie la perfection de l’Amour de Dieu. Amen.  

P Charles BONIN

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Dimanche 18 Avril 2021 Homélie 3ème dimanche de Pâques B Père Paul BERTHIER
Lecture du livre des actes des Apôtres (3, 13-15 . 17-19)
Lecture de la pemière lettre de saint Jean (2, 1-5a)
Évangile de Jésus Christ selon saint LUC (24, 35-48)

3èmeDIMANCHE DE PÂQUES B 2021

Jésus ressuscité apparait de nouveau à ses Apôtres. On pourrait penser qu’ils vont enfin comprendre et croire en la Résurrection : hélas, on en est encore bien loin. L’Evangile nous le dit : « Saisis de frayeur, ils croyaient voir un esprit. »Et pourtant, les deux disciples qui revenaient d’Emmaüs ont été formels : « Nous l’avons reconnu à la fraction du pain. »Et les femmes qui ont trouvé le tombeau vide, n’est-ce pas là une preuve ? En plus de tout cela, Jésus ressuscité est même apparu à Pierre… Malgré tous ces témoignages, l’Evangile nous le souligne encore : « Dans leur joie, ils n’osaient pas y croire et restaient saisis d’étonnement. »

Il faut dire que la Résurrection c’est une réalité d’un autre monde. Les Apôtres ont besoin de temps pour comprendre, pour assimiler, pour digérer une telle nouvelle. Ils sont un peu comme des gamins pas très doués, face à la règle du participe passé ou du théorème de Pythagore : ils ont besoin qu’on leur répète souvent les règles. 

Les Apôtres sont des hommes simples qui ont l’habitude de travailler sur du concret. Alors, pour leur faire comprendre la réalité du Royaume des cieux, la tendresse de Dieu, la Résurrection ou le pardon des péchés, il faudra prévoir de répéter souvent, les choses, avec beaucoup d’explications. Pourtant, ils étaient avertis, les Apôtres, ils connaissaient l’Ecriture et les prophéties de l’Ancien Testament, et aussi, ils avaient entendu Jésus annoncer sa mort et sa Résurrection mais la nature humaine est ainsi faite, que devant le merveilleux, le spirituel, on se trouve quelque fois désarmés.

Regardons notre situation : nous aussi nous avons les Ecritures l’Ancien et le Nouveau Testament où les témoignages sont clairs et sans appel. Nous avons la figure de Jésus, la réflexion, la prière d’une multitude de chrétiens, l’exemple des innombrables saints, et pourtant que de fois nous nous posons la question : « Et si c’était pas vrai ! Et si Jésus n’était pas ressuscité ? »Et je suis presque sûr que si aujourd’hui je posais la question à chacun de vous… Mais non, c’est certain, il est ressuscité ! Cette vérité, je ne peux pas vous la transmettre, c’est vous seuls qui pouvez la vivre : la foi est un don de Dieu pour chacun.

Du coup, les hésitations des Apôtres, leur lourdeur, leur lenteur à croire peuvent devenir un encouragement pour nous. Il est vrai que pour nous, ouvrir l’Evangile, dire le Notre Père, voir les autres comme membres de notre famille, imaginer que nous serons tous un jour vivants comme Jésus ressuscité, ce n’est pas facile à vivre. Pourtant, croire que déjà maintenant, notre péché est pardonné peut transformer toute notre vie. Oui, nous sommes pardonnés, c’est dit en toutes lettres dans l’évangile de ce jour : « C’est lui, qui, par son sacrifice obtient le pardon de nos péchés. »Dans la lecture des Actes des Apôtres St Pierre demande à ses fidèles : « Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. »

Toute la liturgie de ce jour nous invite à croire en la Résurrection. Et cette Résurrection doit nous transformer, nous illuminer, nous transfigurer : « Sur nous Seigneur, que s’illumine ton visage »disait le refrain du psaume. Le Seigneur est ressuscité, il nous attend, il a besoin de nous pour crier partout que nous sommes sauvés, nous sommes pardonnés. Les Apôtres ne sont plus là pour continuer la mission c’est à nous de le faire. Le Seigneur part avec nous, il nous accompagne dans cette mission et il nous invite à partager son amour. C’est nous maintenant qui sommes les témoins de la Résurrection de Jésus. 

Père Paul BERTHIER  

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dimanche 11 Avril 2021 Homélie pour le  dimanche de la Miséricorde: Père Charles BONIN
Lecture du livre des actes des Apôtres (4, 32-35)
Lecture de la lettre de saint Jean (5, 1-6)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

Homélie pour le dimanche de la miséricorde 2021

Constituée autour de l’évènement de la résurrection, la première communauté chrétienne est animé par la communion fraternelle, confiante en la bonté de Dieu et la puissance de la foi victorieuse du monde c'est-à-dire de tout mal. Voilà le résumé des lectures de ce jour où nous fêtons la miséricorde de Dieu ou plutôt que Dieu est miséricorde. Car c’est son être profond, sa manière de nous aimer avec un cœur maternel, littéralement du fond de ses entrailles. Et c’est peut être le sens de cette blessure au côté du Christ que St Thomas est invité à toucher. 

Comme lui nous avons du mal à entrer dans ce mystère, à croire ce qu’on ne voit pas, à faire confiance et à nous appuyer sur notre foi pour orienter nos vies. La miséricorde de Dieu nous accompagne dans ces jours qui suivent Pâques pour nous aider à recevoir toutes les grâces de la résurrection et à en déployer la puissance de vie que nos intelligences et nos cœurs rétrécis ont du mal à intégrer. C’est toujours le Christ qui vient à la rencontre de ses disciples qui peinent à croire. Il franchit les portes closes de nos enfermements et devine les pensées cachées. Cela nos dit quelque chose des corps glorieux que nous aurons mais surtout, cela nous révèle que Dieu veux nous rejoindre dans nos peurs, nos hontes, nos faiblesses. Il nous faut à notre tour le laisser nous atteindre dans toutes nos misères pour parvenir au cœur de Dieu. 

Pour cela, il nous faut cultiver deux attitudes : 

1/ l’humilité qui consiste à regarder en face sa misère et à la remettre à Dieu en vérité.

2/ la confiance qui dépasse tout sentiment de culpabilité enfermant et tout découragement. 

St Thomas aurait pu avoir honte et se sentir diminué au regard des autres mais il rentre dans la miséricorde de Dieu en confessant sa foi : Mon Seigneur et mon Dieu. Il reçoit par cet acte la puissance qui fera de lui l’apôtre de l’Asie, un témoin vigoureux de la résurrection. 

A Ste Faustine Dieu révèle les trésors de sa miséricorde et assure que tous ceux qui s’y confient ne périront pas. Il lui demande de peindre ce tableau que l’on connait d’où sortent de son coeur des rayons rouges et blancs en rappel de l’eau et du sang qui jaillirent de son côté à la croix : L’eau qui lave du péché, le sang qui donne la vie en réponse aux deux attitudes du chrétien : humilité et confiance et que l’on vit tout particulièrement dans les sacrements du pardon et de l’Eucharistie. Voici deux bons moyens d’entretenir notre vie chrétienne et que la grâce de Pâques ne soit pas aussitôt dissipée. Les fêtes liturgiques ne sont pas en effet des célébrations rituelles calendaires, elles nous redonnent souffle de vie qu’il nous revient ensuite d’entretenir. 

Prenant donc conscience que les bras de Dieu nous sont toujours ouverts, devenons miséricordieux comme le Père, soutenus par ces sacrements pour vivre entre nous toujours plus de cette communion fraternelle des premières communautés chrétiennes à laquelle Dieu nous appelle. Amen. 

P Charles BONIN

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01/04 avril 2021: Homélies pour la semaine sainte B  Père Charles BONIN

Homélie du jeudi saint B

La première lecture est un récit de la Pâque juive qui nous éclaire sur le sens de notre liturgie de ce jour. Nous y retrouvons des éléments de similitude significatifs. 

Un repas fraternel, signe que Dieu nous invite au partage et à l’amitié entre nous. Que personne ne soit seul ou triste à proximité de notre maison, quelle soit ouverte aux pauvres et aux voisins à qui nous avons tant à donner : pas seulement de la nourriture matérielle mais aussi un lien d’humanité et comme la suite de ces deux récits nous l’enseigne, le don vital que Dieu veut faire à tout homme. Laisserons-nous nos portes fermées à celui que Dieu appelle aussi à travers nous ? A celui que le Seigneur nous appelle à servir comme lui ? Un parent âgé ou un malade ? En lavant les pieds de ses disciples, Jésus nous apprend qu’il n’y a d’autre chemin que cet humble service de nos frères pour avoir part avec lui. Mais si nous lisons bien, il s’agit d’un rite de purification. Se purifier les uns les autres c’est se pardonner aux uns et aux autres pour que nul n’ait de dette envers quiconque sauf la dette de l’Amour comme le dit st Paul aux Romains (Rm 13,8). Le temps est donc venu de demander ou d’accorder un pardon à quelqu’un avec qui nous sommes en froid. Comment prétendre autrement vivre cette liturgie d’un cœur en paix sincère et purifié ? Jésus lui-même ne l’a-t-il pas vécu au cours de ce repas en conservant son amitié à Judas à qui il tend une bouchée de pain bien que ce dernier le trahisse. La fraternité que Jésus nous invite à vivre ne saurait faire l’économie de ce don humble et miséricordieux de nous même dans le pardon. Le deuxième signe conforte cela :

Un agneau mâle sans défaut est immolé au cours de ce repas. Nous pouvons y reconnaitre sans difficulté une figure du Christ qui se donne en nourriture pour la vie éternelle lorsqu’il dit aux apôtres au cours de ce repas relaté par St Paul : ceci est mon corps, ceci est mon sang. Il annonce que son sacrifice sur la croix est vital pour nos âmes. Que tous ceux qui y communient obtiennent de lui le Salut. L’enjeu de ce repas, c’est en effet une délivrance.

Le sang de cet agneauprotégeait en effet, les hébreux des conséquences du mal dans lequel les égyptiens s’étaient enfermés loin de Dieu. De même, c’est le sang du Christ qui nous libère du péché. Comme les animaux du sacrifice d’autrefois dont le sang était versé sur l’autel tandis que le bouc émissaire chargé des péchés de la communauté était envoyé au désert, il a porté la rançon de nos fautes pour que nous ne soyons pas condamnés à la mort qu’elles entrainent. Laissons-nous faire par ce maître si bon comme il l’enjoint à Pierre. Ne pensons pas nous sauver par nous même, mais prenons davantage conscience de ce don qui nous est fait pour le recevoir d’un cœur simple et bon. Le corps et le sang du Christ donnent la vie et protègent du mal ceux qui se présentent avec foi devant lui. Retenons du fléau qui s’abat sur les égyptiens que nous avons bien plus besoin de communier fréquemment que de tout autre chose pour sauver notre âme. 

Tous ces ingrédients se trouvent réunis dans le saint sacrifice de la messe. Là, à travers le prêtre, Jésus s’offre encore comme victime et grand prêtre pour nous restaurer dans l’amitié de Dieu. Là s’actualise ce repas qui annonce la Passion, comme le Christ nous l’a demandé : « faites ceci en mémoire de moi ». Dans chaque Eucharistie nous nous rassemblons fraternellement, nous demandons pardon, nous écoutons la Parole du Christ, nous communions à son corps et à son sang pour être délivrés du mal et unis à sa divinité, nous sommes envoyés pour partager la vie ainsi donnée. Ainsi participant ensemble au sacerdoce du Christ selon la grâce de notre baptême nous portons par la fraternité qui nous unis la grâce de notre rédemption. Dans le silence, préparons nous donc à recevoir les fruits d’un tel mystère. Amen. 

 

Homélie pour le vendredi saint B

Le péché nous défigure. Il est bon d’en prendre conscience avec le portrait du serviteur souffrant d’Isaïe. Il n’avait plus figure humaine parce qu’il portait nos fautes, à cause de nos révoltes il a été transpercé dit le prophète. Il identifie bien en cela la cause de nos maux et le remède que Jésus y apporte en adoptant l’attitude exactement inverse dans sa Passion. 

Ce sont en effet toutes nos révoltes qui nous remplissent d’amertume et dictent nos conduites mauvaises. Nous n’acceptons pas une remarque alors nous maudissons. Nous sommes insatisfaits de ce que nous avons, alors nous envions, nous jalousons, ou pire nous volons ou détruisons ce que l’autre a et que nous convoitons : bien matériel, talent, réputation. Nous rechignons à nos devoirs d’état alors nous tombons dans la paresse, la facilité, la fuite des responsabilités. On se sent lésé d’un bien dont on s’estime avoir droit alors nous nous mettons en colère. On pourrait multiplier les situations négatives qui appesantissent nos vies, partout nous retrouverions à l’origine une orgueilleuse et sourde rébellion. Le refus de la volonté de Dieu et de ses dons est à la racine de toutes nos turpitudes. 

C’est donc logiquement par l’obéissance que le Christ rompt ce cercle vicieux pour nous en libérer. Durant sa Passion, en effet, tout en faisant valoir le droit, la justice et la vérité, il ne s’est pas révolté. Il a pâtit, passant de mains en mains : de Judas à la cohorte, des gardes juifs au tribun, des pharisiens à Anne, d’Anne à Caïphe, de Caïphe à Pilate, puis à la foule attisée par la haine et aux soldats. Il a été livré aux mains des hommes qui lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu, comme le prophétisait Jésus au sujet du retour d’Elie (Mt17,10-13). 

Si le Fils de Dieu s’est ainsi abandonné à la méchanceté des hommes, sans jamais répondre au mal par le mal, pour que l’Amour soit victorieux, n’était-ce pas pour que l’homme apprenne inversement à s’abandonner à la bonté de Dieu ? Terrifiant renversement qui nous dit toute la miséricorde de Dieu allant jusqu’à se renier lui-même pour nous rappeler qu’on ne retrouve notre visage humain qu’autant que nous nous laissons façonner à son image. De la Croix dressée sur le monde s’élève ce message de sagesse et de paix : consentir. Accepter nos limites, nos souffrances et jusqu’à notre mort dans la confiance en la résurrection, mourir à soi même pour entrer dans la vie même de Dieu est la voie de notre rédemption. C’est un message pour notre temps de pandémie où si souvent l’on se berce d’illusion de toute puissance, où l’on se voile la face sur notre condition mortelle, où l’on supporte si mal toute contrariété. 

Apprenons donc de la Passion du Christ la haine et la lutte contre toutes nos révoltes intérieures nourries par notre orgueil, et l’amour d’une humble et paisible obéissance à la volonté de celui qui veut nous restaurer dans notre originelle dignité. Acceptons de recevoir comme le Christ souffrant dans sa chair, les évènements de notre vie comme autant d’opportunités de parvenir à la Gloire de sa divinité.  Amen.

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Homélie pour la veillée pascale B

Alléluia Christ est ressuscité. Le tombeau est vide et c’est une bonne nouvelle ! Parce que ce tombeau est notre tombeau. C’est le tombeau de nos remords et de nos regrets, de nos fautes passées et de toutes nos culpabilités, le tombeau de nos hontes et de nos infidélités, de nos peines et de toute anxiété. Et il est vide chers frères et soeurs ! Vide ! Christ est ressuscité. ♫♫Il nous a sauvé alléluia, nous a libérés alléluia, nous chantons sa gloire alléluia, béni soit son nom alléluia ! Sa lumière a vaincu l’ombre, et il guéri nos blessures, il fait de notre misère une joie éternelle….♫♫

Ce qui frappe dans ces lectures de l’histoire du salut. C’est la patience de Dieu qui poursuit inlassablement l’homme par sa providence. Voilà un mot qu’on n’entend plus beaucoup. Dire que Dieu est provident, c’est reconnaitre qu’il fait tout concourir au bien de l’homme même les souffrances et la mort qu’il n’a bien sûr pas voulus. De la Genèse à la Résurrection du Christ en passant par l’Exode et les Prophètes, il créée, il conduit, il protège, il prévient et inlassablement il redonne souffle de vie à sa créature récalcitrante qui se cabre contre les aléas de la vie. Vendredi en méditant sur la Passion, la Croix nous enseignait à consentir dans les épreuves de notre vie à cette action de Dieu. Aujourd’hui, le tombeau vide nous apprend à y répondre positivement.

Au-delà du pâtir il y a en effet un agir. La vie spirituelle est ainsi alternance de purifications passives et actives pour entrer dans la gloire de la résurrection : double mouvement d’acceptation et d’exultation. 

A la Croix, les saintes femmes se tiennent debout sans rien dire. Elles subissent dans la douleur et les larmes. Au tombeau, au contraire elles courent et s’affairent à préparer des parfums et partent toutes bouleversées annoncer la nouvelle aux disciples. S’il nous faut accepter de mourir à nous mêmes, ce n’est pas pour y demeurer. Pâques est un passage de la mort à la vie, et ce mouvement doit imprégner toute attitude vraiment chrétienne d’une inébranlable joie : Acceptation-Exultation : c’est la respiration de l’âme gagnée par le Christ.

Aujourd’hui l’ange nous dit comme aux femmes : Il n’est pas ici ! Voici l’endroit où on l’avait déposé. Il nous invite à considérer tous nos lieux de mort que le Seigneur est venu visiter pour en extraire les cadavres et y apporter sa lumière. Forts de cette connaissance, il nous engage alors comme elles, entrer dans le dynamisme joyeux de la Foi : Acceptation-Exultation. 

Un jour, je faisais jouer la Passion à des jeunes handicapés et celui qui interprétait le rôle de Jésus au moment le plus dramatique où on le flagellait et où on l’insultait s’est exclamé : « j’m’en fiche de toute façon dans trois jours, je vais ressusciter ». C’est sans doute outré mais si on pouvait vivre tous nos petits drames avec la même légèreté la vie serait plus facile : Acceptation-Exultation. 

Une jeune collégienne me demandait récemment « Est-ce que les gens qui croient sont plus heureux ? » mais oui, c’est évident. Et cela devrait se voir. « Si les Chrétiens avaient un peu plus une tête de ressuscité tout le monde croirait » disait Nietzsche. Alors voyons ce qui nous reste à faire : Ne nous laissons jamais ébranler par le mal, courrons avec les saintes femmes constater qu’il a supprimé tout ce qui était mort dans nos vies ; courrons continuer l’onction interrompue, le geste d’apaisement, pour le corps blessé de nos frères affligés en lesquels le Christ demeure en leur prodiguant le parfum de notre amitié ; courrons ensemble avec elles annoncer au monde entier la bonne nouvelle de la vie. Mon souhait pour nos paroisses, c’est que les gens nous voient si simples et si joyeux qu’ils n’aient d’autre envie que de se joindre à nous alors : ♫♫Criez de joie, Christ est ressuscité, il nous envoie annoncer la vérité. Criez de joie brulez de son amour car il est là avec nous pour toujours. ♫♫

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Homélie pour le jour de Pâques B Baptême de Virginie et Médina

Marie Madeleine, Pierre et Jean : Les trois premiers témoins de la résurrection. Trois attitudes différentes face au même évènement. Et nous comment réagissons nous ? Quel ressuscité sommes-nous ? Quelle est notre foi au Christ ressuscité ? Parmi ces personnages et la foule des indifférents, nous avons-nous aussi à prendre position. 

Marie Madeleine est partie de bon matin avant tout le monde pour honorer celui qu’elle aimait, elle voit la pierre roulée et conclut au vol du corps de Jésus, elle s’agite et s’inquiète. Elle montre ainsi beaucoup d’Amour et le geste qu’elle allait accomplir tout comme son émotion le disent suffisamment. Mais elle ne croit pas tout de suite, parce qu’elle y est empêché par sa trop grande sensibilité qui fait comme un écran à son acte de foi. 

Nous aussi nous risquons parfois de réduire la Foi à quelque chose de sensible et alors si nous ne sentons plus rien nous sommes déstabilisés, prêts à tout laisser tomber. Avec Marie Madeleine nous sommes invités par le Christ à entrer dans la Foi pure et l’Amour véritable qui au-delà du sensible et de la seule dimension affective est un choix volontaire de s’abandonner à une alliance de confiance. 

Pierre vient ensuite, avec une réaction presque opposée. Il est rationnel, pragmatique, il entre dans le tombeau et regarde perplexe. Il interroge mais ne comprend pas et reste sur cette question sans réponse. C’est l’attitude de l’agnostique scientifique et matérialiste qui s’en tient au fait sans oser prendre position en l’absence d’une rigoureuse convergence de preuve. Le premier pape, un agnostique ! Quel scoop ! Cela peut, peut-être, nous rassurer sur nos propres doutes mais cela nous invite surtout à l’exemple de Pierre, à ne pas en rester là. Car si la foi dépasse le sensible, elle dépasse aussi notre intelligence. Non pas qu’elle soit irrationnelle mais parce que Dieu est toujours plus grand que ce que nous pouvons en comprendre. Il nous faut donc avoir l’humilité d’entrer dans la contemplation savoureuse d’un mystère plutôt que de prétendre tout en saisir. 

Jean est celui qui associe ces deux bonnes attitudes que réclame la Foi : Amour et intelligence, C’est le propre de la contemplation. Son amour est signifié par sa promptitude à se rendre au tombeau; son intelligence par le fait qu’il parvient à la vérité de l’évènement en posant un jugement sur ce qu’il constate : « Il vit et il crut ». Mais que voit-il pour croire ? Rien justement! Le tombeau est vide, il n’y a rien à voir. La Foi jaillit dans l'obscurité comme une lumière dans les ténèbres de notre vie. Nous expérimentons parfois ce vide, ce silence de Dieu mais c’est précisément là qu’il nous appelle à nous laisser saisir par lui, à accomplir ce saut de la Foi au-delà de la frontière où nous portent notre sensibilité et notre intelligence, sans les contrarier mais pour aller plus loin, vers le plein épanouissement de notre capacité à aimer et à connaître. 

C’est ce saut de la Foi que vous vous apprêtez à faire, Virginie et Melinda, et nous avec vous, en vous immergeant dans la mort et la résurrection du Christ. Par le baptême vous acceptez ce dépassement de vous laisser saisir par Dieu. Vous quittez tout ce qui ne peut que mourir pour entrer déjà dans l’infini et l’éternité de Dieu, vous intégrez l’Eglise du ciel et de la terre, dans la communion des saints. C’est un voyage extraordinaire de toute la vie avec ses péripéties où vous nous rejoignez aujourd’hui vers une destination heureuse que nul ne peut imaginer. Tous ensemble, en renouvelant avec vous nos promesses baptismales et en proclamant notre foi nous accomplissons cet acte de suprême Amour et d’intelligence qui nous fait participant à la résurrection du Christ et communier à sa divinité. Amen. 

P Charles bonin

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04 avril 2021: Homélie pour le dimanche de Pâques  Père Paul BERTHIER

PÂQUES 2021

Avez-vous remarqué, personne, aucun humain n’a vu Jésus sortir de son tombeau ; pourtant si l’on en croit St Paul, dans sa lettre aux Corinthiens la Résurrection de Jésus est l’événement le plus important de la vie chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide ainsi que votre foi. » « Si le Christ n’est pas ressuscité nous ne ressusciterons pas non plus : nous sommes encore dans notre péché et nous ne sommes pas pardonnés. »

Il est impensable qu’un événement aussi important n’ait aucun témoin. Les premiers qui témoignent de la Résurrection ne nous parlent que d’un tombeau vide et de quelques linges laissés sur place. Ainsi, alertés par Marie Madeleine, Pierre et Jean vont en toute hâte au tombeau : ils ne peuvent que constater qu’il est ouvert, que le corps de Jésus n’est plus là, seuls quelques linges sont rangés sur le côté. C’est bien peu de chose pour un événement aussi important.

Lorsque Jean, le disciple que Jésus aimait pénètre dans le tombeau, l’Evangile nous dit : « Il vit et il crut. »Ça y est, il a compris ! Il se souvient de ce jour où, avec Pierre et Jacques, au Thabor, Jésus leur était apparu tout plein de lumière. Et la voix du Père avait retenti : « Celui-ci est mon Fils bien aimé. En lui j’ai mis tout mon Amour. »Et en redescendant, Jésus leur avait demandé : « Surtout ne parlez de ceci à personne avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. » Ce matin, avec le tombeau vide, Jean ne peut qu’affirmer que Jésus est ressuscité.

Bon, très bien, Jésus est ressuscité, mais qu’est-ce que ça change ? En quoi cet événement va-t-il changer le monde ?

D’abord, c’est la seule résurrection qu’on ait pu constater depuis la création de l’humanité. Vous allez me dire : « Et Lazare Jésus l’a ressuscité des morts »! Non, Lazare n’a pas été ressuscité ; Jésus lui a rendu la vie que la maladie lui avait fait perdre, mais à la fin de sa vie Lazare est mort comme tout le monde. Jésus est vraiment le seul qui soit ressuscité.

Jésus était en même temps homme et Fils de Dieu. Il a pris sur lui tous nos péchés. Il en est mort, mais le Père l’a ressuscité. Et cette résurrection c’est la réponse du Père qui accepte le sacrifice de son Fils

Le Père a effacé nos péchés, c’est là la merveille, nous sommes pardonnés. Ecoutons encore St Paul : « Lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant ».

Jésus est passé par la mort, et le Père l’a ressuscité. Nous aussi nous passerons tous par la mort, et comme Jésus nous ressusciterons.

Vous voyez, ce qui change dans nos vies, c’est que chacun de nous est pardonné.Vous ne connaissez pas la puissance du pardon ? Il y a quelques jours, avec un autre père, nous recevions les enfants dans le sacrement du pardon et une maman catéchiste nous a fait la réflexion : «  Je ne sais pas ce que vous leur faites mais ils reviennent " transfigurés ". »

Si vraiment nous croyons que Jésus est ressuscité nous aussi nous pouvons être transfigurés car nous sommes en communion avec l’Amour du Père et notre Espérance nous pousse à croire que le Père nous ressuscitera pour nous donner la vie qui ne finit pas. Une vie de Bonheur, de gloire et d’Amour. Dieu nous fera partager sa Vie. Voilà toute l’Espérance que nous apporte la Résurrection. St Paul nous le redit clairement :  

« Quand paraîtra le Christ votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire ». Amen

P Paul BERTHIER

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Dimanche 28 mars 2021 Homélie pour le  dimanche des RAMEAUX Père Charles BONIN

Homélie pour les Rameaux B

C’est un âne qui porte Jésus. Ce détail a de l’importance. Cet animal humble et doux est honoré de la plus grande gloire : celle de porter le Fils de Dieu, Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs. De cette image retenons l’enseignement : Dieu se fait proche des serviteurs les plus modestes et simples. Il offre sa gloire aux petits, à la foule de ceux qui l’acclament d’un cœur bon et généreux. Bientôt, lui-même prendra la place de l’humilié, du pauvre, du condamné, de celui qui souffre s’abaissant jusqu’à la mort pour laisser toute place à l’amour le plus pur, débarrassé de tout orgueil. Cette marche triomphale, c’est le couronnement de ceux qui sont oubliés ou que l’on méprise et que Jésus nous appelle à reconnaitre comme frères. Que ce chemin vers Jérusalem que nous voulons faire avec lui nous entraine à redonner à chacun la place qui lui revient à reconnaitre en tous la dignité d’un fils ou d’une fille bien aimé de Dieu. Si un âne en effet a porté le fils de Dieu, combien plus chaque homme et chaque femme porte en soi l’image du Père. Apprenons donc de l’âne l’aumône véritable qui se fait servante respectueuse de toute vie pour laquelle Jésus s’est donné. Amen

Homélie après la lecture de la Passion B.

Judas a trahi, Pierre a renié, les disciples se sont endormis, les gardes l’ont arrêté, les prêtres ont menti, les valets l’ont roué de coups, les soldats se sont moqués de lui, la foule l’a condamné, des hommes l’ont crucifié, les passants l’injuriaient. Mais toutes ces turpitudes d’une humanité rongée par le mal sont encadrées de l’onction des saintes femmes. Comme un baume sur les plaies ouvertes par tant de violence, comme la lumière qui brille au cœur de la nuit. Elles firent nous dit l’Evangile ce qui était en leur pouvoir, rien d’autre que se tenir là : verser le nard précieux de l’amour, demeurer fidèle au pied de la croix, observer et courir avant l’aube rendre un dernier hommage. Dieu n’attend rien d’autre de nous : Être et aimer. Avant de rêver d’une sainteté héroïque, et d’actions éclatantes qui nous justifieraient aux yeux des hommes, accomplissons comme ces femmes ces petits actes quotidiens des vrais adorateurs que le Père attend : donner généreusement du temps et de ce qui nous est précieux dans l’élan de la charité, persévérer dans la foi, même quand l’on ne sent rien et que tout semble perdu et qu’on se pense abandonné, s’élancer dans la prière et vers les frères les plus oublié ou les plus isolés animé d’une joyeuse espérance à partager. Trois actions qui au cœur de la passion sont comme l’Eglise qui germe sur l’arbre de la Croix, l’Amour plus fort que la mort, la vie qu’aucun mal ne saurait éteindre. Entrons dans cette semaine de la Passion avec ces saintes femmes, dans un esprit d’abandon et d’adoration, sûr qu’aucun mal, aucun tourment ne peut atteindre ceux qui mettent ainsi en Christ leur confiance. Car en s’offrant lui-même à ceux qui l’aiment pour porter leurs peines il nous ouvre les portes de l’éternelle béatitude. Amen

Père Charles BONIN

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Dimanche 21 mars 2021 Homélie pour le 5eme dimanche de Carême B Père Charles BONIN

Homélie pour le 5èmeDimanche de Carême

Lorsque les grecs demandent à voir Jésus, c’est pour lui le signe que le temps est venu de révéler sa Gloire au monde entier. Mais le moyen de cette révélation, ce n’est pas un coup d’Etat, il n’est pas d’un grand éclat, ce n’est rien d’autre que la Croix. Signe d’abomination et d’opprobre mais qui dans sa radicalité révèle que Dieu est don ; don absolu de vie qui n’est que l’autre nom de l’Amour véritable. 

Jésus l’exprime par l’image du grain de blé qui ne peut porter du fruit s’il ne tombe en terre et ne meurt. La Croix c’est la fécondité d’une vie donnée par pur amour. C’est le chemin sur lequel Jésus nous invite à le suivre pour être à son image et entrer avec lui dans la connaissance du Père pour accomplir notre vocation humaine. On ne se réalise en effet, qu’en se donnant sans retour, par amour. « Ce n’est qu’en s’oubliant soi-même qu’on ressuscite à l’éternelle vie » dit la belle prière de St François. La maturité spirituelle consiste à entrer dans cette logique du don de soi qui est la loi nouvelle inscrite dan le cœur par le Christ et qu’annonçait Isaïe dans la première lecture. Par elle, la religion n’est plus affaire de rites et de préceptes, elle est relation et n’a d’autre norme que l’Amour. C’est l’ouverture d’un cœur pur qui sans se replier accueille la présence de l’autre vulnérable, fragile, blessé, malade et souffrant en qui Dieu se donne. Dès lors, il n’est plus d’autre sacrifice que d’entrer dans ce don d’un Dieu venu rejoindre nos ténèbres et nos misères. 

Ce dernier temps de Carême doit incarner l’accueil du don du Christ dans l’ouverture à sa grâce et le don de soi. Le premier mouvement, nous le vivrons d’une manière particulière tout à l’heure en accompagnant nos frères et sœurs malades qui ont demandé le sacrement de guérison. C’est un mouvement que nous avons tous à accomplir d’abandon confiant à la grâce qui nous restaure et nous relève à mesure que nous nous laissons rejoindre par la présence efficace du Christ. Le deuxième mouvement, c’est comprendre et vivre par un engagement concret de vie que tout ce qui n’est pas donné est perdu. Tout ce que nous donnons par amour : du temps, de l’argent, de l’attention, une parole et jusqu’à toute notre personne… nous constitue pour l’éternité, et nous établit dans le Royaume. Tandis-que ce que nous gardons pour nous périra avec nous à l’heure de notre mort. 

Le Christ nous indique ainsi la marche à suivre pour survivre à la mort et entrer dans sa résurrection : Confiance et don. C’est en effet par sa vie toute remise entre les mains du Père et donnée aux autres que le Christ est victorieux de la mort et de tout mal, car le bien accomplit demeure pour toujours. C’est le grand message de la Croix qui mène à la Gloire. Par l’acceptation confiance de la volonté du Père on s’ouvre à la vie bienheureuse. Par le don de soi, on épargne pour l’éternité. Cette charité, c’est la monnaie du Paradis. Plus on la dépense et plus elle augmente. Telle est l’économie divine. Imaginez un peu s’il en allait de même avec nos comptes bancaires ? 

Alors profitons de ces derniers jours qui nous séparent de Pâques, pour réviser nos divers engagements de vie à la lumière du don total de la Croix, pour nous renouveler dans l’offrande et l’oubli de nous-mêmes. Quittons l’empire du moi-d’abord pour entrer dans le royaume du don de soi (un beau livre à lire et à offrir). Donnons sans mesure, parce que justement, la mesure du véritable amour, c’est d’aimer sans mesure. Entrons dans cette économie du salut, avec confiance, sans nous regarder nous-mêmes mais en ne considérant que cette relation éternelle avec Dieu et la communion des Saints que ce don favorise. Investissons nous dans la vie de notre paroisse pour en faire une famille vraiment unie par les liens de la charité, resplendissante ainsi de la Gloire que Dieu promet à ceux qui se donnent. Amen. 

Charles Bonin

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Dimanche 21 mars 2021 Homélie pour le 5eme dimanche de Carême B Père  Paul BERTHIER

 

5èmeDIMANCHE DE CARÊME B 2021

« Nous voudrions voir Jésus ! »La scène se passe juste après l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem. Des Grecs, qui viennent sans doute d’arriver et qui n’ont pas pu participer au triomphe de Jésus veulent le voir. Est-ce par pure curiosité, pour voir cet homme dont tout le monde parle et qui ne fait pourtant pas l’unanimité ? Pourtant les foules l’acclament mais les pharisiens veulent le faire mourir. « Nous voudrions voir Jésus ! »

Et nous, est-ce que nous voudrions voir Jésus ? Ne me dites pas qu’un jour ou l’autre cette idée ne nous a pas traversé l’esprit. Je suis sûr que si Jésus montait maintenant par l’allée centrale nous aurions tous les yeux sur lui. Nous le dévorerions des yeux et nous rechercherions à croiser son regard ; ce regard profond plein de bonté, de miséricorde et d’amour et si en plus il prenait la parole à ma place, on se garderait bien de somnoler ou de penser au repas que l’on va partager dans quelques heures…

« Nous voudrions voir Jésus ! »Mais moi, je vous pose la question : « Est-ce que Jésus se laisse voir ? »Une fois de plus, cette question ne peut trouver sa réponse que dans la foi. Si on a un tout petit peu de foi alors oui, nous pouvons, dès aujourd’hui, voir Jésus, le reconnaître, l’écouter et partir à sa suite.

« Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang »Pensez-vous que ce n’est pas Jésus lui-même qui se montre à nous et que nous allons recevoir dans l’Eucharistie ? Il est vrai qu’il faut la foi pour croire en sa présence. Mais il est bien là, c’est bien lui, mais voilà on ne peut le reconnaître qu’avec les yeux du cœur, les yeux de la foi. C’est cette même foi qui nous le fera voir dans les autres : « Tout ce que vous ferez aux plus petits d’entre les miens c’est à moi que vous le ferez… »

Déjà le prophète Jérémie disait que Dieu voulait changer le cœur des hommes : en quelques sorte leur proposer la foi, il voulait mettre en

 L’homme la loi de Dieu, la loi d’amour : « Je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, ils seront mon peuple. »

L’Evangile nous dit que c’est le moment, c’est l’heure de Jésus. A Cana il avait dit à Marie : « Femme mon heure n’est pas encore venue. »Maintenant, ça y est : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. »« Vous voulez me voir, vous voulez me suivre : Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. »

Voir Jésus, le suivre dans sa vie, dans son sacrifice ça suppose beaucoup de générosité et de renoncement, beaucoup de peur aussi, comme Jésus. Oui, il a eu peur. Il a appelé son Père à son secours : « Père sauve-moi de cette heure ! »Mais il s’est repris aussitôt : « Mais non, c’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci. »

Voir Jésus, le reconnaître, le suivre, voilà où ça peut nous conduire : la peur, l’angoisse, la mort. « Lorsque j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes. »Mais la mort n’est pas le but de notre vie. Dimanche dernier, l’Evangile nous disait que derrière la mort, derrière la croix il y a toujours la Résurrection. Nous aussi, nous passerons par la mort, jusqu’à la Résurrection mais ce jour-là, « Nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu’il est. » Amen

Paul BERTHIER 

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Dimanche 14 mars 2021 Homélie pour le 4eme dimanche de Carême B Père Charles BONIN

Homélie pour le 4éme dimanche de Carême B Laetare

On peut être choqué par la colère de Dieu qui se déploie dans la première lecture, mais il faut comprendre que cela signifie qu’aucun évènement de l’histoire ne lui échappe. Il utilise tour à tour la violence des Babyloniens puis il inspire la clémence de Cyrus pour un seul et même bien : faire revenir vers lui son peuple qui s’en était détourné. Dieu fait ainsi tout concourir au bien de ceux qui l’aiment. Il met tout en œuvre en vue que nous pratiquions les œuvres bonnes pour lesquelles il nous a créés, jusqu’à se donner à nous en Jésus pour prendre sur lui le mal nous tourner vers les vrais biens. 

Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur d’un châtiment divin ni de craindre une justice sévère et expéditive. « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » dit l’Evangile. Voilà sans doute de quoi nous rassurer car par l’offrande de son Fils, Dieu nous a donné dans son Eglise tous les moyens du Salut, toutes les ressources pour demeurer dans son amour. 

Toutefois, parce que nous sommes libres, il nous incombe de nous en saisir en coopérant activement à la grâce. C’est cela venir à la lumière, par un acte de foi et une rectitude morale dont l’Evangile souligne la nécessité. Mais comment en vivre concrètement ? 

La foi est un acte de l’intelligence qui adhère au contenu de la révélation et croit que Jésus est le sauveur, mais c’est aussi un mouvement de la volonté qui décide de lui faire confiance et de marcher à sa suite. Dès lors elle implique de conformer ses actes à l’enseignement du Christ. Il importe donc de remettre notre vie sous le regard du Père avec humilité et dans la vérité voilà ce qui doit éclairer notre Carême d’une lumière nouvelle : Que cachons-nous aux yeux des autres, de nous même et de Dieu ? Se poser cette question en son âme et conscience, nous permet de découvrir les lieux où Dieu nous appelle à la conversion. C’est là qu’il nous attend pour nous sauver des ténèbres où l’on s’enferme et y apporter les secours lumineux de sa grâce. Il ne faut pas les fuir mais les regarder en face avec courage et lucidité pour s’y laisser rejoindre par la miséricorde de Dieu dans les faiblesses où nous reconnaissons avoir besoin de lui.

C’est ce qui nous est proposé de vivre dans le sacrement de la réconciliation(27-31 mars après midi). Le diable a horreur de cette démarche de vérité et d’humilité et fait tout pour nous en détourner, car il craint la lumière et veut nous enfermer dans la honte, la culpabilité ou le déni et le découragement. Confesser ses péchés, c’est venir à la lumière en reconnaissant qu’on est prisonnier d’une maison qui brûle. C’est l’appel salutaire qui nous tourne vers Dieu pour recevoir les grâces qui viendront éteindre l’incendie, plutôt que de risquer de se perdre en pensant avec présomption s’en sortir par soi même. Seulement, on n’éteint pas un incendie d’un seul seau d’eau, il faut parfois des jours pour maitriser les feux de forêt, une vie de persévérance dans la grâce pour s’en laisser imprégner par des actes bons répétés : Ce sont les vertus acquises par le jeûne la prière et le service de nos frères. 

En cette moitié de Carême, ne ralentissons pas notre élan, mais inscrivons ces moyens dans la durée. Il nous faut apprendre à saisir les opportunités que Dieu nous offre ainsi, et repérer les dangers qui nous guettent sur notre chemin vers lui. Pour exercer cette vigilance, l’aide d’un tiers peut être bien utile. C’est le rôle de l’accompagnement spirituel. S’ouvrir à quelqu’un de confiance, formé au discernement des esprits dans la prière, c’est la lumière dont parle l’Evangile qui nous est proposée pour objectiver les appels que Dieu nous adresse et déjouer les impasses on l’on risque de s’enfermer. 

Voilà donc deux moyens concrets de sanctification par lesquels on vient à la lumière pour qu’il soit manifeste que nos œuvres sont accomplies en union avec Dieu. Ainsi s’exerce le jugement de sa miséricorde qui nous fait demeurer dans la joie de son amour. En ce dimanche de laetare réjouissons nous du chemin de lumière que le Seigneur nous offre ainsi par les sacrements et le soutien fraternel que nous nous apportons les uns aux autres dans son Eglise. Amen. 

Père Charles BONIN

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07 mars 2021  Homélie pour le 3eme dimanche de Carême B  Père Charles BONIN

Homélie pour le 3eme dimanche de Carême B

Comment est-ce possible, Jésus si paisible se met en colère ! Mais la colère n’est-elle pas un péché ? Comment lui qui est Dieu peut-il commettre un péché ? On parle souvent de la colère de Dieu et aussi de sa jalousie. Mais ce sont là des défauts bien humains qu’on ne peut attribuer à Dieu qui est impassible. Il faut donc bien comprendre que ce vocabulaire est imagé et entend signifier une vive réaction contre un intolérable mal. 

La colère est effectivement un péché lorsqu’elle conduit à des actes violents injustifiés et disproportionnés. En revanche user de la force avec mesure pour rétablir un droit bafoué de manière ciblée lorsqu’il n’existe pas d’autre moyen efficace est admissible et même parfois nécessaire pour prévenir un mal plus grand. 

L’injustice ici, c’est le mépris de Dieu par ceux qui l’utilisent à leur profit et détournent la destination sacrée du Temple. Jésus concentre son action contre un dérèglement précis, il n’explose pas dans une colère désordonnée et sans but. Son geste se veut donc pédagogique : il signifie que rien ne peut être au dessus de l’Amour de Dieu et usurper la première place qui lui est dûe. « L’amour de ta maison fera mon tourment ». Il fustige ici l’idolâtrie, l’attachement désordonné à ce qui n’est pas Dieu. N’avons-nous pas nous aussi dans le cœur de tels attachements ? des trafics incompatibles avec l’Amour de Dieu ? On s’arrange, on fait sa petite sauce, sa petite religion à sa convenance et ainsi on rabaisse Dieu à soi au lieu de s’élever vers lui. Quels sont les marchés qui nous occupent ? Le Carême nous offre l’occasion de faire un peu de ménage, de nous mette en cohérence. L’Evangile nous encourage vigoureusement à cette opération de vérité. 

Pourquoi ? Pour nous relever, c'est-à-dire, faire que nous soyons pleinement éveillés spirituellement, pour nous redonner notre véritable dignité humaine qui est d’adorer Dieu en Esprit et vérité comme nous y appelait l’Evangile de dimanche dernier. « La Gloire de Dieu c’est l’homme debout » dit St Irénée, et non l’homme avachi dans ses passions. C’est ce que précise la parole de Jésus qui vient justifier son geste : « Détruisez ce Temple et en trois jours je le relèverai, mais le Temple dont il parlait c’était son corps ». Or nous sommes le corps du Christ dit St Paul (1Co 12,27), nos corps sont le Temple de l’Esprit (1Co 3,16 ; 6,19). Si Jésus s’assimile à ce Temple de pierre destiné à la communication avec Dieu, c’est parce qu’en lui, le Père est glorifié, bien plus qu’en un bâtiment, aussi beau soit-il. C’est en lui que la Loi donnée à Moïse et rappelée dans la première lecture est pleinement accomplie. Par sa Passion il nous révèle que la véritable destination de nos corps c’est d’aimer, d’être entièrement remis avec confiance entre les mains du Père. Par sa résurrection il manifestera la puissance de l’Esprit de Dieu qui l’habite. Et c’est donc en lui que nous-mêmes, qui partageons son humanité, sommes relevés de la mort du péché, restaurés dans notre relation fondamentale à Dieu. En le recevant nous entrons dans le Temple véritable. Et pour ce faire il faut 3 jours. 

3 jours comme les trois mouvements de cet Evangile, comme les trois temps de notre conversion de Carême, résumés par les trois jours la Passion du Christ: 

1/ Un temps pour détruire : après une prise de conscience de nos injustices fondamentales qui sont autant de mépris de Dieu : égoïsmes, ingratitudes, calculs, malversations etc… arrachons de nos âmes tous les attachements désordonnés, renversons nos trafics inavoués. C’est le temps de la croix que favorise le jeûne : un temps pour rejeter le mal.

2/ Un temps pour écouter la Parole de Jésus qui explique son geste mais n’est pas compris par les cœurs endurcis. Dans le silence du tombeau, c’est le deuxième jour, samedi saint, c’est le temps de la germination de la grâce dans l’accueil et la méditation. C’est le temps qu’il faut aux disciples pour se remémorer « qu’il avait dit cela » et croire aux prophéties, c’est le temps de l’enracinement de la foi. 

3/ Un temps pour construire : troisième jour, c’est la résurrection, le temps de la Gloire, le relèvement de l’homme par Dieu, le temps d’entretenir par la prière et le service des frères une relation vraie, confiante, un cœur à cœur avec Dieu. Le temps de l’engagement. 

Voilà l’œuvre de la re-création qu’accomplit un saint Carême :

1/ J’identifie un défaut particulier et je prends les moyens de m’en défaire. 

2/ Je prie dans le silence, j’écoute la Parole de Dieu qui m’éclaire et je demande humblement la grâce dont j’ai besoin.

3/ J’entre dans la louange d’un Dieu miséricordieux qui me relève et je le manifeste par un acte de charité. 

Parce qu’on n’a pas dit oui à Dieu tant qu’on n’a pas dit non au mal et qu’on n’entre dans le repos bienheureux de ce Temple qu’en suivant le Christ sur ce chemin de croix, que cette Eucharistie nous relève avec lui et nous entraine vers la Gloire.  Amen. 

P Charles BONIN

28 Février 2021 HOMÉLIE 2eme dimanche de Carême B  et 1er scrutin père Charles BONIN

Homélie pour le deuxième dimanche de Carême B

Le sacrifice de notre père Abraham (Gn 22, 1-2.9-13.15-18)

Ps 115 - « Dieu n’a pas épargné son propre Fils » (Rm 8, 31b-34)

La transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (Mc 9, 2-10)

 

Quel contraste entre ces deux manifestations de Dieu. L’une terrible dans la première lecture du sacrifice d’Isaac, l’autre glorieuse dans le récit évangélique de la transfiguration. Entre les deux, quelle image avoir de Dieu ? C’est en réalité le même mystère d’un Père très aimant qui livre son fils par amour pour les hommes. 

Le Christ accomplit le sacrifice interrompu d’Isaac. Il est l’Agneau du sacrifice qui faisait alors défaut. L’obéissance d’Abraam et de son Fils préfigurent l’obéissance du Christ remis aux mains des hommes et tout remis entre les mains du Père. Cet épisode est un modèle de l’attitude confiante et abandonnée à Dieu que Jésus a manifesté toute sa vie et que nous sommes invités à vivre nous aussi non pas dans un sacrifice sanglant bien sûr, mais en entrant dans une relation filiale respectueuse et dévouée à Dieu, dans une attitude d’adoration. 

 C’est cette même attitude d’adoration que suscite aussi la transfiguration en remplissant les disciples de crainte. Là est révélée la nature divine du Christ auquel Moïse et Elie, c'est-à-dire la Loi et les Prophètes rendent témoignage. La Révélation de sa divinité c’est ce qui donne tout son sens au sacrifice qu’il accomplira : en lui c’est Dieu qui se donne à tous les hommes pour le rachat des péchés et l’alliance avec lui. 

 La contemplation de ce mystère nous témoigne aussi que si nous entrons avec docilité dans cette relation filiale, si nous écoutons la voix de celui que le Père nous envoie, nous sommes appelés nous aussi à être transfigurés par la grâce. N’est-ce pas en effet dans son humanité que Jésus resplendit de cette divine gloire ? 

 Le Carême c’est finalement ce chemin d’Abraham et d’Isaac, ou bien des disciples Pierre, Jean et Jacques : chemin de confiance et d’abandon, de sacrifice et d’adoration. C’est un pèlerinage qui nous oblige à quitter quelque chose pour entrer dans la vie même du Dieu trois fois saint. 

 Il importe donc de nous laisser saisir comme Abraham et les disciples en nous ouvrant à la Parole de Dieu de tout notre cœur. « Ecoute et tu parviendras » dit St Benoit à ses moines en préambule de sa règle. Un bel effort de Carême, ce pourrait être simplement d’écouter ce Dieu qui ne cesse de nous parler et que nous croyons muets parce que notre cœur est sourd. Que Jésus nous libère donc en cette Eucharistie de tout esprit de méfiance comme de toute préoccupation trop matérielle pour nous ouvrir pleinement à la Gloire de sa présence. Amen

Père Charles BONIN

 

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Homélie pour la messe de la Samaritaine 

1erscrutin des catéchumènes.

Ex 17,3-7 ; Ps 94 ; Rm 5, 1-8 ; Jn4,5-42

 

Est-ce que vous avez soif ? Soif comme les Hébreux au désert ? Soif comme cette femme venue pour puiser de l’eau en plein midi ? Soif comme le Christ au bord de ce puits de Samarie ? Trois genres de soif, une seule eau vive pour les étancher !… Mais avons-nous soif ? 

 La soif des Hébreux nait d’un doute : « Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous ou bien n’y est-il pas ? » C’est la soif de la foi. Est-ce que nous croyons et désirons connaitre Dieu et marcher à sa suite avec confiance ? A peine libérés de l’esclavage, le peuple récrimine et regrette les oignions d’Egypte. A peine engagés dans le Carême, nous lassons-nous déjà de nos bonnes intentions ou n’avons-nous peut-être pas encore abandonné tel ou tel vice qui nous tient loin de Dieu ? Avons-nous la foi que Dieu est là présent, si proche de nous ? qu’il n’attend de nous qu’un geste de confiance, un petit effort qui manifeste notre résolution envers lui ? Dans nos épreuves, est-ce que nous accusons Dieu, ou est-ce que nous savons en faire une occasion de nous tourner vers lui, comme un enfant qui attend tout de son Père ? Acceptons paisiblement l’épreuve du désert en redisant avec confiance : « Seigneur, je crois, Viens au secours de mon peu de foi. » (Mc9,24). Mais quelle est notre foi que révèlent nos épreuves et nos aridités ? 

 La soif de la Samaritaine nait d’une honte : Elle vient puiser en plein midi pour ne croiser personne à cause de sa vie dissolue. Mais le Seigneur scrute son cœur pour lui permettre une prise de conscience et d’être en vérité avec elle-même : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Parce qu’elle est descendue, avec l’aide de la grâce dans les profondeurs de son âme, elle a pu y retrouver son désir profond, enseveli sous les décombres d’amours déçus : « Donne la moi cette eau, que je n’ai plus soif et que je n’ai plus à venir ici pour puiser ». C’est la soif de l’Espérance : Espérance de la vie éternelle qui fait demander à cette femme où il faut adorer pour demeurer auprès de Dieu, et qui lui fait abandonner sa cruche dérisoire, symbole de toutes nos fausses assurances matérielles pour courir annoncer aux gens cette bonne nouvelle du Salut. Mais nous catéchumènes ou baptisés de longue date, quel est notre désir profond ? Sommes-nous prêts à abandonner nos cruches, nos petitesses mesquines et nos déboires futiles pour vivre vraiment pour Dieu, pour le ciel ? Quelle est notre Espérance ? « Si c’est pour cette vie seulement dit St Paul nous sommes les plus malheureux de tous les hommes ». Elevons donc nos regards vers la vie éternelle. 

 La soif du Christ enfin, nait de la fatigue d’un long chemin. Le chemin de Dieu vers l’homme, le chemin de l’Alliance que relate tout l’ancien testament et qui s’achève à la croix dans un cri : « J’ai soif ! » Soif de votre amour, soif de vous aimer et d’être aimé en retour. C’est la soif de celui qui a tout donné, jusqu’à la dernière goute de son sang, jusqu’au dernier souffle de vie par pur amour gratuit, parce qu’au terme de la vie, celui qui n’a pas tout donné n’a finalement rien donné. C’est la soif de la charité. Soif ultime du Père qui recherche des adorateurs en Esprit et en Vérité, des fidèles mus par l’Esprit non par la chair qui le connaissent en Vérité d’un cœur aimant et dévoué. A la fin des temps nous dit st Mathieu, « par suite de l’iniquité croissante, la charité de la plupart des hommes se refroidira. Mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Mt 24,12).N’est-il pas temps de ranimer notre cœur en redoublant de ferveur pour le Seigneur et le service de nos frères ? Quelle est notre charité ?

 Il n’y a qu’une seule eau vive pour étancher ces soifs, sans les épuiser, mais au contraire, en les attisant pour mieux les satisfaire ; c’est le Christ réellement présent dans l’Eucharistie. Ils sont nombreux, même parmi les chrétiens, aujourd’hui, a avoir perdu le chemin de cette source jaillissante pour la vie éternelle, nombreux ceux qui se perdent en oubliant le sens de ce sacrement sommet de notre vie chrétienne. Puissions-nous, en accompagnant les catéchumènes dans la foi, l’espérance et la charité, être tous ensemble renouvelés en communauté vraiment fraternelle nourrie de cette eau vive du salut. Alors que la situation actuelle a accéléré la désaffection de la communion dominicale, profitons au contraire de ces quarante jours pour raviver notre amour de l’Eucharistie en méditant sur ce mystère, en participant plus fréquemment à la messe, en y invitant des parents ou des voisins, en prenant un temps régulier d’adoration, simplement parce que le maître est là… il nous attend pour nous donner la vie en plénitude. 

Amen. 

Père Charles BONIN

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21 Février 2021 HOMÉLIE 1er dimanche de Carême B père Charles BONIN

1ER DIMANCHE DE CARÊME B

Lecture du livre de la Genèse (9, 8-15)

Lecture de la première lettre de St Pierre Apôtre (3, 18-22)

Évangile de Jésus Christ selon St Marc (1, 12-15)

Homélie 1er Dim Carême B

Le baptême est souvent perçu comme une protection contre le mal ; pour se prémunir de tout ce qui de l’extérieur viendrait nous atteindre et nous salir. C’est la raison principale la plus fréquente invoquée par les parents qui demandent ce sacrement. Un jour un enfant à qui je demandais comment on devenait chrétien m’a répondu que pour devenir chrétien, il fallait faire un lavement ! 

Le symbolisme de l’eau semble bien accréditer cette conception. Pourtant St Paul dit bien dans la deuxième lecture qu’être baptisé ce n’est pas être purifié des souillures extérieures. Il ne remet pas en question la valeur purificatrice du baptême. Mais il précise bien qu’il s’agit d’une purification spirituelle et surtout il insiste sur le fait que le baptême est un engagement envers Dieu à la suite du Christ pour avoir part à sa résurrection. Ça n’est pas passif ! Certes nous recevons la grâce et c’est Dieu qui nous sauve. Il y a donc dans la vie chrétienne une réceptivité première de l’action de Dieu. Mais il y a aussi de notre part une réponse qui nous met en mouvement vers lui et qui nous engage.

Le Christ nous montre bien ce mouvement dans l’Evangile : Il est docile à l’Esprit Saint qui le pousse au désert, mais c’est lui qui y va et qui y reste soutenu par des anges. Puis après quarante jours, il part annoncer aux autres la bonne nouvelle. Il en va de même dans la première lecture pour Noé dont l’arche est une figure du baptême et de l’Eglise. C’est Dieu qui lui suggère de la construire, et Noé obéit, il s’investit pleinement sur ce chantier avec ses fils, il s’y engage à fond et monte à bord avec les justes qui acceptent ce moyen de salut et les animaux innocents que Dieu préserve. 

L’arche qui nous sauve, c’est l’Eglise que le Seigneur nous demande de construire et de faire vivre ensemble. La question qui nous est donc posée aujourd’hui, c’est : Comment nous engageons nous envers Dieu pour son Eglise dans la fidélité à notre baptême ?Comment à la suite du Christ, acceptons-nous les privations et frustrations corporelles du désert pour vivifier notre esprit et proclamer la bonne nouvelle du salut ? Plus concrètement quels biens matériels allons nous laisser de côté pendant ces quarante jours pour redonner du temps à Dieu à l’Eglise et aux autres ? La télé, internet, l’alcool, le sucre, les vains bavardages ?... Et que nous engageons nous à faire pour répondre aux dons de Dieu à notre baptême ? Lire la parole de Dieu, prier d’avantage, servir les plus pauvres, donner de l’argent et du temps à une association, prendre une responsabilité dans la paroisse ? 

C’est à cette réflexion commune que nous sommes invités depuis le mois de septembre pour l’avenir de notre doyenné de la Bièvre. Pour repenser ensemble une Eglise plus fraternelle et plus ouverte sur le monde. Chacun peut y contribuer individuellement en proposant des initiatives ou des idées aux membres de nos équipes paroissiales ou au prêtre. Notre baptême nous engage sur un chemin de vie communautaire à la suite du Christ. Que chacun réfléchisse donc à ce que l’Esprit Saint lui suggère de faire concrètement et prie pour avoir la force de le mettre en œuvre et de s’engager plus résolument en Eglise. C’est la joie que je nous souhaite pour voir fleurir durant ces quarante jours les grâces de notre baptême.   Amen

Père Charles bonin

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21 Février 2021 HOMÉLIE 1er dimanche de Carême B père Paul BERTHIER

1ER DIMANCHE DE CARÊME  B 21

Lecture du livre de la Genèse (9, 8-15)

Lecture de la première lettre de St Pierre Apôtre (3, 18-22)

Évangile de Jésus Christ selon St Marc (1, 12-15)

HOMÉLIE

 

Jésus vient d’être baptisé. St. Marc est très bref sur cette scène, il nous dit cependant que « Lorsque Jésus remontait du Jourdain, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui, et, des cieux, vint une voix : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi, j’ai  mis tout mon Amour. » Jésus reçoit la force de l’Esprit et le Père annonce au monde qu’il comble son Fils de toute la puissance de son Amour.

Après cela, le premier geste que l’Esprit inspire à Jésus c’est de le pousser au désert. Les spécialistes de l’Evangile nous disent qu’on devrait traduire non pas "pousser" mais "chasser" au désert, et là, il fut tenté…

« Ne nous laisse pas entrer en tentation ! »

Jésus est homme c’est à ce titre-là que le démon pense avoir une chance de détourner Jésus de sa mission. La tentation c’est cette force qui pousse l’homme à agir contre sa conscience, contre le commandement d’Amour du Seigneur, contre sa foi, par orgueil, il s'oppose à Dieu.

Aujourd’hui, qui de nous n’a pas, un jour ou l’autre, crié dans son cœur sa déception face à ce Dieu qui ne se manifeste pas ou qui permet ce mal dont je souffre : « Si Dieu existait,il ne pourrait pas permettre ça. »Et la tentation qui nous guette c’est de mépriser ce Dieu au rabais qui se laisse faire, qui n’est pas capable de terrasser ses adversaires...

Notre tentation c’est de refuser un Dieu qui se laisse arrêter, condamner, crucifier... « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la Croix et nous croirons en toi ! »

« Ne nous laisse pas entrer en tentation ! »

Ce n’est plus Satan qui tente le Fils de Dieu, c’est l’homme, c’est moi-même qui devient tentateur et qui demande à Dieu d’être un Dieu à ma façon : unDieu triomphateur, un Dieu fort, capable de descendre de la Croix...

Et voilà que nous voulons donner des leçons à notre Dieu ! Heureusement le Père le proclame : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en lui j’ai mis tout mon Amour. »

Et c’est toute la force de cet Amour qui fait que notre Dieu, en Jésus, a voulu s’incarner, être faible, être capable de se préoccuper des plus petits, un Dieu capable de se faire du souci pour sa créature.

 Notre Dieu, en Jésus-Christ, est un Dieu fou d’Amour et de tendresse pour l’homme, un Dieu qui va tout donner, jusqu’à sa vie, pour que l’homme ne meure pas...

« Ne nous laisse pas entrer en tentation ! »

Mais notre Dieu est aussi un Dieu puissant, qui va avoir son triomphe, un Dieu qui va étonner tout le monde, un Dieu vainqueur de la mort car si par amour pour nous, il n’est pas descendu de la Croix,  Dieu, son Père l’a ressuscité d’entre les morts.Et là, nous arrivons au sommet de notre Foi. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre Foi est vaine. »

Depuis mercredi, nous sommes entrés en carême. Je ne veux pas vous donner des directives pour réaliser telle ou telle privation pour mener à bien ce temps de pénitence. Je voudrais simplement que vous puissiez découvrir qui est véritablement Jésus, vous approcher de lui  et le prier : Jésus-Christ, Fils de Dieu, notre frère, nous voudrions te redire notre action de grâce, parce que tu es sorti vainqueur de toutes  les tentations.Tu as réalisé à la perfection ta mission de salut pour notre humanité. Tu nous l’as dit, nous aussi, nous sommes aimés du Père, nous aussi, nous sommes envahis par l’Esprit, alors, aide-nous, apprends-nous à résister aux tentations qui nous assaillent. Poussés par l’Esprit, nous réaliserons avec toi notre marche du Carême jusqu’à la joie de la Résurrection.

Père Paul BERTHIER

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14 Février 2021 HOMÉLIE 6ème dimanche B  père Charles BONIN

6eme dimanche du temps ordinaire B le 14/02/21

Lecture du livre des Lévites JOB (13, 1-2. 45-46)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens  (10,31 - 11,1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 1, 40-45)

 

Homélie 

 

La lèpre était un motif d’exclusion de la société qui faisait l’objet de rituels précis de reconnaissance par le prêtre puis de purification et de réintégration en cas de guérison. Le livre du lévitique y consacre deux chapitres ce qui montre la peur que suscitait cette maladie et la vigilance extrême qu’elle suscitait. Aujourd’hui ce serait plutôt le coronavirus qui motiverait de telles préventions et ce ne sont plus les prêtres mais les médecins qui s’en chargent. On conserve toutefois les mêmes mesures de quarantaine et de mise à l’écart pour éviter la contagion qui nous permettent de comprendre ce que vivaient ces personnes. 

Néanmoins nous avons perdu l’aspect spirituel symbolique de cette maladie. On croyait autrefois qu’elle était le signe extérieur du péché et d’une malédiction de Dieu. C’est ce qui motivait l’intervention des prêtres dans le processus de guérison et lorsque celui-ci était aboutit, il convenait de rendre grâce par l’offrande de sacrifices. Dieu ne veut pas le mal. Il n’envoie pas les maladies pour nous punir. Toutefois le lien que faisaient nos anciens entre le mal moral et le mal physique n’est pas absurde. Il favorise au moins une prise de conscience de nos désordres spirituels qui sont des maladies dégradantes de l’âme et de la nécessité de se convertir pour en guérir. 

Aujourd’hui on a perdu, et le sens du péché, et la foi en la puissance de la prière, et la justice de l’action de grâce. S’il est évidement excessif de faire un lien de cause à effet direct entre le péché et la maladie, on est en revanche tombé dans l’excès inverse de ne plus voir que ce qui est physique et objet des sciences matérielles en négligeant le soin de nos âmes. Avant, Dieu était au principe de la santé, maintenant c’est la santé qui est un Dieu. Il serait temps de retrouver un juste équilibre et ce lépreux nous l’indique par un chemin en quatre étapes :

D’abord, prendre conscience de son péché : le lépreux reconnaissait son impureté publiquement. Le péché est une lèpre intérieure dont on a besoin de prendre conscience pour en guérir. Parfois nous sommes aveuglés sur nous même et ne voyons pas le mal dont nous avons besoin d’être libéré. Il est difficile de soigner un malade qui se croit en bonne santé. Sans se culpabiliser, il nous faut demander à l’Esprit Saint de nous éclairer sur tout ce qui nous éloigne de Dieu pour nous retourner vers lui. 

Ensuite, la foi : « si tu le veux tu peux me purifier ». Cette confiance en Dieu devrait être le mantra de toutes nos journées. Le lépreux va au devant de Jésus malgré les interdits de la loi. Nous même, sans peur, nous devons nous tourner résolument vers lui qui seul peut nous rendre meilleurs. Nous ne sommes pas maitres de notre guérison, c’est le Seigneur.

Troisièmement, le lépreux se laisse toucher. Il n’y a pas de croissance spirituelle sans abandon. Sommes-nous dociles à sa parole ? Parvient-elle aux jointures de notre âme ou reste-t-elle à la surface de notre intelligence ? On a besoin de temps et de silence pour laisser descendre en nous cette parole qui libère et relève, ce « je le veux sois purifié ! ». Est-ce qu’on se donne les moyens de se laisser rejoindre par la parole de vie que Dieu nous adresse chaque jour dans l’Ecriture et les évènements de notre histoire ? 

Quatrièmement, la réintégration dans la communautéd’action de grâce: « va te monter aux prêtres et donne ce que la loi prescrit ». Le Salut que Dieu nous offre nous met en lien. Dieu nous relie à lui et aux autres pour nous délier du mal qui nous isole et nous renferme. On ne se sauve pas tout seul, mais par l’intégration au corps du Christ qui est l’Eglise. Avons-nous conscience d’appartenir à ce corps dont chaque membre tire sa subsistance ou n’est-il qu’un outil dont on se sert quand on en a besoin ? On ne peut pas être un chrétien consommateur qui ne s’investit pas dans la vie de sa paroisse. Si l’on fait ainsi on tourne en rond autour de soi-même sans croissance possible, sans vie. Que serait le bras sans le corps ? Une fois réintégré dans la communauté, ce lépreux devient un témoin, source de vie pour les autres en rendant grâce des merveilles du Seigneur. Comment le sommes-nous pour nos frères et sœurs ? Demandons à l’Esprit Saint d’élargir notre cœur pour faire de nous des Etres à la louange de sa Gloire et que nos communautés s’élargissent ainsi dans l’exultation d’Etres sauvés. 

Voilà un bel itinéraire de conversion pour chacun : Conscience droite, foi, abandon, communion ! Prendre conscience que nos misères sont le trône de la miséricorde divine qui nous restaure dans notre dignité d’être membres du Christ nous fait réceptacles et témoins de la grâce. Au début de ce Carême prenons les résolutions qui nous mettront en route à la suite de ce lépreux vers le Christ pour partager avec lui la joie de la résurrection. Amen. 

P. Charles Bonin

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07 Février 2021 HOMÉLIE 5ème dimanche B  père Charles BONIN

Lecture du livre de JOB (jb 7, 1-4 . 6-7)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens  (1 Co 9, 16-19 . 22-23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 1, 29-39)

 

Homélie pour le 5èmedimanche du temps ordinaire B

J’ai lu la première lecture du livre de Job après un article assez déprimant sur la situation des étudiants face aux restrictions imposées pour lutter contre la pandémie. Je me suis dit qu’un bon nombre d’entre eux auraient pu dire la même chose que ce pauvre homme frappé d’un mal injuste qui n’aperçoit aucune lueur pour éclairer son avenir. 

Mais dans l’évangile, on voit Jésus venir au secours de toutes les détresses de ses contemporains pour leur apporter précisément cette lumière qui manque aux pauvres Jobs de notre monde. Je suis frappé par sa sollicitude envers tous. 

Parallèlement cette semaine, dans une instance diocésaine on se demandait comment intéresser les gens aux activités de l’Eglise et il m’a semblé que c’était plutôt à l’Eglise de s’intéresser aux activités des gens, comme Jésus l’avait fait en son temps. 

C’est un fait que l’Eglise n’attire plus beaucoup de monde, mais si tout le monde cherchait Jésus il y plus de deux mille ans, c’est que lui-même s’était d’abord employé à prendre soin des autres. Voilà donc ce que nous devons changer radicalement dans notre manière de vivre notre foi. Comment répondons-nous aux détresses qui nous entourent ? Nous allons bientôt entrer en Carême ; c’est donc le thème que je vous propose pour ces quarante jours à la suite du Christ. Comment serons-nous les vrais amis de Job ? Comment nous ferons nous l’esclave de tous, faible parmi les faibles comme St Paul dans la deuxième lecture ? Comment allons-nous nous faire tout à tous au nom d’une bonne nouvelle vécue qui veut manifester partout l’amour infini de Dieu ? 

L’itinéraire de cette conversion nous est clairement tracé par Jésus lui-même : 

1/ Si l’Evangile commence dans la synagogue et se termine en prière sur la montagne, c’est pour nous signifier que toutes nos actions doivent être encadrées par la prière. Ne commençons pas nos journées sans un regard vers Dieu, ne nous couchons pas le soir sans lui rendre grâce pour tout ce qui a été vécu. Ne faisons rien sans lui puisque sans lui nous ne pouvons rien faire. Ainsi tout ce que nous ferons sera emprunt de cette charité dont il est la source et sans laquelle tout est vain. 

2/ Entre ces deux moments, « aussitôt », nous dit le texte pour exprimer cette hâte de la charité, Jésus va à la rencontre. Tout au long de sa journée il prend soin des autres. Il s’approche et se laisse approcher pour guérir, relever, libérer. L’identité chrétienne, c’est cette ouverture fondamentale en particulier aux plus pauvres, jusqu’à l’oubli de soi-même. Il nous faut donc cultiver cette attitude en nous rendant attentif à ceux qui nous entourent pour répondre généreusement aux besoins de chacun. Quand le monde dit actuellement « prenez soin de vous » Dieu nous dit prenez soin les uns des autres

3/ Enfin, Jésus annonce explicitement la bonne nouvelle, car « c’est pour cela qu’il est sorti » dit-il. Après avoir subvenu aux besoins de survie, Jésus donne la vie en ranimant l’espérance de ceux qui l’auraient perdue. « Beaucoup ne savent plus où ils en sont et s’inquiètent pour leur avenir, ils sont désorientés dans tous les sens du terme » disait récemment un lanceur d’alerte su la situation des étudiants (La Vie 4 février 2021, p19). Dans le livre de Job, c’est Dieu lui-même qui lui donne la lumière ultime par laquelle il retrouvera la joie en l’ouvrant à l’éternité, et à la transcendance. Nous aussi devons sortir pour porter cette lumière. 

Prier, prendre soin, annoncer : voilà donc la volonté du Seigneur pour chacun de nous. Il nous appartient d’y répondre pour partager sa vie bienheureuse. En communauté redoublons donc de ferveur, montrons nous solidaires des plus éprouvés par les mesures sanitaires, et portons joyeusement l’espérance que Dieu nous donne. Peut-être pourrions-nous par exemple nous organiser pour accueillir des étudiants ? Partageons dès aujourd’hui ce que l’Esprit nous suggère pour concrétiser ensemble notre réponse à l’appel de Job et vivre plus pleinement de l’Evangile. 

Amen. 

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31 Janvier 2021 HOMÉLIE 4ème dimanche B  père Charles BONIN

Lecture du livre du Deutéronome   (Dt 18, 15-20)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens  (1 Co 7, 32-35)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 1, 21-28)

 

Homélie pour le 4edimanche du temps ordinaire B

 

Dans l’Ancien Testament Dieu apparait dans des tremblements de terre, des tonnerres et des éclairs qui ont de quoi effrayer le peuple hébreu au point qu’il demande à ne plus entendre sa voix ni à le voir de peur de mourir. Ce fut l’origine du prophétisme : Dieu suscite des intermédiaires pour porter sa parole sans s’imposer. Il agit ainsi avec discrétion et délicatesse pour respecter notre liberté. Par ces médiations Dieu veut se faire connaitre et aimer plus que craindre. Il se donne ainsi à travers des hommes qu’il choisit pour conduire son peuple jusqu’à lui. C’est la mission des prophètes et ultimement celle de Jésus qui l’accomplit pleinement puisqu’il n’est plus seulement porteur de la Parole mais qu’il est lui-même La Parole, le Verbe de Dieu fait homme livré aux mains des hommes. Les auditeurs de son temps reconnaissent cette autorité qui chasse les démons et fait grandir dans la connaissance et dans l’Amour bien autrement que ne le faisaient les scribes c’est-à-dire avec efficacité mais sans s’imposer ni se faire valoir. 

Mais le revers de cette attitude humble c’est de n’être pas reçu, oublié ou méprisé. C’est bien ce qui arriva au Christ et c’est encore la situation de notre Eglise dans un monde fermé à la parole de Dieu, sceptique quant à son existence ou dédaigneux de lui plaire. On s’occupe aujourd’hui de ses affaires sans trop s’intéresser à Dieu ni chercher à le connaitre. Le peu de vocations consacrées dans notre société révèle cette absence de Dieu dans le paysage occidental contemporain au point qu’on parle d’exculturation du christianisme. Parallèlement, les soucis quotidiens sont en croissance exacerbés par les crises qui se succèdent, sanitaire, économique, et sociale. Le nombre de divorces, de suicide et de dépression ou de burn-out en augmentation sont l’expression du grand désarroi de l’homme sans Dieu devant l’oppression matérialiste édoniste et productiviste. 

C’est de cela dont St Paul voudrait que les corinthiens soient libérés lorsqu’il les exhorte à s’attacher davantage au Seigneur plutôt que de se préoccuper démesurément des affaires matérielles de cette vie. Il ne s’oppose pas au mariage mais propose de remettre Dieu à la première place de s’attacher à lui sans partage pour s’affranchir des soucis du monde. Combien ce conseil est-il d’actualité aujourd’hui, quand tant d’hommes et de femmes sont esclaves de leur travail, de relations nocives et mêmes de ce qu’ils pensent être leurs loisirs. Comme il serait urgent dans tant de situation de détresse de retrouver le vrai visage du Christ aimant, consolateur et victorieux du mal ! 

N’est-il pas temps de faire entendre à nouveau cet enseignement d’autorité pour ré-ordonner vers l’essentiel tant de vies dispersées ? Ne faut-il pas que nous commencions nous-même par en vivre en vérité en remettant l’Amour de Dieu au centre de notre vie pour en témoigner comme le Christ par tout notre être ? A sa suite nous sommes appelés nous aussi par notre baptême à être de ces prophètes qui portent dans leur chair la parole de Dieu. Alors, "ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur" pour la porter au monde. Ainsi, au soir de notre vie nous paraitrons sans crainte devant celui qui nous demandera compte des paroles de vie qu’il nous aura confiées pour se révéler à travers nous. 

Amen. 

Père Charles Bonin

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24 Janvier 2021 HOMÉLIE 3ème dimanche B  père Charles BONIN

Lecture du livre de Jonas (Jon 3, 1-5.10)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens(1 Co 7, 29-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 14-20)

 

Homélie du troisième dimanche du temps ordinaire B

« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». C’est la parole que nous entendrons le mercredi des cendres et dans la bouche de Jésus ce n’est pas une option mais un impératif catégorique. Se convertir, c’est se détourner de quelque chose pour se tourner vers autre chose. 

Se détourner d’une conduite mauvaise pour se tourner vers Dieu comme les habitants de Ninive. Ça c’est le minimum requis dès l’ancien testament pour échapper à l’enfer. C’est le premier degré de la vie chrétienne, la base du Salut nécessaire mais non suffisante. On ne saurait en rester là, ce n’est qu’un point de départ et surtout pas un terme. Le psalmiste demande au Seigneur de lui enseigner ses voies, de lui faire connaitre sa route, car à partir de ce préalable, la conversion est en effet un chemin qui s’ouvre à nous. 

Sur ce chemin qui est toute notre vie, St Paul recommande de ne pas s’attarder à ce qui passe, au risque d’oublier le but de son voyage. Ça semblerait absurde mais c’est pourtant ce que nous faisons lorsque nous attachons plus d’importance à nos biens matériels qu’à notre vie spirituelle. La conversion commence par le regard qui se fait plus perspicace pour percevoir l’invisible au-delà du visible, l’éternel au-delà du temporel. C’est une éducation qui s’acquière patiemment dans la prière et la méditation des écritures pour ne pas perdre de vue le but de notre voyage qui est le Père. 

Ultimement, la conversion c’est donc de suivre le Christ qui nous conduit au Père à l’instar des disciples qui quittèrent tout, leur travail et leur famille pour demeurer avec lui avant d’être à leur tour envoyés vers d’autres hommes. Il faut bien remarquer que Jésus appelle ses disciples au cœur même de leurs activités. Soit qu’ils jettent leur filet, soit qu’ils les réparent, Jésus vient les déranger dans leur action pour faire d’eux des itinérants. Et nous, est-ce que nous nous laissons déranger dans nos activités pour laisser ne serait-ce qu’une petite place à Dieu ? Se convertir ce n’est pas troquer une activité pour une autre, c’est changer d’être ! C’est ne plus se définir seulement par son travail : pêcheur de poissons, menuisier, comptable…, c’est devenir pêcheur d’homme, autrement dit « aller vers », c’est se définir par ses relations à autrui et non plus seulement par ce qu’on fait. Sommes-nous prêts à suivre le Christ à la rencontre des autres ? Voilà bien l’appel qui nous est aujourd’hui adressé : se décentrer de soi pour se concentrer sur autrui. 

Acceptons-nous de changer nos plans de carrière ou de vie familiale pour porter au monde la bonne nouvelle ? De plus en plus de jeunes répondent à cet appel, au service d’une cause humanitaire ou pour chercher Dieu dans une vie plus fraternelle. Ils nous montrent l’Église de demain. Et nous dans notre paroisse, accepterons-nous de changer nos habitudes pour oser rencontrer nos frères et sœurs et nous engager à vivre cette fraternité ? C’est notre avenir que nous construirons ainsi ensemble grâce à toutes les initiatives simples que vous prendrez pour sortir d’un schéma très institutionnel et établi pour fonder des petites communautés de vie ouvertes et vraiment animées par la présence du Christ. Osons donc répondre généreusement à cet appel que le Seigneur nous adresse et nous mettre en chemin à sa suite. Devenons ces disciples envoyés dans le monde pour vivre et partager cette bonne nouvelle. Amen. 

Père Charles Bonin

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24 Janvier 2021 HOMÉLIE 3ème dimanche B  père Paul BERTHIER

Lecture du livre de Jonas (Jon 3, 1-5.10)

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens(1 Co 7, 29-31)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 14-20)

3èmeDIMANCHE ORDINAIREB 2021

Hérode vient d’emprisonner Jean Baptiste. Il n’y a maintenant plus personne pour proclamer la Bonne Nouvelle. C’est Dieu lui-même qui va s’en charger. C’est son Fils Jésus qui va maintenant proclamer partout : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche ; convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Le temps dont dispose Jésus pour sa mission est très court et c’est une œuvre gigantesque qu’il a à accomplir. Jamais il ne pourra… Il est certain que si Dieu voulait bien convertir le monde en peu de temps, il lui suffirait d’agir sur le cœur des hommes pour les améliorer… Mais non, Dieu n’agit pas ainsi.

Dieu préfère de loin laisser sa liberté à l’homme. Pour lui, il n’y a rien de plus beau que quelqu’un qui vient lui demander librement comment faire pour avoir la vie éternelle, comment faire pour aimer, pour secourir ceux qui nous entourent … La réponse est exigeante : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu possèdes puis vient et suis-moi. »

Il est clair que Dieu ne fait pas tout. Il nous en laisse une bonne part. C’est pourquoi au cours de sa mission, il va se choisir des hommes pour continuer son œuvre. Dieu a besoin des hommes. Déjà, dans l’ancien Testament Dieu envoie Jonas pour inviter les hommes à la conversion.  

Dieu appelle, et il appelle tout le mondeà des tâches diverses, selon les capacités de chacun. Avant de partir de chez nous il a lancé une invitation qui ne peut pas nous laisser inactifs : « Allez par le monde entier, de tous les peuples faites mes disciples... »

Dieu appelle, et il appelle tout le monde,à la sainteté. Lorsque le Christ nous dit dans l’Evangile : « Soyez parfaits, comme le Père du Ciel est parfait, »c’est bien un appel à la sainteté. Et cette sainteté, nous n’aurons jamais fini de l’accueillir en nous, de la réaliser, de la faire grandir... Qui peut se vanter d’être un saint ?

Dieu appelle, et il appelle tout le mondeà vivre l’amour, amour de Dieu et du prochain : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi même... » 

Dieu appelle, et il appelle tout le mondeà la conversion.C’est dit en toutes lettres dans l’évangile d’aujourd’hui : « Les temps sont accomplis, le Royaume de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »Vous voyez, il est urgent de bouger, de faire quelque chose.

Le Royaume de Dieu est en marche, c’est à nous de le faire avancer ; chaque fois qu’un acte d’amour est réalisé dans le monde, le Royaume avance.

Cette semaine en parlant avec une personne, je lui disais que, dans le monde créé par Dieu, si les hommes n’avaient réalisé qu’un seul acte de véritable amour, le monde n’aurait pas été créé pour rien. Uniquement pour ce seul acte d’amour, Dieu aurait sans doute créé le monde.

Et ces actes de véritable amour, nous sommes tous capables de les faire, alors ne me dites pas que nous ne sommes pas concernés lorsqu’on parle de vocation. Ne me dites pas que vous n’êtes pas appelés... Tous nous sommes appelés. L’important, c’est la réponse que nous faisons à cet appel de Dieu.

On est encore dans la semaine de l’Unité des Chrétiens... Qu’avons-nous fait ?« Qu’ils soient un pour que le monde croie. » 

Nous nous disons chrétiens... Que faisons-nous ?« Celui qui veut être mon disciple... »

Le Christ nous appelle... Dieu a besoin de nous. Qu’attendons-nous pour laisser nos filets et pour le suivre ?  Amen

Père Paul BERTHIER

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17 Janvier 2021 HOMÉLIE 2ieme dimanche B  père Charles BONIN

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du premier livre de Samuel(1 S 3, 3b-10.19)

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens (1 Co 6, 13c-15a. 17-20)

ÉVANGILE

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean(Jn 1, 35-42)

Homélie pour le 2eme Dimanche B

 

Quel est le point commun entre Samuel, André, Pierre et Jean ?

Ils entendent une parole qui les met en route et change leur vie. C’est à proprement parler « une vocation », un appel déterminant qui saisit tout leur être en vue de leur plein épanouissement. Dieu appelle ainsi chacun de nous de manière particulière. Tout homme en tant qu’être spirituel est capable de Dieu et invité à cette relation personnelle avec lui. Nous sommes faits pour cela. Comme le dit st Paul dans la deuxième lecture : « Le corps est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps qui est le temple de l’Esprit Saint ». Mais comment entendre cette proposition personnelle et y répondre ?

Ce qui caractérise d’abord ces disciples, c’est leur disponibilité de cœur. Ils écoutent et cherchent Dieu. Ils se sont préparés à cette rencontre : Samuel en demeurant auprès du prophète Elie dans le Temple ; André et Jean en s’étant mis à l’école de Jean Baptiste. L’expérience de Dieu est universellement accessible, elle n’exige qu’un peu de bonne volonté et d’intelligence pour se rendre attentif à l’invisible. 

A ceux qui se disposent ainsi à le recevoir, Dieu parle de diverse manière selon le caractère de chacun. Parole directe et personnelle à Samuel qu’il appelle par son nom ; parole énigmatique qui éveille la curiosité et le désir de connaissance de Jean et d’André auxquels il est présenté comme l’Agneau de Dieu, parole affective, médiatisée par une relation fraternelle pour Simon amené à Jésus par son frère. Dieu respecte et s’adapte à ce que nous sommes sans jamais contrarier notre liberté, mais en sollicitant le meilleur de nous-mêmes. 

Le troisième temps de cette expérience mystique, c’est la rencontre : « Ils demeurèrent auprès de lui ce jour là » ; l’échange d’un regard pour Simon, le dialogue intime avec Samuel que la liturgie de ce jour passe sous silence, pour mieux en souligner les fruits: « parle Seigneur ton serviteur écoute. Samuel grandit, le Seigneur était avec lui et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet ». Voilà donc ce qui rend notre vie féconde. 

Quel effet produit cette rencontre ? C’est le quatrième aspect qu’il nous faut souligner dans ces lectures : Ils suivirent Jésus. Tous les évangiles sont parsemés et ponctués de rencontres. Jésus s’invite chez les pécheurs, guérit les malades et les possédés, les foules viennent à lui. Mais combien l’ont vraiment suivi ? Combien se sont engagés corps et âme, à l’aimer de tout leur cœur, de tout leur esprit, de toute leur force suivant le premier commandement du traditionnel « Shma Israël »(Mc12,30)? Comme le jeune homme riche beaucoup, malgré cette rencontre s’en vont tout tristes vers d’autres biens, sans se laisser saisir dans tout leur être pour accomplir pleinement leur vocation. Combien passent ainsi à côté de leur vraie vie ? La radicalité de la réponse des disciples qui quittent tout pour suivre le Christ c’est l’exigence de la foi exprimée par le psaume : « Me voici seigneur, je viens faire ta volonté ». 

Parcourant cet itinéraire de sainteté, puissions nous à notre tour, avec le secours de sa grâce découvrir le bonheur de nous engager pleinement à vivre ce que nous avons proclamé : « Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. »

P. Charles Bonin

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10 JANVIER 2021.  BAPTÊME DU CHRIST B  HOMÉLIE  DU PÈRE CHARLES BONIN

Homélie pour le baptême du Christ B 10/01/21

L’évangile de Marc est le plus court et se distingue par une grande sobriété. Il ne dit rien de la naissance du Christ mais commence par cet épisode du baptême précédé par le ministère prophétique de Jean Baptiste. C’est qu’il veut nous montrer que quelque chose de radicalement nouveau survient dans cet évènement qui inaugure la vie publique du Christ. On passe du baptême de l’eau au baptême de l’Esprit, des temps prophétiques à l’accomplissement de la Parole. Marc nous invite à contempler tout particulièrement les cieux qui se déchirent. Il est le seul des quatre évangélistes à employer ici cette expression qu’il reprendra pour décrire le rideau du Temple qui se fend en deux lors de la mort de Jésus pour signifier que l’accès au sanctuaire est désormais libre. Tout ce qui était voilé se trouve révélé, Le Dieu caché se donne à connaitre, le sceau du péché est brisé. Ce baptême initie une ère nouvelle, celle de l’ouverture des cieux, le temps de la rédemption. 

Marc nous donne à méditer sur cette porte dans le ciel dont parlera aussi le voyant de l’Apocalypse (Ap4,1). L’homme bannit, par sa faute, du jardin d’Eden, interdit d’approcher de l’arbre de vie et séparé de Dieu, retrouve dès lors un accès au Père. Sa voix se fait entendre, l’Esprit se rend visible, le Fils est désigné. Le baptême de Jésus est une théophanie trinitaire par laquelle Dieu se fait reconnaitre comme jamais dans la plénitude de ce qu’il est : un être de relation qui nous appelle à le rejoindre dans cette dynamique de l’Amour. Il se donne à nos sens, la vue, l’ouïe, le toucher apaisant de l’eau du Jourdain pour nous rejoindre dans la réalité concrète de notre existence sensible et par elle nous ouvrir à lui et à la profondeur de notre être spirituel. C’est une main tendue, offerte ; une proposition renouvelée de l’alliance, plus proche et immédiate, une nouvelle perspective pour notre vie. 

Quel besoin Jésus avait-il de se faire baptiser lui qui étant Dieu, était sans péché ? Ce n’est pas pour lui mais pour nous qu’il agit ainsi. En s’immergeant dans l’eau, il l’imprègne de sa sainteté pour que tout homme qui y sera plongé au nom du Père et du Fils et du saint Esprit reçoive de lui une part de sa divinité. Le baptême de Jésus nous rappelle que nous sommes faits pour le ciel. Ce mystère est grand ! Non pas comme quelque chose d’incompréhensible mais comme une vérité qu’on ne finit jamais d’explorer, de découvrir et dont on ne cesse de s’émerveiller. Y sommes-nous seulement attentifs ? Avons-nous conscience de cette porte ouverte dans les cieux, de cette déchirure dans ce qui nous séparait de Dieu ? De cette rupture fondamentale avec les temps anciens de notre esclavage ? Que faisons-nous de cette liberté spirituelle retrouvée ? 

Le baptême de Jésus interroge notre relation à Dieu et nous invite à l’investir. Il nous invite à le retrouver comme un Père miséricordieux tendre et plein d’amour qui nous a préparé un festin savoureux, comme l’imaginait Isaïe. Il nous invite à vivre des sentiments du Fils qui humblement, se soumet au baptême de Jean et partage le sort de toute une humanité ployant sous le joug du péché pour y substituer les commandements bienfaisants de la loi. Le baptême de Jésus nous invite enfin à être animés de l’Esprit de vérité et de paix signifié par la colombe. Comment recevons-nous cette offre ? Comment vivons-nous cette réconciliation, cet appel à la conversion, à changer notre regard et nos relations au monde et à Dieu ? Comment entretenons-nous et cultivons-nous ce lien d’amour rétablit par le Christ ? 

En ce début d’année, accueillons cette présence de Dieu qui nous appelle à relever la tête pour contempler les cieux ouverts et nous avancer vers la béatitude qu’ils promettent. Ouvrons-nous à notre tour, comme les eaux du Jourdain à la présence sanctifiante du Christ. Laissons-nous saisir par cette parole qui nous est adressée à nous aussi, pour y répondre généreusement comme Jésus : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. Amen

P. Charles Bonin

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03 JANVIER 2021 HOMÉLIE ÉPIPHANIE B Père Paul BERTHIER

ÉPIPHANIE B 2021

 

Epiphanie, voilà un mot bien compliqué. Il signifie :"manifestation". A Noël, Jésus qui vient de naître se manifeste aux bergers. Aujourd’hui, il se manifeste aux rois mages. Figurez-vous qu’on n’est pas sûrs que ce soit des rois, ni même des mages. Ce sont sans doute de riches savants étrangers qui ont vu une étoile qui se déplaçait, et ils l’ont suivie. « Où est le Roi des juifs ? Nous vu son étoile en Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui et lui offrir nos cadeaux… »

Ils ont dû tomber de haut, ces étrangers. Venir de si loin pour rendre hommage à un roi et ne trouver qu’un petit enfant couché dans une mangeoire d’animaux, non vraiment ça ne valait pas le déplacement.

La crèche, c’est d’abord une naissance. L’arrivée d’un enfant dans une famille c’est la joie, les coups de téléphone, les faire-part et même un petit article dans le journal du canton. Ici, pour Jésus, ce sont des anges qui ébruitent la nouvelle et annoncent aux bergers :«Aujourd’hui, un sauveur vous est né.»

Dieu est né chez nous, d’une femme. Celui qui déclarera plus tard : « Je suis la Lumière du monde »vient de naître et on voudrait cacher la nouvelle… Avez-vous essayé, au milieu des ténèbres, de vouloir cacher, avec vos mains, la lumière d’une bougie ? Et Jésus-Christ, Lumière du monde n’a rien à voir avec la flamme d’une bougie. Isaïe nous dit l’intensité de cette lumière : « Les nations marcheront vers ta lumière et les rois, vers la clarté de ton aurore. »

Et les mages, puisqu’il faut bien les appeler comme ça, ont été pris par l’ambiance. Cet Enfant n’est pas comme les autres, il y a près de lui ce désir de paix, ce désir d’être meilleur… C’est vrai, on ne peut pas comprendre le mystère de la crèche si on n’a pas la foi : rappelez-vous ce que disait St Jean le jour de Noël : « A ceux qui croient en son nom il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. » 

Et les mages viennent adorer l’Enfant de la crèche. Ils reçoivent cette lumière. 

Ils se sentent attirés par ce petit Enfant. Ils comprennent que ce petit Roi n’est pas seulement le Roi d’Israël.Cet Enfant est Dieu, et Dieu est Amour, et on voudrait garder cet Amour pour soi tout seul ; ce n’est pas possible. Enfermer l’Amour dans les limites d’un pays ou d’un peuple c’est limiter l’Amour. Or l’amour n’a pas de limite. Ce roi des Juifs que les mages sont venus adorer, est le roi de tout l’univers : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » « Lorsque j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes. » L’Epiphanie, c’est la manifestation de Jésus qui vient sauver les hommes de toute la terre.

Comme toujours Dieu nous déroute. Je le répète, il n’y a que la foi pour nous faire entrevoir et pénétrer un peu dans le mystère de ce Dieu qui s’est fait petit Enfant.

L’Epiphanie c’est la lumière du monde qui se révèle aux nations païennes.

L’Epiphanie, c’est Dieu qui demande à tous les hommes de le recevoir en eux pour devenir enfants de Dieu.

Dieu, on ne peut pas le garder pour soi tout seul.Dieu est Amour et l’Amour est fait pour être donné, partagé, vécu par tous sans exception. C’est là, tout le mystère de l’Epiphanie. C’est Dieu qui se révèle et qui se donne à tous. C’est l’Eglise qui ouvre tout grand ses portes et qui invite tous les hommes à venir partager la joie et le bonheur que Dieu nous promet. 

Paul BERTHIER 

 

 

25 DÉCEMBRE 2020 NOËL  HOMÉLIE Paul BERTHIER

NOEL !  NOEL ! NOEL ! 2020

Noël, avec le corona virus, cette fête de ce soir risque bien de perdre de son éclat. Encore que dans certaines villes on assiste à des débauches de lumières, de la pure folie. 

Oui, Noël, une nuit de folie, je suis d’accord, mais pas tout à fait dans le même sens que le monde l’entend... Ce qui prend naissance, cette nuit, ce n’est pas seulement un petit enfant, mais une véritable révolution du monde. A cause de cette naissance, le monde entier va basculer, va être transformé de fond en comble. Dans sa folie d’amour Dieu veut sauver le monde

L’empereur César-Auguste, dans son palais à Rome, est le maître de presque toute la terre habitée. En tous cas, c’est son désir le plus profond, et il voudrait bien savoir sur combien de sujets il règne. « En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. »

Dans une étable, près de Bethléem, un petit enfant vient de naître. Par un ange, Dieu annonce la nouvelle et invite à la Joie : non pas un petit plaisir passager, non  non, une joie profonde qui met de la bonne humeur dans tout le corps et autour de nous, parce qu’elle est Paix, Espérance et Salut.

Côté César Auguste, c’est un édit qu’il lance, un ordre qui ne peut pas se discuter : si on n’obéit pas, il y a des enquêtes, des représailles, des sanctions... Marie et Joseph vont être obligés de s’y plier. 

Côté naissance du Petit, c’est une Bonne Nouvelle qu’on nous annonce, surtout, n’ayez pas peur ! « Un Sauveur vous est né. »Il ne vient pas pour tout casser, pour condamner, « il vient nous sauver... »Il vient pour « Nous donner la Vie et la Vie en abondance. »

César veut recenser toute la terre habitée, toute la terre dont il veut faire une colonie et mettre les habitants sous la coupe romaine. On n’est pas loin de l’oppression, de l’esclavage...

Dieu, lui, annonce sa Bonne Nouvelle à tous les peuples. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est l’homme à qui il propose le Bonheur. On est bien loin de l’esclavage... C’est le règne de la liberté. « Si tu veux être mon disciple, si tu veux être parfait. »Dieu invite, il propose mais n’impose jamais. Dieu fait signe à l’homme : « C’est à ce signe que vous le reconnaîtrez. »

Cette nuit, César est à Rome dans un de ses palais. 

Le Fils de Dieu naît dans une étable.

Mais  laissons César et son cortège de guerres, de haine, de souffrances, et approchons-nous de ce berceau où repose le « Prince de la Paix. »Il nous fait découvrir un nouveau Règne, c’est le Règne de l’Amour. Voilà pourquoi cet Enfant est le Roi de l’Univers.Voilà sa révolution.    

 Nous savons bien, aujourd’hui comment il a rempli sa mission. 

Il a conquis le monde en lui apportant le Salut. 

Il a vaincu le péché des hommes en mourant sur une croix, mais  son  Père l’a ressuscité. 

Il a donné aux hommes une Espérance et un sens à leur vie.

Voilà pourquoi Jésus, ce petit enfant, est appelé le Roi de l’Univers. Voilà la folie de Dieu. Voilà la révolution qu’il est venu apporter. Voilà la Bonne Nouvelle que les Anges annoncent aux bergers de Bethléem. Avec eux, nous pouvons nous réjouir : « Gloire à Dieu dans le Ciel, et Paix sur la terre aux hommes qui l’aiment. »

Ce soir, à l’invitation de Jésus enfant, nous pouvons accueillir en nous sa révolution. Autour De son berceau elle ne s’aurait être que Réconciliation, Amour, Paix et Joie.

 JOYEUX NOEL A TOUS  

Père Paul BERTHIER

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DIMANCHE 20 DÉCEMBRE 2020. 4ème DIMANCHE DE L'AVENT B  Père Charles BONIN

Homélie pour le Quatrième dimanche de l’Avent B

Le roi David a des scrupules. Il s’est construit un palais mais il a oublié de faire un Temple pour le Seigneur. Même Louis XIV à Versailles avait pensé bâtir une chapelle un peu plus haute que sa propre demeure ! Car c’est bien le plus important : disposer d’un lieu qui réponde à la vocation fondamentale de l’homme à la transcendance et lui permette de rencontrer Dieu. 

L’intention de David de réparer cette omission était louable, et il donnera ses instructions pour que son fils Salomon la réalise. Pourtant, Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas lui qui établira la demeure de Dieu au milieu de son peuple, mais qu’au contraire, c’est Dieu qui fortifiera la demeure d’Israël et en assurera la postérité pour y demeurer. Notons bien ce renversement instructif pour notre propre relation à Dieu: c’est Dieu qui édifie son peuple en s’offrant à lui dans une alliance de proximité, et non l’homme qui met la main sur Dieu pour l’assigner à résidence selon sa volonté propre. 

1000 ans plus tard Dieu accomplit sa promesse en s’incarnant dans le sein de la Vierge Marie : « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes, Marie terre admirable, terre de la promesse, mère de l’Emmanuel ». La véritable demeure de Dieu c’est l’homme dont il a voulu partager la condition. En se faisant l’un de nous il établit l’humanité entière qui le reçoit, pour toujours, dans la filiation divine, dans le règne éternel et bienheureux avec le Père. Il fait de nous un sanctuaire, un temple de son Esprit, le tabernacle vivant de sa Parole.

Du moins, c’est ce qu’il nous propose à travers la Vierge Marie. Il faut bien remarquer en effet, que l’annonce de l’ange n’est pas une question, mais un exposé du Salut auquel on adhère dans la foi ou pas. Marie la reçoit parce qu’elle est toute disponible à la parole de Dieu « qu’elle conservait et méditait dans son cœur » dira plus loin St Luc (Lc2,19). Elle est comblée de grâce parce qu’elle est à l’écoute et cherche humblement à accomplir la volonté de Dieu comme en témoigne sa réponse : « voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » ? Comme Marie, nous sommes appelés à nous positionner par rapport à cet avènement qui accomplit la promesse de l’alliance tant attendue et espérée par David. Ce « oui » de Marie, c’est le oui de tous ceux qui s’ouvrent à la présence de Dieu et préfèrent le laisser établir en eux son royaume plutôt que de construire par eux-mêmes d’éphémères châteaux en Espagne. Sommes-nous prêts à le recevoir, à nous laisser habiter par lui, à nous laisser conduire et façonner par sa Parole ? 

Pour cela, apprenons de notre mère à nous disposer à accueillir le Verbe de Dieu. Profitons de ces jours avant Noël pour lire les prophètes qui ont annoncé sa venue, en particulier Michée et les chapitre 6 à 12 d’Isaïe. Ou bien, relisons comment Dieu nous parle à travers les évènements de notre histoire sainte. Nous serons peut-être surpris de découvrir l’œuvre de la grâce qui nous prépare à la joie de sa présence en nos cœurs et tous les bienfaits dont il veut nous combler. AMEN 

P. Charles Bonin

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DIMANCHE 20 DÉCEMBRE 2020. 4ème DIMANCHE DE L'AVENT B  Père Paul BERTHIER

4èmeDIMANCHE DE L’AVENT B 2020

 

Dieu avait, depuis toujours, envie de faire partager son Bonheur à ses créatures. Mais, dès le départ, son plan a été perturbé. L’homme refuse l’amour que Dieu lui propose. Le péché entre dans le monde. Et ce fut la catastrophe pour l’homme.Mais c’est mal connaître Dieu, que de croire qu’en amour il va abandonner : le psaume 105 nous dit sa façon de faire : « le Seigneur se souvient de son alliance avec eux, et dans son grand amour il se ravise. »Voilà que de nouveau, il y a des relations qui s’établissent entre Dieu et les hommes. Dieu se choisit un peuple.Il va mettre du temps à le façonner car ce peuple est rebelle à sa volonté : ce peuple retourne toujours à ses anciennes idoles.

Disons que, ces derniers temps, ça s’est un peu amélioré, du moins, c’est ce que Dieu croit dans sa façon amoureuse de regarder les hommes. Les choses vont se précipiter. Dans ce peuple, Dieu se choisit une femme pour lui confier une mission spéciale, mais cette femme il la veut toute belle toute pure, librement disponible à sa volonté. C’est pourquoi il lui fait une grâce toute particulière, une grande, très grande grâce : il lui donne la possibilité d’éviter de connaître le péché.

Et c’est l’Immaculée Conception.Le premier acte concret en vue du salut des hommes.  La petite Marie va naître, va grandir, car c’est bien d’elle dont il s’agit... Elle est heureuse de vivre, et comme tout le monde elle est affrontée à un tas de choix qu’elle doit faire dans sa vie, mais elle réussit toujours à choisir ce qui est agréable à Dieu.

Et voilà qu’un jour Marie reçoit la visite de l’ange Gabriel, l’envoyé du Seigneur : « Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi. Voilà que tu vas avoir un enfant. Il sera appelé Fils du Très –Haut. Il sauvera son Peuple. »

Pour Marie, c’est un vrai coup de tonnerre. Elle en est toute troublée. Dieu qui la visite... Dieu qui lui demande son aide... Dieu qui l’honore : être la Mère du Messie… Les paroles de l’ange résonnent en elle : « Il sera appelé Fils du Très Haut. »Mais le Très Haut, c’est Dieu ! Dieu me demande-t-il de devenir la mère de son Fils ? C’est là que tout prend un sens dans sa vie. C’est là que la grâce de Dieu l’a conduite : Dieu a besoin d’elle pour venir chez les hommes. 

Tous les fidèles de l’Ancien Testament ont attendu cette venue du Messie. Tous les fidèles du monde entier attendent la
réponse de Marie. Nous-mêmes chrétiens d’aujourd’hui nous attendons aussi cette réponse, c’est notre salut qui dépend de cette réponse.

La communion de Marie avec Dieu est si grande qu’elle n’hésite pas un seul instant : « Qu’il me soit fait selon ta parole. »Marie a dit OUI !Marie accepte d’être la Mère du Messie. Dès cet instant le Messie est en elle. Dès cet instant le Messie est sur notre terre et nous savons que ce Messie est Fils de Dieu. Parce que Marie a dit oui à la demande de Dieu, notre salut est en marche : notre Sauveur va naître.

La voilà, la Bonne Nouvelle ! La voilà, l’annonce d’aujourd’hui ! Marie a dit oui, elle devient la demeure de Dieu sur terre.Elle porte en elle Celui que le monde entier ne peut contenir. Et, à Noël, elle va le donner pour qu’il sauve le monde. 

Mais dites-moi, depuis le jour de notre Baptême, nous aussi, comme Marie, nous sommes devenus porteurs de Dieu.Nous avons reçu l’Esprit-Saint. Nous portons nous aussi en nous Celui que le monde ne peut contenir.

Nous aussi, comme Marie, nous avons à donner le Christ aux hommes, à le faire naître par toutes nos actions.N’est-ce pas le bon moyen pour préparer en nous cette venue du Sauveur ? Il ne nous reste que quelques jours avant Noël : ravivons en nous la présence de l’Esprit et comme Marie va donner le Sauveur au monde, annonçons par toute notre vie Celui que nous portons en nous. 

Père Paul BERTHIER

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DIMANCHE  13 DÉCEMBRE 2020. 3ème Dimanche de l'Avent B:  Père Charles BONIN

Homélie pour le 3èmedimanche de l’Avent B Gaudete

« Un saint triste est un triste saint » disait St jean Bosco au jeune Dominique Savio. La joie que nous célébrons aujourd’hui est un caractère propre du chrétien. C’est la marque de l’esprit de Jésus promise à ses disciples lorsqu’il les exhorte à garder le commandement de l’Amour, « je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite ». (Jn 15,11)

Facile à dire sans doute, mais quand tout va mal, comment garder la joie ? Qu’est ce que la joie d’abord ? Dans les fioreti de St François, on raconte qu’après avoir cheminé toute la journée avec son frère Léon, dans la neige et la boue, sans avoir rien mangé, malade et déguenillé, il se présenta au portier du monastère qui, ne les reconnaissant pas, les chassa et se mit à les insulter. « Voici dit St François la joie parfaite ». Elle n’est pas la satisfaction d’une quelconque réussite mondaine, elle ne se confond pas avec le plaisir, elle ne s’exprime pas dans un rire grossier. Elle est douce, paisible, sereine, profonde, stable et s’accommode autant de l’aisance que de la gêne et des plus grande souffrances. Elle est un fruit de la présence de Dieu, une expérience de la béatitude à laquelle Dieu nous appelle et qui place toute autre chose au deuxième plan. 

Comment donc atteindre cette joie parfaite manifestée par ce petit enfant dans la crèche, signe de douceur et de paix malgré le froid et la pauvreté ? 

Isaïe nous répond dans la première lecture : « Porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté ». La première source de joie c’est de prendre soin de son frère. Sur mon chemin de conversion j’ai rencontré des jeunes handicapés et plus tard, des malades, des pauvres et des prisonniers. C’est auprès d’eux que j’ai découvert ce que c’était qu’aimer, ce sont eux qui m’ont montré le visage du Christ et qui m’ont enseigné du fond de leur misère ce qu’était la vraie joie… à moi qui pensais tout avoir et croyais leur apporter quelque chose des miettes de sa suffisance, ce sont eux qui m’ont tout donné. En route vers le royaume des cieux, les plus petits seront toujours nos maîtres. 

St Paul nous donne un autre moyen de la vraie joie : « priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance, n’éteignez pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez ce qui est bien ». Louer Dieu est un don de sa grâce qui rend joyeux. La louangeouvre le cœur, elle rend attentif à l’action de Dieu dans le monde, elle éveille le regard à sa présence, elle écoute le souffle de l’Esprit et se laisse conduire par lui. Dans un groupe de prière, on peut expérimenter cet esprit d’enfance, d’une joie simple et éclatante. 

L’Evangile enfin nous cite l’exemple de Jean Baptiste comme modèle de joie du témoignage. L’ascèse et l’humilité de Jean retiré au désert lui ont permis de se dépouiller de tout ce qui l’aurait empêché de voir le Christ. L’ayant vu, et reconnu, il l’a montré à ses disciples : « voici l’agneau de Dieu » et témoigne : « l’ami de l’époux qui se tient là et qui l’entend est ravi de joie à la voix de l’époux. Voilà ma joie et elle est maintenant parfaite. » (Jn 3,29). Contemplation et missionvoilà l’ultime voie de la joie, le fruit d’une quête amoureuse qui cherche et conduit à Dieu. N’est-ce pas la joyeuse expérience vécue dans les fraternités qui s’ouvrent à leurs voisins ou dans les groupes Alpha lorsque soudain un invité découvre la lumière d’une parole qui le bouleverse ? Ecouter ensemble la Parole, scruter les écritures et en partager le message, telle est la joie chrétienne. 

Dans cette troisième semaine de l’Avent, alors qu’il nous reste encore quelques jours entre nos dernières courses pensons au plus beau cadeau que nous pourrions faire à Jésus et nous offrir les uns aux autres : la joie ! Pour l’acquérir et le donner, mettons en place dans nos vies : le service, la louange, et le témoignage. Alors nous serons dans la joie parfaite pour accueillir Dieu parmi nous, bienheureux mystère, seule béatitude. Amen. 

P. Charles Bonin

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DIMANCHE 06 DÉCEMBRE 2020. 2ème DIMANCHE DE L'AVENT B Père Charles BONIN

Homélie pour le 2eme dimanche de l’Avent B

 

Notre vie est un chemin. Un chemin qu’il nous faut préparer et aplanir pour la venue du Seigneur. Il vient à notre rencontre comme il est venu en ce petit enfant de Bethléem, épouser notre humanité. Il marche sur notre route comme avec les pèlerins d’Emmaüs pour ouvrir nos yeux endormis à la lumière de l’écriture. Notre vie, c’est l’histoire de ce chemin qui va de l’homme vers Dieu, de Dieu à l’homme. Ont-ils réussi à se rencontrer ? C’est la question de ce deuxième dimanche de l'Avent. C’est la question que nous entendrons aussi au bout de ce chemin. 

L’homme est-il retourné vers lui-même ou s’est-il avancé face à Dieu ? Est-il resté dans les ténèbres de la matière dont il était formé ou s’est-il ouvert aux profondeurs de l’esprit donné à son baptême? Telle est la conversion que prêchait Jean et St Paul à sa suite. Tel est le chemin qu’il nous faut accomplir pour accueillir celui qui vient nous sauver de tout ce qui en nous est promis à la mort pour nous laisser conduire par lui vers la vie. Se convertir c’est accueillir l’Esprit de Dieu et se détourner de tout ce qui nous en éloigne. 

C’est le sens de la vie ascétique de Jean Baptiste. Il n’a pas cherché à accomplir une performance mais à se détacher d’un maximum de choses pour faire de la place à Dieu. Ce qui est curieux à Noël c’est qu’on fait exactement le contraire : on s’encombre d’une multitude de cadeaux qui réussissent à nous faire oublier pourquoi nous sommes là et ce que nous fêtons ce jour là. Il est bon et légitime de se manifester l’affection que nous avons les uns pour les autres mais si le moyen de cette manifestation devient plus important que celui à qui il est destiné, il perd sa raison d’être, il a manqué sa cible, il devient occasion de péché. Préparer les chemins du Seigneur, c’est combler les ravins de nos concupiscences, le vide de nos désirs superficiels qui nous laissent toujours insatisfaits. C’est abaisser les montagnes de notre orgueil pour retrouver la paix de l’humilité. C’est redresser notre esprit malade et compliqué pour chercher la vérité simple de Dieu. C’est polir des rugosités de nos caractères emportés ou désabusés pour que se révèle en notre humanité restaurée, libérée du mal, la gloire du Seigneur qui est venu l’habiter. 

Il y a un dépouillement inhérent à Noël, manifesté par la pauvreté de la crèche. Il nous réclame de repérer les aspérités de notre chemin, les cailloux de notre vie pour les enlever. Demandons-nous donc quels sont les obstacles dans notre relation à Dieu. A quels attachements désordonnés le Seigneur nous demande t’il de renoncer pour mieux le recevoir ? Examinons ce qui nous empêche de prier, d’aller vers les autres, ou ce qui nous met en colère ou nous rend triste. Ce sont des lieux que le Seigneur veut habiter dans notre cœur comme dans la pauvreté de la crèche. Ce sont les montagnes à abaisser ou les ravins à combler par la présence du Seigneur. Sachons nous en dépouiller et les lui offrir afin que libérés nous puissions l’accueillir. Que l’Esprit saint nous éclaire pour reconnaitre ces cailloux de notre chemin et nous donne la force et les moyens de les enlever pour en faire un chemin de vraie rencontre et d’alliance.  Amen,

P. Charles Bonin

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DIMANCHE 06 DÉCEMBRE 2020. 2ème DIMANCHE DE L'AVENT B Père Paul BERTHIER

2èmeDIMANCHE DE L’AVENTB 2020

Dimanche dernier, le mot d’ordre était : « Veillez ! »aujourd’hui les textes nous le demandent avec insistance : « Préparez ! »Préparez la venue du Seigneur ! C’est ce qu’annonce  le prophète Isaïe « Une voix le proclame : Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit dans les terres arides, une route pour notre Dieu. »Ce n’est pas pour n’importe qui qu’il faut préparer la route, Isaïe le précise : « Voici votre Dieu, voici le Seigneur Dieu. »

Il faut comprendre, Isaïe invite les fidèles à préparer la venue du Messie. Pour nous, cette venue s’est déjà réalisée lorsque Jésus notre Sauveur est venu chez nous en toute discrétion, sans bruit, dans une étable. Personne n’a été averti à part quelques bergers. Ce Sauveur est venu, non pas pour mettre les Romains hors du pays, mais pour nous libérer de tous nos péchés, des envahisseurs bien pires que les Romains. Cette venue de Jésus nous la célébrons chaque année, et cette fête il nous faut la préparer.

Isaïe encore nous en touche un mot : « Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine et les sommets en larges vallées ! »Ces paroles du prophète me font penser à ces constructeurs d’autoroute qui rasent les collines, percent des tunnels dans les montagnes et jettent des ponts sur les vallées. Isaïe nous inviterait-il à tracer une autoroute pour la venue de Jésus ? Préparer la venue de Jésus comporte toujours un temps de conversion, un désir de changer. N’est-ce pas le moment de détruire nos montagnes d’orgueil ? N’est-ce pas le moment de jeter un pont  pour aller vers l’autre, celui avec qui je suis brouillé, et de passer pardessus ma méchanceté et mon désir de vengeance ? N’est-ce pas le moment d’enterrer, sous les gravas, nos idoles qui nous éloignent de Dieu ?

Jean Baptiste le proclame, ce qu’il nous faut, c’est un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Saint Pierre dans la deuxième lecture prend le relai : « Voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous attendez, vous hâtez l’avènement du jour de Dieu. » Et là il parle de la deuxième venue de Jésus sur terre : venue cette foi-ci en pleine gloire pour inviter les fidèles à la joie du Royaume : Là, « C’est un ciel nouveau et une terre nouvelle »qui nous attendent.

Le psaume que nous avons chanté nous le décrit ce Royaume : 

« Amour et vérité se rencontrent, Justice et paix s’embrassent ; La vérité germera de la terre Et du ciel se penchera la justice. »

« La vérité germera de la terre »avez-vous pensé que dans ce Royaume, où nous sommes invités, le mensonge n’existera plus. Dans nos relations la confiance en l’autre sera totale. C’est ça le fruit de la venue de Jésus et de l’Esprit qu’il nous a envoyé : « Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint. » 

Paul  BERTHIER

DIMANCHE  29 NOVEMBRE 2020. 1ER DIMANCHE DE L'AVENT  B  Père Charles BONIN

Homélie du 29 novembre 2020

1erDimanche de l’Avent B

Il y a un peu plus de 2000 ans, les caprices d’un empereur tout puissant jetaient des milliers de personnes sur les routes de toute la terre pour les recenser. Qu’importaient alors la distance ou la situation des uns et des autres, c’était la loi, il fallait obéir. Parmi eux un homme et son épouse sur le point d’accoucher entreprirent un long et pénible voyage, sans révolte, ils ne furent pas de ceux qui se ruèrent dans les auberges prises d’assaut, ni des dénonciateurs prompt à chercher querelle au voisin qui interpréterait la situation autrement qu’eux, ni des errants désabusés et perdus. 

Deux mille ans après, autres avanies du pouvoir, autres édits incohérents, autres mécontents et oubliés. Mais l’attitude de Marie et de Joseph ne peut-elle inspirer le chemin que nous avons à faire nous aussi vers Noël ? 

Ils n’allaient pas se faire recenser, ils ne subissaient pas, ils attendaient activement leur sauveur. Ils n’étaient pas un numéro dans une statistique, ils étaient des veilleurs. Combien étaient-ils de leur espèce? Quelques pauvres bergers, et des savants étrangers marginaux, les uns gardaient leur troupeaux, les autres scrutaient les étoiles mais eux savaient pourquoi ils étaient là : chercheurs patients de l’essentiel invisible. Ils étaient déterminés, finalisés, par une espérance plus haute qui leur donnait de vivre paisiblement les contrariétés de l’instant présent pour en recevoir toutes les grâces. Et ce sont eux qui ont fait basculer le monde dans la lumière qu’ils s’étaient préparés à accueillir. 

Veiller d’après l’Ecriture c’est se souvenir du maître qui reviendra et lui demeurer fidèle. C’est attendre de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ car lui seul nous fera tenir solidement jusqu’au bout rappelle St Paul. En mer dans la tourmente ou le brouillard seul se sauve le marin qui a su tenir son cap. Il en est de même pour notre vie car il n’est de bon vent pour celui qui ne sait où il va. Savons nous où nous allons ? Ce que nous voulons ? Ou comptons-nous parmi les foules versatiles emportées par tout courant d’opinion et d’émotions ? 

L’Avent doit nous recentrer sur le cœur de notre vie et le sens de nos actions. C’est un temps pour la croissance du désir et la détermination pour ce qui a vraiment du prix à nos yeux : Se suffire de Dieu seul et tout ordonner à lui. On connait cette histoire d’un homme qui en passant près d’un chantier, interrogeait les ouvriers : Le premier dit d’un air las : « je porte des pierres à longueur de journée ». Le deuxième répondit : « je monte un mur ! ». Et le troisième lançait avec fierté: « je bâtis une cathédrale ! ». Lequel des trois sommes nous ? L’Avent c’est cette invitation à relever la tête ; à prendre de la hauteur et à sortir de notre quotidien pour en considérer la fin. C’est déjà en cela une démarche salutaire. 

Cette semaine, osons donc mettre un peu de distance avec tout ce qui nous préoccupe matériellement pour nous remettre paisiblement entre les mains de Dieu. « Nous sommes l’argile tu es le potier » dit Isaïe. Laissons-nous faire par lui en lui accordant seulement un peu plus d’attention. Commençons cet Avent par une petite retraite spirituelle qui pourrait consister à prier chaque jour à partir de lundi une dizaine de chapelet pour nos paroisses et ses habitants, afin que nous soyons dociles et zélés pour annoncer et recevoir la venue du sauveur, prince de la paix dans notre monde. Quel plus beau cadeau pourrions-nous offrir à nos contemporains que de vivre et partager avec eux cette bonne nouvelle ? Jusqu’au 8 décembre nous serons ainsi unis dans une neuvaine à l’immaculée conception pour marcher avec elle sur la route de Bethléem. 

P. Charles Bonin

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DIMANCHE  29 NOVEMBRE 2020. 1ER DIMANCHE DE L'AVENT  B  Père Paul BERTHIER

1er DIMANCHE  DE L’AVENTB 2020

La Covid 19 nous a imposé un nouveau confinement. Beaucoup de personnes ont été obligées de se renouveler dans leur façon de prier. Mais ce n’est pas toujours facile et on entend des réflexions comme celles-ci : « « Je ne peux plus supporter le silence de Dieu ! Je le prie, il ne me répond jamais … »C’est vrai, où est Dieu dans toutes ces misères qui nous accablent : la maladie, les inondations, les guerres, les meurtres etc, ? Que fait Dieu ? Ce Dieu que le prophète Isaïe ose l’appeler Père : « Tu es Seigneur, notre Père, notre Rédempteur, ah si tu pouvais déchirer les cieux et venir chez nous ! »

Dieu n’est pas si sourd que ça. Il répond à nos prières, il n’est pas muet non plus : Il nous a envoyé sa Parole, son Fils, pour nous dire, nous montrer comment vivre l’Amour… Il est reparti en nous disant qu’il reviendra,  mais ne nous a rien dit sur la date de son retour. Il ne nous a laissé qu’un seul mot : Veillez !Veillez, c’est-à-dire ne dormez pas !

Ne dormez pas ! Est-ce que cela suffit ? A nos âges, vous savez bien que lorsqu’on reste sans rien faire, la somnolence a vite fait de nous rattraper. Veillez !Oui, ne pas dormir mais surtout être actif.

Avec ce dimanche, nous entrons en Avent. Nous commençons cette période d’attente de la venue du Fils de Dieu. Je n’ai rien à vous apprendre, une attente comme celle-ci, ça se prépare.

« Prenez garde. Restez éveillés. Veillez ! »On ne pourra pas dire qu’on n’est pas avertis. Le Seigneur ne cesse pas de nous le dire et de nous le redire : « Veillez, ne dormez pas. »Le Maître est parti, il va revenir mais on ne sait pas quand…

Déjà Isaïe désirait cette venue : « Ah si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face. »

C’est sûr, un jour Jésus reviendra. Nous ne savons ni le jour ni l’heure, mais ce qui est important c’est de préparer sa venue et cette rencontre avec lui. Nous sommes, sur cette terre, en apprentissage de l’amour et le but de notre vie c’est ce rendez-vous avec Dieu. Un rendez-vous d’amour. Ce jour-là, nous rencontrerons, nous vivrons, nous deviendrons nous-mêmes cet amour qui est Dieu. Vous ne pensez pas que ça vaut quelques sacrifices ?

Veillez : dans l’Evangile cette invitation va souvent avec prier : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation ! » 

Veillez : pour le moment, Jésus est reparti vers son Père mais il est encore présent au milieu de nous : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux… »

Veillez : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang, celui-là a la vie en lui. »

Veillez : c’est à dire ayez un peu de foi pour reconnaître ma présence dans les autres, eux aussi sont créés à mon image…  « Tout ce que vous ferez aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez… »

Veillez : c'est garder sa porte ouverte, vous savez bien, la porte de notre cœur pour lui ouvrir dès qu'il frappera : « C'est à l'heure où vous n'y pensez pas que le Fils de l'Homme viendra. »

Veillez : C'est tout le contraire de dormir. Imaginez, s'Il arrive et que nous soyons tout endormis, il nous faudra du temps pour retrouver nos esprits, il nous faudra du temps pour comprendre ce qui nous arrive, pour rassembler toutes nos affaires pour le Grand Voyage...

Par contre, si nous veillons, si nous sommes actifs, si nous sommes en prière, il nous trouvera debout, nous serons prêts, pas besoin de bagages. Alors, vous imaginez le bonheur lorsque chacun de nous entendra cette invitation : « Viens, serviteur bon et fidèle, viens partager la Joie de ton Maître. »   

Paul BERTHIER

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Dimanche 22 novembre 2020 Homélie du 34ème semaine du Temps Ordinaire  Père Charles  BONIN

première lecture: Lecture du livre du prophète Ézekiel                  Ez 34, 11-12.15-17)

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens        (1 Co 15, 20-26.28)

évangile : selon St Mathieu          ( 25,  31-46)

Homélie du dimanche 22 novembre 2020 - 34èmedu temps ordinaire

Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ, Roi de l'Univers. 

Le Christ roi se présente sous différents visages dans les lectures de ce jour: celui d’un paisible berger, puis d’un guerrier triomphant et enfin d’un juge impartial. Cette pluralité nous rappelle qu’on ne peut enfermer Dieu dans une conception bien circonscrite. Il dépassera toujours les bornes de notre raison parce qu’il est une plénitude d’Être qu’aucune culture ne suffit à exprimer. Si Shiva ou Janus adoptent des profils variés, ce n’est que dans le Christ que Dieu se révèle tel qu’il est dans son inépuisable majesté. En lui, toutes ces images s’accordent en une harmonieuse synthèse d’un maître juste et bon : il juge selon le critère de l’attention portée aux autres à l’instar du berger qui garde ses brebis, permettant aux justes de partager sa gloire et laissant les malfaisants libres de s’éloigner de lui pour leur propre perte. 

C’est ainsi qu’il est roi ; car on l’a peut-être malheureusement oublié, mais le vrai chef, c’est celui qui par son exemple conduit vers le bien ceux dont il a la charge dans le respect de leur libre arbitre. Qui peut se prétendre maître des autres s’il n’est déjà maître de lui-même et ne gouverne sa vie dans le bien et la cohérence pour lui faire porter de bons fruits? Le Christ nous montre  par lui-même, qu’il n’est de royauté véritable que le service bienveillant de son frère. 

La royauté du Christ est ainsi d’un tout autre ordre que nos conceptions humaines classiques du pouvoir. Elle n’est pas de ce monde et pourtant elle est dans le monde, appelée à le transfigurer (Jn 17,14-18) avec le concours de tous les hommes de bonne volonté. Alors que nos univers familiers sont bousculés et que d’aucuns demandent un « nouveau paradigme », cette royauté nous interroge sur la gouvernance que nous voulons sur nous-mêmes, et nos communautés ! Quel règne souhaitons-nous et comment pouvons nous y contribuer ? A quelles règles soumettons-nous nos vies et notre société ? Le service ou la domination ? L’accumulation ou le don ? Quel est le critère d’une vie réussie ? Une position bien établie ou le temps dépensé pour autrui ? Au jour de notre mort, quelle mémoire laisserons-nous derrière nous et qu’emporterons-nous aux portes de ce royaume? 

Les évangiles de ces derniers dimanches nous laissent entrevoir ce qu’il nous faut déployer pour le bâtir et en devenir les fidèles sujets : Les béatitudes, les vierges sages et les serviteurs auxquels le maître confie tous ses biens pour les faire fructifier… Qu’en faisons-nous ? Cela peut nous paraître démesuré, abstrait ou trop exigeant…

Inspiré par ces enseignements il m’a semblé pourtant qu’il existait peut-être un moyen simple de participer au règne du Christ, de construire dès ici bas la cité de la joie : 

A quelqu’un qui m’annonçait rassuré, qu’il avait été testé négatif, j’ai répondu que moi au contraire j’avais été trouvé positif…et que ça pouvait être très contagieux ! On a diagnostiqué que devant la maladie j’étais plutôt optimiste, que malgré le masque je paraissais souriant, que les perspectives de crise économique ne m’empêchaient pas de bien faire mon travail jusqu’au bout, joyeusement sans trop compter mon temps. J’ai développé des symptômes d’altruisme avancé, avec perte du goût d’amertume, acuité d’écoute et de service prononcée. J’ai subitement arrêté de râler et de tout critiquer et j’ai même commencé à remercier et encourager les gens autour de moi avec des pensées positives. J’ai veillé certaines nuits en murmurant des paroles que personne n’entendait plutôt que de regarder le décompte des morts à la télé. On m’a cru fou mais je n’avais pas d’autre fièvre que celle d’aimer… et d’espérer. 

Bref, je suis positif ! Je construis un royaume, je suis chrétien tout simplement… 

IMPORTANT : Quiconque a été en contact avec moi au cours des quinze derniers jours devrait rapidement consulter, il pourrait lui arriver la même chose et devant tout le bien qu’il nous reste à accomplir nous pourrions chanter ensemble : Seigneur fais de nous des ouvriers de paix, Seigneur fais de nous des bâtisseurs d’Amour. 

P. Charles Bonin

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Dimanche 15 novembre 2020 Homélie du 33ème semaine du Temps Ordinaire  Père Charles BONIN

première lecture: Lecture du livre des proverbes                  31, 10-13.  19-20.  30-31

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens         5, 1-6

évangile : selon St Mathieu          25, 14-30

Homélie du 33èmeDimanche du temps ordinaire A

La peur est mauvaise conseillère elle n’apporte pas le bonheur ni ne porte pas de bons fruits. Elle entretient un climat de défiance et d’hostilité qui conduit à des actions aussi stériles qu’absurdes. Elle condamne le serviteur mauvais et paresseux à demeurer dans les ténèbres, la tristesse et la rancœur. Les serviteurs qui au contraire font confiance à leur maître et s’efforcent de comprendre ses volontés pour lui obéir sans calculs ont la satisfaction de se voir reconnus et responsabilisés. Voilà un message de cette parabole qu’il est profitable de méditer pour notre temps.

Une certaine morosité défaitiste qu’on serait tenté d’entretenir devant les incertitudes de notre époque n’a rien d’évangélique. Jésus nous invite au contraire à combattre la peur et à aller de l’avant, c'est-à-dire à devancer les intentions du Père en s’efforçant de comprendre ce qu’il attend de nous à travers notre fidélité première au devoir d’état. 

Aujourd’hui les spéculations vont bon train, certaines initiatives animées d’intentions droites sèment finalement plus de trouble qu’elles n’apportent de paix. La parole de Dieu y oppose l’exemple d’une femme vaillante qui fait simplement ce qu’elle a à faire. Dieu nous invite à la sobriété d’un labeur paisible pour valoriser les biens qu’il nous confie. 

Cette attitude humble et respectueuse est assortie d’une béatitude dans le psaume de ce jour: « heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ». Elle peut être reliée à un autre psaume (36) qui nous dit : « mets ta joie dans le Seigneur : il comblera les désirs de ton cœur, dirige ton chemin vers le Seigneur, fais lui confiance et lui il agira. » 

La crainte de Dieu est donc le contraire de la peur, elle en est même l’antidote : c’est un amour confiant et respectueux, désireux de faire sa volonté. Le vaccin tant espéré nous est déjà donné sinon pour notre corps du moins pour notre âme ; mais n’est-ce pas l’âme qui vivifie le corps ? 

A la peur qui fausse le jugement et replie sur soi-même dans l’inquiétude, Dieu nous propose de substituer la paix et la joie que procure la recherche du plus grand bien qu’il veut pour nous dans les circonstances où nous sommes avec la ferme assurance qu’il nous accompagne. 

A la question de savoir quelle est cette volonté, le prophète Michée (6,8) répond : « On t’a fait connaître ô homme ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » Autrement dit : 

Donner à chacun ce qui lui est dû, 

Accomplir son travail paisiblement du mieux possible,

Remettre sa vie entre les mains de Dieu,

Voici une recette de sérénité qu’il serait salutaire de retrouver plutôt que de se saturer d’informations d’autant plus anxiogènes qu’elles sont indéfiniment discutées. Cela doit nous interpeller : cherchons-nous ce que Dieu veut nous dire dans les évènements de notre vie ou entretenons nous la peur en les dramatisant systématiquement? Plutôt que de passer des heures devant la télévision ou internet n’avons-nous pas quelque tâche domestique trop longtemps différée à accomplir ou quelque chose à donner pour le bien de ses proche ou de ses voisins ? N’aurions nous pas un coup de fil à passer ou une visite à rendre à une personne isolée ou dans le besoin d’un peu de fraternité ? Ou encore, ne serait-ce pas le moment d’aménager un petit coin de prière pour y passer plus de temps seul ou en famille ? Pourquoi ne pas investir nos longues soirées d’hiver pour nous plonger dans la Bible, reprendre un livre de spiritualité ou se former à l’intelligence des Ecritures ? Le Seigneur nous invite à cultiver ainsi les biens qu’il nous donne, chacun selon ses capacités. Ces biens, ce sont la foi, l’espérance et la charité. Allons-nous les enfouir dans la terre ou leur faire porter du fruit en se risquant à y consacrer d’avantage de labeur et de temps ? L’opportunité nous est donnée de sortir de nous-mêmes, de notre sidération, de nos confortables paresses et de nos peurs pour nous remettre en présence du Seigneur, au service des uns et des autres. La joie et l’abondance seront notre salaire, « alors ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres » réceptifs aux justes actions que l’Esprit Saint nous inspire. Amen. 

P. Charles Bonin.

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Dimanche 15 novembre 2020 Homélie du 33ème semaine du Temps Ordinaire  Père Paul BERTHIER

première lecture: Lecture du livre des proverbes                  31, 10-13.  19-20.  30-31

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens         5, 1-6

évangile : selon St Mathieu          25, 14-30

33ème DIMANCHE ORDINAIRE A 2020

Au temps de Jésus, savez-vous ce que représentait un talent ? Les auteurs nous disent qu’il équivalait à 6000  journées de travail d’un ouvrier, soit 20 ans de travail. Au SMIC actuel, ça représente 380 000 €. Ça fait une belle somme. Le Maître en donne cinq au premier serviteur qui va vite le faire fructifier. Il en est de même pour le deuxième avec ses deux talents. Le dernier serviteur de la parabole n’en reçoit qu’un seul et il n’en fait rien du tout. Quand le Maître revient, il lui rend tel quel…

Ça me fait penser à une petite histoire que mon frère Henri racontait. « Un homme avait reçu un tableau de très grande valeur. Mais depuis qu’il avait ce tableau il ne dormait plus : il avait peur qu’on lui vole. Alors il eut l’idée de mettre sur son tableau une couche de peinture qui ne détruirait pas le chef d’œuvre mais qui le cacherait ; puis il demanda à un peintre de lui faire par-dessus un paysage quelconque. Il retrouva son sommeil. »

Quel gâchis ! Cet homme a chez lui un tableau d’une grande beauté, d’un prix inestimable et il ne peut même pas l’admirer parce qu’un jour il s’est laissé prendre par l’inquiétude : il a eu peur.

Pour nous aujourd’hui, les talents ne sont plus de l’argent mais ce sont les dons, les aptitudes que nous avons tous reçus plus ou moins, « selon nos capacités », comme nous le dit l’Evangile. Qu’en faisons-nous de ces dons reçus ?

Une de nos plus grandes richesses n’est-ce pas cette image de lui que Dieu a mise en nous ? Bien souvent nous mettons sur cette image cette affreuse peinture qui va tout voiler, tout abîmer… Nous devenons alors incapables de voir que nous sommes enfants de Dieu. Nous devenons incapables de reconnaître, en ceux qui nous entourent, cette image de Dieu. Nous devenons incapables de reconnaître tout ce que le Seigneur nous donne.

Pourtant, il a mis à notre disposition des richesses incroyables : un esprit vif, une intelligence, un cœur capable d’aimer et beaucoup d’autres encore. Et nous les gardons pour nous. Nous ne les faisons pas fructifier. A quoi servent-ils tous ces dons  sous cet enduit qui les fait disparaître ? Cet enduit, il s’appelle égoïsme, orgueil, envie, désir de richesses etc. Et nous en avons beaucoup de cet enduit…

Oui, notre Dieu nous a comblés. En nous laissant agir libres, il nous a fait entièrement confiance. Il ne nous a jamais dit de cacher nos talents, notre amour.Bien au contraire : « Croissez, multipliez-vous remplissez la terre, soumettez-la. » Dieu nous fait confiance. Il nous confie la terre, l’univers, la création toute entière.

Il est temps de voir ce que l’on peut faire. Nous sommes riches des dons de Dieu. Qui que nous soyons, tels que nous sommes, nous pouvons tous agir. "Ne restons pas endormis comme ceux qui n’ont pas d’espérance, nous dit St. Paul, mais soyons vigilants et restons sobres." 

Le Maître va revenir, il est proche, il est même déjà au milieu de nous ? Ouvrons-nous à sa présence, à sa grâce, à son amour. Gardons confiance en lui, et tous les talents qui nous restent, mettons-les au service de nos frères. Ainsi, un jour, nous pourrons entendre le Seigneur nous appeler et nous inviter : "Viens, serviteur bon et fidèle, entre dans la Joie de ton Maître." 

Père Paul Berthier

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Dimanche 8 novembre 2020 Homélie du 32ème semaine du Temps Ordinaire: Père Charles  BONIN

première lecture: Lecture du livre de la sagesse                6, 12-16

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens        4, 13-18

évangile : selon St Mathieu          25, 1-13

Homélie du Dimanche 8 novembre 2020 32ème semaine du Temps Ordinaire:

Se confiner ne veut pas dire hiberner. Au contraire, la Parole de Dieu nous invite aujourd’hui à veiller et même à se réveiller ! Ce n’est pas fortuit : les perturbations que nous subissons nous donnent  l’occasion de réviser nos agendas habituellement surchargés d’activités dont on se demande maintenant si elles sont vraiment essentielles. Cela nous invite à nous recentrer sur le cœur de notre vie. 

Quelqu’un m’a récemment fait remarquer que le confinement, que l’on comprend en général comme un enfermement, pouvait aussi signifier « aller aux confins », c'est-à-dire au fin fond de soi-même, dans cette intimité profonde où l’on rencontre Dieu. Se confiner, c’est toucher ses limites, entrer au-dedans de soi pour découvrir dans le sanctuaire de sa conscience, débarrassée du superficiel, cette voix qui appelle : « Voici l’époux sortez à sa rencontre ». L’époux c’est celui qui aime et espère d’être aimé en retour, c’est une image de Dieu qui est l’Amour absolu qui nous appelle à aimer comme lui, dans le don de soi. Voilà donc l’essentiel sur lequel nous sommes invités à veiller : la présence de  Dieu dans nos vies. 

Pendant que les insouciants continuent de faire leurs achats comme si de rien n’était, feignant d’ignorer ce monde qui change, bercés de l’illusion de lendemains qui chantent et endormis par les promesses de conséquents subsides ou d’une miraculeuse panacée, les sages entrent pas à pas dans la salle des noces. Veilleurs au cœur ardent, animés de désir, brûlés d’une vive flamme d’amour, prévoyants, ils tiennent leurs lampes allumées cherchant dans les signes des temps, à la lumière de la Parole de vérité, la trace de l’époux qui vient. N’était-il pas annoncé dans les ténèbres de l’iniquité (2 Th2), dans la désolation et l’ébranlement des puissances de ce monde (Lc 21,8-36 ; Mt 24,4-44) ? C’est bien au milieu de la nuit que vient le bien-aimé de cette parabole, peut-être justement parce que c’est dans la nuit qu’on voit le mieux la lumière. Il n’y a donc pas de raison d’avoir peur puisqu’il nous dit par ailleurs : « N’allez pas vous effrayer » (Lc 21,9) « pas un cheveu de votre tête ne périra, c’est par votre constance que vous sauverez vos vies » (Lc 21,18-19). Encore faut-il avoir de l’huile pour allumer sa lampe et discerner l’époux qui s’avance dans l’obscurité. C’est l’huile du baptême, qui assouplit, éclaire, guérit et protège. C’est la constance des saints qui se fonde sur la garde des commandements de Dieu et la foi en Jésus (Ap13,10 ; 14,12). Elle permet aux sages de marcher dans la nuit avec pleine assurance, repérant les obstacles et confiant en celui qui les guide par sa voix. Mais quelle provision en avons-nous fait pour faire resplendir dans nos obscurités le rayonnement de l’espérance que le Christ est présent au milieu de nous ? 

Veiller et sortir à la rencontre de l’époux, c’est ne pas rester hébétés ou terrorisés par ce que nous vivons, c’est s’instruire intelligemment pour en comprendre les enjeux à la lumière de l’Evangile, c’est ranimer les promesses de son baptême par une prière plus fervente, c’est vivre des sacrements de l’Amour qui se donne, voilà la Sagesse pour notre temps. Alors, « Tenez-vous sur vos gardes de peur que vos cœurs ne s’appesantissent » (Lc 21, 34) nous dit Jésus, « Veillez et priez pour avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver» (Lc 21, 36) et entrer joyeusement dans l’alliance que Dieu veut conclure avec nous dans la salle des noces. Amen. 

P. Charles Bonin

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02 Novembre 2021 Homélie POUR LA MESSE DES DÉFUNTS: Père Charles BONIN

première lecture: Lecture de l'apocalypse de Saint Jean                  14,13

deuxième lecture: Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains         5, 17-21

évangile : selon St Luc          12, 35-40

Homélie pour la messe des défunts 2 nov 2020

Pourquoi prions-nous aujourd’hui pour les morts ? Pourquoi est-il juste et bon de célébrer des messes à leur intention ? 

C’est en raison de notre espérance en la vie éternelle. En effet, nous croyons, du fait de la résurrection du Christ, qu’un jour nous aussi nous serons transformés « pour que cet être périssable que nous sommes » revête ce qui est impérissable comme l’explique St Paul aux Corinthiens. Toutefois, l’évangile nous dit bien que cela se fait dans un jugement : « Quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, il séparera les hommes les uns des autres comme un berger sépare les brebis des boucs ». « Ceux qui seront trouvés dignes de lui après l’épreuve de cette vie, reposeront dans la paix, ils sont dans la main de Dieu » dit aussi le livre de la sagesse. 

Mais qui peut-être trouvé digne de Dieu ? Quel est le critère de ce jugement ? 

C’est la charité. « Tout ce que vous aurez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères,  c’est à moi que vous l’avez fait ». « Ceux qui ainsi lui sont restés fidèles dit encore le livre de la sagesse resteront dans l’Amour près de lui ». « Au soir de cette vie nous seront jugés sur l’Amour » résume Ste Thérèse de Lisieux. Notre passage sur la terre n’a donc pas d’autre motif, pas d’autre fin que de nous apprendre à aimer, il nous prépare ainsi à voir Dieu face à face, autrement dit à entrer dans la gloire de l’Amour absolu puisque Dieu est amour.

Tout ce qui restera de notre vie sur terre ce sont nos œuvres de charité, tout ce que nous aurons accompli par pur amour. Tout le reste est périssable, voué à la destruction. L’impératif de la charité est donc en vue de nous laisser transfigurer par l’Amour du Christ, pour nous rendre semblable à lui afin que nous le voyions tel qu’il est. 

De la parole de Dieu nous pouvons donc déduire ce qui se passe au jour de notre mort. Si nos actes bons nous ont habitués à l’éclat de l’Amour de Dieu, alors nous entrerons dans sa lumière. Plus nous aurons aimé, plus notre cœur se sera élargi pour recevoir l’amour de Dieu, mieux nous le verrons, plus grande sera notre béatitude. Ceux qui au contraire n’auront vécu que dans les ténèbres du mal au long de leur vie  ne pourront supporter la Gloire de Dieu. Comme éblouis, ils s’en détourneront. L’enfer n’est rien d’autre que la privation infiniment douloureuse de l’amour de Dieu. Entre les deux, le purgatoire est l’état des âmes qui sans se détourner complètement de l’amour de Dieu ont encore besoin d’être purifiées pour le recevoir. Cette attente est douloureuse car elle est une privation du bien pour lequel nous sommes faits mais elle est aussi emplie de l’espérance en la miséricorde de Dieu. C’est pour ces âmes que nous prions, car seules nos prières peuvent leur ouvrir les portes du bonheur éternel. 

Cette prière est en effet un acte de charité au bénéfice de nos frères et sœurs défunts. Implorons donc aujourd’hui pour eux la tendresse du Père et demandons à ceux qui déjà reposent dans la paix de nous fortifier dans l’amour. Qu’ils nous inspirent les moyens de profiter de ce temps de confinement pour redoubler de charité. Gardons le contact les uns avec les autres par téléphone ou tout autre moyen. N’ayons pas de crainte d’utiliser les attestations de déplacement dérogatoire pour aller visiter une personne seule ou fragile. Proposons notre aide aux plus démunis, partageons de ce que nous avons… Alors par notre charité nous avancerons sur le chemin de nos frères et sœurs les saints pour les rejoindre un jour, transfigurés dans la Gloire. Amen.  

Père Charles BONIN

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01 Novembre 2021 Homélie de la TOUSSAINT Père Charles BONIN

première lecture: Lecture de l'apocalypse de Saint Jean                  7, 2-4.  9-14

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Jean         3, 1-3

évangile : selon St Matthieu           5, 1-12a

Homélie pour le dimanche de la Toussaint 1erNovembre 2020

« La sainteté pour aujourd’hui. »

Les Béatitudes et l’Apocalypse ! On ne pouvait trouver de texte plus opportun pour les circonstances troublées dans lesquelles nous sommes. 

Jean écrit vraisemblablement l’Apocalypse aux membres d’une communauté persécutée et soumise à de lourdes épreuves pour les encourager et les fortifier. C’est un texte énigmatique, plein de symboles et d’allégories qu’on ne peut pas prendre au pied de la lettre. Il faut pour en décoder les secrets et bien le comprendre le lire à la lumière d’autres textes bibliques. Aujourd’hui, c’est au premier grand discours de Jésus dans l’évangile de Mathieu que cette vision des derniers temps apporte une résonnance particulière et un éclairage sur la sainteté que nous sommes appelés à vivre, à la suite de ceux qui nous précèdent dans la vision béatifique. 

« Qui sont ces gens vêtus de blanc et d’où viennent-ils ? » interroge Jean avant d’assister à la dévastation de la terre. « Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve, ils ont lavé leur vêtement, ils les ont purifié dans le sang de l’agneau ». Jésus explique cette réponse obscure : ce sont les bienheureux :

Les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, les persécutés et ceux que l’on insulte. 

Elles sont étranges ces béatitudes, où le mal et le bien s’enchevêtrent, tels, le bon grain et l’Ivraie, comme s’ils étaient indissociables. C’est le paradoxe au cœur de notre foi, bien rendu par l’image impossible d’un vêtement blanc lavé dans du sang ! C’est le miracle de toute sainteté qui d’un mal fait surgir un bien

Le vêtement dans la bible est signe de protection et de dignité, (pensons à la tunique dont le fils prodigue est revêtu par son père ou à celle dont Jésus est dépouillé au calvaire). Le blanc est signe de pureté et le sang de l’agneau c’est l’image à la fois violente de la passion et de la croix du Christ et le signe de l’Amour absolu jusqu’au don de soi malgré le mal qui s’acharne. Etre saint, c’est donc se laisser purifier et revêtir par l’Amour ainsi manifesté. C’est, comme le Christ, ne pas répondre au mal par le mal, mais être victorieux du mal par le bien(Rm 12,21). C’est chercher l’acte bon à accomplir au moment présent, sans se laisse troubler par les vents contraires, sans céder ni à la colère, ni à la peur, ou au désespoir pour laisser l’espérance triompher de toute souffrance. Voilà l’enjeu de nos vies : avec la grâce du Christ triompher du mal par le bien. 

Prenons un exemple actuel concret : On parle aujourd’hui d’un droit au blasphème. Qu’est-ce qu’un blasphème : une insulte, un manque de respect vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose considéré comme sacré ou de haute valeur. A-t-on le droit en France de se manquer de respect ? Est-ce une valeur de la république ? Non, c’est un abus de la liberté bonne qui nous est laissé de nous exprimer, pour un mauvais usage. La loi fixe un cadre de vie en société, mais elle ne dit pas ce qui est bien: « Tout est permis mais tout n’est pas profitable » remarque St Paul (1Co10,23). En ce sens, la loi n’est pas un absolu au dessus de tout, elle n’est que l’environnement qui rend possible le meilleur bien à dire et accomplir, mais il nous faut une norme transcendante, la parole de Dieu, la sagesse de l’Esprit pour nous guider vers ce bon usage du droit pour le vrai développement de notre humanité et son plein épanouissement. La sainteté, c’est être docile à cette voix intérieure de la conscience éclairée, qui face à la violence, au manque de respect, à la maladie ou à toute autre souffrance cherche en toute circonstance : quel bien pourrais-je faire aujourd’hui ?Qu’est-ce que Jésus ferait, s’il était à ma place ? 

Ainsi, plus le mal se déchaîne, plus nous avons d’opportunités de déployer en réponse, le bien et la bonté, en réprimant les premiers mouvements négatifs qu’il suscite. C’est cela, la grande épreuve de l’Apocalypse qu’ont traversée les saints. 

Alors, comme cette communauté éprouvée à laquelle s’adresse Jean, comme la pauvre esclave battue Joséphine Bakita, comme le juste Maximilien Kolbe s’offrant à Auschwitz, comme le bon et doux Charles de Jésus assassiné par ceux qu’il aimait, comme les frères de Tibhirine assoiffés de justice et de paix, laissons nous saisir par l’Amour du Christ victorieux du mal et de la mort par la force de vie de sa résurrection. Alors, nous compterons dès aujourd’hui parmi les 144 000 bienheureux (qui au passage, ne sont pas un nombre restreint comme le croient les témoins de Jéhovah dans une lecture trop littérale, mais désignent une multitude). 

C’est la seule espérance qui ne déçoive pas parce qu’elle est une assurance, celle du grand bonheur promis par Dieu. Le voir face à face, c’est vivre d’Amour, répandre la joie, la bonté, la paix fraternelle, quoi qu’il en coûte, comme dirait quelqu’un que nous connaissons bien, mais justement parce que là, ça ne coûte rien… Rien que l’effort de se vaincre soi-même, dans ce que nous avons de moins bon pour laisser émerger ce qu’il y a de meilleur en chacun

Voilà la chance extraordinaire de notre temps pour laquelle nous avons bien des raisons de nous réjouir et d’être dans l’allégresse comme nous y invite l’évangile. Nous vivons une époque formidable pour laisser la foi, l’espérance et la charité triompher des ténèbres de la confusion, de l’ignorance et du doute, du désespoir ou de la haine. C’est cela être saint. Rendons grâce pour tous ceux qui nous ont précédés sur ce chemin et demandons leur de nous apprendre à garder toujours les yeux fixés sur Jésus Christ pour entrer dans la Gloire du Père.      Amen.                                                                                                    

Père Charles BONIN

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01 Novembre 2021 Homélie de la TOUSSAINT Père Paul BERTHIER

première lecture: Lecture de l'apocalypse de Saint Jean                  7, 2-4.  9-14

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Jean         3, 1-3

évangile : selon St Matthieu           5, 1-12a

TOUSSAINT  2020

Les grands de ce monde, les petits les anciens, les jeunes, les hommes, les femmes, tous, un jour ou l’autre passeront par la mort. Cette mort qui nous fait si peur. Y a-t-il quelque chose après ? Ya-t-il une autre vie ?

Au siècle des découvertes de l’univers, des fusées, des satellites des stations spatiales, nous sommes incapables de répondre à cette question ; du moins la science est incapable de nous donner une réponse basée sur des preuves solides. Alors la création du monde serait-elle un échec ? Est-ce que tout se terminerait là ? Est-ce que l’homme ne connaîtrait jamais le bonheur à la perfection ? Pourtant toute sa vie, toute son énergie, toute sa philosophie n’auront été qu’une recherche de ce bonheur pour lequel il est créé.

La fête de la Toussaint peut donner quelques réponses à notre désarroi devant une tombe creusée où l’on descend un cercueil. Tous les textes nous le disent, le bonheur existe. Un bonheur total dans un au-delà lumineux. Ce bonheur c’est Dieu qui nous le propose. Dieu qui est infiniment bon veut nous faire partager son amour et sans doute ce sera le sommet du bonheur. Ecoutons ce qu’en dit Ste Thérèse de Lisieux : « Ce que le bon Dieu me réserve après la mort, ce que je pressens de gloire et d’amour dépasse tellement tout ce que l’on peut concevoir que j’en ai le vertige. » Etonnant, non ! St Jean nous l’a dit : « Nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » Nous resterons bouche bée dans ce moment de joie incroyable qui sera tellement fort qu’il deviendra éternel…

Voilà ce que nous réserve Dieu, voilà ce qu’il nous invite à vivre auprès de lui, voilà sans doute ce que sera notre vie après la mort.

Mais nous pouvons, déjà aujourd’hui découvrir le bonheur : les béatitudes que nous avons entendues sont la recette de ce bonheur. Pour vivre ces béatitudes il nous faut poser les vraies questions : Moi, homme , qui suis-je : un estomac, un outil de production, un fou du volant, un tablier de cuisine ?  Non, il ne s’agit pas de se fier aux apparences, les saints aujourd’hui, ça existe. Ce sont bien souvent les simples, les petits, ceux qui n’ont jamais rien fait d’extraordinaire. Vous vous souvenez bien de la grand-mère qui priait tout le temps son chapelet pour ses petits enfants qui avaient perdu la foi ! Je l’ai bien connue, cette mère de famille qui se cachait pour aller rendre à une vieille dame du village le linge qu’elle venait de laver… Elle était bien connue aussi,  dans la paroisse, cette mère de cinq enfants qui trouvait encore le temps de faire le caté aux enfants… Vous voyez bien, ce sont eux les saints d’aujourd’hui. Vous en avez certainement rencontré. 

Oh non, eux non plus n’étaient pas parfaits : ils avaient leur caractère, leurs manies, leurs défauts…Mais si le ciel n’était ouvert qu’à ceux qui sont sans faute, il serait vide ou presque et Dieu nous aurait bien trompés.

Les saints que nous fêtons aujourd’hui et que nous essayons d’être, ce sont ceux qui ont compris que seuls, nous ne pouvons pas grand-chose. Ce sont tous ceux qui ont mis Dieu dans leur vie, ceux qui se sont dévoués pour les autres, ceux qui ont su pardonner : « Heureux les pauvres, Heureux les doux, Heureux les miséricordieux, Heureux ceux qui ont soif de justice… »

Les saints d’aujourd’hui ce sont ceux qui savent que Dieu seul peut les aider, les guider, les secourir, les pardonner. Ce sont ceux qui savent que c’est Dieu qui les sauve et leur promet le bonheur.

Père  PAUL BERTHIER

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Fête de la dédicace dimanche 25  octobre 2020  Père Charles BONIN

première lecture: Lecture du premier livre des Rois                                       8, 22-23.27-30

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre         2, 4-9

évangile : selon St Matthieu           16, 13-19

Homélie pour la fête de la dédicace

L’Église est fondée sur la profession de foi de Pierre. Sans cette reconnaissance de la divinité de Jésus, il n’y aurait pas d’Église. 

L’Église n’est donc pas seulement prophétique, elle est présence de Dieu parmi les hommes comme l’annonçait déjà le livre des rois à propos du Temple qui préfigurait l’alliance entre Dieu et les hommes pleinement accomplie dans le Christ. 

Mais ce n’est pas seulement le bâtiment, dont nous célébrons la fête aujourd’hui, qui manifeste cette présence visible de Dieu au milieu de son peuple, au cœur de nos villages. C’est aussi nous-mêmes qui sommes les pierres vivantes de cette construction comme le rappelle St Pierre. 

Dieu se révèle aux hommes premièrement en se faisant l’un de nous dans le Christ, Verbe incarné. Ensuite par les apôtres et l’Église fondée sur Pierre qui continue de favoriser et d’entretenir cette relation de l’homme à Dieu. Nos bâtiments en sont les témoins visible et le moyens de cette communication de la grâce. Mais ultimement, c’est nous-mêmes comme membres de cette Église qui devons annoncer les merveilles de Dieu, être demeures de l’Esprit Saint et resplendir de sa lumière. 

Nous devons donc nous interroger : Comment nos églises sont-elles présence de Dieu au monde ? Et comment nous-mêmes sommes présence de Dieu dans le monde. Comment nos bâtiments et nos communautés sont-elles au service de la communion d’alliance entre les hommes et Dieu ? 

Les lectures de ce jour nous proposent trois moyens pour répondre à notre vocation sainte d’être présence de Dieu au milieu du monde. 

            Le premier c’est l’ouverture à Dieu et aux autres : « Entrez dans la construction de la demeure spirituelle et présentez des sacrifices spirituels. » Comment entrer si les portes sont fermées ? Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir les portes de nos églises ce qui est pourtant le service minimal que nous devons à nos contemporains, mais il faut encore ouvrir la porte de nos cœurs par la prière qui nous relie à Dieu et à nos frères. Elle est une échelle dressée  entre la terre et le ciel. C’est ce que symbolisent nos clochers mais c’est aussi ce que nous devons vivre à leur ombre en les animant de nos louanges et en nous y rassemblant fraternellement sous le regard de Dieu, et pas seulement pour l’Eucharistie dominicale.  

            Le deuxième moyen, c’est la profession de foi que le Seigneur nous engage à faire à la suite de Pierre. Acte intérieur de confiance en Dieu mais aussi proclamation publique de notre attachement au Christ. Sortons de nos craintes et de nos complexes : Le monde a tant besoin d’une bonne nouvelle, ne soyons pas avares de partager le trésor que nous avons reçu par une annonce explicite et joyeuse de la foi à ceux qui vivent autour de nous. Nous le devons comme une lumière à ceux de nos frères qui se perdent dans les ténèbres. « Vous êtes une nation sainte pour que vous annonciez les merveilles de Dieu » nous dit St Pierre. 

            Le troisième moyen, c’est le lien de la charité. « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans les cieux. Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les cieux ». Tous les liens d’amitié vraie demeureront pour l’éternité, tous les conflits que vous aurez dénoués vous seront comptés. La charité ne passera jamais dit St Paul aux Corinthiens (1Co13,8). Les prophéties, elles, passeront mais la présence du Christ dont nous vivons et témoignons en nous reliant ensemble à l’unique nécessaire, elle, demeurera pour toujours : c’est l’éternelle béatitude.

Prière ouverte, annonce explicite et charité active voilà ce qui manifeste la présence de Dieu dans nos vies et dans nos églises, voilà ce qui fera de nous des saints. Ils sont représentés dans nos églises pour nous montrer ce chemin de lumière sur lequel nous sommes appelés, n’attendons pas de les fêter dans quelques jours pour marcher à leur suite, soyons nous aussi, bâtisseurs d’Église.

P. Charles Bonin

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Fête de la dédicace dimanche 25  octobre 2020  Père Paul BERTHIER

première lecture: Lecture du premier livre des Rois                                       8, 22-23.27-30

deuxième lecture: Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre         2, 4-9

évangile : selon St Matthieu           16, 13-19                            DÉDICACE DE L’ÉGLISE ST. BENOIT    25 OCTOBRE 2020

On peut prier Dieu partout mais les églises sont tout de même des lieux privilégiés où l’on peut rencontrer Dieu plus facilement. Déjà, dans l’Ancien Testament Salomon, dans sa prière, se posait la question : « Est-ce que Dieu habiterait notre terre? »  Sa réponse ne fait aucun doute : « Dieu est présent aussi bien sur la terre que dans les cieux. »C’est pourquoi Salomon va bâtir le Temple de Jérusalem. 

Mais Salomon sait très bien que Dieu, personne ne peut le contenir. Il le dit dans sa prière : « Les Cieux et les hauteurs des Cieux ne peuvent te contenir, encore moins cette maison que j’ai bâtie. »Il sait pourtant que Dieu est là et que les fidèles peuvent venir le prier. « Ecoute donc la prière que ton serviteur fera en ce lieu. Ecoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël lorsqu’ils prieront en ce lieu. Toi, dans les cieux où tu habites, écoute et pardonne ? »

Autrefois le Temple, aujourd’hui nos églises, voici donc les lieux où Dieu se fait présent pour ses fidèles. Heureusement dans la plupart de nos églises Jésus est présent dans son Eucharistie et là, nous pouvons le rencontrer. «  Approchez-vous de lui », nous dit St Pierre, c’est lui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Notre invitation de ce jour c’est donc de nous approcher de Jésus, de ne pas avoir peur de lui. Peut-être que comme avec ses disciples, il va nous poser des questions. 

Dans le cadre d’une enquête des  jeunes avaient posé aux passants d’une rue commerçante la question : « Pour vous qui est Jésus ? »Ils avaient recueilli beaucoup de réponses : « C’est un grand homme ! Jésus, il est né dans une écurie ! Jésus c’est le Dieu des chrétiens ! Jésus, c’est quelqu’un de formidable comme il en faudrait encore aujourd’hui ! »  

Et si maintenant, Jésus lui-même descendait dans cette allée 

Et posait la question à quelques uns d’entre nous : « Pour vous qui suis-je ? -- C’est à moi, Seigneur que tu t’adresses ?  -- Oui, pour toi, qui suis-je ? Tu es entré dans cette église, tu viens peut-être pour me rencontrer, ou pour te reposer un moment ou même, tout simplement  pour profiter de l’ambiance des lieux ou pour retrouver des amis ? Mais je suis là, c’est là que j’habite, je t’attendais un peu. Un jour tu as été baptisé, tu es donc de ma famille, je reconnais la marque du St Chrême sur ton front »

A toutes ces questions, je ne sais pas ce que vous répondriez. Personnellement je crois que je tomberais aux pieds de Jésus et je lui dirais simplement : « Mon Seigneur et mon Dieu, je t’adore ; augmente ma foi. »

Cette famille dont nous parle Jésus c’est nous tous qui la formons. C’est l’Eglise, non pas l’édifice en pierre dans lequel nous sommes, mais l’ensemble des membres qui vivent d’une même foi, d’un même cœur. Cette Eglise Jésus l’a confiée à Pierre et à ses successeurs : « Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise. »   

Aujourd’hui ce sont les édifices en pierre dans lesquels nous nous réunissons qui sont à l’honneur. Le jour de sa consécration les colonnes de l’église ont été marquées avec le St Chrême. Ces lieux sont des lieux remplis de sainteté, des lieux où Dieu nous donne rendez-vous, des lieux où Dieu se laisse découvrir : « Pour toi, qui suis-je »

Père Paul BERTHIER

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29° dimanche du temps ordinaire année A : 18 octobre 2020  Père Charles BONIN

première lecture: livre du prophète Isaïe (45, 1. 4-6)

deuxième lecture: première lettre de Saint Paul apôtre aux thessalonissiens (1, 1-5b)

évangile : selon St Matthieu (22, 15-21)

Homélie du 29° Dimanche du temps ordinaire. 

Dimanche de la mission et premières communions à Roybon. 

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. 

Qu’est-ce qui est à César, Qu’est ce qui est à Dieu ? Que leur devons-nous ? qu’est-ce qu’il est juste et bon de faire ? Tout ce dialogue de Jésus avec les pharisiens pose la question du bien. Quel est le bien fondamental de nos vies ? Qu’est-ce qui est vraiment bon pour nous ? Qu’est-ce qui fait notre bonheur. Qu’est-ce qui nous épanouit ? Nous rend heureux et libres ? L’argent, le plaisir, les loisirs ? Tout cela est bon certes mais est-ce suffisant ? La paix, la justice sociale, l’ordre, la sécurité, la santé ? A tout cela nous devons concourir notamment en payant nos impôts dans l’intérêt général et pour le bien commun dont l’Etat est garant. Mais il ne s’agit encore que d’un cadre, des conditions nécessaires de notre épanouissement, ça reste périphérique, accessoire. Ce sont des moyens mais est-ce la finalité de notre vie ? Alors quel est notre bien propre ? 

Le bien c’est ce pour quoi chaque chose est faite. L’eau est le bien du poisson. Le blé est le bien de la poule, le nectar et le pollen est le bien de l’abeille… Et pour l’homme ? C’est plus complexe car l’homme est composé de corps et d’esprit qui peut se satisfaire de nombreux biens : jouer, travailler, rire. 

Tous pourtant ne sont pas du même niveau. Certains sont de l’ordre du nécessaire vital (manger dormir) d’autres sont de l’ordre du plaisir (jouer, voyager). Mais ce qui nous est spécifique, c’est notre âme spirituelle, la dimension la plus élevée de notre être. Donc le bien propre de l’homme, ce sont les biens spirituel, ce qui nourrit l’âme, l’intelligence et la volonté, ce qui élève vers plus grand que notre nature, qui nous ouvre, nous épanouit spirituellement, c’est à dire nous fait grandir dans la connaissance de la vérité et dans l’amour. Or la vérité et l’Amour c’est Dieu lui-même, source de tout bien. Donc le bien propre de l’homme c’est Dieu. 

L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu dit St Ignace. 

Voilà donc notre bien fondamental, vital, essentiel sans lequel notre humanité se dégrade. Chaque fois que l’homme par son péché se détourne de cette finalité qu’est Dieu, il s’éloigne de son bonheur, il manque un peu de ce pour quoi il est fait, comme une flèche qui tomberait à côté de sa cible. Aujourd’hui beaucoup de gens sont tristes parce qu’ils ont oublié Dieu, ils ont perdu le sens de leur vie, ils ne croient plus ni en la vérité, ni en l’Amour, ils n’ont plus d’espérance.

Pourtant, chaque dimanche à la messe, la vérité et l’Amour nous sont donnés. La messe c’est une rencontre avec Dieu. Il nous parle en vérité, nous éclaire sur ce que nous devons faire pour être heureux, il donne sens et valeur à notre vie, il nous écoute et nous répond comme un ami à son ami. A chaque communion, on accueille tout l’Amour de Dieu pour nous et pour nos frères, on est immergé dans l’Amour et la Vérité. On vit ce pour quoi nous sommes fait, alors on est heureux, toutes nos actions, (manger, faire du sport, se détendre entre amis, travailler…) s’ordonnent et trouvent leur cohérence vers ce bien  ultime qu’est Dieu. 

Nous devons donc être attentif à bien garder ce don et à le cultiver : la vérité et l’amour de Dieu. Le remercier pour cela, lui demander de nous y ouvrir toujours plus voilà le vrai bonheur. Carlo Acutis un jeune de 15 décédé d’une leucémie en 2006 et béatifié la semaine dernière disait : « Si l'on s'approche tous les jours de l’eucharistie on va tout droit au paradis. C’est l’autoroute qui mène au ciel». Voilà ce que nous devons rendre à Dieu : tout l’amour qu’il nous a donné sur la croix en le recevant le plus souvent possible dans un cœur pur et en le partageant avec nos frères. Voilà le cœur de la mission que nous célébrons aujourd’hui : transmettre cette bonne nouvelle de l’Amour de Dieu réellement présent dans ce sacrement.  Si seulement nous avions conscience de cette réalité de la présence de Dieu à chaque messe, on mourrait de bonheur disait le St curé d’Ars. L’Eucharistie, c’est tout l’Amour du cœur de Jésus. 

Retrouvons ce goût de l’Eucharistie, ce sens profond de la messe.Je le demande aux enfants : Jésus vous appelle, là dans le tabernacle pour vous emplir d’amour, ne l’oubliez pas. Je le demande aux parents : ne privez pas vos enfants, vous-même, votre famille d’un si grand bien venez puiser ensemble à cette source de vie. Je le redis à tous, c’est notre trésor le plus précieux et si facile d’accès, c’est notre droit le plus fondamental dont aucune loi ne pourrait nous priver, parce qu’il est le sens même de notre vie. Dans la période troublée que nous traversons avec tant d’incertitude et d’angoisse, devant tant de violence absurde, l’Eucharistie est une source inépuisable de joie, la consolation dans les épreuves, la lumière dans le doute, la paix dans le trouble. 

Ouvrons donc nos églises pour que chacun puisse y rencontrer le Christ, visitons le, participons plus régulièrement à l’Eucharistie, parlons-en autour de nous à tous ceux qui sont dans la peine  et nous verrons nos vies changer. Je prie chacun de s’engager résolument pour cela. et que l’Esprit Saint ouvre nos cœurs et nos intelligences à ce grand mystère que nous allons célébrer pour en recevoir tous les fruits d’amour et de paix.