
Présentation du clocher Saint-Hugues
Le clocher Saint-Hugues s'étend sur 3 quartiers :
- Notre Dame
- L'Ile Verte
- Saint Laurent
L'église est située à gauche de la cathédrale Notre-Dame, place Notre-Dame. En dehors des heures de messes (9h le dimanche), l'église est accessible de l'intérieur de la cathédrale (sur la gauche).
TRAM B : Arrêt "Notre-Dame - Musée"

L'histoire de l'église Saint-Hugues
Saint Hugues, évêque de Grenoble
Fils du seigneur de Châteauneuf-d’Isère, évêque de Grenoble de 1080 à 1132, saint Hugues défend son diocèse contre le pouvoir des seigneurs, en particulier le comte d’Albon, ancêtre des dauphins. Il fonde plusieurs monastères dont celui de Chalais (au-dessus de Voreppe) et installe saint Bruno et ses compagnons en Chartreuse.
La construction de la cathédrale
L’église Saint-Hugues fait partie du groupe cathédral composé de la cathédrale elle-même, du palais épiscopal, du baptistère et du cloître. Ce système double, constitué d'une église et d'une cathédrale, forme un ensemble architectural fréquent aux premiers siècles chrétiens, mais très rare de nos jours.
La cathédrale est mentionnée pour la première fois sous le vocable de Notre-Dame en 902. Mais ce n’est qu’au début du XIIIe siècle que sera construit l’ensemble architectural que nous connaissons aujourd’hui : le
clocher-porche vers 1200, l’église paroissiale Saint-Vincent (qui deviendra Saint-Hugues en 1250) vers 1200-1220, la cathédrale et le cloître vers 1250-1275). L’ensemble a depuis été remanié à plusieurs reprises (y compris récemment.
C’est le lieu de baptême notamment notamment d’un filleul de Molière (en présence de celui-ci), de Vaucanson, d’Antoine Barnave et de Marie-Antoinette Joséphine Marmion (mère d’Hector Berlioz). C’est là également que Stendhal est baptisé en 1783 et qu’il assiste aux funérailles de sa mère en 1790. Il mentionne dans la Vie de Henry Brulard : « J'épargnerai au lecteur le récit de toutes les phases de mon désespoir à l'église paroissiale de Saint-Hugues... J’étouffais, on fut obligé, je crois, de m’emmener parce que ma douleur faisait trop de bruit. Je n’ai jamais pu regarder de sang- froid cette église Saint-Hugues… ».
De 1835 à 1863, l’abbé Jean Gerin (1797-1863), curé de la cathédrale, exerce en grande partie à Saint-Hugues son apostolat, tourné en particulier vers les plus pauvres. Son procès en béatification a été ouvert en 2023.
Sources : www.cathedraledegrenoble.com, www.grenoble-patrimoine.fr, Gilles-Marie Moreau

Portrait de l'abbé Jean Gerin
Jean Gerin voit le jour aux Roches-de-Condrieu le 13 décembre 1797.
Fils d'un tailleur d'habits, il est l'aîné d'une famille de dix enfants. Ayant eu une enfance modeste, il devient apprenti chez un maître-tailleur à Lyon. C'est dans la Primatiale Saint-Jean de Lyon qu'il aurait entendu la voix de la Vierge Marie lui demandant d'abandonner son apprentissage et de devenir prêtre.
C'est ainsi qu'après avoir fréquenté l'école presbytérale de l'abbé François Préher (1788-1868) à Véranne puis à Tarentaise, il entre au Grand Séminaire de Grenoble en 1818, et est ordonné prêtre le 16 juin 1821.
C'est également à Grenoble que furent ordonnés à la même époque saint Jean-Marie Vianney, en 1815, et saint Pierre-Julien Eymard, en 1834.
Premières charges pastorales
Successivement vicaire de Saint-Symphorien-d'Ozon, puis curé de Feyzin, l'abbé Gerin est nommé curé-archiprêtre de Saint-Symphorien en 1831. Déjà très populaire, les paroissiens de Feyzin tentent sans succès d'empêcher son départ.
Au cours de ses premières charges pastorales, il montre déjà son esprit fervent et dévoué. Attentif aux besoins de tous, il est courant de le voir, dans la petite église paroissiale, faire quotidiennement son Chemin de croix.
Curé de la cathédrale de Grenoble
C'est en 1835 que l'évêque de Grenoble, Mgr Philibert de Bruillard, annonce à l'abbé Gerin sa nomination de curé-archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Grenoble, avec le titre honorifique de chanoine.
Il est installé en grande pompe dans sa nouvelle paroisse en présence de l'évêque, du Chapitre des chanoines et d'un grand nombre de fidèles.
À son arrivée à Grenoble, il trouve une paroisse en deuil de son précédent pasteur, l'abbé Doudart de Lagrée, qui avait passé plus de trente ans à se dévouer au service des pauvres. L'abbé Gerin prend la suite de son prédécesseur et va se dépenser sans compter pour les plus défavorisés. Il crée des écoles et des ateliers pour la jeunesse, sous la direction des sœurs de Saint Vincent de Paul qu'il fait venir à Grenoble, et apporte son soutien aux établissements scolaires des sœurs de la Providence. Il fonde pour les domestiques une association de prière, de charité et de secours mutuels, et prodigue ses conseils à une œuvre d'accueil des jeunes sortant de prison. C'est également à son instigation que les Jésuites reviennent à Grenoble[2].
Levé à quatre heures du matin, il passe huit à dix heures par jour au confessionnal, confessant parfois plus de cent personnes. Il reçoit deux heures par jour ses paroissiens, et le reste du temps visite les pauvres et les malades. Il ne se couche qu'à minuit après avoir fait sa correspondance. Toujours aussi fervent, il prie une heure quotidiennement dans la chapelle du Grand Séminaire.
Menant une vie simple et ascétique, il sait quelquefois se montrer bon vivant et ne refuse pas quelques confiseries qu'on lui propose. De plus, on peut reconnaître en lui un esprit plein d'humour.
Prédicateur de renom, il assure pas moins de 540 enseignements par an. Malgré sa grande réputation, il ne montre aucun goût pour les gloires de ce monde. On pourra le voir assez indifférent lorsqu'il sera fait chevalier de la Légion d'honneur en 1856.
Étant donné la grande confiance que lui prêtent ses supérieurs, il est chargé par l'évêque de se rendre à Rome avec le chanoine Rousselot afin de remettre au pape Pie IX les "secrets" des deux petits voyants de La Salette.
Dernières années
Les dernières années de la vie de l'abbé Gerin sont assez éprouvantes. Il est épuisé, assailli par tous. Nombreux sont ceux qui voient en lui un saint. Parmi eux, on peut compter l'évêque de Grenoble ou même saint Jean-Marie Vianney, le saint curé d'Ars, qui l'appelle "mon cousin".
Il meurt le 13 février 1863.
Son corps est exposé à la cure. Le nombre de fidèles est si grand qu'il faut en limiter l'accès, car le plancher fléchit. Ses obsèques sont célébrées en grande pompe devant une foule impressionnante.
Le saint curé Gerin comme on le surnomme, ne laisse aucune fortune, ayant donné tout ce qu'il avait aux pauvres.
Béatification et canonisation
À sa mort, toute la ville le pleure et on l'appelle déjà le saint curé de Grenoble ou le saint curé Gerin en référence à son ami le curé d'Ars. Dès son vivant, on lui accordait une grande réputation de sainteté et on parlait déjà de guérisons miraculeuses dues à ses prières. Mais ce n'est qu'en 1925 qu'on entreprend les premières démarches pour une cause de béatification. De nombreuses personnes témoignent favorablement, des guérisons sont rapportées, et on publie au même moment plusieurs biographies. En 1928, la cause s'interrompt soudainement en raison de la mort accidentelle du prêtre chargé de la procédure diocésaine, l'abbé Charpin.
Durant près d'un siècle, elle va rester en sommeil, avant d'être reprise à l'initiative de Mgr Guy de Kerimel : lors de son Assemblée plénière tenue du 20 au 23 mars 2018, la Conférence des évêques de France approuve par vote l'ouverture de la cause en vue d’une éventuelle béatification. Le 25 novembre 2023, la phase diocésaine de son procès en béatification est ouverte par Mgr Jean-Marc Eychenne.
Cent soixante ans après sa mort, la tombe de l'abbé Gerin, sculptée par Irvoy et qui comprend le seul gisant du cimetière Saint-Roch, est toujours fleurie par des fidèles.

