Morétan

Une des réalisations : l'alimentation en eau potable du lieu de rassemblement paroissial à Okpoguédjé

Morétan, c’est le nom du bourg, centre de la paroisse « Jésus Bon Pasteur », dans le diocèse d’Atakpamé, dans la Région des Plateaux au milieu du TOGO.

Depuis 2006, les pères Simon Gangbazo et Alphonse Togbévi, prêtres togolais, sont venus à plusieurs reprises dans notre Paroisse.

En 2017, c'était le Père Gaston Atcholi qui était avec nous en Juillet et Août.
C'était son premier voyage en Europe, l’été qui a suivi son ordination.

En 2019, il part à Rome, et c’est un nouveau prêtre qui est arrivé le 12 octobre à Morétan, le Père Emmanuel Agbokoko.
Chaque été, ils ont participé à la vie et aux activités pastorales du plateau du Vercors. Leur présence sur notre chemin est certainement une occasion que l'Esprit nous offre de nous ouvrir à l'universalité de l'Église, à la fraternité chrétienne, voire à la « solidarité entre le Nord et le Sud ».
L'idée commune s'est peu à peu faite jour de créer un lien permanent entre nos deux paroisses, la Croix de Valchevrière et, au Togo, Jésus Bon Pasteur de Morétan, dont Simon est le curé.

La paroisse de Morétan est riche d'initiatives auxquelles nous apportons notre modeste soutien.
Par exemple, des communautés de base ont été créées dans des villages éloignés, pour favoriser la vie chrétienne même en l’absence des prêtres. Un lieu de rassemblement a été créé pour permettre l’accueil de tous lors des grands évènements paroissiaux, c’est le sanctuaire marial d’Okpoguédjé. Il a fallu y prévoir une alimentation en eau. Nous y avons contribué en participant au financement d’un forage.

Un accent a été mis sur la formation des jeunes. Un collège a été créé il y a quelques années ; il obtient d'excellents résultats et connaît un tel succès que les parents ont demandé que leurs enfants puissent poursuivre leurs études au-delà du brevet. En accord avec le diocèse, un nouveau bâtiment est sorti de terre l’été 2019, de façon à accueillir de nouvelles classes : une seconde littéraire et une seconde scientifique, soit 62 élèves qui se sont ajoutés aux 441 collégiens (de la 6ème à la troisième) dès la rentrée de septembre 2019. Ce nouveau bâtiment ne s’est pas construit tout seul : il a fallu une mise de fonds constituée en partie par les apports de donateurs d’ici, en partie par un prêt du diocèse d’Atakpamé dont dépend Morétan, et aussi la participation des élèves pendant l’été pour creuser les fouilles, remblayer après le coulage des fondations, etc … (voir photo ci-dessous).

Mais ce n’est pas tout : aux quatre salles construites lors de l’été 2019, il est apparu urgent d’en ajouter d’autres non seulement pour permettre le développement du lycée, mais aussi pour dédoubler les classes trop nombreuses dans le collège, par l’adjonction d’un étage au nouveau bâtiment. Les compagnons d’Emmaüs de l’Isère ont été sensibles à l’intérêt de ce projet et ont décidé de consacrer les bénéfices de leur journée de vente du 14 décembre 2019 au financement du gros-oeuvre de cet étage supplémentaire. Qu’ils en soient remerciés. Il nous reste à contribuer à la finition de ce bâtiment et au coût du mobilier pour les nouvelles classes

 

 

Pour davantage d’informations sur ces initiatives et le soutien que nous y apportons, vous pouvez consulter le journal de liaison entre les deux paroisses, « LE LIEN  »

Une des réalisations : l'alimentation en eau potable du lieu de rassemblement paroissial à Okpoguédjé
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La régularité de la venue, depuis un bourg du TOGO, des prêtres qui assurent un service de deux mois sur notre paroisse « La Croix de Valchevrière » notamment pendant le temps d’absence de notre curé, a peu à peu créé des liens :

- par la connaissance réciproque, par exemple ici par des soirées sur divers thèmes : la vie dans les villages dans cette partie de l’Afrique, la vie dans la paroisse, avec le rôle des Communautés de base, l’importance de l’éducation pour le développement des zones rurales du Togo, etc …

- par la solidarité financière entre l’Église qui est dans le Nord-Vercors et l’Église qui est Morétan, par exemple pour l’aide à l’équipement du collège créé par le P. Simon.

- par des voyages de paroissiens d’ici pour aller rencontrer sur place ceux de Morétan, Le dernier en date a été réalisé en novembre 2019 : ce sont dix personnes du Nord-Vercors qui sont parties pendant une quinzaine de jours s’immerger dans la vie des habitants de la paroisse de Morétan, et qui ont pu mieux percevoir la vitalité de la vie chrétienne dans cette région agricole du Togo. Elles ont pu en rendre compte lors d’une soirée le 10 janvier 2020 ainsi que par un bref témoignage au cours de la prière œcuménique du 24 janvier. D’autres temps pourront être organisés à la demande pour rendre compte des fruits de ce voyage ; et le témoignage de l’un des voyageurs peut être lu sur le document suivant : « Immersion … ».


 

Les liens sont bénéfiques dans les deux sens : nous avons beaucoup à recevoir du dynamisme de la jeune Église d’Afrique, des liens qu’elle a développés avec les autres communautés religieuses locales : Églises baptistes, Musulmans, ...

Le rôle du groupe Morétan, c’est de développer, ici, ces liens. Nous souhaitons aussi contribuer à la réflexion du P. Simon, avec les membres de sa paroisse, sur les perspectives d’avenir : volets éducation-formation des jeunes, développement local, ...

C’est ce même groupe Morétan qui est responsable de la publication du journal « LE LIEN » .

Pour soutenir de tels projets, nous sollicitons votre générosité, par des dons en espèces ou par chèque qui peuvent être remis au presbytère de VILLARD ou lors des quêtes dans les différents clochers de la paroisse. Les chèques sont à rédiger à l'ordre des "OPM" (Œuvres Missionnaires Pontificales). Inscrire au dos « pour Morétan ». Ils donnent lieu à un reçu fiscal.

Le groupe Morétan est ouvert à toute personne intéressée.

Contact : Michel Hautdidier tél : 06 51 18 76 30

 

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Témoignage de l'un des 10 voyageurs du Vercors – novembre 2019

Une foi « comme une manière de danser », oui, nous l’avons rencontrée à Morétan, et oui, elle nous met en route, comme elle met en route les chrétiens de cette petite partie du Togo que nous avons visitée ! « Nous », ce sont les dix personnes du Vercors, de 12 à 77 ans, qui nous sommes rendus là-bas, dans le lieu d’où nous vient le Père Simon chaque été pour rendre service dans notre paroisse.

J’ai été frappé par la grande connexion chez eux entre prière et action, entre foi et engagement les uns envers les autres. Je l’ai ressenti par exemple lors de notre immersion, le mardi soir, dans une Communauté Chrétienne Catholique de Base (CCCB). En effet, notre groupe s’est alors réparti entre 3 des 4 CCCB du bourg de Morétan et des environs, et la soirée que j’ai passée dans celle dénommée « Sainte Philomène » fut pour moi une belle découverte : après accueil et présentations, puis prière d’introduction, nous nous sommes plongés dans un passage des Actes des Apôtres (début du chap. 8), lu en français et en langue locale, puis nous avons échangé sur ce texte avec la douzaine de membres adultes alors présents (12 sur la quarantaine que regroupe cette petite communauté, soit 17 familles). Pour une meilleure compréhension, certaines interventions étaient traduites en trois langues dont deux locales ! Nous avons ensuite prié pour les intentions touchant à la vie du quartier, spécialement celles préparées par la personne qui recevait ce jour-là (le lieu des rencontres varie de famille en famille selon les semaines). Une quête a suivi, permettant la mise en œuvre d’une solidarité concrète : la caisse de la CCCB permet d’aider les uns ou les autres en cas de dépenses imprévues : maladies, enterrements par exemple.

Le lien entre foi et engagement, nous l’avons aussi constaté sur place chez le Père Simon, notamment dans son engagement concret en faveur de la jeunesse, par la qualité de l’enseignement qu’il s’attache à offrir au millier d’élèves (du jardin d’enfants à la seconde), par la motivation qu’il leur insuffle (par exemple lors des rassemblements du matin avant les cours ; et ceux qui veulent travailler ensemble après les cours ou qui n’ont pas l’électricité chez eux peuvent rester au collège où la lumière les éclaire jusqu’à 10 heures du soir) et par l’animation de l’équipe des enseignants ; cette qualité est reconnue par les inspecteurs de l’Education Nationale togolaise, au point, par exemple que le collège Jésus Bon Pasteur de Morétan a été choisi parmi les cinq du pays où s’est déplacé, dans le cadre d’une semaine de la science, le « Mob-Lab », un camion aménagé en laboratoire mobile destiné à présenter des expériences scientifiques aux élèves des nombreux établissements dépourvus de salle de travaux pratiques de physique et chimie. D’ailleurs, le souci du Père Simon vis-à-vis des jeunes ne s’arrête pas aux années où les élèves sont dans son établissement Jésus Bon Pasteur : il cherche de nombreuses occasions de faire connaître aux collégiens les différentes formations (techniques, agricoles, …) dans lesquelles ils peuvent s’engager après le brevet, et nous l’avons vu assurer un suivi des jeunes qu’il a connus comme élèves, par exemple en recevant un élève de terminale du lycée public, un peu perdu par rapport à la philo, et en lui donnant des annales lui permettant de travailler par lui-même ; ou en apportant un colis à un autre élève, en formation technique à Atakpamé, à l’occasion d’un passage dans cette ville. Quant au nouveau vicaire, le Père Emmanuel, il relie lui aussi beaucoup la foi et l’engagement envers les autres ; j’ai retenu sa question : « A quoi sert-il de prier si l’on n’agit pas ? ».

J’ai été impressionné aussi par l’importance du nombre de laïcs impliqués dans l’organisation de la vie paroissiale et dans les nombreuses commissions et services, et aussi par les responsabilités importantes laissées à ces laïcs : le CPP (conseil pastoral paroissial) et le CPAE (conseil paroissial des affaires économiques) se réunissent fréquemment et ont un rôle décisionnel sur beaucoup de points. Dans nombre de villages, les communautés chrétiennes sont plus isolées du fait de l’éloignement par rapport au centre de la paroisse, et elles ne peuvent être visitées par les prêtres qu’avec une faible périodicité (annoncée dans le programme annuel) ; mais elles manifestent une vie dense et réelle entre les célébrations eucharistiques, s’organisant les autres dimanches pour des célébrations sans prêtre, grâce notamment au rôle des catéchistes et autres laïcs en responsabilité, grâce aussi au dynamisme des jeunes qui ont leurs réunions spécifiques, grâce enfin à l’élan missionnaire qu’ils partagent avec les prêtres, et qui fait que de nouveaux villages sont touchés chaque année par la Bonne Nouvelle.

J’ai été sensible également aux bonnes relations locales des catholiques avec le pasteur de l’église baptiste (à qui nous avons rendu visite et dont la communauté nous a accueilli un dimanche), avec l’imam qui est venu nous voir, ainsi qu’avec les autorités civiles : le chef de canton que nous avons aussi rencontré, «  l’assistant » du centre de santé ( à qui un mot de Simon suffit pour faire obtenir des soins gratuits aux enfants de parents qui ne peuvent pas payer), …

Quant à la joie des célébrations, elle nous a tous marqués : rendre grâce, remercier Dieu, par des chants, des danses, des processions, … Nous avons éprouvé une joie réciproque dans notre démarche elle-même de « visitation » : comme Marie pour qui la salutation par Elisabeth a déclenché (« libéré » selon l’expression de Christian de Chergé) une explosion de joie dans le Magnificat, de même la joie de la rencontre exprimée par nos hôtes a été pour moi communicative et m’a incité à rendre grâce : j’ai fait miennes ces paroles du même Christian de Chergé « finalement, le Magnificat que nous pouvons, qu’il nous est donné de chanter, c’est l’Eucharistie. La première Eucharistie de l’Église, c’était le Magnificat de Marie. Ce qui veut dire le besoin où nous sommes de l’autre pour faire Eucharistie : pour vous et pour la multitude ». Oui, j’ai expérimenté, éprouvé en profondeur ce que peut provoquer en nous la rencontre de l’autre différent, cela m’a dilaté le cœur et fait dire, notamment au cours des eucharisties que nous avons vécues : « Mon âme bénit le Seigneur ».

Un beau symbole du changement intérieur opéré par notre « visitation », ce sont nos hôtes qui l’ont trouvé par la surprise qu’ils nous ont faite à la fin de notre séjour, le second dimanche : avant la procession et la bénédiction finales de la messe, ils nous ont fait descendre à la sacristie pendant que les autres fidèles attendaient dans l’église, et là ils avaient préparé une tenue (chemise ou robe) dans un même tissu, chacune à notre nom et chacune à nos mesures … sans jamais les avoir prises ! Ils nous ont invité à les enfiler et à remonter, ainsi habillés en Africains alors que nous étions descendus avec nos habits européens. Et ce changement extérieur, je l’ai reçu comme une image de notre changement intérieur. Alleluia !

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Une bonne nouvelle reçue de Simon (après une moins bonne : l'arrêt de l'enseignement pour les 1000 élèves de la cité scolaire Jésus Bon Pasteur de Morétan depuis le lundi 23 mars 2020, sur décision ministérielle, comme chez nous !):
Le bâtiment pour le lycée, dont nous avons vu le rez-de chaussée en novembre, non seulement bénéficie d'un nouvel étage, mais aussi est couvert : tout le gros-oeuvre de cette extension a été terminé fin mars !

 

Ci-dessous le message de Simon du 28 mars :

« Merci ! Je très heureux qu'on est arrivé là sans incident. Le bâtiment fait la fierté de tout Moretan. Les gens viennent le contempler. Les maçons vont sceller les portes et allons en arrêter là pour le moment. Les travaux d'embellissement et les meubles viendront après. Nous offrons une chèvre aux ouvriers pour une petite fête entre eux. C'est une œuvre de foi.! Je rend grâce à Dieu qui a tout pourvu ! …….. Le monde peut finir par oublier, mais Dieu se souviendra toujours. Merci à tous les donateurs, sans oublier les compagnons d'Emmaüs, aux paroissiens de Villard, au Père Luc et l'équipe paroissiale. Gratitude particulière au groupe des 10 qui ont fait le voyage de Morétan en Novembre dernier. Je pense à ceux et celles qui ont contribué à l'effectivité de la relation Villard-Moretan. Merci pour tout que Dieu vous bénisse. »

Journal de Liaison

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