Paroles de l'administrateur diocésain

Père Loïc Lagadec

Lettres aux fidèles

Chers frères et sœurs,

Le diocèse nomme, au sein de la paroisse Notre Dame de l’Espérance, le père Patrick Faure1 chapelain de la collégiale Saint-André de Grenoble ; en charge de l'apostolat auprès des fidèles attachés au missel de 1962, il devient leur pasteur à partir du 1er septembre 2022. Il assurera notamment les messes du dimanche et de semaine.

Il est pour cela déchargé de sa mission de recteur de la cathédrale Notre-Dame de Grenoble à la fin du mois d’août.

Le diocèse exprime ses remerciements aux abbés Desjars et Lacroix pour le travail accompli. Ils quitteront le diocèse à la fin de l’année pastorale (fin août) comme convenu avec le supérieur du district de France de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

Les fidèles de Notre-Dame de l’Isle (située à Vienne) sont invités à poursuivre leur vie ecclésiale dans une paroisse de leur choix.

Le diocèse continuera d’accompagner tous les fidèles et leur nouveau pasteur. Il les encourage au respect des personnes et des décisions du pape et des évêques dans la confiance et la paix.

Le collège des consulteurs                                Père Loïc Lagadec, administrateur diocésain
Père Emmanuel Albuquerque E Silva
Père Emmanuel de Butler
Père Bertrand Cardinne
Père Bertrand de Courville
Père Emmanuel Decaux
Père Philippe Rey
Père David Ribiollet

1 Le père Patrick Faure a notamment été curé de la paroisse Saint Eugène Sainte-Cécile du diocèse de Paris

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17/03/2022

Chers frères et sœurs,

Le conflit armé en Ukraine ne nous laisse pas indifférents. Nombreuses sont les initiatives qui se lèvent pour, à la suite du Christ, aider nos frères souffrants. En ces temps de préparation à Pâques, sachons faire une place dans nos cœurs, dans notre prière et dans nos maisons pour ce peuple en train de vivre sa passion.

Voici quelques propositions concrètes pour nous rendre solidaires :

1. Donner

Plusieurs associations ont des réseaux bien développés sur le terrain et font des appels aux dons qui sont reversés intégralement aux équipes présentes dans les régions sinistrées. Afin de faire tourner les économies locales, d’éviter les stocks inutiles et les délais de livraison, ces associations encouragent les dons financiers plus que les dons matériels. Ce n’est pas forcement intuitif mais c’est le plus efficace pour permettre aux associations d’être plus rapides et de venir en aide au mieux aux personnes.

2. Accueillir

Un réseau d’accueil des réfugiés est en train de se construire.
L’État français organise le recensement via une plateforme : https://parrainage.refugies.info
La ville de Grenoble a aussi créé une plateforme : https://grenoble.fr/ukraine
Les hébergements d’urgence ne seront probablement pas suffisants, aussi des collectifs d’accueil au niveau des paroisses seront une manière de suppléer le manque de place.
Le diocèse se tient à disposition des paroisses pour aider à la mise en place de collectifs, en lien avec les associations partenaires : migrations@diocese-grenoble-vienne.fr
Enfin, il est important de souligner que notre mobilisation exceptionnelle pour les Ukrainiens ne doit pas faire de l’ombre à l’accueil inconditionnel que nous nous devons de faire à nos autres frères souffrants venus d’autres contrées. Comme un parent qui accueille son deuxième enfant, notre cœur doit s’agrandir, « Elargis l’espace de ta tente » (Is 54,2). Ayons une prière pour ces autres frères qui subissent un rejet encore plus marqué qu’à l’habitude et persévérons dans leur accompagnement.

3. S’informer

Il convient d’être vigilants sur les manipulations de l’information de toutes sortes, dans lesquelles certains régimes sont passés experts. Essayons de comprendre les enjeux de fond de ce conflit, pour être moins sujets aux manipulations idéologiques et politiques. D’autre part, sur la question des conflits armés, la tradition de l’Église est sur une délicate ligne de crête, entre légitimité de se défendre contre des agresseurs mal intentionnés et l’indispensable et virulent combat pour la paix, seule véritable issue.

4. Prier

Cette période grave nous enjoint à être des témoins de Jésus, sereins et confiants, n’étant pas accablés par la peur ou le désarroi mais emplis d’Espérance. Pour cela prions, et intercédons pour la paix. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » nous dit le Christ Jésus. Désirons cette paix de Dieu, désirons en être les serviteurs par toute notre vie. Demandons à Dieu de nous aider à nous convertir, conscients que notre propre œuvre de paix dans nos vies contribue à la Paix.

P. Loïc Lagadec, administrateur diocésain
Miki de Dompsure, responsable du service diocésain Diaconie et soin

Communiqués

03/02/2022

Ce mercredi 2 février 2022, à la suite de l’installation de Mgr Guy de Kerimel comme archevêque de Toulouse le 30 janvier, les membres du collège des consulteurs du diocèse de Grenoble-Vienne ont élu le père Loïc Lagadec administrateur diocésain. Il était jusqu’à présent vicaire général.

Prions pour le père Loïc Lagadec qui a accepté cette charge pour servir l’Église en Isère dans l’attente d’un nouvel évêque. Que l’Esprit saint l’accompagne et le soutienne dans cette nouvelle mission qui prendra fin à l’installation du prochain évêque du diocèse de Grenoble-Vienne.

Rappels

Le collège des consulteurs est un groupe de prêtres qui a été choisi par l’évêque parmi les membres du Conseil presbytéral (prêtres élus par leurs confrères pour conseiller l’évêque). Dans notre diocèse, ce sont les pères Emmanuel Albuquerque, Emmanuel de Butler, Bertrand Cardinne, Bertrand de Courville, Emmanuel Decaux, Loïc Lagadec, Philippe Rey et David Ribiollet.

C’est ce collège qui a été chargé d’élire le prêtre qui administrera le diocèse jusqu’à l’installation du prochain évêque nommé par le Siège apostolique ; il le conseillera pour les décisions importantes qui doivent être prises pendant la vacance du siège (nominations, appels aux ordres…). C’est ce même collège qui reconnaîtra officiellement le nouvel évêque sur présentation de la lettre de nomination du pape.

La mission de l'administrateur, en attendant l’arrivée du nouvel évêque, est de soutenir la vitalité de l'Église et de prendre les décisions quotidiennes, assisté notamment du collège des consulteurs et du conseil de l'administrateur. Il le fait sans introduire d'innovation pastorale, dans un principe de stabilité et de continuité avec les orientations pastorales du diocèse et les décisions précédemment prises par Mgr Guy de Kerimel.

Il a pratiquement tous les pouvoirs de l’évêque, sauf ceux qui excèdent la simple administration du diocèse. Il est tenu aux obligations de l’évêque diocésain. Il peut appeler aux ordres et instituer au lectorat et à l’acolytat ; il demande le cas échéant à un évêque de procéder à l’ordination (c. 1018). Tout comme un évêque, il administre un diocèse, est convoqué aux réunions des évêques de France ou de la province ecclésiastique, donne le sacrement de confirmation, donne toutes les dispenses et partage de plein droit l’assemblée des évêques où il vote.

Cette période de vacance du siège épiscopal nous invite à prier pour celui qui nous sera donné comme évêque

Dieu notre Père,
ton Fils Jésus a choisi les Apôtres pour sanctifier ton peuple,
le conduire et lui annoncer l’Évangile.
Nous t’en prions,
accorde à notre Église diocésaine un pasteur selon ton cœur,
qui aura l’Esprit de l’Évangile et saura nous guider
et nous accompagner dans notre mission.
Rends-nous ouverts et accueillants
à celui qui sera choisi comme évêque de Grenoble-Vienne.
Nous te le demandons et te rendons grâce par Jésus le Christ,
notre Seigneur.
Amen.


Homélies

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Oints pour oindre

Frères et sœurs,

Si nous sommes ici ce soir, c’est parce que l’amour du Christ nous a saisis, c’est parce que l’Évangile de Jésus dépose en nos cœurs un très singulier désir de vivre autrement, c’est parce que le baptême fait de nous des membres du corps du Christ qu’est l’Église et cela nous réjouit d’être ensemble la famille de Dieu, son peuple, son temple.

Après deux années éprouvantes, nous sommes heureux de pouvoir enfin prendre le temps de nous retrouver et de célébrer paisiblement.
Mais plus profondément, nous sentons combien l’enjeu spirituel de cette semaine nous est nécessaire. Nous avons besoin que le Seigneur lui-même refonde notre foi, nous avons besoin que le Seigneur lui-même ré-envoie son Église en mission, et qu’elle ne vive pas que pour elle-même mais au service de la relation d’amour et de salut que Dieu veut entretenir avec chaque être humain.

Nous nous sentons parfois si faibles. Si cela nous arrive, surtout n’oublions pas de compter sur Dieu, sur Dieu lui-même, et il faudrait même oser croire « sur Dieu seul ». Solo Dios basta.

Nous nous sentons parfois au contraire si forts. Oh ! comme c’est trompeur et risqué de s’illusionner sur sa prétendue force.

C’est justement le sens des huiles saintes : elles sont là pour être des signes de Dieu qui vient être notre force là où nous sommes faibles.

L’huile a ceci de spécifique, c’est qu’elle pénètre ce qu’elle touche et qu’elle l’adoucit.

Le dimanche 13 mars dernier, Mgr Anatole Milandou a consacré l’autel et procédé à la dédicace de la nouvelle église Notre-Dame du Drac à Seyssinet. Pour ce faire, il a enduit l’autel de Saint-Chrême. L’autel représente la pierre angulaire qu’est le Christ, pierre angulaire du temple que Dieu construit, dont chacun de nous est une pierre vivante. Pendant que Mgr Anatole faisait cette onction, j’avais comme l’impression que c’était comme si le Christ, qui est l’oint parfait, prêtre prophète et roi, prenait lui-même soin de son Église par ce geste, qu’il l’oignait, qu’il la chrismait.

Frères et sœurs, en cette année 2022, l’onction de Dieu va-t-elle rentrer jusqu’au fond de nos cœurs de pierre, nos cœurs de croyants habitués de Dieu et des rites, mais parfois asséchés de charité, de foi, d’espérance et d’implication du fond de son être ?

Frères et sœurs, par ces huiles saintes, Dieu prend notre sécheresse en pitié et marquera nos corps de sa bonté.

Alors, puisque Dieu vient à notre aide et au secours de notre manque de foi, alors, par lui avec lui et en lui, nous pouvons renouveler nos missions de baptisés et de prêtres.

Il y a besoin d’oindre les personnes malades, et par là, plus largement, tous ceux qui souffrent injustement.

Chaque baptisé, et tous ensemble comme Église, nous avons alors à être des missionnaires de cette bonté de Dieu spécifique pour ceux qui souffrent et ont besoin de consolation. Comme le Samaritain si bon qui oint le corps de l’homme blessé, nous sommes appelés à oindre le monde dans lequel Dieu nous envoie.

Et nous, les prêtres, devons à la fois le vivre avec vous et vous y aider. Et nous sommes également envoyés par l’Église pour donner le cadeau du signe sacramentaire : l’attestation de Dieu qui souffre avec la personne et qui, par sa mort et sa résurrection, aide au combat contre le mal et pour le bien, et à la traversée de l’épreuve.

Il y a besoin d’oindre les catéchumènes et les chercheurs de Dieu pour le combat de la foi.

Et c’est votre mission à tous, peuple de baptisés, que d’être les témoins de l’Évangile du Christ et vous le faites en témoignant humblement mais fidèlement de votre foi autour de vous. Vous savez bien sûr que c’est surtout votre charité en acte et votre espérance qui sont déterminantes pour cela.

Mais vous êtes aussi vous-mêmes une précieuse onction pour tous ceux que vous accompagnez dans la multitude d’accompagnement de vie et de foi que vous accomplissez au nom de votre baptême, auprès d’autres baptisés.

Ce témoignage de foi et de vie compte. Sentez-vous ce soir et toute cette semaine encouragés par votre Église.

Et nous les prêtres, nous participons avec vous à cette mission, un peu en l’organisant si nous sommes curés, un peu en enseignant si nous sommes un peu doué pour parler, en accompagnant et soutenant vos chemins de foi et vos engagements dans l’Église, toujours, en étant tout simplement prêtre avec et pour vous.

Il y a besoin d’oindre les baptisés.

Avec le chrême qui est saint, parfumé pour dire encore d’une autre manière combien Dieu est bon, nous sommes oints pour dire qu’en devenant des disciples de Jésus le Christ, nous devenons des petits christs, des christiens. Cette onction nous identifie à lui, et nous devenons ainsi un peuple chargé de la même mission que le Christ : celle de prêtres, de prophètes et de rois.

Ce Saint-Chrême va aussi servir à une ordination de prêtre cette année.

Cher Benoît, j’ai reçu hier ta lettre de demande d’ordination et la demande du conseil du séminaire de t’appeler à être prêtre. Le collège des consulteurs que j’ai consulté m’encourage à répondre positivement à ta demande et considère avec joie la perspective de te recevoir dans le presbyterium de notre diocèse. C’est dans une joie profonde et devant le peuple de Dieu en Isère que tu désires servir que j’ai la joie d’annoncer au nom de l’Église à Grenoble-Vienne que je t’appelle à devenir prêtre.

Benoît, quand un évêque de l’Église oindra tes mains, ce ne sera pas pour dire ta dignité, car nous ne sommes structurellement pas à la hauteur de ce que nous représentons. Mais ce sera pour exprimer la consécration de ta vie à la mission de prêtre de Jésus-Christ. Cette onction, tu peux aussi la voir comme la bonté de Dieu qui soutiendra ton labeur. L’onction de Dieu pour toi sera un onguent sur tes mains calleuses de labeur missionnaire et eucharistique, sur ton cœur calleux de foi, d’espérance et de charité, ton cœur amoureux de l’Évangile et du peuple de Dieu.

Frères et sœurs baptisés, samedi soir prochain, durant la vigile pascale, les prêtres vous interrogeront pour vous proposer de renouveler les promesses de votre baptême.

Ce soir, comme un préalable, comme pour servir votre oui à Jésus-Christ, nous aussi, les prêtres, nous renouvelons nos promesses sacerdotales par le service du ministère épiscopal de Mgr Anatole.

Les diacres qui sont ordonnés pour la diaconie de la charité de la parole et de l’autel, renouvellent également ce soir leurs promesses.

Nous redisons oui à Jésus, nous choisissons l’Évangile comme boussole de nos vies pour incarner le Royaume dans nos existences, nous renouvelons notre choix d’avoir dit oui à l’appel de l’Église à en devenir ses ministres ordonnés, serviteurs humbles et joyeux d’être utilisés par Dieu pour sa mission.

Chers frères et sœurs, avançons ce soir d’un pas davantage résolu, dans la célébration du mystère de la foi. Il était mort, il est vivant, il constitue un peuple sacerdotal, prophétique et royal à l’image de son Christ pour annoncer au monde cette bonne nouvelle qui change tout. Nous sommes les serviteurs de cette espérance. Jusqu’à dimanche, jour après jour, laissons-nous oindre par le mystère de la foi et par Dieu lui-même.

Amen.

P. Loïc Lagadec
administrateur diocésain


Discours