Eglise catholique en Isère
Paroisse Saint Matthieu du Saint Eynard
Don au Diocese de Grenoble Vienne

Eucharistie

Homélie de la messe inter-mouvements, Lc20,27-38

Attendons-nous la résurrection ?

Ces textes nous parlent de notre foi en la résurrection : après la mort que se passe-t-il ? Comme l’a dit Benoît XVI : « La question essentielle posée à la vie humaine, c'est la mort; si l'on n'y répond pas, on n'a, en définitive, rien répondu du tout ».

Que nous arrivera-t-il après : la réincarnation ? Rien du tout ? La résurrection ? C’est une question importante, car vous savez très bien qu’on ne joue pas pareil quand on a plusieurs vie ou une seule. Quand on pense que tout s’arrête à notre mort, ou quand on croit que cette vie est une préparation au paradis.

 

Nous qui sommes chrétiens, nous ne pensons pas assez à la résurrection.

Dans le credo, nous récitons : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir », et nous disons parfois cela avec un ton qui témoigne d’une conviction et d’un désir incroyables !! Nous le disons, mais ce que nous attendons plutôt, et plus sûrement, ce qui nous attire vraiment, c’est l’apéro à la fin, les vacances…

Pascal écrit que nous réfléchissons beaucoup trop sur le temps présent, et beaucoup trop peu sur l’éternité, et qu’à cause de cela : « nous faisons de l’éternité un néant, et du néant une éternité ». En effet, c’est étonnant, si Dieu nous attend pour le paradis, avec tous nos ancêtres, tous nos amis : c’est un truc dingue, ça devrait nous faire vibrer. Mais nous vibrons trop peu.

 

Pourtant, de cette attente de la résurrection naît la vraie vie dès ici-bas.

Il nous faut éduquer notre cœur à désirer la résurrection, à soupirer après la vie éternelle. Au cœur de l’hiver, lorsqu’on en a marre du froid et de la neige, on peut se demander si un jour le printemps va revenir et nous sommes presque surpris tout d’un coup que la vie revienne, et que les oiseaux se réveillent, que les rayons du soleil chauffent à nouveau. Notre cœur n’y croyait plus.

 

De même lorsque les jours paraissent long, et que l’on se dit «  à quoi bon encore chercher à faire le bien » ? Souvenons-nous que Dieu a un printemps pour nous. Le paradis ne sera pas une vie complètement étrangère à la nôtre, c’est une restauration ‘de ce que nous connaissons ici’. Nous verrons les choses dans tout leur éclat, dans toute leur splendeur. Nous serons éblouis comme si nous voyions pour la première fois.

La Bible nous dit que l’éternité commencera par un silence d’une demi-heure, peut-être parce que nous resterons tous sans voix devant tant de splendeur. Nous écriant : « Oh mon Dieu comme c’est beau ! ».

 

Nous verrons les choses et les personnes libérées du mal. Nous sommes destinés à posséder la gloire de Dieu même, dans notre corps, c’est cela que nous attendons. D’une certaine manière « personne n’est véritablement lui-même aujourd’hui. Nous sommes plus que nous ne le percevons ». Dans des instants de grâce, on voit la beauté de quelqu’un qui rayonne comme si un voile avait été soulevé. Eh bien nous attendons que le voile disparaisse tout à fait, pour nous émerveiller de la beauté de ceux que nous connaissons et que nous n’avons perçue qu’en partie, car le mal gardait son emprise. Vous voyez quand on attend quelque chose d’aussi beau, cela donne du courage pour aujourd’hui. Notre vie a du sens.

Que fait Jésus lors de la résurrection ? Il est sur la plage, il attend ses disciples qui sont dans la barque, et lorsqu’ils arrivent il prend un petit déjeuner avec ses disciples. C’est incroyable quand on y pense ! Jésus vient de sauver le monde, il est mort et il ressuscite, et que fait-il ? Il organise un barbecue sur la plage avec ses amis qui reviennent de la pêche ! Vous voyez c’est très ordinaire ! La vie éternelle est la vie dans sa continuité… tout en étant simplement comme elle aurait toujours dû être.

Jésus nous attend sur le rivage, lorsque nous aurons fini la traversée de notre vie : nous prendrons enfin le petit déjeuner ensemble.

 

Il est bon de se le redire, car alors la résurrection peut nous attirer. Ce ne sont pas seulement des chants dans une église pour toujours : ouf ! Non, le paradis c’est la vraie vie, celle après laquelle notre cœur soupire.

Il y a en notre cœur un désir immense, et c’est une bonne chose : il ne faut pas nous résigner à ce qui est médiocre, en nous disant que « c’est la vie », soit disant.

Nous avons raison de désirer ce bonheur-là, mais nous avons une erreur de timing : nous sommes simplement un peu en avance. Il nous faut un peu de patience. Un jour, « Dieu apportera la restauration. »

Demandons à Dieu d’enraciner en nous cette attente de la résurrection. Demandons-lui qu’il nous donne d’y croire pour construire notre vie sur une telle espérance.

 

Je termine avec une citation de St Jean qui décrit ce jour qui vient :

« Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. 4 Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé. » 5 Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l'univers nouveau. » Puis il ajouta : « Ecris : Ces paroles sont certaines et vraies. » (Ap 21,3)

père Marc Burtschell

Homélie inspirée de J. Eldredge dans son livre Les trésors du cœur, ed. Farel