Le désir du bonheur

Le désir du bonheur

Communiqué

Le désir du bonheur

Le temps liturgique de l’Avent est un temps qui réveille nos attentes les plus profondes ; notre espérance du Salut, de l’avènement d’un monde meilleur, pacifié, réconcilié, fraternel. Les textes liturgiques pris souvent chez les prophètes nous présentent ce monde où il n’y a plus de place pour le mal : réconciliation entre les animaux, entre l’homme et les animaux, et bien sûr entre l’homme et Dieu. Nous sommes invités à lever la tête et à regarder à l’horizon ultime de notre vie.
Ainsi l’Avent interroge nos désirs : quels désirs habitent nos cœurs, qu’attendons-nous ?
Nos désirs disent le sens que nous voulons donner à notre vie, le but que nous nous fixons. Ils sont le moteur de notre vie, le secret de notre vitalité. Ils nous aident à nous lever le matin, et à commencer la journée dans la joie et parfois dans l’ardeur.
Hélas, certaines personnes n’ont plus de désir, n’attendent plus rien, se laissent gagner par la désespérance. Leurs désirs ont été cassés par différentes causes, ou déçus.
D’autres n’osent plus regarder au loin, entretenir de grands rêves, et se contentent de petits plaisirs.
Dis-moi quel est ton désir, et je te dirai à quel bonheur tu aspires.
Désirer toujours plus de biens matériels, de confort, de luxe, ne fait qu’exacerber l’insatisfaction, la tristesse. Période de consommation, excitation de ces désirs. Noël devient la fête de la consommation.
Désirer le pouvoir et la gloire humaine est un danger car ce désir peut conduire à un vide plus abyssal.
Désirer le véritable amour est beau et légitime, mais il faut savoir que nous ne pouvons pas attendre de celle ou celui que l’on aime de combler toutes les aspirations de notre cœur.
Désirer œuvrer pour un monde plus beau est une belle aspiration mais si l’on compte sur ses seules forces et sa générosité, on risque d’être déçu et de vivre mal l’échec.
Désirer les promesses de Dieu, désirer Dieu est le désir le plus haut, le plus pur, celui qui ne sera jamais déçu.
« Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur et sans repos tant qu’il ne repose en toi » dit saint Augustin.
Le cœur humain est tellement grand que Dieu seul peut le combler.

† Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne